Dafina.net Le Net des Juifs du Maroc




Debarquement americain au Maroc

Envoyé par André 
Debarquement americain au Maroc
22 octobre 2003, 13:14
Debarquement americain en Novembre 1942 à Casablanca

Pour Albert Abitbol et les autres s´intérréssant à notre histoire, je vous joins un plan du port avec l´emplacement des navires de guerre Francais coulés ou endomagés.

"André"



Message modifié (01-11-2003 19:54)



Modifié 1 fois.
Re: Plan du port de Casablanca en Novembre 1942
22 octobre 2003, 13:16
Je regrette infiniement, je ne suis pas arrivé à insérer la photo.
Ayez un peu de patience.
Re: Plan du port de Casablanca en Novembre 1942
23 octobre 2003, 03:09
bonjour andre

ce petit mot pour vous dire que je suis aussi tres interesse par tout ce qui touche au debarquement du 8 novembre 1942.
j'ai lu quelques livres.
mon pere a faille etre tue pendant le bombardement et a perdu une cousine avec ses 2 enfants.
il avait ete resence par les authorites francaises pour etre depouille de ses biens et ensuite etre deporte vers l'europe.j'ai vu a casa en 1977 le bulletin de re censcement.
merci
ariel
Re: Plan du port de Casablanca en Novembre 1942
23 octobre 2003, 05:18
Réponse à Ariel Carciente ainsi qu´à tout ceux qui sont intérréssés à en savoir plus sur le débarquement des américains à Casablanca en Novembre 1942.

Ecrivez tout simplement sur votre "search engine", Opération Torch , (ce qui était le code pour le débarquement en Afrique du Nord) et vous verrez plusieurs page traitant sur le sujet.

"André"
Re: Plan du port de Casablanca en Novembre 1942
23 octobre 2003, 09:16
bonjour andre et merci pour les renseignement envoies moi la photo et je ferais suivre a la dafouineuse que ashem nous la garde pour son travail si parfait .
soly_anidjar@yahoo.fr
Re: Plan du port de Casablanca en Novembre 1942
23 octobre 2003, 09:22
voilà l´emplacement des navires de guerre Francais au port de Casa en novembre 1942





Modifié 2 fois.
Re: Plan du port de Casablanca en Novembre 1942
24 octobre 2003, 06:43
Photo pour Albert Abitbol et les autres intérréssés:
Défilé des troupes américaines à Casablanca après le débarquement de Novembre 1942
Re: Debarquement en Novembre 1942 a Casablanca
26 octobre 2003, 07:27
Andre ton sujet est tres interressant, d'autant que moi aussi j'ai entendu que les juifs etaient sur le point d'etre deportes par les allemands ( cf entre autre : [www.dafina.net])
Tu devrais nous faire un resume ici meme sur le sujet.
Petite astuce : ecris tranquillement sur Word et ensuite tu fais "copier-coller" du texte dans la fenetre de reponse du forum, ca marche tres bien.
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
26 octobre 2003, 09:24
Réponse à Dafouineuse:

Merci pour l´astuce; je vais écrire dans un prochain futur un résumé compréhensible, traitant sur le débarquement des américains au Maroc.

Mais il faut une fois pour toute, que tous les juifs Marocains , effacent de leures mémoires les "dires" d´antan, laissant croire que les américains étaient venus "pour sauver" les juifs.....
Les juifs ont été sauver par le fait secondaire que les américains eurent débarqué, mais non pas parce-qu´ils étaient venus spécifiquement pour les sauver....
Je sais très bien que cette rumeur étaient très répandue parmi nos parents ainsi que parmi toute notre communauté..., mais on croyait "ce que l´on voulait et trouvait agréable à croire"...

Le but du débarquement avait un but bien plus important .

A bientôt.
"André"
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
26 octobre 2003, 14:58
Agreed!!!! but! as I recall !! il y avaient dejas entre autres un contigent allemand sur le sol espagnol alors qu'a ce moment Franco en tant que partisant du regime hitlerien avait dejas facilite l'arrivee sur place de quelques soldats allemands et Italiens!!! Je le sais parce que apres le debarquement de nos troupes a casablanca ils avient vite fait de chercher et d'arreter tous ces soldats qui ne portaient pas d'uniforme militaires et cela grace a notre service de renseignement. Je me souviens qu'apre leurs arrestation et emprisonnment en tant que POW's ils etaient toujours utilises a faire des traveaux force dans les camps militaires et ils passaient toujours pas loin de notre ecole Moise Nahon.



Message modifié (26-10-2003 12:28)

The moroccan Texas Cowboy!
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
27 octobre 2003, 01:14
Réponse à Dafouineuse au sujet de l´article raconté par Sam Benchétrit de Los Angeles. (Novembre 1942 à Casablanca).

Nous trouvons encore ici une preuve évidente voulant rendre les "C´est ce qu´on m´a raconté" en fait accompli ou irrévocables.

Je préfère m´abstenir de tout commentaire.

"André"
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
27 octobre 2003, 02:01
Casablanca, novembre 1942.
Le cuirassé Jean Bart au port de Casablanca après avoir été sévèrement endommagé par les bombardements des unités aériennes et navales américaines.

"André"
Pièces jointes:
Jean Bart.jpg
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
29 octobre 2003, 23:42
L´objectif de l´Opération Torch

Résumé du débarquement concernant seulement le Maroc.
OPERATION TORCH

Tel était le nom du code donné à cette mission qui avait pour but de faire débarquer les forces américaines et britaniques en afrique du nord, début novembre 1942.

Les trois buts principaux du débarquement étaient les suivants:

1) Etablir un pied à terre permanent pouvant suporter mutuellement ceux d´Oran en
Algérie et en Tunisie sur la méditerranée, et au Maroc Francais sur l´atlantique.
Il fallait sécuriser les bases pour une continuité et pour l´intensification des
opérations militaires.

2) Exploiter le pied à terre pour obtenir le contrôle complet du Maroc Francais, de
l´Algérie et de la Tunisie, et élargir les opérations d´offensive contre l´ennemi.

3) Détruire les forces ennemies qui combataient actuellement les forces britaniques
dans le désert de l´ouest, et établir des bases pour l´intensification des opérations
sur le continent européen.

------------------

(L´opération Torch a été préparé à Casablanca par des diplomates américains et des techniciens venus signer un accord économique entre les états unis et le gouvernement de Vichy).
------------------

Le 5 novembre 1942, le général Dwight D. Eisenhower , arriva au quartier opérationel principal à Gibraltar. (Ce même général, deviendra plus tard le président des Etats Unis d´Amérique). C´est lui qui était en charge et qui dirigea “ L´opéraion Torch”, qui devait débarquer 100000 hommes au Maroc et en Algérie.

La mission de débarquement ouest (au Maroc), était sous la responsabilité du général américain George Patton. Cette dernière devait débarquer à Safi, à Casablanca, à Fédala, à Pont Blondin et à Mehdia près de Port Lyautey (aujourd´hui, Kénitra).

La résistance Francaise au Maroc était organisée par le général Nogues ainsi que par l´amiral Michelier, lesquels recevaient leurs ordres par l´intermédiaire de l´amiral Darlan à Alger. Darlan était en sorte, le catalysateur du maréchal Pétain en ce qui concernait la résistance Francaise au Maroc.

Les prises des ports de Casablanca et de Safi avaient la première priorité à cause de leur importance sur le plan stratégique.



Le dimanche 8 Novembre 1942 à 4h.du matin, les manoeuvres de débarquement commencèrent.

Les troupes Francaises sous les directives du Résident général Nogues résistent et entrainent le bombardement du port de Casablanca.

A.Hitler avait menacé le président Francais Phillipe Pétain que si ses troupes n´opposaient pas de résistance, les troupes allemandes invaderaient Vichy.
Lorsque l´amiral Darlan se rendit aux américains à Alger le 11 novembre 1942, Hitler mis ses menaces en jeux et occupa le reste de la France. Les troupes Francaises avaient alors cessé leur résistance aux troupes américaines.
Darlan se trouvait par hasard à Alger où il etait venu rendre visite à son fils malade au moment du débarquement. Il était le dauphin du maréchal Pétain.

Entre temps les américains avaient coulé ou endomagé la pluspart des navires de guerre Francais au port de Casablanca, parmi lesquels, le fameux cuirassé Jean-Bart
Trois sous-marins Francais fûrent également coulé au port de Casablanca, alors que huit autres réussirent à prendre le large.
Je répèterais quelques chiffres donnés dans un de mes messages précédants:
Mehdia et Sidi Bouknadel au nord de Rabat: 9000 hommes et 65 chars débarquent pour s´emparer de la base aérienne de Port Lyautey (Kénitra).
Fédala et Pont Blondin:19000 hommes et 65 chars débarquent.
Safi: 6500 hommes et 108 chars débarquent.
Le 9 novembre 1942, le général George Patton établit son poste de commande à l´hôtel Miramar à Fédala. Par la suite ce poste sera déplacé dans un orphelinat au quartier des Rôches- noires et ensuite à l´immeuble de la Shell à Casablanca.
La résidence privée du général Patton se trouvait à l´hôtel Majestic, au boulevard de Marseille à Casablanca, actuellement boulevard Lalla Yacout. L´hôtel existe toujours.
Les pertes de vies américaines fûrent lourdes, surtout sur les plages de Port Lyautey.
Il y eu plus de 400 victimes et 44 avions américains fûrent abbatus par les Francais.
A Fédala, des sous marins Allemands réussirent à faire couler 4 vaisseaux de transports de troupes américaines et en endomager deux autres.
On envoya deux pelotons américains avec des chars à Mazagan, (El Jadida) et deux autres pelotons à l´intérieur du pays, l´un pour défendre un pont vital à Meknes, et l´autre pour protéger l´aéroport ainsi que le quartier général de la cinquième armée à Oujda.
Dans la soirée du 11 Novembre 1942, l´armistice fût déclarée tout au long du front Marocain. Apès l´armistice, plusieurs pelotons et régiments américains allèrent s´installer dans la forête de liège de la Mamora près de Rabat.
C´est à ce moment que leur quartier général fût installé au quartier des Rôches noires et par la suite, dans l´immeuble de la Shell.

Le 12 Novembre 1942, les bataillons Francais regagnent leurs garnisons.


(L´amiral Darlan sera assasiné à Alger le 24 décembre 1942 par Ferdinand Bonnier de la Chapelle, un jeune royaliste Algérois de 21 ans. Le 26 Décembre 1942, Bonnier de la Chapelle sera fusillé à l´aube.
Darlan avait personnellement ordonné de résister à l´envahisseur.

par "André".



Message modifié (30-10-2003 19:29)
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
30 octobre 2003, 00:41
Bravo et merci pour ce resumé tres interressant de cette page d'histoire.
Il est vrai que les americains n'ont pas debarque POUR sauver les juifs, mais disons qu'ils sont tombes a pic.
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
30 octobre 2003, 01:18
TOUTES MES FELICITATIONS A ANDRE POUR SON ARTICLE IL EST TRES INTERRESSANT. BRAVO
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
30 octobre 2003, 06:54
Je joins deux photos des acteurs principaux pendant le conflit, lors du débarquement au Maroc.

Le général américain Patton avec le casque, et le résident général au Maroc Charles Nogues.





Modifié 2 fois.
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
30 octobre 2003, 06:56
Le général américain Patton.





Modifié 2 fois.
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
30 octobre 2003, 07:34
Le général Dwight D. Eisenhower
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
30 octobre 2003, 07:36
L´amiral Francois Darlan.
Pièces jointes:
Amiral Francois Darlan.jpg
Re: Debarquement americain en Novembre 1942 a Casablanca
06 mars 2005, 22:10
L'Assassinat de L'Amiral Darlan


Le 22 décembre, comme à son habitude, Fernand Bonnier de La Chapelle passe en fin d'après-midi au domicile d'Henri d'Astier. L'abbé Cordier le met au courant de l'ordre transmis par le comte de Paris et le charge d'abattre l'amiral Darlan. L'opération est prévue pour le 24 décembre. Ce jour-là, à 10 heures du matin, l'abbé Cordier remet à Bonnier de La Chapelle un revolver qui appartient à Henri d'Astier, le plan du Palais d'Eté où est situé le bureau de Darlan, 2 000 dollars prélevés sur l'argent apporté par François d'Astier, ainsi qu'une carte d'identité au nom de Morand qui a été établie par l'inspecteur Schmitt qui travaille dans les services du commissaire Achiary. Il est prévu que Bonnier de La Chapelle, après avoir abattu Darlan, s'échappe par la fenêtre laissée ouverte à dessein, puis prenne le train à destination du Maroc.
Après avoir été confessé par l'abbé Cordier, Bonnier, accompagné par Jean-Bernard d'Astier, monte dans la Peugeot d'Henri d'Astier conduite pour la circonstance par l'inspecteur Schmitt. Bonnier est déposé à l'entrée du Palais d'Eté. Mais aux environs de midi il fait irruption au restaurant Le Paris où déjeunent les comploteurs et leur explique que Darlan n'est pas venu au Palais d'Eté durant la matinée. Il est convenu que Bonnier y retourne. Cette fois-ci, Jean-Bernard et lui montent dans la voiture de Mario Faivre. Avant de se rendre au Palais d'Eté Mario Faivre arrête la voiture dans un endroit isolé car Bonnier veut essayer son arme. Effectivement, le premier coup ne part pas. Jean-Bernard d'Astier lui donne alors son revolver que Bonnier essaie et qui fonctionne parfaitement. Déposé à nouveau au Palais d'Eté, Bonnier attend tranquillement Darlan dans la petite pièce qui précède son bureau. Peu après 15 heures, au moment où Darlan s'apprête à entrer dans son bureau, Bonnier s'avance et tire deux coups de revolver à bout portant sur l'amiral qui s'effondre à terre. Bonnier n'a pas le temps de s'enfuir par la fenêtre: attirées par le bruit des détonations, plusieurs personnes ont accouru et se sont emparées de lui. Il est alors amené, non pas à la brigade de Sécurité du territoire dirigée par le commissaire Achiary, mais au commissariat central de la police judiciaire, ce que n'avaient pas prévu les conjurés. Bien qu'il prétende s'appeler Morand, sa véritable identité est rapidement découverte car Bonnier est le fils d'un journaliste connu à Alger.
Durant la nuit, Bonnier est interrogé sans relâche par les commissaires Garidacci et Esquerré et il finit par avouer qu'il n'a pas agi seul, que des personnes lui ont donné un revolver et des instructions. Au commissaire Esquerré qui lui demande: "Mais ces personnes qui ont organisé l'assassinat de l'amiral, qui sont-elles?", il donne sans hésiter les noms d'Henri d'Astier de La Vigerie et de l'abbé Cordier puis il raconte tout ce qu'il sait du complot monarchiste qui a abouti à l'exécution de Darlan: "Je dois vous dire que j'allais tous les jours au domicile de M. Henri d'Astier, comme chargé de liaison du Corps franc. Dans ce Corps franc, nous avions formé entre nous un groupe de "durs", que nous appelions le "groupe d'Hydra". M. d'Astier ignorait ce détail. C'est le colonel Van Hecke qui m'avait désigné pour cette liaison. M. d'Astier me recevait fort bien, parlait de moi et m'avait présenté à ses deux filles, qui étaient très gentilles. Je n'étais pas du tout monarchiste, je n'y pensais même pas! Au cours de nos conversations, M. d'Astier me montrait que la seule solution pour que la France voie s'ouvrir devant elle un avenir brillant était un retour à la monarchie, régime dont il me faisait l'éloge. Ces conversations ont duré environ un mois. Vers le 20 décembre, tant M. d'Astier que l'abbé Cordier, qui habitait chez M. d'Astier, me firent comprendre que le seul obstacle à l'arrivée en France de cet avenir si favorable était la présence de l'amiral Darlan à la tête du gouvernement. Progressivement, j'ai compris que ces messieurs recherchaient un jeune homme courageux, convaincu de la grandeur de sa mission, qui accepterait d'accomplir une action historique: faire disparaître l'amiral. Je me suis présenté spontanément comme celui qui serait capable de mener à bien cet acte d'épuration. Car, en réalité, sous ses allures de patriote, Darlan était inféodé aux Allemands. A cette époque, il y eut beaucoup de remue-ménage chez M. d'Astier, causé par des visites mystérieuses, et on me fit comprendre que la disparition de l'amiral était urgente. On fixa le 24 décembre 1942, veille de Noël, pour l'exécution. L'abbé Cordier me donna rendez-vous le 24 au matin dans une petite rue, près de l'église Saint-Augustin, où il disait la messe. Je m'y rendis et il me dit qu'il était nécessaire que je me confesse avant d'agir. Et qu'au nom de Jésus-Christ il me donnerait l'absolution. Tout en marchant, il m'invita à faire ma confession. J'avais à peine esquissé un signe de croix que l'abbé me dit: "Voici les plans du Palais d'Eté, où se trouvent les bureaux de l'amiral." Il m'expliqua le procédé à employer pour pénétrer dans les bureaux et l'endroit où je devais me poster. Il me remit un revolver de gros calibre, chargé, et m'invita à confesser ce que j'allais faire puis me donna l'absolution. Mes camarades disposaient d'une automobile de marque Peugeot, que conduisait l'un d'entre eux, nommé Mario Faivre. Ils décidèrent de me conduire avec ce véhicule jusqu'aux grilles du Palais d'Eté. Il était environ onze heures trente lorsque je pénétrai sans difficulté dans le palais, près des bureaux. Je me fixai à l'endroit décidé par l'abbé. Je n'ai rien pu faire, car j'ai vu de loin l'amiral partir. Après mon retour, j'ai été invité au restaurant "Le Paris" à déjeuner par M. d'Astier et l'abbé, qui m'ont encouragé à ne pas modifier ma ligne de conduite. L'après-midi vers quinze heures, mes camarades sont venus me reprendre avec la même automobile. Nous étions toujours quatre : le fils d'Astier, Sabatier, Mario Faivre et moi. Ils m'ont conduit au même endroit. Je me suis placé à l'endroit fixé et, dès l'arrivée de l'amiral, j'ai pu accomplir la mission dont j'étais chargé. (Albert-Jean Voituriez. L'affaire Darlan, l'instruction judiciaire. Editions Jean-Claude Lattès, 1980.)"
Le commissaire Garidacci décide de rédiger un procès-verbal qui résume le récit de Bonnier de La Chapelle: "L'an 1942 et le 24 décembre, devant nous, Garidacci, commissaire de la police mobile, auxiliaire de M. le Procureur de la République, entendons: M. Bonnier de La Chapelle, Fernand, étudiant, 20 ans, demeurant à Alger, 56, rue Michelet: "J'affirme avoir tué l'amiral Darlan, haut-commissaire en Afrique française, après en avoir référé à l'abbé Cordier sous forme de confession. C'est M. Cordier qui m'a remis les plans des bureaux du Haut-Commissariat et du cabinet de l'amiral, et c'est par lui que j'ai pu me procurer le pistolet et les cartouches qui m'ont servi à exécuter la mission qui m'était assignée et qui était de faire disparaître l'amiral. Lorsque je me suis engagé dans les Corps francs, j'ai recruté de ma propre initiative des hommes de main dont M. d'Astier aurait pu avoir besoin, mais M. d'Astier n'a jamais été au courant de cette initiative personnelle. Je sais que MM. Cordier et d'Astier ont rencontré récemment le comte de Paris, au même titre que d'autres personnalités. Enfin, j'ai l'impression que M. d'Astier ne vit pas en excellents termes avec M. Rigault, dont l'action auprès de l'amiral est gênante pour lui et ses amis." Lu, persiste et signe: Fernand Bonnier de La Chapelle. (Albert-Jean Voituriez. L'affaire Darlan, l'instruction judiciaire. Editions Jean-Claude Lattès, 1980.)"
Troublé par les déclarations compromettantes de Bonnier de La Chapelle, le commissaire Garidacci décide de dissimuler le procès-verbal dont il compte se servir pour faire "chanter" Henri d'Astier, si bien que le premier juge d'instruction chargé de l'affaire conclut, dès le lendemain de l'attentat, à un crime d'isolé: Bonnier est un jeune exalté qui a assassiné Darlan en croyant faire son devoir de patriote.
Au cours de la matinée du 25 décembre, Bonnier reçoit la visite de son père, Eugène Bonnier. Alors que celui-ci manifeste une grande inquiétude, Fernand lui parle sur un ton décontracté: "Alors, papa, tu es plus dégonflé que moi? Tu as tort. Il faut que tu saches que j'attends du secours de gens très haut placés. - Mais, Fernand, tu ne sais donc pas ce que tu risques? - La voix de Fernand est toujours assurée: - Ceux qui vont m'aider ce sont d'Astier de La Vigerie et le comte de Paris. C'est pour eux que j'ai agi. (Témoignage cité par Alain Decaux dans Alain Decaux raconte. Perrin, 1980.)"
Pendant ce temps-là les conjurés font tout ce qu'il leur est possible pour sortir Bonnier de cette situation: Henri d'Astier, l'abbé Cordier et Alfred Pose usent de leur pouvoir pour tenter de le faire libérer en multipliant les démarches et en téléphonant sans la moindre discrétion à des hauts membres du gouvernement, sans savoir que Jean Rigault, ministre de l'Intérieur et de l'Information, a fait placer sur écoute l'appartement d'Henri d'Astier, son ancien ami. De son côté, le comte de Paris fait savoir aux cinq membres du conseil d'Empire qu'il se porte candidat au poste de haut-commissaire en remplacement de l'amiral Darlan. En attendant ces élections, le pouvoir se trouve provisoirement entre les mains du gouverneur du Maroc, le général Noguès, et celui-ci, craignant pour sa vie, décide de précipiter les choses: Bonnier est transféré dans l'après-midi du 25 décembre au tribunal militaire et son procès a lieu en fin de journée. A l'issue d'une brève délibération, il est condamné à mort et son exécution est fixée au lendemain à l'aube. En attendant, il est enfermé dans un local situé dans l'enceinte du tribunal et surveillé par deux officiers de gardes mobiles, le capitaine Gaulard et le lieutenant Schilling.
Durant la nuit, le condamné se confie à ses gardiens et ses déclarations sont consignées par le capitaine Gaulard. En voici les extraits les plus significatifs: "J'ai tué l'amiral Darlan parce que c'est un traître, il vendait la France à l'Allemagne pour son profit. (…) J'ai appris qu'une personne (le général François d'Astier de La Vigerie), venant de la part du général de Gaulle, avait demandé à être reçue par l'amiral. Le général de Gaulle était prêt à faire sa soumission si une personnalité que je connais (le comte de Paris) prenait le pouvoir à la place de l'amiral Darlan. L'amiral a refusé de recevoir l'envoyé du général de Gaulle, marquant sa volonté de garder pour lui le pouvoir. Certaines personnalités ont parlé devant moi de cette démarche infructueuse et ont dit : "Il faut que Darlan disparaisse." J'ai dit alors: "Eh bien, moi, je me charge de le faire disparaître" (…) On m'a dit que, après l'affaire, je serais pris, condamné à mort et gracié. Cependant, on m'a jugé trop vite, il aurait fallu deux jours pour permettre à mes amis d'intervenir. Je sais que Maître Sansonnetti, mon avocat, s'y emploie maintenant. D'ailleurs, le comte de Paris que je connais, est depuis plusieurs jours ici, il est à vingt minutes d'Alger. Je connais aussi Henri d'Astier de La Vigerie, ils sont plusieurs frères, l'un est chez de Gaulle, un autre était avec moi aux Chantiers (Chamine. La querelle des généraux. Albin Michel, 1952.)" Pour le capitaine Gaulard, aucun doute possible: "L'assassin a eu en vue le rétablissement de la royauté (Chamine. idem.)"
Toutes les démarches effectuées pour tenter de sauver Bonnier du peloton d'exécution demeurent vaines. Le 26 décembre, à sept heures trente du matin, Fernand Bonnier de La Chapelle est fusillé
Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent poster des messages dans ce forum.

Cliquer ici pour vous connecter




DAFINA


Copyright 2000-2017 - DAFINA