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analyses du livre "UNE JEUNESSE JUIVE AU MAROC"

Envoyé par hananiaamar 
analyses du livre "UNE JEUNESSE JUIVE AU MAROC"
02 janvier 2010, 16:33
Ne pouvant disposer d'extraits de mon livre "UNE JEUNESSE JUIVE AU MAROC" sur le site d emon éditeur l'Harmattan, je me perùmets de livrer à l'internaute intéressé quelques analyses relatives à cet ouvrage paru en 2001.
HAA
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Dans ce récit, Hanania Alain AMAR invite le lecteur à un itinéraire, celui du témoignage : tout en peignant son enfance et sa jeunesse, il fait un double portrait du Maroc : le pays historique et l’histoire millénaire de la communauté à laquelle il appartient. Mais il remonte d’abord le fil de ses origines familiales. Il nous conte les périples sud-américains s de son grand-père Hanania, dont il porte le prénom, revient au Maroc et rejoint sa famille installée « rue Ben Bekââ, au mellah de Rabat, dans le quartier juif proche de la médina ». Les Juifs au Maroc, comme leurs coreligionnaires dans d’autres pays, eurent leurs périodes fastes et celles qui leur furent plus défavorables. Parmi quelques apogées, citons les Xe et les XIe siècles au cours desquels règnent les Almoravides. Amar note, à la suite de Victor Malka, que « l’armée de Youssef ben Tachfine qui entreprend la conquête de l’Espagne compte plus de quarante mille soldats et officiers juifs ».
Ainsi le judaïsme marocain n’est pas seulement vénérable par ses traditions, ses coutumes, la chaleur de son accueil, son histoire modeste, mais il puise ses racines dans le terreau des migrations qui, d’Est en Ouest, dépeuplèrent la tragique terre d’Israël, déjà au début de l’ère chrétienne ; ensuite après les révoltes qui, sous Trajan, amorcèrent le déclin du grand foyer libyen. Saint Jérôme, saint Augustin, saint Cyprien, notamment y font référence ; non sans hostilité, ils craignaient que ce judaïsme très vivant dont le message trouvait accueil auprès des populations païennes n’altérât le travail des missionnaires évangéliques. A travers des anecdotes, des réalités historiques et familiales étayées par une solide bibliographie, ce livre qui mêle tendresse, humour et émotion contenue est une précieuse source pour découvrir une époque et un monde peu connus du public français.
Richard Ayoun
Maître de conférences à l’Institut national des langues et civilisations orientales


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Le docteur Alain AMAR est un psychiatre pratiquant en exercice hospitalier semi-public à Lyon. Il vient d’écrire un livre sur ses années passées au Maroc, dont il est parti pour achever ses études médicales en France. Le titre de ce livre est Une Jeunesse juive au Maroc. C’est un livre qui est non seulement autobiographique, mais qui remet l’histoire personnelle de l’auteur, comme certains « psy » savent la raconter, dans le contexte religieux, culturel, politique et médical de l’époque. C’est donc une pièce de plus à verser au dossier de l’histoire médicale du Maroc. Forcément subjective, la description qu’Alain Amar fait de sa trajectoire biographique est tout en délicatesse et reflète une grande sensibilité. A l’évidence, cette description ne fait pas de place à la langue de bois, critique sans détours ce qui doit l’être dans notre société et met en exergue ce qui la rend belle et attirante. Si ce livre est écrit autour de la mémoire d’un père qui a fortement marqué la vie de son fils, l’autre héros du livre est le Maroc, auquel l’auteur reste profondément attaché, malgré une absence qui a duré plus d’un quart de siècle. La description minutieuse qui est faite des interactions familiales montre, s’il en était besoin, combien les familles juives et musulmanes du Maroc étaient construites et fonctionnaient sur des modes plus similaires que différents.
Des détails intéressants sont donnés sur la Faculté de médecine de Rabat durant ses toutes premières années de vie, avec ses enseignants étrangers, pour la plupart français, et ses tous premiers enseignants marocains. Ayant vécu personnellement les mêmes années dans la même faculté, je peux témoigner de la véracité de la description et de la pertinence de l’analyse. Ceci laisse supposer que le reste est à l’avenant.
Le docteur Amar a tenu à ce que son manuscrit soit lu par plusieurs personnes avant publication, pour qu’il ne contienne pas d’erreur historique pour la période qu’il décrit. C’est donc un livre intéressant à plus d’un titre qu’un confrère psychiatre et compatriote nous offre à lire. Dans ce sens, il est important que les Marocains juifs et musulmans retrouvent leurs racines et leur histoire commune, car c’est aussi comme cela que le drame absurde du Moyen Orient verra son intensité diminuer et qu’une solution de paix sera plus rapidement trouvée.
Professeur Driss Moussaoui
CHU Ibn Rochd
Revue maghrébine de psychiatrie, 2002
Casablanca
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L’autobiographe Annie Erneaux a créé dans son Journal du dehors (1993), l’expression ethnotexte pour désigner l’écriture du moi, qui se détourne de la complaisance dans les petits secrets de l’ego pour s’intéresser aux mentalités et aux codes sociaux régissant la vie quotidienne des autres. Cette notion d’ethnotexte convient parfaitement au remarquable ouvrage Une Jeunesse juive au Maroc que vient de publier Hanania Alain Amar, qui a inséré le récit de son trajet personnel dans une chronique familiale et dans l’évolution de la communauté juive au Maroc en rapport avec l’histoire de ce pays.

L’évocation des destinées de son grand-père paternel et de son père avant la description de son propre itinéraire a permis à l’auteur de faire revivre trois périodes importantes de l’histoire du Maroc : avant le Protectorat français, l’ère du Protectorat et les deux premières décennies de l’Indépendance. Le grand-père, Hanania, né vers 1860, a connu comme tous ses coreligionnaires de l’époque, le statut de dhimmi qui signifie protégé ou toléré. En réalité, ce statut discriminatoire, constitué de nombreuses interdictions et obligations humiliantes, reflétait le mépris des Musulmans pour les Juifs exclus de la véritable citoyenneté. Cette exclusion se concrétisait par le mellah, quartier insalubre réservé aux Juifs qui y trouvaient la consolation de pouvoir respecter tranquillement leurs rites et leurs fêtes : seules lueurs dans leur misérable condition. Dès qu’une crise éclatait, la foule s’attaquait au mellah. L’auteur rappelle notamment les violents pogroms de 1907 à Casablanca et de 1911 à Fès.
Le père, Yéhouda-Léon, né en 1901 a reçu une instruction française à l’école de l’Alliance Israélite Universelle. Devenu directeur financier du groupe des Moulins Baruk, il a pu offrir à sa famille une vie aisée à l’occidentale, allant jusqu’à l’initier à la célébration de la Saint-Sylvestre et à la nourriture non cacher. Cette insertion dans la culture française à laquelle les Juifs marocains vouaient un culte quasi mystique au point de lui sacrifier une partie de leurs traditions religieuses, était néanmoins assombrie par l’antisémitisme des Français du Maroc et les magouilles du gouvernement de Paris qui faisaient tout pour « éviter tout mélange des communautés et perpétuer les différences et les heurts potentiels ». Quant à Alain, né en 1947, il a fait ses études au lycée Gouraud puis au lycée Descartes de Rabat (lycées français), s’est nourri des plus grands auteurs contemporains et classiques, français et étrangers, s’est enthousiasmé pour les films américains et commencé des études médicales au CHU de Rabat. Mais l’arabisation de l’enseignement imposée après l’Indépendance (sauf dans les établissements de la MUCF : Mission Universitaire et Culturelle Française, note Alain Amar qui précise également qu’il n’a jamais appris l’arabe classique ou dialectal, honnis par la direction de l’Instruction publique de la Résidence générale, et ne parle pas cette langue dont il ne comprend que quelques bribes), le départ programmé des professeurs français, l’épuration de l’administration de ses employés (et surtout de ses dirigeants, note A. Amar) juifs ont fait resurgir les peurs ancestrales des dhimmis et obliger les Juifs à immigrer vers Israël, la France ou le Canada. Sentant que son pays natal lui « est devenu étranger, voire hostile », A. Amar l’a quitté en 1972 pour « achever ses études médicales générales et entamer une spécialisation en psychiatrie à Paris » (note A. Amar) .
[…] La narration d’Alain Amar se déploie sur un fond d’émotion profonde, mais retenue car ce livre a été conçu au départ comme un kaddish à la mémoire de son père.
Néanmoins, l’émotion cède la place de temps en temps à un certain humour qui se manifeste surtout dans les passages relatant une scène de conjuration du mauvais œil, la bigamie du grand-père maternel ou la transformation du père, à l’époque de son célibat, en dandy. Soucieux de restituer la vie quotidienne dans ses détails concrets, A. Amar s’est fait par moments ethnographe pour décrire les mœurs, les superstitions, les rites, les fêtes, les vêtements et les habitudes culinaires avec une jubilation communicative. Ce livre passionnant apparaît donc comme un document de premier ordre sur les lumières du judaïsme marocain que l’auteur a réussi à faire revivre avec une tendresse infinie sous-tendue par une admirable objectivité car il a su éviter aussi bien l’image sombre du passé juif au Maroc, que sa vision idyllique à laquelle s’accrochent certains Juifs marocains souffrant encore de l’exil.
Ainsi, Alain Amar a su établir un équilibre harmonieux entre sa documentation très riche, sa narration vivante et son texte limpide
faisant de cet ethnotexte enrichissant, un livre qu’on a vraiment plaisir à lire.
Jacques Eladan
Unir – Echos
Mars 2002, n° 191
Le journal des communautés israélites du Bas-Rhin
Strasbourg
Egalement paru dans Le Mensuel Littéraire et poétique, n° 302, mai 2002

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Hanania Alain Amar nous entraîne dans une histoire aux accents proustiens. Il ne s’agit pas de Combray et des madeleines de tante Léonie, mais de gâteaux au miel, des beignets et biscuits à la cuillère de Grand-mère Simha.
L’auteur témoigne d’un itinéraire culturel personnel et familial, mais aussi de la communauté juive du Maroc.
Séparer et se séparer, telle est la fonction du langage. L’écriture est-elle toujours une « Lettre au père » ? S’engager dans un récit au bout duquel attend un père qui ne vous lira pas et, au terme de l’écriture, retrouver les bras du père pour apprendre le temps et la perte.
H. A. Amar nous interpelle à travers toutes ces interrogations qui sont les nôtres et nous confronte en affirmant : « Je viens de tourner une page… mais le livre demeure encore ouvert… ».
Merci, Alain !
Docteur Michel Faruch
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