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La Génétique des Populations et le Peuple Juif

EN REPONSE A L'ARTICLE SUR SHLOMO SAND

 

La Génétique des Populations et le Peuple Juif

M. Fellous , J. Feingold , L.Quintana -Murci (Paris)et

J.S. Beckmann(Lausanne),H. Ostrer(New York),D. Behar(Haïfa).

 

 

Dans son ouvrage publié récemment sous le titre « Comment fut inventé le peuple juif » (éd. Fayard 2008), Shlomo Sand, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Tel-Aviv, avance l’idée de la “déconstruction d’une histoire mythique“, celle du Peuple juif, qu’il considère comme une pure création née de l’imaginaire d’historiens du XIXème siècle. En tant que généticiens nous ne souhaitons pas discuter le concept de peuple et sa définition, mais plutôt apporter notre pierre au débat par l’éclairage qu’apportent les travaux scientifiques de Génétique des Populations auxquels ont contribué certains d’entre nous. En révélant des continuités et des cohérences entre populations, ces travaux, à l’encontre de l’idée d’une « invention » du peuple, vont dans le même sens que des disciplines telles que l’histoire ou l’archéologie.

 

La Génétique des Populations est une science probabiliste qui analyse au moyen d’un grand nombre de marqueurs génétiques des cohortes d’individus importantes. Ces marqueurs - allèles ou sites polymorphes - peuvent varier d’un individu à l’autre - au niveau de leur ADN (génotype) ou de leurs caractères variés comme les groupes sanguins (phénotypes). On estime que deux individus pris au hasard dans la population diffèrent l’un de l’autre à quelques millions de ces sites, suffisamment pour attribuer l’unicité de chaque individu au niveau de son ADN, sauf évidemment pour des jumeaux vrais.

 

On comprend dès lors pourquoi dans cette branche scientifique, il ne peut s’agir d’études individuelles, portant sur tel ou tel individu, mais sur un ensemble d’individus. Nous parlons alors de fréquences alléliques pour chacun de ces marqueurs, fréquences qui peuvent être significativement plus élevées dans une population humaine que dans une autre. On estime qu’environ 85% de la variabilité génétique est commune à toutes les populations humaines, les 15% restants expliquant les différences notoires comme celles entre les divers groupes ethniques des cinq continents. La conclusion de ces travaux est qu’il n’y a pas de « races humaines », les différences inter-populationnelles s’exprimant essentiellement en termes de différences de fréquence allélique.

 

Dans les travaux de Génétique des Populations, les marqueurs génétiques utilisés ne sont, en général, pas des « gènes » mais de simples changements de paires de bases d’ADN, dont la classe la plus fréquente est appelée SNP (à prononcer snip). Ces derniers sont présents en très grand nombre, quelques bons millions dispersés tout le long de notre ADN y compris sur le chromosome Y. Ce chromosome a deux caractéristiques héréditaires qui le rendent particulièrement intéressant pour de telles études. D’une part, il se transmet exclusivement de père en fils, et représente donc un outil idéal pour des études de filiation paternelle. D’autre part n’étant présent qu’en une seule copie, il est stable et se transmet de génération en génération sans recombiner (contrairement aux autres chromosomes). Il nous autorise donc un regard historique. Ainsi la présence de millions de SNP sur nos chromosomes, et en particulier les SNP présents sur le chromosome Y (il existe au moins 40 types de chromosomes Y dans les diverses populations humaines) a permis de reconstituer ces 10 dernières années l’histoire extraordinaire des migrations humaines anciennes.

 

Nous avons étudié et publié la Génétique des Populations de deux grands groupes de populations juives : les Sépharades (ou orientaux) et Ashkénazes (de l’Europe orientale). Nos résultats ainsi que ceux de généticiens travaillant en Italie, Espagne, Angleterre, Israël, Afrique du Sud, Tunisie, Maroc ou encore aux USA semblent démontrer deux points, objet de la controverse du livre du Pr. S. Sand : d’une part, il y a eu exils de populations juives à partir du Moyen-Orient ; d’autre part, s’il y a eu des conversions au judaïsme de populations non-juives comme celles des Berbères ou Khazars, que personne ne remet en doute, elles semblent minoritaires ou en tout cas ne pas avoir affecté les caractéristiques communes et anciennes de ces groupes du moins en étudiant leurs chromosome Y.

 

Par exemple nos travaux  ont montré que les Juifs de Djerba, en Tunisie, partagent fréquemment les même types de chromosome Y dénommé  par certain« cohanim » compatible avec l’histoire orale qui raconte l’exil des grands prêtres (ou cohanim) lors de la destruction du premier temple et dont l’origine remonte donc au Moyen-Orient. En effet,

ce type de chromosome Y a été retrouvé, a une moindre fréquence ,chez d’autres populations du Moyen Orient .

 

Autre exemple, les analyses comparatives des marqueurs du chromosome Y de populations  Sépharades vivant en Tunisie, Maroc ou celles des Ashkénazes vivant en Pologne ou en Ukraine, avec ceux présents dans les populations non-juives de ces mêmes pays, révèlent une forte ressemblance entre Sépharades et Ashkénazes et les hommes du Moyen-Orient, ressemblance plus forte qu’avec leurs voisins respectifs actuels.

 

Ces résultats renforcent la notion d’une origine commune datant d’environ une centaine de générations, remontant au Moyen-Orient. En effet, la distribution de ces polymorphismes du chromosome Y - partagés par les Sépharades et Ashkénazes - se rapprochent, certes avec des fréquences  différentes, de ceux des populations Libanaises, Syriennes ou Druzes par exemple.

 

Ces mêmes résultats montrent que les Sépharades d’Afrique du Nord étudiés ressemblent davantage aux Ashkénazes d’Europe orientale qu’aux populations locales des pays où ils vivent ou vivaient comme les Berbères (ou les Khazars pour les Ashkénazes).

Les conversions au judaïsme n’ont, semble t-il, pas aussi été massives que le décrit dans son livre le Pr. S. Sand ou, en tout cas, n’ont effectivement pas affecté les caractéristiques génétiques de ces populations juives.

 

Il est d’ailleurs dommage que dans le chapitre V de son livre ou est abordé ce domaine de la Génétique des Populations l’auteur ne cite pas ces dernières données scientifiques. Il est aussi regrettable qu’à plusieurs reprises il parle de « gènes juifs ». Comme nous le précisons, il n’y « ni gènes juifs, ni marqueurs génétiques juifs », encore moins à l’échelle d’un individu.

L’auteur aurait pu solliciter l’expertise de généticiens du même campus comme les Professeurs Y. Shiloh  ou D.Gurwitz.

 

 De meme ,dans ce chapitre V  son auteur confond connaissance , démarche scientifiques et opinion :

  1. la majorité des travaux de génétiques n’ont pas toujours impliqué des Israéliens mais les USA,UK ,l’Italie ou la France,ils ne sont pas tous de religieux orthodoxe avec des arrières pensées(p 379).L’auteur devrait savoir que tous les articles scientifiques de ces  domaines sont analysés avant leur éventuelle publication par des scientifiques anonymes et internationaux  de différentes cultures!
  2. Il n’y a pas de manipulation des résultats comme le suggère son auteur vis-à-vis du Professeur Mourant  le pionner internationalement reconnu dans la Génétique des groupes sanguin et population!(p 387-379)
  3. L’auteur avance l’idée que l’intifada pouvait avoir modifié les démarches des chercheurs . !(p 382)
  4. L’auteur dans ce chapitre personnalise avec des remarques « personnelles » sur les chercheurs  qui participent a ces travaux! (p 384- 381) Non  la démarche  des chercheurs n’est  pas orientée par leurs opinions politiques ou religieuses.

Tous les articles dans ces domaines impliquent des collaborations internationales avec des religions et opinions très varièes de leurs auteurs .Il en est de même pour les rewievers de nos articles.Cette remarque est désobligeante pour notre intégrité scientifique !

 

 

De plus l’histoire des Populations du Monde doit intégrer, à côté de la Génétique des Populations, les données historiques, linguistiques, archéologiques ou celles sur les maladies héréditaires. Ainsi parmi celles-ci, certaines très rares, sont retrouvées à la fois chez les Sépharades et les Ashkénazes, suggérant leur présence bien avant leur l’exil du Moyen-Orient et la séparation historique de ces deux groupes. Au contraire d’autres mutations semblent spécifiques ou plus fréquentes chez, respectivement, les Ashkénazes (Tay-Sachs) ou les Sépharades (Fièvre méditerranéenne) car apparues après leur exil et séparation .

 

 

Il est fascinant de constater que l’application des outils d’analyses modernes de notre patrimoine génétique nous offre la possibilité de reconstruire certaines pages de l’histoire de divers groupes humains. Pour les historiens, cela devrait représenter une riche source d’information à ne pas négliger.

 

Commentaires

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ce qui est important à savoir c'est que les enfants de Jacob sont les enfants d’Israël descendants de Abraham par le sang
actuellement tout le monde sait que les juifs dans leur majorité sont des convertis soit Europe de l'est 'turco mongole' soit nord africains 'berbères'
la minorité est belle et bien abrahamique mais opprimée
voir L’ADN des vrais cohanim pour comprendre
les berbères et les turcs ne sont pas sémites donc ne sont pas tenu par une alliance divine

Moi je préfère me fier à ce que je vois, il suffit de se rendre à Anvers dont la communauté juive est à 100% ashkénaze et de les comparer avec les maghrébins dont leur quartier côtoie le quartier juif, le contraste entre ces deux populations est saisissant, on voit clairement deux types ethniques radicalement différents, globalement des teints clairs de type centre, nord et est-européens fichés d'un résidu de types méditerranéens et proches-orientaux côté juif, et globalement des basanés de type nord-africain côté arabe, il faut être aveugle pour nier cette évidence visuelle.
A mon avis c'est une erreur de prendre pour référence les populations sémitiques actuelles pour se faire une idée du type juif originel, il n'y a en effet pas de corrélation déterminante entre race et langue, je pense qu'en réalité la distribution raciale du Proche-Orient antique n'était pas la même il y a 2000 ans, pour moi elle devait de toute évidence être beaucoup plus claire, on le voit encore de nos jours parmi certaines populations autochtones du Proche-Orient qui n'ont pas bougées depuis 3000 ans, notamment les kurdes et les yésidis qui ont fréquemment des gosses blonds ou des yeux bleus, ce que je crois c'est que les juifs modernes n'ont pas tellement changés depuis l'antiquité, les ashkénazes se sont un peu éclaircis avec les apports européens du versant nord et nord-est et les séfarades sont devenus un peu plus foncés avec les apports nord-africains et sud-européens.

Il ne faut pas confondre phénotypes et haplogroupes!

On trouve l'haplogroupe R chez des camerounais qui n'ont rien d'européen!

L'haplogroupe Q est trouvé chez des nordiques qui n'ont rien d'asiatique.  Les haplogroupes correspondent à des données génétiques ancestrales, pas aux phénotypes actuels.

La théorie de Shlomo Sand ne tient pas la route, je n'ai aucun doute à ce propos car elle est simpliste. Or l'origine des populations est tout sauf un sujet simple!

Par contre, je ne suis pas d'accord avec cet article. Passer sous silence la très forte proportion d'haplogroupe R chez les ashkénazes, ce n'est pas sérieux. Et ignorer l'haplogroupe Q1b présent aussi chez les ashkénazes et aussi en plus faible proportion chez les juifs d'Afrique du nord...

Comment expliquer l'omerta qui règne chez FTDNA sur l'hypothèse Khazars? Les peuples turcs d'Asie comptent une forte proportion d'haplogroupe R et Q (dans une moindre mesure).

Pour l'haplogroupe G fortement présent chez les juifs sépharades (environ 20%), la question n'est pas tranchée. Il y a différents sous groupes dont certains présents dès le néolithique en méditerranée (par ex. sud de la france, sardaigne ...). D'autres sont typiques du nord caucase. L'haplogroupe G pouvait être présent au proche orient dans les premiers temps du judaisme mais aussi dans l'antiquité grecque ou romaine. Par contre, une chose est certaine, cet haplogroupe est quasiment absent chez les berbères ce qui invalide la thèse de S. Sand.

Je pense donc qu'il y a bien eu des conversions, dans l'antiquité (grecs, romains etc), des berbères convertis, plus tard des Khazars et apparentés mais qu'une partie de ces convertis ont ensuite été reconvertis (Khazars convertis au christianisme et à l'Islam), berbères reconvertis à l'Islam etc et que ceux qui ont conservé le judaisme se sont mélangés au juifs descendants de ceux venus du proche orient.

Le peuple juif était esclave de Pharaon en Egypte et Moise a fait quitté ces esclaves pour aller se rendre en Palestine. Moise leur a demandé d'entrer dans la ville de Jérusalem mais auparavant ils doivent la conquérir en combattant les habitants de la ville. Les juifs lui ont répondu d'aller les combattre seul en compagnie de son Dieu. La colère de Moise était grande et Dieu a puni les juifs en les faisant errer plus de 40 ans dans le désert. Et depuis, les juifs sont éparpillés dans le monde et n'ont jamais de pays propre comme ils prétendent et la Palestine n'était jamais juive et malgré les mensonges des juifs et leurs méthodes de falsifier l'histoire, mais la Palestine reviendra aux palestiniens tôt ou tard et jamais elle ne sera abandonnée et d'ailleurs le compte à rebours a commencé et l'avenir vous le dira.

1) a l`epoque c`etait la terre de Cannaan pas palestine.
2)moise ne voulait pas les faire entrer a jerusalem, mais en Israel(Cannaan).
3)c`est l`inverse. les hebreux ont repondu qu`ils ne voulaient pas et on ensuite change d`avis et son partis a la guerre.
4)celui qui t`a enseigne le pentateuque ne t`a pas enseigne les prophetes.... si tu lis le vire de Josue, tu verra israel conquerir Cannan, ect....
tu croyais que le roi David et Salomon aient règne ou???

culture general: ``palestinien`` ce n`est pas de l`arabe ou du francais!
c`est de l`hebreu, et cela signifie ``envahisseur``.

Votre approche est très scientifique, vous devriez postuler dans une grande université...

Sand "semble" confondre des Phénotypes  récessifs devenus Majoritairement dominants dans chaque région du monde juif, et des résultats probabilistes sur un autosome Y sur lequel les scientifiques ont les yeux rivés. Il y a unehétérogénéités fortes entre eux et trop nombreux sont  d'origines hors orientales pour s'expliquer  comme l'écrivent Behar et col. par une introduction faible de géniteurs étrangers. Qu'ils expliquent comment  "justement" un Bottle neck aurait "favorisé" les R1a et R1b et les G et Q et quelques I dans une proportion actuelle de 43 % environ chez les Ashkénazes ?

Les Mères (mtdna) lmontrent partout une identité mutationnelle tardive liée à une Endogamie Massive des 8 derniers siècles; MAIS  une origine extra-orientale massive (en Occident et ailleurs !) avec legs de phenotypes récessifs apparaissant  Dominants chez un très gros tiers des juifs de l'Est qui n'ont aucun phénotype commun avec les juifs  Yéménites   ou nord africains. Un tiers d'entre les Ashkenazes  gardant des phénotypes dominants bruns et orientaux voir africains.
Chez les Sefarads d'Afrique du Nord il en est de même, et de flamboyantes brunes juives marocaines sont porteuses de gènes oeil bleu par leur progénitures mélangées quand elles font des enfants avec des homozygotes bleus.J'ai connu, en Champagne, une famille marocaine juive pieuse et sans reproches,  dont un fils avait l'allure d'un Italien du Centre Sud, un fils "juif berbère" , une fille de peau café- au- lait et aux cheveux roux ...et les deux parents  pouvaient être parfaitement identifiés (phénotypes) comme "Nord Africains" : un mélange de Berbères,de  Sub-sahariens et d'arabes....

Leurs chromosomes Y pouvaient bien être "orientaux"et "israélites" ..sic... sans doute, mais de QUI  ? Et comme je connais un autre ami juif marocain basané au profil émacié d'Arabe , qui a une origine génétique "Sibérienne".....je reste perplexe devant des conclusions aussi péremptoires des uns et des autres!

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