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LA CEREMONIE DE LA HENNA OU HENNE DES JUIFS MAROCAINS

LA CEREMONIE DE LA HENNA OU HENNE DES JUIFS MAROCAINS 

Après le bain de purification (tebila) et une liturgie spéciale, conduite par un chant, où les piyyutim "poèmes chantés", l'emportent sur l'ordinaire du rituel, le marié revêt son costume de cérémonie, costume indigène comportant notamment un pantalon bouffant en drap ( serw'al ), un gilet brodé et garni de boutons de soie(bediya), une longue veste de drap (zokha) serrée à la taille par une ceinture en soie. La mariée trône sur le talamon « siège nuptial » (de l'espagnol talamo, fauteuil) , maquillée, parfumée, parée d'or et de pierres précieuses, resplendissante dans son costume d'apparat, la grande et somptueuse tenue appelée al-keswa la-kbira dont les pièces sont les suivantes : guimpe en velours brodé d'or (ktef) , corsage en velours grenat ou vert, rehaussé de galons d'or et de boutons d'argent ( ghonbaj) ; jupe de velours de la même couleur (zeltita) , chargée de galons d'or et sous laquelle se cachent de nombreux jupons, (sayat) ; ceinture large et raide de velours brodé d'or et de perles ( hzam ou mdamna) ; babouches brodées d'or (serbil) amples manches en voile de soie brodée (khmar et-tesmira) ; coiffe en couronne chargée de perles, d'émeraudes, de rubis, de pièces d'or etc...(khmar ou swalef) ; longue écharpe en belle soie qui fixe les cheveux (festul) ; foulard de soie blanc ou vert, (sebniyya) que l'on recouvre d'un léger voile blanc (elbelo de l'espagnol velo) abaissé sur le visage. 

Tout le monde, dans les mellahs, n'a pas à sa disposition un tel costume. Il en existe quelques exemplaires chez les familles fortunées qui les prêtent, pour la circonstance, à celles qui n'en possèdent pas. La ketubbah, rédigée sur un parchemin neuf et illustré par un copiste de talent qui est aussi une maniére d'artiste, est lue publiquement par un rabbin ou un membre lettré de la famille. Les sept Bénédictions sont récitées par un autre ; le hatan, « nouveau marié » boit du vin béni, en donne à boire à la kalla, « nouvelle mariée » et brise le verre en souvenir de la destruction du Temple de Jérusalem. on Procède ensuite à un rite circumbulaloire, les haqqafot, consistant à faire sept fois le tour du patio ; puis la mariée est portée en procession à sa nouvelle demeure pour y passer sa première nuit dite lilt ar raha, "la nuit du repos". 
Le marié est tenu d'observer un jeûne qu'il ne rompera que le soir par le repas rituel qu'il partagera avec son épouse, repas spécialement préparé pour eux deux, comportant des pigeons farcis aux amandes et aux raisins secs, fortement épicés. 

MABROUQ! 

La première raison quant à l'utilisation du henné chez les juifs maghrébins et que l'on retrouve, se rapporte à la beauté. 
Le henné grâce à ses couleurs chatoyantes va rendre la mariée belle et agréable aux yeux de son fiancé. Le henné joue en quelque sorte un rôle de maquillage. Une autre raison : 
Hena vient de Hen en hébreu et qui signifie "trouver grâce". Et lors de la cérémonie, la fiancée souhaite trouver grâce aux yeux de son fiancé. 

Dans le judaïsme, le mot Henné a une signification encore plus profonde. Les trois lettres du mot Hanna correspondent aux trois lois qui sont spécifiques à la femme. 

Halla : La boule de henné que l'on place dans la main de la fiancée ressemble à la petite quantité de pâte à pain que la femme doit prélever et brûler. 

Nidda : concerne toutes les lois de pureté familiales. Le henné se célèbre sept jours avant son mariage car c'est la première fois que la jeune fille va compter ses sept jours de pureté. De plus, le henné qui a une couleur rougeâtre rappelle la couleur du sang. 

Hadlakat Nérot : allumage des bougies avant Chabbat. Deux personnes lors de la cérémonie, rentre chacune avec une bougie dans la main. Le fiancé algérien offre aussi, de belles bougies à sa fiancée. 

Le henné est une plante prolifique, abondante, qui symbolise la bénédiction. Or, comme ces trois commandements s'effectuent avec la main on espère y mettre la même bénédiction qui se trouve dans le henné. Diverses coutumes sont venues se greffer lors de cette soirée, et en fonction de ses origines, le fiancé a l'habitude d'offrir à sa fiancée divers cadeaux dont des bijoux ou chez les tunisiens des paires de chaussures. 

C'est en général les deux belles mères qui déposent dans la main des fiancés le henné. 

Mazal Tov ! 

Les bijoux de la mariée 

La femme, lors de son mariage, recevait traditionnellement un nombre de bijoux proportionnel à l'importance de sa dot. L'ensemble de ces bijoux représente un capital facilement monnayable en cas de difficultés imprévues ou de frais occasionnels au sein du foyer familial. Un proverbe algérois dit à ce propos : "les bijoux sont pour les temps de crise". La femme portait donc son épargne sur elle. 
De nos jours, l'offrande de bijoux lors du mariage prend de plus en plus valeur de symbole. L'usage de la bague de fiançailles, à la manière occidentale, connaît un succès croissant. 

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