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L'art des riads du Maroc

L'art des riads du Maroc

 

 

Au Maroc, dans les Médinas, ces anciens quartiers qui se situent au centre des villes actuelles, prenez le temps de longer les étroites ruelles, sombres quelques fois ou avec juste des rayions de soleil qui s’infiltrent pour vous éclairer les infinis détails témoignant du passage de nombreuses générations par ici et là. Et peut être, qu’au détour d’une rue, vous apercevrez par l’entrebâillement d’une porte, un espace verdoyant insoupçonnable dans ces lieux rustiques, ainsi que des éclaircies de lumière et de vie !

Impossible de deviner de l’extérieur l’existence de ces grandes maisons appelées Riad. Elles se fondent dans l’architecture souvent austère des Médinas. Leurs façades ne témoignent nullement de l’extrême richesse et des subtilités des lieux. Ce sont de veilles maisons qui datent parfois de plusieurs centaines d’années. Elles ont abrités des familles notables, ont capturé les petits chagrins et les rires joyeux des enfants qui jouaient dans l’espace centrale dit Patio ou Bhou, ouvert sur le ciel et la convivialité. Elles portent toutes en héritage les histoires de ceux qui les ont habité. Une trace sur le bois des portes, des égratignures sur le sol en Zellige (mosaïque traditionnelle), et puis cette générosité qu’on ressent dans l’agencement même des lieux.

Dans les Médinas, des petits paradis !

Les Riads sont des habitations appartenant à une architecture vernaculaire spécifique au Maroc. Le mot Riad est un pluriel de « Rawda » qui signifie « jardin » en arabe. Souvent on parle de Riad de paradis « رياض الجنة ». C’est donc, un désir de réaliser la promesse de Dieu sur terre en créant des jardins à la hauteur de ceux promis au paradis, où l’ombre est associée à la douceur de la quiétude et du bonheur, où les fruits sont à portés de main et où le parfum des roses remplace toutes les senteurs fabriqués.

Les Riads sont situés dans les Médinas. A savoir, dans les vieux quartiers qui correspondent généralement au noyau des villes marocaines. Au fil du développement de ces villes, leur noyaux se sont élargis et se sont imprégnés des empreintes des différents règnes et populations qui les ont traversés. Elles représentent une diversité d’architecture et d’influence, elles sont néanmoins caractérisées par une certaine harmonie de style qui se manifeste par les grandes murailles enveloppants des ruelles étroites, ainsi que par les quelques places où se tient jusqu’à nos jours, des souks et des magasins d’artisanat (travaille de cuivre, de bois, de cuire…). Plusieurs Médinas marocaines, conservent encore une grande partie de ces murailles qui protégeaient jadis leurs habitants des invasions des conquérants étrangers mais aussi des villages avoisinants au temps de Siba (périodes de l’histoire du Maroc caractérisée par le désordre, le dérèglement et le non-respect des lois et de la souveraineté du pouvoir central). Les Médinas possèdent souvent sept portes nommée chacune selon un souverain, un Ouali ou Sayed, un métier ou encore une fonctionnalité. Leurs vieux quartiers regorgent de vie, ils sont très animés et sont caractérisés par une importante densité de population. La majorité des grandes villes marocaines possèdent leur Médinas. Quelques une furent des villes impériales telles que Marakech, Meknes, Rabat qui est la capitale actuelle du pays, ainsi que Fes dont la Médina a été classé patrimoine mondiale de l’UNESCO. Aujourd’hui, des aspects de modernité et de tradition s’y côtoient, aux plaisirs des touristes qui y trouvent le témoignage d’un passage harmonieux du temps et des générations.

Le culte de l’intimité

C’est dans ces veilles villes que sont les Médinas, qu’on trouve des maisons qui s’ouvrent sur un espace central ouvert sur le ciel, ou couvert par des structures en bois et en verres où se distingue un travail d’artisanat minutieux. Ce sont les Riads, ils datent de plusieurs décennies, voir de plusieurs siècles, et appartiennent à différentes époques de l’histoire du Maroc. Ils sont fermés envers l’extérieur, rares ceux qui possèdent des fenêtres donnants sur les étroites ruelles des Médinas. Dans ces cas, il s’agit de petites fentes dans les murs barricadées par des grilles de défense en fer.

Aujourd’hui, de plus en plus de vieux Riads renaissent à la vie. Ils se modernisent et revêtent une architecture qui allie les vestiges du traditionnel et le confort du moderne. De nombreux investisseurs se tournent vers ces petits palais paradisiaques pour les convertir en hôtels, maisons de hôte, restaurants ou encore habitations personnelles. Les Riads se distinguent par une forme carrée ou rectangulaire. L’origine de cette architecture remonte probablement à celle des Romains, mais elle peut être inspirée aussi par des constructions autochtones. Au fait, on trouve dans différentes régions du Maroc, en villes ainsi qu’en villages, des constructions simples de maisons, qui se caractérisent par la disposition spécifique des Riads, à savoir un espace centrale, bien plus modeste, comprenant quelques arbres et où se réuni la famille et parfois aussi quelques animaux domestiques. Cet agencement est probablement dicté par des raisons de sécurité.

D’autres références, font remonter l’origine des Riads à l’Andalousie. Les mauresques (les familles musulmanes et juives, qui ont fuient après la déchéance du règne musulman dans la péninsule ibérique) ont apporté le mode de vie spécifique de l’Andalousie au Maroc, dont une architecture spécifique qui met en valeur le jardin de la maison. C’est un espace au centre des grandes murailles de l’habitation, qui tout en offrants aux résidents un lieu de détente et de fêtes, les préserve des regards inquisiteurs et indiscrets. Cette référence à l’Andalousie, rappelle aussi la promesse du paradis en Islam.

La principale particularité des Riads, est justement ce besoin de préserver la vie d’intérieur. C’est un culte de l’intimité qui mise tant sur la protection de la vie privé, que sur l’oubli du monde externe.

L’Bhou, une célébration de la vie et de la beauté

Les Riads peuvent compter jusqu’à cinq étages. Les murs extérieurs sont austères et neutres. Les portes d’entrée sont tout aussi austères, elles ne sont imposantes que par leur âge et le travail artisanal incrustant parfois le métal (généralement du fer) sur les imposantes planches de bois. Elles sont très lourdes, cependant leurs tailles diffèrent selon l’époque de construction et selon les régions, parfois il faut se courber pour pouvoir y entrer. On en distingue différentes formes et couleurs, parmi les plus connues on trouve celles de Fes, des Morabid, de Mogador, de Chefchaouen…

Ces portes s’ouvrent souvent sur un couloir, tapissé de Zellige noir et blanc, qui mène au patio. Quelquefois on trouve dans le couloir les passages qui mènent à la cuisine et aux quartiers domestiques, ou à l’escalier. Généralement, et après la pénombre des ruelles et celle du couloir, on a la surprise de la lumière qui éclaire le vert des plantes et accompagne doucement le chant de la fontaine.

Selon la superficie des Riads qui dépend du niveau social et économique de ses constructeurs, les Bhous (ou jardins ou encore patios) varient de simple petit espace laissant s’infiltrer la lumière, à de majestueux jardins composé d’un ou plusieurs bassins d’eau et fontaines, d’arbres, de divers plantes et rosiers, le tout positionné suivant des formes géométriques rappelant les jardins andalous et islamique en général. Pour entretenir ces jardins ainsi que pour pourvoir la maison en eau potable, chaque Riad devait idéalement disposer d’une source d’eau. Quelques grandes villes marocaines disposaient d’un réseau d’eaux courant (Fes, Meknes…). L’eau est en effet indispensable pour l’entretien de ces espaces, qui expriment le degré de leur luxe par le nombre d’arbre qui les composent et leurs diversités. Traditionnellement, les orangers, les citronniers ou encore les bigaradiers (oranger amer) sont indispensables pour orner les patios. Plus au sud (Marrakech, Ouarzazate…) on trouve aussi des palmiers. Ces arbres côtoient des rosiers et des plantes d’intérieurs (lierre, bégonia, coléus…) mais surtout des diversités de jasmin, de chèvrefeuille et de bougainvilliers qui rivalisent avec les vignes pour grimper jusqu’aux fenêtres et même jusqu’au toit.

C’est en face de ce havre de paix et de verdure ou sous un des nombreux arbres, que sont placés des fauteuils à l’ombre du soleil. Ce sont à l’origine des fauteuils traditionnels marocains, composés de trois éléments essentiels :

- Le Seddari, une sorte de banquette en bois sans dossier. Ils sont travaillés par des artisans menuisiers. Des formes géométriques ornent leur façade. Ils peuvent être incrustés par des métaux (fer essentiellement), de nouvelles tendances (importés de Syrie et autres pays) voient le jour, tel que le travail du bois par des ornements en os d’animaux sous formes géométriques ou de fleurs.

- Les matelas : traditionnellement, ils étaient remplis par la laine ou encore le foin pour les familles les plus pauvres. Ils sont actuellement fabriqués industriellement avec des matériaux modernes. Ils sont couverts par de grands tissus portants des couleurs vives et Joyeuses. Parfois des Lhaf, une sorte de dessus du matelas (sous forme de housses ou de petit tapis) sont déposés sur les matelas.

- Les coussins : à la base, ils étaient couverts par le même tissu couvrant les matelas, mais les nouvelles tendances d’architecture d’intérieurs, ont apporté une touche de modernité sur la forme, les tissus et les couleurs de ces coussins.

Ces canapés traditionnels se prêtent facilement pour les longues soirées entre familles. On peut s’assoir dessus, s’y allonger et éventuellement y dormir pendant les nuits chaudes d’été. C’est là aussi, que sont pris les petits déjeuners et les gouters, deux moments importants de la vie de familles où on se défait un peu de la solennité du déjeuner et du diner. L’espace est ouvert, l’ambiance aussi. La vie au jardin est importante dans le Riad. Elle reflète l’humour des habitants. Le jardin lui-même est tantôt joyeux, tantôt mélancolique. Il vit aussi ; fleurit, fane et quand les habitants partent, il meure.

Les murs qui donnent sur l’Bhou, sont joyeux. Ils contrastent avec ceux de l’extérieur. Les plantes grimpantes s’y nichent. De grandes fenêtres et parfois mêmes des balcons les ornent. Un travail de bois et de verre met en valeur les lieux. Même les grilles de défense des fenêtres manifestent une recherche bien visible de beauté et d’harmonie. Leurs verres sont coloriés et pétillants. La lumière est ainsi vive et scintillante dans l’Bhou mais aussi dans l’intérieur du Riad.

Parfois ces espaces jardins ont été couverts au fil des générations par une toiture en bois, ou en verre, ou ont été complètement fermé pour en faire deux chambres centrales en rez-de-chaussée et en étage.

L’intérieur du Riad, entre sobriété et luxe !

Autours du jardin central, ou de cette pièce centrale, se tient les salons et les chambres ainsi que la cuisine, les salles de bain et chez les privilégiés, un hamam. Ces espaces communs sont habituellement très rustiques et doivent juste répondre de leurs fonctions principales. On y trouve rarement l’expression d’une architecture recherchée. Généralement ils occupent une petite superficie, et sont à la disposition de tous les habitants. L’aménagement et la modernisation d’un Riad suppose d’emblé, une restructuration des ces espaces communs. Nombre d’entrepreneurs y ajoute un Hamam ainsi que des salles de bain pour chaque chambre ou au moins pour chaque étage.

En revanche, les salons confirment l’esprit paradisiaque des Riads. Ils sont de forme rectangulaire, leur longueur outrepasse amplement leur largeur. Leur plafond est assez haut. Ils sont décorés en Geps, c’est un travail artisanal de plâtre qui remonte au VIII siècle et qui est importé d’Irak. Il est fait par des Mâalmins qui ont hérités leurs savoir-faire de leurs ancêtres. Ils sculptent le plâtre et le cisèlent pour reproduire des formes géométriques et des motifs en fleurs. Dans les plus prestigieux Riads, on retrouve aussi des reproductions de versets coraniques et des citations faisant l’éloge de la création de Dieu, ou en encore reproduisant ses quatre-vingt-dix-neuf Noms.

Le Geps couvre habituellement aussi le haut des murs des salons ainsi que les colonnes et les arcades de décoration. Il est parfois neutralisé par une couleur blanche mettant l’accent sur le minutieux travail de sculpture, d’autres fois, des couleurs savamment posées par les Mâalmins rehaussent les motifs et les formes sculptés.

Au dessous de ce Geps, c’est un Zellige tout aussi raffiné qui couvre la partie inférieure des murs. Le travail du Zellige Beldi est un travail de mosaïque typiquement marocain. C’est un assemblage minutieux de petits morceaux de mosaïque selon des formes et des couleurs suivant des formes géométriques qui sont reproduites jusqu’à nos jours. Le Zellige Beldi porte des couleurs classiques comprenant le bleu, le jaune, un rouge brique, le vert… leurs dispositions finales reproduisent de vrais tapis en mosaïque. Le même Zellige couvre le sol des salons, quelques fois il s’étend sur tout le parterre du Riad, de ses couloirs et de ses escaliers.

Les salons des Riads sont meublés aussi en fauteuils traditionnels marocains, avec Seddaris, matelas et coussins. Le travail du bois des Seddaris est plus raffiné, plus délicat. Le bois lui-même et de qualité supérieurs (cèdre...). Les nombreuses tables du salon sont généralement fabriquées du même bois et portent le même motif que les Seddaris. Les tissus couvrants ceux-ci ainsi que les coussins sont de qualité supérieure (velours, satin…) et marquent aussi le faste des lieus. Ils sont mis en œuvre pour intimider les visiteurs et marquer le statut social et économique des habitants.

Les salons et chambres sont invariablement sois au réez de chaussée, sois à l’étage. Néanmoins, les chambres peuvent être moins luxueuses. Elles sons composées généralement de deux parties. Un petit salon meublé aussi en Seddaris, Matelas et coussins, et une alcôve comprenant un lit et une armoire. Généralement l’alcôve est séparée du petit salon par des rideaux. L’architecture des chambres est plus sobre, au lieu du Geps et Zellige se sont les Haytti, une sorte de tissu traditionnel, qui couvrent les murs.

Dans les petits Riads, les salons et les chambres peuvent être fusionnés par manque d’espaces. Dans ce cas les salons/chambre sont décorés avec plus de recherche, et une attention particulière et donné au tissu du Haytti et des rideaux qui séparent l’alcôve du salon.

Le voisinage des terrasses

Il vous faut emprunter des escaliers bien étroits pour accéder à la terrasse. C’est un lieu qui détient une grande importance. Utile, au grès du climat et des saisons, on y sèche le linge et la viande qui sert à la fabrication du Khliê. On y procède aussi au nettoyage des graines de différentes céréales et autres légumes secs. Ces différentes opérations été souvent l’occasion de grandes rassemblement de femmes du Riad mais aussi de la famille et des voisines. C’est un espace presque entièrement réservé, à l’origine au moins, aux femmes, aux enfants et aux jeunes.

Les murailles des terrasses laissaient souvent une ouverture sous forme de fente, permettant aux femmes du Riad de faire gouter leurs voisines de leur cuisine, ou de leur emprunter des ingrédients, ainsi que de s’enquérir des nouvelles des voisins. Les jeunes de leur coté, y trouvaient un moyen de contourner les interdits pour y entretenir les petites amourettes de leur âge.

Actuellement, plusieurs de ces terrasses sont transformées en salon de thé, avec parfois une petite piscine et des plantes et petits arbres qui rappellent l’ambiance du Bhou.

La reconversion des Riads

Actuellement, de nombreuses résidences et structures hôtelières sont désignées comme étant des Riads. Pourtant, le mot Riad à l’origine désigne exclusivement les maisons avec un jardin central qui se situent dans les Médinas. Du fait de la classification de nombreuses Médinas, ou d’une partie de leurs quartiers, comme patrimoine mondiale de l’UNESCO, plusieurs Riads se retrouvent sous la protection de l’humanité et de l’Etat. Ils sont dans ce cas restaurés au moins partiellement, et sont ainsi, protégés de la fantaisie de rénovation et modernisation des entrepreneurs immobiliers, qui doivent soumettre leur projet de restauration aux autorités compétentes qui veillent sur le respect de l’architecture initiale des Riads.

Au fait, le Maroc connait une tendance de plus en plus importante pour l’acquisition et la rénovation des Riads. Plusieurs sources font remonter cet engouement pour ces vielles constructions aux années soixante du siècle dernier. C’est grâce à des étrangers (des américains d’abord) qui ont été séduit par ces résidences dont nombreuses tombaient en ruine, que les Riads sont devenus briguées par des célébrités, des diplomates et des fortunés. Il parait que cette tendance a été accélérée à la fin des années quatre vingt dix par la diffusion d’un numéro du magazine Capital sur la chaine française M6, durant lequel il a été question du faible prix des Riads par rapport aux prix des habitations dans l’hexagone. Depuis, plusieurs Médinas ont vu leurs nombres de résidents étrangers s’accroitre. C’est le cas essentiellement dans les villes touristiques, telle que Marrakech, Tanger, Fes. Cependant, à cause de la hausses des prix dans ces villes-ci, le phénomène s’étend dorénavant à d’autres Médinas qui étaient jusqu’alors, beaucoup moins convoitées par ces acheteurs. Au nord du royaume (Tanger, Tétouan…), ce sont essentiellement des espagnols qui investissent dans les Riads. Phénomène amplifié par la crise économique qu’a connu l’Espagne durant ces dernières années. Par ailleurs, de plus en plus de retraités (principalement des espagnols et des français) choisissent de passer une grande partie de l’année au Maroc, voir de s’y installer définitivement. Beaucoup choisissent d’acquérir un petit Riad, il leur offre au même temps les joies d’une vie paisible, et les commodités de la vie dans la Médina où presque tous les services sont à porté de main.

Il serait nécessaire de signaler que cet intérêt pour les Riads, a été influencé aussi par le potentiel qu’ils représentent comme investissement dans les domaines d’hôtellerie et de restauration. En effet, depuis la fin du siècle dernier, plusieurs Riads ont été réhabilité en maison d’hôtes, ou en restaurant. Un investissement qui répond à la recherche des touristes, de lieux vernaculaires et authentiques pour passer leurs séjours, ce qui leur permet de mieux appréhender la vie de la population marocaine, et de s’imprégner de ses habitudes et de ses coutumes. Bien que de nombreux Riads conservent leur fonction d’origine, soit en tant que résidence principale, soit comme résidence secondaire. Généralement, vous pouvez remarquez les uns et les autres aisément, quand vous faites un tour dans les ruelles des Médinas. Ils se distinguent par leurs façades bien entretenues.

Les habitants de ces Riads, ainsi que les touristes qui y logent, y trouvent un havre de paix et de calme. Ils manifestent parfois un luxe qui rappel celui des palais des Milles et une nuit, d’autre fois, ils sont rustiques, décorés avec des tapis, des tissus et des meubles qui appartiennent plutôt à la campagne marocaine. Ils se passent alors du vestige du Geps et du Zellige ou en utilisent le minimum. D’autres architectes optent pour une ambiance complètement moderne à l’intérieur des Riads, ce qui crée un intéressant mélange entre confort moderne et une architecture ancestrale des lieux.

De manière générale, l’investissement dans un Riad nécessite un capital conséquent, pour l’opération d’achat elle-même ainsi que pour la restauration qui est parfois équivalente ou même excéder la somme de l’acquisition. Les propriétaires marocains de ces Riads ne peuvent généralement disposer du capital nécessaire pour l’entretien et de la restauration. La majorité des Riads étant des constructions très anciennes, leurs entretient nécessite des aménagements spécifiques faisant appel à des Mâalmines et des spécialistes dans la restauration du patrimoine qui exigent un matériel onéreux et qui demandent honoraires assez élevés. A l’exception de quelques rares investisseurs marocains, la majorité des acquéreurs des Riads sont donc des étrangers, pour qui cet investissement reste inférieur à une opération similaire dans leur pays de provenance.

C’est dans tous les cas, une préservation du patrimoine immobilier marocain qui, sauf quelques dérives, joint l’utile à l’agréable. Les populations des Médinas s’en plaignent rarement, puisque ce voisinage a un impact direct et indirect sur leur niveau de vie, autant sur les infrastructures (la restauration des ruelles, leurs éclairage…) que économiques (le flux des touristes influe directement sur la vente des produits artisanaux fabriqués et/ou vendus dans ces quartiers).

Marrakech où les Riads fleurissent

La ville rouge a été fondée en 1071. Des sources historiques révèle que sa construction a d’abord été entamée par le prince Abi Bakr BEN OMAR pour sa femme Zaynab NAFZAOUIA, mais tous concordent sur le fait que le véritable fondateur de Marrakech, est le premier sultan des Almoravides Youssef Ben TACHFINE en l’honneur de la même Zaynab qu’il avait prit pour épouse après son divorce. Et la ville ocre fut à la hauteur de l’amour infini du sultan Moravide pour sa femme ; un jardin paradisiaque au milieu du Sahara. Marrakech est terre de Dieu ou bien terre de parcours en Amazigh. Les Almoravides y ont construit plusieurs mosquées et Médersa (écoles), faisant d’elle d’or et déjà une ville de culture et de rencontres.

Marrakech séduit le visiteur d’emblé par ses couleurs. La lumière de la ville a conquit des artistes du mondes entiers. Le peintre Jacques MAJORELLE y a en effet, créé l’un des plus beaux jardins du royaume : Jardin MAJORELLE où règne la couleur bleu Majorelle créé aussi par le peintre. De nombreuses célébrités et hauts personnages ont été séduits par la ville rouge dés le début du protectorat. De nos jours aussi, des artistes et célébrités du monde entier la choisissent pour prendre une résidence secondaire, ou pour leurs vacances.

Marrakech séduit par ses Jardins (Majorelle, Mnara, Agdal, Moulay Abdeslam), ainsi que par ses palais (Bahia, Bdiâe…). L’histoire de la ville a été mouvementée, elle a été capitale durant les règnes des Almoravides, des Almohades et plus tard sous le règne des Saadiens. Elle est actuellement considérée comme étant la capitale touristique du Maroc. Elle accueil en effet, plus de deux millions de touristes par an, un des chiffres les plus importants du tourisme marocain.

Mais Marrakech, c’est surtout ses Riads qui ont acquit une renommée mondiale. Ils sont entretenus comme de vrais bijoux préservés pour le plaisir des touristes. Selon des sources officielles, plus de cinq cent (500) Riads ont été réhabilité en hôtel ou maison d’hôtes. Ils tentent ainsi de répondre à une demande croissante. En plus des touristes étrangers qui sont à la recherche de l’authenticité dans ces structures, de plus en plus de touristes marocains optent pour les Riads.

En plus, selon des sources officielles, plus de 3000 étrangers ont acheté des résidences à Marrakech, dont de nombreux Riads. Des celebrités commes Yves Saint Laurent, Jean-Paul Gaultier, Arielle Dombasle et autres l’ont choisi comme deuxième demeure, faisant ainsi directement ou indirectement la promotion de ce tourisme de luxe.

Grâce à ses Riads, ses lumières, sa couleur ocre… Marrakech semble sortir tout droit du cadre des Milles et une nuit. Une situation qui ne changera pas sous peu, puisque les Riads Marrakchis gagnent en notoriété. C’est autours de la célèbre place JamâA Elfna, inscrite dans la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2008, que se trouve la majorité des Riads de la ville rouge. Un emplacement stratégique dans une ville qui est en pleine expansion.

En plus des Riads devenus des résidences privées de célébrités et autres personnages politiques, d’autres sont devenus un lieu de rencontre pour touristes à la recherche de l’authentique ambiance Marrakchi. Ces maisons d’hôtes se diversifient pour répondre à la demande de tous les budgets. D’un luxe qui rappelle les grands tableaux des Orientalistes, jusqu’à une austérité quasi simple que spirituelle. Le visiteur de Marrakech n’a que l’embarra du choix. Il peut même choisir de découvrir divers Riads au grès de ses voyages à la ville rouge.

Au fait, la diversité de l’offre des Riads/maisons d’hôtes à Marrakech, ne concerne pas uniquement les prix. L’abondance de l’offre et la concurrence qu’elle engendre, pousse les responsables de ces structures à rivaliser dans l’aménagement et l’architecture des Riads, dans les services présentés aux clients (Hammam, croisières dans le sahara, soirée Gnaoua…), la gastronomie marocaine traditionnelle…

Ainsi, quand vous consultez les pages web, vous trouverez plusieurs classifications des plus beaux, authentiques ou autres des Riads Marrakchis. A vous de faire le choix pour un voyage dans l’espace et dans le temps.

Les Riads sont justement une passerelle originelle pour visiter l’ancien Maroc, celui des villes au moins. Ils sont les témoins d’une histoire riche en événements. Ils ont survécu au passage du temps. Ils changé de propriétaires, ont su s’adapter aux humours des uns et des autres. Cependant, comme de vrais mystiques, ils ont su resté fière et entière, transmettant aux générations nouvelles l’esprit de leurs ancêtres, adeptes de culture, de paix et de beauté.

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