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Quelques musiciens marocains

Quelques musiciens marocains
24 mai 2004, 08:17
Quelques musiciens:

Abdelouahab Doukkali :

Figure importante du paysage artistique marocain, Abdelouahab Doukkali reste l'une des "rares" stars nationales. Après plus de 30 ans de carrières et de grands succès, il continue à produireet à être primé, spécialement dans le monde arabe. "Mana illa bachar" fut un de ses grands succès. Chantée dans les années 60, elle dépassa vite les frontières du Maghreb (où il est déjà une star incontestée) et Sabah, la libanaise, en fait une nouvelle version qui fait le tour du monde arab


Bouchaib Bidaoui:

Disparu très tôt, Bouchaib Bidaoui est resté une figure emblématique de la musique populaire au Maroc. Artiste aux multiples talents (chant et théâtre), il a su imposer l'aita (chant populaire confiné aux milieux ruraux des plaines atlantiques) comme une musique nationale, ayant sa place à la radio et à la télévision. De même les personnages qu'il incarnait dans ses pièces de théâtre (il se déguisait souvent en femmes du Chaouia) restent inégalables tant ils sont réels. En bref, un personnage haut en couleurs, très peu connu des générations contemporaines.


Ismael Ahmed:

Ismael Ahmed est l'un des chanteurs de l'âge d'or de la chanson moderne marocaine. "souelt 3lik l'3oud ou nay" ainsi que "achddani" sont les plus belles chansons qu'il a interprétées.


Les Frères Migri:

L'expérience des frères Migri (Hassan, Younes, Mahmoud et Jalila) est unique dans l'histoire de la musique marocaine. Dans les années 70, ils étaient les protagonistes d'un certain pop-romantique au Maroc. Tout en évoluant en solo, ils développèrent un style distingué. Cette ballade est l'une des plus connues de leurs chansons chantées tous ensemble. Elle fait partie de leurs classiques, fredonnée encore par toute une génération de marocains.


Mohammed Hiyani:

Apparu en même que certains ténors de la chanson marocaine comme : Abdelhadi Belkhayat et Abdelouahab Doukkali, El Hiyani n'a pas connu la même gloire. Il avait pourtant tous les atouts. Disparu il ya quelques années, il a une place de choix dans le coeur des marocains. Notamment grâce à cette belle qassida que lui a offert Abdeslam Amer : Rahila. "Bared ou skhoun" est un de ses plus grands succès..


Nass El Ghiwane:

Fer de lance de la chanson à connotation politique et sociale, ils ont symbolisé la contestation et la lutte pour la liberté d'expression au Maroc, ils furent les idoles de la jeunesse marocaine et maghrébine des années 70-80

soly
Musique Populaire
24 mai 2004, 08:24
Musique Populaire;






Le soufisme populaire et les danses de possession ou transes
Les marocains ont toujours réservé une place prépondérante aux chants religieux et mystiques. De cette préoccupation sont issus le dikr (invocation d'Allah), le madh (chants panégyriques), les différents modes de psalmodie de la burda et de la hamziya (deux poèmes à l'honneur de Sidna Mohammed écrits par Al- Bussayri au XIIIe siècle), ainsi qu'une variante de formes et de styles mystiques cultivés dans les zawiyat (confréries).



Musique populaire;

Au Moyen Atlas, pays des Imazighen - les berbères du Maroc- l'art des chikhates est une forme musicale qui s'est développée principalement dans les centres urbains tels Mrirt, Boumya, Zaouit cheikh, Ait Shaq, ou Khénifra. Le terme au pluriel chikhates ou son masculin chyoukh a une utilisation très vague au Maroc (voir Profession : chikha). Il ne désigne pas un genre musical précis et uniforme ; il s'applique plutôt à toutes femmes et hommes qui s'adonnent à la musique et la danse comme profession. Toutefois, malgré l'utilisation commune du vocable chikhate ou chioukh, il existe de grandes différences entre les chikhates du Moyen Atlas et celles de la Aita (marsawiya en particulier pratiquée dans les plaines de Doukkala, Chaouia et Abda). Ces dissemblances ne sont pas qu'au niveau de la langue utilisée dans les chants, mais aussi au niveau musical, vestimentaire et chorégraphique. Il faut préciser que ce terme flou englobe généralement les musiciens considérés populaires ou traditionnels, et cela avec un certain dédain. Pour beaucoup de gens, il s'agit d'un art mineur, car il est celui des couches sociales les plus modestes souvent d'origine rurale. Ce qui explique bien la marginalistation qui frappe cet art et ses partisans et ses partisans et par conséquent le fait qu'il soit mal étudié, non conservé par des enregistrements de qualité ou répertorié.


soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 02:21
Houcine Slaoui

En 2001, les marocains ont commemoré le cinquantenaire de la disparition de Houcine Slaoui, une figure marquante de la musique marocaine contemporaine.
Considéré comme le Sayed Darwish du Maghreb en raison de quelques similitudes de carrière (très courte), il n'en est pas moins l'artiste du peuple marocain (comme l'a été Darwish en Egypte) en raison des thèmes sociaux traités dans ses chansons légères et pleines d'humour.
Se comportant comme un véritable "hlayqi", Houcine Slaoui a su concilier la chanson populaire folklorique et la chanson orientale dite "moderne".

soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 02:24
Najat Aâtabou : la "lionne de l'Atlas"


Récemment de passage à l'Olympia à Paris, Najat Aâtabou s'impose comme l'une figures les plus importantes de la chanson populaire marocaine. Originaire de Khemisset, elle chante un style propre à elle, qui se distingue du genre "chikhates" de Zemmour ou Zayan.
Personnalité forte et indépendante, elle a su exprimer à sa façon (parfois extravagante) les préoccupations d'une certaine frange de marocaines et marocains, est- ce que vous la connaissez ?

soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 02:43
Nass El Ghiwane : Les Rolling Stones de l'Afrique



Nass El ghiwane ne peuvent être confinés aux personnes qui formaient ce groupe mythique. La pratique des ghiwanes est une coutume ancestrale qui conférait à des gens connus pour leur probité et leur modestie la faculté de décrire par le chant et la parole la vie quotidienne, les problèmes et entraves de leurs semblables. Ces troubadours, de douars en douars, transmettaient leur savoir par l'entremise de la poésie, du chant et du jeu théâtral.

Considérée comme révolutionnaire ou comme phénomène de société, la formation mythique que Martin Scorsese, le réalisateur americain, a décrite comme les Rolling Stones de l'Afrique continue à produire après presque 30 ans d'existence. Le groupe continue à émouvoir aussi bien les nostalgiques qu'une tranche appréciable des jeunes. Dignité , humilité, talent à l'état brut. Histoire d'un mythe.

Au début des années 60,, un quartier de Casablanca, Hay Mohammadi, haut lieu de la résistance marocaine , enfantera les cinq garcons qui vont révolutionner le champ artistique marocain. Omar Sayed et Boujemâa -dit Boujemiî- habitaient Derb Moulay Cherif, Larbi Batma était issu du kariane Jdid, et cette proximité culturelle et affective a été le ciment de ce groupe. Ils ont débuté leur carrière dans la maison de jeunes du Hay non loin du café Essaâda que Larbi Batma évoque comme le fief de la formation dans son autobiographie "arrahil". Ils rejoigent ensuite la troupe de Tayeb Saddiki et introduisent dans son répertoire dramatique des chansons telle la mythique "qittati EssaghiraL'idée de créer un groupe a germé dans l'esprit de Larbi Batma et de Boujemiî lors d'une tournée théâtrale en France dans une volonté de perpétuer ce que leurs ancêtres ont transmis de génération en génération. Le premier Show eut lieu à Casablanca dans le restaurant le Nautilus à Ain Diab. Mais la consécration aura lieu au théâtre Mohammed V à Rabat en 1971. Les spectateurs étaient ravis, car emportés par le rythme et enthousiasmés par des textes qui les touchaient directement. Tout le monde sentait cette opposition symbolique entre deux genres de chansons : l'une conventionnelle et statique, l'autre militante et prometteuse. Les nouvelles chansons de Nass El Ghiwane avaient pour titres : "Çiniya", "Ya bani l insân", "Ahl el hal".. Par son approche insolite, le groupe Nass El Ghiwane s'inscrivait d'emblée dans un mouvement de réaction contre la "chanson âsriya" qui languissait dans d'interminables plaintes d'amour et ennuyait par son caractère relativement figé ; et s'attache à créer un ton véhément en parfaite osmose avec les nouveaux textes.

Nass El Ghiwane ne pouvaient soupçonner ce que leur prestation allait réveiller en un public avide de renouveau à l'aube des années 70, années difficiles sur le plan social et politique. Nass El Ghiwane, par leurs habits de scène, par les instruments traditionnels utilisés, et par leur touchante faculté à saisir le malaises ambiants, communièrent avec le public. Ils devinrent par la suite la voix des opprimés, des contestataires étudiants mais aussi d'une certaine intelligentsia de gauche. A une époque où une simple déclaration conduisait au cachot, Nass El Ghiwane dénoncaient via leurs chants les responsables corrompus. Dans le champ culturel, ils ont adopté un rapport non traditionnel avec la tradition et accompli en fait une "rupture épistémologique" comme le souligne le chercheur et passionné du groupe Mokhtar Zagzoule. C'est la raison pour laquelle ils ont eu un public spécifique (ghiwani) au-delà des fans au sens classique du terme.

.Après quelques décennies, le groupe existe encore .

Les succès du "genre" Nass El Ghiwane n'était pas limité au Maroc, mais s'étendit au-delà des frontières, notamment dans les pays du Maghreb voisin. De récentes recherches sur le mouvement Rai en Algérie a même démontré l'influence de Nass El Ghiwane dans la naissance de la chanson Rai à Oran. De même,des groupes nés en Tunisie et en Libye ont puisé leurs sources d'inspiration dans le répertoire ghiwanien. (cf. El Mezdaouiya dans les années 80 en Libye).

Dans la décennie 80, on a assisté à l'enlisement progressif de la chanson marocaine façon Nass El Ghiwane. Après une volonté sincère de rénovation musicale, elle s'est répétée, alors que les nouveaux groupes censés dynamiser le paysage musical sont largement en-deçà de leurs aînés du début des années 70. Cette situation est tributaire des mutations sociologiques et démographiques qui ont vite tempéré l'ardeur de la nouvelle chanson et de son public.
Après quelques décennies, le groupe existe encore pourtant que de crises ont jalonné le parcours ! L'une des chansons tire augure de cette situation ("Daqqa tab'â daqqa…", (Coup après coup&#8230winking smiley et à trois reprises au moins le groupe a été menacé de dislocation : d'abord à la mort de Boujemaâ (dit Boujmiî) le 26 octobre 1974; ensuite pendant la maladie et la mort de Batma en 1997 et enfin après le départ fracassant de Abderrahman Kirouj la même année. Des premiers Nass El Ghiwane restent les deux vétérans Omar Sayed et Allal Yaâla : Omar le modérateur a acquis suffisamment d'expérience pour sauver le groupe et le remettre à chaque fois sur les rails ; Allal est la force tranquille qui cache un caractère difficile, il est pourtant le musicien averti qui n'hésite pas, quand il le faut, à participer à une joute rythmique; Rachid Batma (le frère de Larbi) a prouvé qu'il n'est pas ici par complaisance mais à cause d'un formidable sens du rythme et pour des qualités vocales certaines ; Rédouane, la dernière recrue, a certes appris à domestiquer le hajhouj, mais il a encore sur les épaules la pesanteur de l'image laissée par Abderrahman Paco. Il est vrai que le groupe se renouvelle autour de Omar et Allal, en tentant une recherche des rythmes et des textes, mais tout le monde est conscient que les choix sont limités car il existe une sonorité Nass El Ghiwane telle une empreinte spécifique mais aussi réductrice ; alors comment se rénover sans la trahir ? vous les connaissez?

soly















soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:02
Cherifa Kersit
Cherifa Kersit est une chanteuse-chikha,
native de tazrouth mmu ukhbu, "le rocher percé", à quelques kilomètres de Khénifra. Née en 1967,
elle fut élevéeà la campagne, dans das famille, sans jamais aller à l'école à l'instar des autres filles de son âge. Elle a exercé sa voix en plein air, soit derrière son troupeau, en exécutant les tâches ménagères ou encore pendant les rencontres entre jeunes filles.
Petit à petit, elle commencera à se produire dans les mariages ou les fêtes traditionnelles du village et ce, dès l'âge de 16 ans. Sa consécration comme chnateuse-chikha débute avec sa rencontre avec une des vedettes de la chanson du Moyen Atlas, Mohammed Rouicha, au début des années 80. Elle n'a jamais voulu enregistrer avant des chansons en son nom, mais toujours avec d'autres chanteurs tels Rouicha, Maghni, Lmrabeth, Aziz Arim. Sa famille ne voulait pas pas qu'elle fasse de son art son gagne-pain. Mais s'imposera très vite dans sa région par sa voix typique du Moyen Atlas avec une force qui n'a d'égal que celle de Tifrsit , une autre chanteuse de Tamawayt qui est d'Ailleurs l'idole de notre chanteuse, tout comme Rqya âbbou et Hadda Ouâkki, pour ne parler que des femmes.

Cherifa est venue en France pour la première fois en septembre 1999. Elle a participé au spectacle "danses et chants des femmes du Maroc, de l'aube à la nuit", au théâtre des Bouffes du Nord, proposé par le festival d'automne à Paris dans le cadre du "Temps du Maroc en France". Elle a ému le public européen par la puissance et la rugosité de sa voix. Si Rouicha a pu revivifier ou valoriser le luth "lutar" en y ajoutant la quatrième corde et en modifiant ses dimensions, Cherifa essaye de son côté de réhabiliter les chikhates par sa voix.
La mauvaise réputation dont souffrent les chikhates vient généralement d'une vision extérieure à et art. Elle est due au fait que l'on a trop insisté sur la danse, moins que sur la voix et les paroles qui ne sont comprises que des Imazighen.
En fait il s'agit d'une poésie qui est profonElle renferme aussi une philosophie de la vie, riche d'enseignements sur leur conception du monde. Seulement ces poèmes sont souvent difficiles à traduire car leur style est fort imagé, fait de métaphores où tout est dit à demi-mot.

Les inshshaden ou les paroliers ne sont pas forcément les chanteurs de leurs poèmes. Ils sont, comme leurs chanteurs-interprètes, des gens analphabètes qui improvisent leurs poèmes soit dans les danses collectives d'ahidus ou dans d'autres circonstances. Ces poèmes ne sont que rarement écrits, car on est dans un domaine de tradition orale, et le fait qu'ils soient chantés sur cassette audio leur donne une nouvelle possibilité de transmission
de, liée à la vie des gens avec leurs moments de malheur et de bonheur.


Généralement, l'évolution ou l'enchaînement d'une chanson se présente ainsi :
Au début l'instrumentaliste, ici le joueur de lutar (luth berbère), joue une improvisation taqsim, après laquelle le chanteur ou chanteuse entame un chant en solo qui s'appelle en berbère tamawayt ou lmaya. La chanteuse y montre ses capacités vocales par la complexité des ornements qu'elle réalise. Après cela, le choeur commence par chanter ce qui va être le refrain llgha, tout en accompagnant le morceau en tambourinant le rythme sur alloun, le tambour circulaire en peau de chèvre, deux tambours étant nécessaires à cet effet. Le llgha ou le refrain est repris par la chanteuse et reste le même pendant toute la chanson. Il est repris par le choeur ainsi que par la chanteuse entre deux parties d'un distique. Les vers chantés par le choeur et la chanteuse en alternance, sont appelés izlan en berbère; ce sont des vers indépendants qui ne traitent pas forcément du même sujet. Ils peuvent sauter d'un thème à l'autre en parlant ainsi de l'amour impossible, des problèmes sociaux ou moraux bref de tout ce qui les affecte dans leurs vies humaines. Très souvent les chansons se terminent par des airs plus dansants qui s'appellent tahidust, masculin d'ahidus, la danse collective emblématique du Moyen Atlas. Le mouvement des mains des danseuses ou de la chanteuse rappelle les gestes que les femmes font derrière le métier à tisser ou lorsqu'elles démêlent la laine. Le fameux tapis zayan est le résultat de cette activité quotidienne des femmes dans cette région.


soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:05
Idriss El Maloumi,

Idriss El Maloumi, un des joueurs les plus doués de sa génération, invité de prestige de plusieurs festivals au Maroc et en Europe, s'est affiné en contact des grands maîtres. Il arrive à assimiler le style de jeu des luths : tribal, berbère, oriental et occidental, en dépassant le cliché ethnique et académique. Idriss el Maloumi, dans ses interprétations envahies d'une intense nostalgie, rêve sur une longue complainte élégiaque sans chercher à la fragmenter en strophes. Envahi par son inspiration, il la pare d'ornements sans narcissisme scénique. Loin de s'exhiber, ce dompteur dominateur du luth, du mode et du modèle., il illustre spontanément le Oud et le maqam avec élégance et sincérité. Son jeu qui nous berce sur une rêverie musicale universelle qui n'est tributaire d'aucun style sectaire, le plectre nous guide de l'exposition d'un maquam à une ornementation de taqsim, des flux mélodiques intarissables aux silences profonds.

Driss El Maloumi : un virtuose à suivre


La civilisation arabo-andalouse, héritière de vieilles traditions orales de tout temps, plaça la musique en tête des arts suprêmes lui assignant un effet magique désigné sous le terme "tarab". Le luth oriental : le Oud, ancêtre de tous les luths et de la guitare allait détenir dans la civilisation arabo musulmane tout au cours du haut et bas-Moyen Age un prestige inégalé. Avec les califes de Baghdad, cet instrument connaît son apogée. Il crée des structures conçus par des savants (Al Kindi,, Farabi, Ibn Sina, Safiy Al-Din) et illustre les modulations et mélodies improvisées (Zalzal Ibrahim, Ishaq Mawsilli). C'est par le jeu raffiné des Oudistes comme Cherif Muhieddine, Jamil Bachir, Salman Chakur, Mounir Bachir, que les publics ont découvert le répertoire de cet instrument et l'émoi du Tarab.

Idriss El Maloumi, ce promeneur solitaire de l'Oud, dans son monologue modal libère avec volupté, une sensibilité profonde et féconde d'où surgissent une nouvelle nuance et un nouveau langage nous livrant d'innombrables figures mélodiques fignolées avec patience.

Sami Sadak - Musicologue turc - Université de Provence Aix-Marseille I (France 1997.

Driss El Maloumi en quelques dates :

1992 Premier Prix du Oud - Conservatoire National de Musique - Rabat

1994 Prix d'honneur à l'examen national du Oud - Conservatoire National de Musique - Rabat

1995 Récitals de Oud et soirées de poésie avec des artistes arabes : Adonis (Syrie), Abdellatif Laâbi (Maroc)

1997 Tournée en France : Marseille, Nantes et Avignon. 1997 Enregistrement du disque "Noches" avec Françoise Atlan en France (Musiques du Monde- Buda) - Prix: "le choc du monde de la musique" : France- Mars 1998

1997 Tournée en Espagne et au Portugal

1998 Duo de Oud avec "Alla", joueur d'Oud algérien - Agadir - Maroc

1998 Festival "voci e suoni del mediterrano", Fondazione orestiadi, Gibellina - Italie

1999 Participation au spectacle "oiseau de lune" (conception et mise en scène : Antoine Bourseiller). Tournée au Maroc et en France.

2000 Invité à la seconde édition du festival international de Oud - Tétouan - Maroc.

Contact : Driss El Maloumi Bloc 9, n°21 C.P.H, Agadir - Maroc

Tel : 212 4 8227733
Fax : 212 4 8205505.

soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:08
Hoba Hoba Spirit, Casablanca et la Haïha Music


Dans un quartier chic de Casablanca, vit un groupe intéressant :
The Hoba Hoba Spirit, ou le nec le plus in du moment.
The Hoba Hoba Spirit, ça vous dit quelque chose ?
Ce n'est pas une formule rap mais le nom d'un groupe, un " band " bien marocain qui a choisi ce qu'il appelle le Hoba Way of Life.Autrement dit, comme l'explique un dépliant réalisé par le groupe, se lâcher, faire sauter le conformisme et le " statutisme ", résister au " khorotisme " (à caser entre le mauvais goût et l'arrivisme) et surtout, ne jamais se prendre au sérieux.
Hoba est né en 1997 de la volonté de trois casablancais bon teint, emmenés par le chanteur Réda Allali, Qnibila (littéralement petite bombe) pour les intimes. " Dans la vie, je suis informaticien, explique Réda, embarrassé. Ça me permet de tenir le coup, en attendant que la musique prenne le relais. " Le refrain, on le connaît. Au Maroc, il y a du talent mais pas de structure pour lui permettre de s'épanouir. " Tout conflue vers un point : l'argent. Publier un album revient à dénicher le producteur qu'il faut, mettre de l'argent pour le matériel, l'enregistrement et la promotion ". Réda Allali et son Hoba ne sont pas spécialement des prolos. Mais ils comptent bien réussir avec le soutien, c'est-à-dire l'argent des autres. A leurs yeux, c'est le seul garant de professionnalisme et de réussite. Autrement, on nage en plein amateurisme, on joue des trucs sympa, on s'éclate entre amis et c'est tout.

Un mélange de folk, rock et gnaoui .Les problèmes de Hoba sont connus de tous les talents réels de ce pays. Mais tout cela peut s'effacer, ou du moins se cacher, le temps d'une ou deux chansons de derrière les fagots, sentant bien le souffre de la vie quotidienne et du parler local. Hoba Hoba Spirit ont déjà derrière eux un petit répertoire personnel. Leur genre, c'est le Casa Groove, traduisez un mélange de folk, rock, gnaoui, chaâbi, mâtiné à la sauce casablancaise et, surtout, très rythmé. " Aourioura " et " Gnawa blues " en sont les étendards. La première chanson, notamment, est un manifeste à elle seule. Réda Allali y chante ses frustrations d'employé modèle scotché devant son PC, et ses envies d'évasion vers Aourioura (" C'est là-bas au Sud … mais je vous dirais pas où ! "winking smiley. La deuxième chanson pose, quant à elle, les bases de leur style : la Haïha Music, autrement dit la musique qui sort des tripes.

A l'occasion, le groupe puise dans son référentiel marocain une chanson chaâbi exécutée à la derbouka, ou un classique de Hendrix exécuté guitares dissonantes. World Music ? Non, plutôt world influence. Les trois Hoba Hoba Spirit ont tout compris de l'essence des Zebda, Gnawa diffusion et autre ONB (Orchestre National de Barbès). Ils absorbent tout et rendent un truc unique, qui leur ressemble. On peut appeler cela comme on veut, mais c'est bon, incontestablement.

Les trois larrons du Hoba, Réda, Aboubakr dit El Aoud (le cheval) et Anouar, dit El Professor, coulent pour l'instant des jours tranquilles entre boulot, répétitions et petits spectacles. Ils ont taté de la télévision, tapé à des portes, avant de retourner au petit cocon familial des amis et des amis des amis. On dira d'eux qu'ils attendent leur heure. Mais il suffit de les écouter, ou de les voir jouer une fois, pour se dire que oui, leur heure viendra bien un jour. Et plus tôt que prévu !


soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:10
L'ONB livre son groove à Mogador :


Devenue un véritable phénomène "folk" à dimension internationale, la musique gnaouie a renoué cette fois-ci avec ses racines africaines et a invité les "cousins" du Mali à participer à cette alchimie musicale ou plusieurs genres se sont mêlés : musique maghrébine, jazz, reggae et funk. La belle Mogador a vibré pendant trois jours aux sons hypnotiques des qarqabas et des grondements solennels du guembri, cet instrument vieux de 7000 ans et venant d'Egypte ancienne. Un des moments forts de ce festival : le concert donné par L'orchestre national de Barbès sur la place Moulay Hassan.


Né en 1995, le groupe a déjà fait le tour du globe, Etats-Unis, Amérique latine, Maroc, Tunisie, Europe, Afrique de l'Ouest. En tout : plus de 500 concerts jusqu'à ce jour. "Nous venons d'horizons différents, du Maroc, de l'Algérie, de France, précise Youssef Boukella, le bassiste et pivot du groupe. Au début, chacun jouait en solo. Mais on se sentait un peu seuls, justement... C'est comme ça qu'on s'est réunis : chaque musicien a envie de jouer son propre style, tout en le mariant avec celui des autres. Et cinq ans après, on continue d'avoir de bonnes surprises ! ". Ces gars-là s'amusent énormément et emmenent dans la fête tous ceux que cela tente..
Leur style? Il est à l'image de leur nom : Barbès. Un endroit où les cultures se croisent, réellement, et se mélangent, surtout. On vient à Barbès de tous les coins de l'Afrique; et ce lieu d'exil est aussi celui qui a permis au raï de Mehdi Askeur de s'aiguiller vers le chaâbi de Fateh Benlala, au guembri d'Aziz Sahmaoui, de frôler la basse de Youcef. De toutes ces rencontres est né l'Orchestre National de Barbès. L'ONB puise son inspiration aux confins d'un héritage multiple : celui de Méknès, de Sidi Belabbès, d'Essaouira ou d'Alger, qu'il a enrichi savamment avec d'autres apports pour aboutir à de véritables osmoses entre différents styles musicaux. "Que Barbès se reconnaisse dans ses musiques - toutes ses musiques - et que le monde prête l'oreille à Barbès": tels sont les paris de l'ONB. Vendus à plus de 100 000 exemplaires, "En concert", le 1er album de ce big band bigarré et cosmopolite a permis au groupe de s'assurer une légitimité qui dépasse aujourd'hui largement le périmètre de la Goutte d'Or.
Mais outre que ce sont des musiciens inspirés, les gars de l'ONB ont une réputation d'ambianceurs tenaces, capables de semer la bougeotte là où ils passent. Ils l'ont bien démontré lors de leur concert à Essaouira en juin dernier. Avec pas moins de 20000 spectateurs, une atmosphère de fichta s'est vite installée, et cela dès l'instant où les 11 musiciens présents (Fathallah Ghoggal , le guitariste, étant retenu à Paris) sont entrés en scène en se déhanchant sur les sons des qarqabas. L'esprit de Mimouna l'gnaouiya dansait déjà sur les rives de l'océan juste en face. Et c'est parti pour deux heures où le mot d'ordre est donné : s'amuser et rien que s'amuser! Mehdi se déhanche furieusement en chantant son "Meli Ana", une chanson bédouine où se mélangent sans complexes le gallal de Fateh et le saxophone de Alain Debiossat. On enchaîne très vite avec "ourar", un morceau kabyle endiablé chanté par Fateh. L'assistance commence à avoir sérieusement la bougeotte. Le feu embrase l'endroit lorsque Kamel Tenfiche, sur " Salam Aleykoum ", lance ses onomatopées ragga. Là, c'est carrémment le délire. Près de nous, le groupe de dames souiries , enveloppées dans leurs haiks et djellabas, au début sceptiques, semblent apprécier "ces petits jeunes" qui les "changeaient des sonorités répétitives de la musique gnaouie". Ensuite Aziz Sahmaoui, avec sa voix suave lance son "moulay brahim, ya lala", une aita revue et corrigée par l'ONB. La foule chavire. On reprend aussitôt le souffle le temps d' un chant chaâbi (une forme de melhoun très populaire à Alger) "yahli" que Fateh nous interprète avec une voix nostalgique évoquant "lahbab" et "lasshab" laissés au "bled". Et la foule reprend en choeur "ya ahli rih bladi ma skhit bih..." La place entière remue en une seule vague sur fond de youyous et de mains levées. La suite est tout aussi délectable avec des coups de grâce nommés "dour biha", une chanson des Stones qu'ils reprennent a leur compte puis "Alaoui ", le titre le plus populaire au Maroc basé sur une succession de rythmes de l'ouest algéien. Pour finir en apothéose en invitant maâlem Abdelkbir (maître gnaoui de Marrakech), accompagné de Louis Bertignac (ex-guitaritste de Téléphone, un habitué des lieux) et Karim Ziad (ex-batteur de Chab mami) à se joindre au reste du groupe pour interpréter "soudani ya yemma..", un air gnaoui concocté par Aziz.

Il n'y a pas de doute, le " magic groove " de l'ONB n'a laissé personne indifférent .
jeunes et moins jeunes étaient séduits par leur style métissé. Et l'ONB a démontré sa force de frappe et l'efficacité de son répertoire multicolore. Le public d'Essaouira aura partagé avec eux la bonne humeur et la "coolness", propres à ce groupe. En attendant peut être une tournée dans les villes du royaume. Un concert est prévu à Oujda le 15 Octobre prochain. Et puis. il y a Poulina, un album porteur d'une diversité de style qui correspond à l'image de marque du groupe. Fidèle sur le fond au premier réalisé entièrement en live, il a été enregistré en studio avec la volonté de refléter l'énergie scénique. Totalement autoproduit, il résume un état d'esprit libre et indépendant. Comme la musique de l'ONB.

soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:17
Rabih Abou-Khalil à "Jazz aux Oudayas" .Devenu le rendez-vous incontournable de la musique Jazz au Maroc, le festival des Oudayas s'est imposé par la qualité de son organisation et de sa programmation. Depuis novembre 1996, quelques-uns des jazzmen les plus en vue d'Europe viennent chaque année, pour animer des soirées placées sous le signe de la rencontre, des échanges mais aussi de la fête. Exceptionnellement , la cinquième édition de ce festival a été inaugurée ce vendredi 6 octobre au Théâtre Mohammed V en présence de hautes personnalités de l'Etat et de spectateurs venus nombreux pour assister au premier concert donné au Maroc par Rabih Abou-Khalil et son quintet, venus représenter la République Fédérale d'Allemagne.


Maître du Oud mais aussi compositeur de jazz, Rabih Abou-Khalil est l'une des figures qui auraient le plus marqué la scène jazz européenne pendant ces dix dernières années. Au delà des clivages de la culture musicale arabo-orientale dont il est issu (il est libanais) ou la culture occidentale dans laquelle il évolue (il vit en Allemagne), il a pu créer son propre style où l'essence orientale épouse naturellement l'improvisation jazz et où le jazz se fond dans les volutes du oud. Rencontre avec un style à part, mais aussi une personnalité à part.

Rabih Abou-Khalil au Maroc. Une heureuse surprise pour les amateurs de cet artiste, ceux qui ont eu la chance d'écouter ses albums ou de le voir se produire dans les capitales européennes. L'heureuse surprise pour moi était surtout la possibilité de le rencontrer. Pourtant on m'avait prévenue qu'il ne restait au Maroc que 24 heures, et qu'en sa qualité de musicien perfectionniste sa rencontre serait à peine possible car il consacrerait son temps à préparer son concert. Ce côté perfectionniste, on peut facilement le constater en écoutant sa musique, mais on pourrait presque oublier ses origines arabes et méditerranéennes s'il n'avait pas proposé le rendez-vous pour "tout de suite" c'est à dire dans une heure! Rabih Abou-Khalil insista qu'on parle arabe, la langue la plus appropriée peut être pour exprimer les richesses de sa vision musicale.

Rabih Aboukhalil refuse qu'on place sa musique sous le label particulier de "musique arabe" de manière systématique. Du fait qu'il soit libanais, sa musique puise ses sources dans la culture arabe, qu'il pourrait représenter en Europe, "mais seulement en tant que culture". En même temps cette musique est fortement influencée par son étude de la musique occidentale et du fait qu'il s'imprègne nécessairement de la culture dans laquelle il vit depuis une vingtaine d'années. Le Jazz lui donne la liberté pour exprimer cette "différence" à travers son Oud, qui reste seulement un instrument au service du travail de composition qu'il fait. Sa virtuosité ne saurait être une finalité en soi. Et au-delà de la maîtrise d'un instrument quel qu'il soit, il s'agit pour lui, de "communiquer au public l'âme de sa musique".

Le choix de ses collaborateurs est essentiellement basé sur ce principe. Rabih Abou-Khalil a travaillé avec plusieurs noms connus du jazz (comme le saxophoniste Charlie Mariano ou le bassiste Glenn Moore) et d'autres moins connus. La composition de son orchestre n'a jamais été basée sur le choix d'instruments mais de "personnalités" qui sont en harmonie entre elles et qui pourraient "aider la musique" et "exprimer les mêmes choses que ce qu'il veut exprimer".
La musique de Rabih Abou-Khalil est d'abord création et expression d'une sensibilité donnant vie à des sentiments, voire des émotions. N'était-ce pas là l'origine du "tarab", cette "émotion musicale" dont nous parlait Al Farabi au dixième siècle? "Tarab", qui est aussi le titre d'un album de Rabih Abou-Khalil, a pour l'artiste une dimension universelle et peut être atteint non seulement par le chant ou par la perpétuation d'un "tourath" (patrimoine) musical figé mais en explorant de nouveaux territoires, car "le patrimoine ne saurait continuer à vivre s'il reste figé" dit-il.


Au fil de la conversation, on se rend compte que le temps passe trop vite en sa compagnie et qu'on pourrait parler encore et encore de Sayed Darwich, de Oum Koultoum et d'autres personnages qui ont "marqué la musique arabe en changeant justement son cours". De la musique arabe, il enchaîne sur le film qu'il a fini de réaliser et qui est actuellement en phase de montage. Un film autour de son quintet dans l'intimité de l'enregistrement en studio de son nouvel album. Son directeur photo n'est autre que le directeur photo de Wim Wenders dans Buena Vista Social Club, un autre film qui retrace l'enregistrement d'un album devenu culte. Il m'apprend également qu'il sera édité sous format DVD, un format de haute qualité d'image et de son. Car Rabih Abou-Khalil est toujours à la quête du parfait. Et l'Allemagne, une véritable terre d'accueil pour lui, est bien connue pour ses techniciens hautement qualifiés dans le domaine du son et de l'imageDe la personnalité de Rabih Abou-Khalil on ne saurait se limiter au perfectionnisme pour la décrire. D'abord parce qu'on pourrait imaginer une personne très "sérieuse" qui pourrait être ennuyeuse, et puis c'est un esprit trop libre pour être décrit. Pour cela, assister à son concert est une expérience en soi parce qu'elle permet de saisir la grande vivacité d'esprit et le grand sens de l'humour de cet homme, comme lors de la présentation (de ses musiciens par exemple, notamment ce violoncelliste français (Vincent Courtois) qui n'était initialement là que pour porter les valises de son compatriote Michel Godard (joueur de Tuba) mais qui a finalement dû apprendre un instrument, le violoncelle, pour se distraire! Ou alors l'histoire de la fraise à la crème fraîche pour évoquer la douceur de la vie. Une méthode intelligente de sa part pour "casser" le trop sérieux de sa musique complexe, et une manière charmante de rappeler l'aspect "divertissant" de la musique. Enchanté par la personne Abou-Khalil et par son art, le public marocain a exprimé son enthousiasme et fait preuve encore une fois de sa capacité à percevoir et à apprécier tout style nouveau et toute sonorité nouvelle, quelque soit le cadre ou le label dans laquelle elle s'inscrit. Quant à Rabih Abou-Khalil, regrettant la trop courte durée de sa visite à notre pays, il promet de revenir boire le thé à la menthe trop sucré du café maure des Oudayas, et sentir l'écume des vagues de la mer qui lui manque tant.

soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:26
Jedwane : le chaâbi "chic"


Née dans la fête privée, la chanson populaire marocaine est restée liée à la demande d'un public principalement citadin toujours avide de rythmes pour accompagner la danse. Issue elle-même de plusieurs traditions comme El Aita, âbidat Rma, izlân ou gnaoua, elle s'est progressivement développé grâce au commerce actif de cassettes qui a incité musiciens et chanteurs à de nouvelles productions.
Les années 80 ont vu se développer des tendances multiples nourissant les soirées publiques mais aussi le marché des cassettes lui-même. De nouvelles chikhates, des petits groupes de quartier et autres chanteurs et chanteuses de charme ont pu proliférer dans toutes les villes et même dans certaines zones rurales du Royaume.
La chanson populaire étant initialement régionale, elle a pu grâce aux moyens de diffusion méditaiques comme la radio et la télévision atteindre une audience nationale de Tanger (extrême nord) à Legouira (extrêm sud)! Ainsi Houcine Slaoui, Bouchaib Bidawi, Sami El Maghribi ou encore Hamid Zahir sont des stars nationales et font désormais partie du patrimoine culturel marocain
Parmi les nouvelles figures de la chanson populaire: Jedwane, une des rares voix à avoir une audience nationale très large dépassant même les frontières du pays, puisque l'une de ses principales audiences est la communauté maghrébine en Europe.
Né à Rabat d'un père marrakchi et d'une mère fassie, El Mokhtar Jedwane a baigné depuis son enfance dans l'atmosphère musicale des deux origines riches par elles-mêmes en sonorités et en répertoires populaires.
Les débuts de sa vocation de chanteur peuvent se situer à partir de la décennie 80 à la suite du formidable engouement pour le courant des années 70 (Nass El Ghiwane, Jil Jilala, Lemchaheb) ; il était également touché par les chansons en vogue telles celles de Ziani, Boutbol ou Hamid Zahir.
Vers la fin de 1983, Jedwane créa son orchestre (des violons, la batterie, une guitare électrique, un orgue électronique) et se produisit surtout dans les fêtes privées ou publiques de Rabat et de Salé, une plate-forme qui a attiré un producteur de la place et qui a valu à Jedouane quelques années plus tard, un premier contrat d'édition.
Les productions se sont succèdées puisque en 1987 il édite son premier album "Ana lamsikina" inspiré d'une chanson du Golfe arabique. Ce fut un succès inespéré ; sur les 7 chansons de l'album, 4 sont déjà des créations de Jedwane (paroles et musique). Ensuite un deuxième album est sorti en 1988. C'est l'occasion pour lui de présenter une chanson aux allures patriotiques "Janna, janna, maghrib ya watanna". En 1989 "Ba'a-âd man lahram wah ya rrajel" (Eloigne-toi de l'illicite) est accueillie avec indifférence au Maroc, mais reprise en France par une certaine Sabah avec un énorme succès en audio et en vidéo.Puis en en 1990 "Jabha lwaqt" clôture la première phase de la carrière de Jedwane
Jedwane devient une véritable star nationale. Il est très sollicité pour animer les mariages ou fêtes familiales de tout genre. C'est la période où il commence à se produire en France et en Belgique pour satisfaire la demande de la communauté marocaine sur place. De toute sa démarche peut se dégager une ambition d'élever le niveau musical du chaâbi sur les plans thématique, rythmique et mélodique ; nous sommes donc en présence d'un style élégant et "chic". Il tient, tout en respectant la contrainte du marché, à proposer une nouvelle thématique pudique et réaliste en reprenant à partir de 1996 le chemin des studios : en 1996, "Chkoun kan sbab", quelques "hagouzat" du Moyen-Atlas puis en 1998, "Bghini nebghik" où il insère sa nouvelle chanson en "tachelhit" "Ourigh amma lma'qoul" (elle a nécessité 8 mois de préparation avant d'être réalisée.

soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:29
Abdelkader Rachdi : le défricheur de la chanson marocaine



Abdelkader Rachdi est né un jour de 1929 dans le quartier Legza de la médina de Rabat.. Dès sa tendre enfance, il a pu évoluer dans un environnement musical. D'abord dans sa famille, pour qui chaque fête religieuse devenait l'occasion et le prétexte d'inviter des groupes de Issaouas et Jilalas ou des ensembles de Madih. Puis plus tard dans le Café Laâlou qui ouvrait ses portes, chaque jeudi, aux meilleures troupes de musique andalouse.

Il se mettra ensuite à l'école des grands maîtres : tels Abdeslam Benyoussef, le cheikh Sbiya et le professeur Chottin à l'Institut Moulay Rachid de musique andalouse, dirigé par Moulay Omar El Ouali à Rabat. Il fut aussi l'un des élèves de Morsy Barakat, cet égyptien chargé par feu Mohammed V après l'indépendance d'encadrer des musiciens marocains et de leur apprendre les principes du modalisme et de la rythmique arabe.

Il devint membre de l'orchestre C'est dans un contexte de lutte anti-coloniale que le doyen des compositeurs marocains produira ses premières oeuvres: des chants patriotiques et des morceaux de musique instrumentale, qui ont depuis gagné une large notoriété nationale tels "Le printemps" et surtout "Danse de l'Atlas.

C'est à la demande expresse du dirigeant nationaliste Othmane Jorio, Abdelkader Rachdi composa justement "Danse de l'Atlas" en 1948, pour les enfants de la colonie de vacances de Ain Kharzouza,et l'interpréta au luth, accompagné de leurs voix, devant des leaders nationalistes tels Mehdi Ben Barka ou Abderrahim Bouabid
Après avoir dirigé l'Orchestre régional de Tanger, Abdelkader Rachdi succéda à la tête l'Orchestre national de la RTM, au prince de nos chanteurs feu Ahmed El Bidaoui. Il y resta jusqu'à sa retraite. Le compositeur de "Ya Lailou Toul aou La Tatoul" a rationalisé et modernisé les méthodes de travail de cet orchestre national. Il confia ainsi à des musiciens spécialisés la transcription de ses partitions. Tout au long de sa carrière, il resta d'une intransigeance sans faille sur la qualité; des interprétations et sur le choix des chansons à diffuser. Ce qui le conduisit à la tête du Comité de composition de la RTM.

S'étant imprégné, dès sa tendre enfance,des rythmiques du chant soufi, la chanson religieuse fut tout naturellement le terrain de prédilection de Abdelkader Rachdi. On peut donc dire sans risque de se tromper qu'il fut le maître incontesté de ce genre musical C'est lui le compositeur de ces chansons qu'on écoute à chaque fête ou occasion religieuse. Telles "Ya Mohamed Ya Chfiîna Lhadi", "Al Mathal Al Aâli" ou "Lmadad Lmadad Ya Rassoul Allah" chantées par Ismail Ahmed; "Ya Akrama Al Khalk" de Maâti Benkacem"Men Diy Bhak" de feu Mohamed Al Hayani; "Ya Katiîne Lejbal" de Abdelhadi Belkhayat et bien d'autres encore. Le succés de ces chansons tient aussi bien à leur musique qu'à leurs paroles écrites par des poétes aussi talentueux que Ahmed Taieb Elalj, feu Mohamed Belhoucine, Ali Haddani ou Tahar Sebata. La composition de la musique de ces chansons fut pour moi un émerveillement des sens, une joie mystique et un bonheur incomparable", confie l'auteur de "Men Diy Bhak".

Abdelkader Rachdi est aussi le compositeur de nombreuses chansons romantiques pour Naima Samih, Samira Bensaid, Aziza Jalal La nouvelle génération de compositeurs marocains, tels Abdelwahab Doukkali Abdelâti Amanna, Abdellah Issami... ont tiré avantage de l'acquis de la démarche musicale, typiquement marocaine et en même temps foncièrement moderne de Abdelkader Rachdi Le doyen des compositeurs marocains insiste sur la nécessité vitale de sauvegarder et d'étudier notre patrimoine musical dans nos conservatoires. Et d'encourager la recherche dans ce domaine.

soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:30
Haj Abdelkrim Rais (1912 - 1996)



Abdelkrim Rais reste l'un des noms qui auraient marqué l'histoire de la musique andalouse marocaine contemporaine ou "Tarab el Ala".
Il est né vers 1912. Jeune élève, il rejoint le dépositaire de cet art dans la ville impériale de Fès, Mohamed Benabdeslam Al-Brihi, qui tient lui-même de son père Abdeslam Al-Brihi. C'est auprès du premier qu'il perfectionnera son éducation musicale.
Au moment où Abdelkrim assure la relève, il donnera à son orchestre le nom du maître pour perpétuer son souvenir. Il s'étoffera par la présence de plus d'une vingtaine d'exécutants, comme cela a été le cas lors de sa première apparition en France en 1984 et selon les circonstances il pourra en réduire le nombre. D'ordinaire, l'ensemble d'Abdelkrim Rais ne dépasse pas la douzaine d'individus.
Quoi qu'il en soit, la notoriété du maître devait être déjà grande au Maroc puisqu'en 1969, il participait, en tant qu'expert, au congrés de la musique arabe de Fès. Il avait été inclus dans la commission des échelles et des rythmes de la musique andalouse-maghrébine. Cette commission statuera définitivement sur la nature des échelles, comme elle déterminera celle des rythmes en usage dans ce répertoire. Depuis, il a été demandé a tous les ensembles du Maroc de se conformer aux résolutions techniques prises par les participants-spécialistes.
Outre ses activités musicales les plus diverses, et la direction du conservatoire de musique de Fès, on doit à Abdelkrim Rais la publication de deux ouvrages. L'un, publié en 1982, collige sa version des poémes de Al-Haik qui, comme on le sait, a été le premier, au début du XVIIIème siécle, à recueillir par écrit onze noubas avec leurs poémes respectifs, la modalité musicale et les rythmes correspondants. L'autre titre a été édité en 1985. Abdelkrim Rais, avec l'aide de son élève préféré Mohamed Briouel, réalisait une transcription en notation occidentale de la nouba "Gharibat Al-Husayn".
Haj Abdelkrim Rais fut aussi le directeur du conservatoire de musique de Fès et dirigera son orchestre (qui porte son nom) jusqu'à 1996, date de son décés. Ce même orchestre sera dirigé par Mohamed Briouel et portera le nom de "orchestre de musique andalouse de Fès".
Il restera, par ailleurs, l'un des meilleurs rebabistes (joueur de rebab) qu'a connue la musique andalouse marocaine.
soly
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:32
Abdelhadi Belkhayat, le retour en grandes pompes


On le disait définitivement retiré de la scène médiatique, reclus dans des contrées lointaines recherchant un certain mysticisme. Ses apparitions discrétes au festival de Rabat 1997, et à l'édition 99 du festival des musiques sacrées de Fès annoncaient un certain retour. Cette fois, c'est sûr Abdelhadi Belkhayat revient et en force. D'abord une tournée en Algérie voisine en janvier dernier : Alger, Annaba et enfin Oran, cette même ville où il avait annoncé sa décision d'arrêter le chant dans un concert d'adieu en 1989, plusieurs apparitions dans le paysage médiatique marocain, puis un été 2000 où il a étè sollicité par plusieurs festivals arabes notamment Carthage et le premier festival de musique de l'Institut du monde Arabe à Paris tenu du 13 au 19 juin derniers. Le public maghrébin a ainsi pu apprécier le chanteur marocain interprétant ses immortelles chansons d'amour et a pu constater que l'émotion est restée intacte et que la nostalgie est restée ce qu'elle était.
Il s'inscrit au conservatoire supérieur de musique arabe du Caire et trouve tant bien que mal sa place dans cette jungle dominée par certains auteurs et compositeurs. Mais c'est la grande déception qui l'attend. Le dilemme étant de chanter en misriya ou rentrer bredouille. Il choisit la deuxième option. Les trois années (entre 1965 et 1967) passées là-bas lui ont permis malgré tout de se faire connaître du public égyptien. Beaucoup d'égyptiens se rappellent encore de son passage et regrettent qu'il ne soit pas resté. Belkhayat, lui n'a pas regretté, puisqu'il a accumulé succés et gloire tout en préservant son style original. Il est non seulement la coqueluche de toute une génération de marocains mais devient vite une star en Algérie, puis plutard en Tunisie et en Libye. En 1973, son Olympia à Paris rassemblera plus de gens sur le trottoir que dans la salle par manque de places. A cette même époque, il tente une carrière cinématographique avec deux rôles proposés par le réalisateur marocain Abdellah Mesbahi :"Silence sens interdit" (1973) et "où cachez-vous le soleil?" (1979) où il partage la vedette avec Abdelwahab Doukkali. Ces films, tournés entièrement au Caire, sont restés inédits au Maroc.

Pendant ce temps, il multiplie les collaborations avec des auteurs comme Ahmed Tayeb Elalj et Abderrafiî Jaouahiri et son compositeur favori Abdeslam Amer qui ont su populariser son côté classique tout en lui apportant une touche chic et romantique. El Qamar el ahmar, Fi Qalbi jarh q'dim, Aouni nensak sont de grands classiques et font désormais partie du patrimoine collectif marocain. La voix forte de Belkhayat présente l'avantage de s'adapter à différents genres musicaux. Il peut passer sans complexes de la plus difficile qassida de Mohammed Abdelwahab au plus populaire des airs de Hocine Slaoui. Le succès continuera jusqu'à la fin des années 80 où il entame une période mystique et se consacre exclusivement aux psalmodies coraniques. Il se retire dans une mosquée casablancaise et fait l'imam pendant quelques années. Ses fans, pendant ce temps, continueront à répéter le refrain de son qitar El hayat, son dernier véritable succés, tout en le considérant comme le dernier mythe marocain vivant, au même rang que Nass El Giwane ou Jil Jilala.

En cette année 2000, Abdelhadi Belkhayat décide de ne pas s'arrêter là et reprend la chanson pour satisfaire un public toujours demandeur. Il promet un album pour l'année prochaine mais aussi une grande tournée à travers les villes du royaume.





A. Belkhayat, Abdelhailm Hafez, Fethellah Lemghari
Né en 1940 à Fès, Zougari El Idrissi Abdelhadi, dit Belkhayat, a quitté trés tôt sa ville natale pour s'installer à Casablanca. Une audition à la radio, rue l'Brihi, le pousse rapidement sur le devant de la scène. Dominée à l'époque par Mohamed Fouiteh, Maâti Benkacen, Brahim Alami. Il réussit à imposer son style avec sa voix chaleureuse et ses mélodies d'influences orientales. Il représente la nouvelle génération avec Abdelwahab Doukkali, Latifa Amal, Mohamed Hayani. Une génération fascinée par l'Egypte et ses Oum Kalthoum, Farid El Atrach et autres Abdelhalim Hafez. Ce pays avait recu a bras ouverts Sabah la libanaise, Warda El Jazaereya et bien d'autres. Ce qui décide Belkhayat à partir effectivement à la conquête du pays des pharaons et espère trouver une place au soleil.
Re: Quelques musiciens marocains
25 mai 2004, 03:33
Larbi Batma (1948 - 1997)



Disparu en 1998, Larbi batma a toujours été considéré comme le chouchou du public. Son frère Rachid raconte qu'il recoit encore les condoléances d'anonymes, touchés dans leur chair par sa disparion survenue par trop tôt (il n'avait que 50 ans).
Ses influences musicales? Larbi Batma les a puisées pendant son enfance dans les moussems de sa région Abda oulad El masnaoui.. Homme secret, il ne quittait jamais son crayon, car il concevait l'ecriture comme un art de vivre. Il a ainsi concu un poème inédit de 21000 vers "al houmam al houssam" qu'il écrivit pied sur pied tout au long de sa vie.. Amoureux du mot et de la rime, il flairait et respectait le talent.

La célébre chanson "siniya" a eu une histoire particulière avec lui, très significative quant à la curiosité et au flair de ce visionnaire. C'est l'histoire de Ba Salem , un mendiant qui parcourait le Hay Mohammadi en chantonnant les premiers vers de "siniya" : walli macheftouni rahmou alia, bahr el ghiwane ma dkhaltou belâani..Larbi qui écoutait les premières strophes l'invita chez lui et discuta longuement avec lui. C'est de cette manière que furent composées les grandes lignes de cette chanson.

Atteint d'un cancer , il vécut les affres de la magouille d'un certain corps médical comme il le raconte dans la deuxième partie de son autobiographie "el alem". C'est ainsi que l'amertume s'emparera de Larbi, et sa voix mélodieuse sera à jamais condamnée. En dehors du groupe, il était aussi acteur et, écrivain de littérature et de théâtre , ce qui fera de lui la figure emblématique du groupe. "ce qui m'avait frappé chez cet homme, c'était sa constance; il était exactement le même au Hay Mohammadi, son quartier, ou au Club Med d'Agadir, au milieu des touristes, ou même au festival de Cannes, où nous étions partis ensemble représenter "el hal" (long-métrage retracant l'itinéraire du groupe), Batma restait tel que nous le connaissions", raconte Ahmed El Maânouni, réalisateur de "el hal".

Son autobiographie en 2 parties, Arrahil (Le Voyage) et Al-Alam (La Souffrance) publiée en langue Arabe est un témoignage sur la vie vue à travers les yeux d'un génie incompris et méprisé. Depuis son décès, son frère Rachid a repris le flambeau au sein de Nass El Ghiwane, lui rendant hommage au début de la chanson "Ghir Khoudouni" à chaque apparition du groupe.


soly
Le folklore berb?re marocain
28 juin 2004, 00:36
Le folklore berbère marocain

L'expression de l'âme berbère passe incontestablement par les chants et la musique, qui sont les deux composantes d'un art qui se transmet de génération en génération depuis des siècles dans les montagnes marocaines.
Les scènes de chants berbères font intervenir parfois plusieurs dizaines de participants, dont un chef de chant le (raïss).
On peut distinguer trois zones musicales berbères correspondant aux zones linguistiques bien connues :
Le Tachelhit du mot (Chleuh )du bassin du Sous,
Le Tamazight du mot Amazigh , Seigneur de la région du Moyen Atlas,et
Le Tarrifit du mot Rif, région du Nord du Maroc( tetouan, mellilla...).
On retrouve dans ces trois régions les trois grandes danses les plus célèbres du Royaume :

L'ahouach est une danse d'hommes et de femmes des pays Chleuhs du bassin du Souss.
Il s'agit d'une cérémonie nocturne dans laquelle les femmes forment une ronde autour d'un feu de branches légères. Au centre une douzaine d'hommes forment un cercle plus restreint, tous munis de bendir (grand tambourin rustique).
Le thème musical s'établit par soubresauts puis succèdent alors les bendirs sur lesquels la ronde des femmes commence à onduler. La danse arrive alors à son paroxysme lorsque la ronde des femmes se divise en deux coeurs qui se font face .

L'ahidous :est une danse d'hommes et de femmes du Moyen Atlas dans laquelle, cette fois, hommes et femmes sont coude à coude.
Elle est réglée selon un rythme à la fois souple et rigoureux avec des ondulations. Après cette phase d'introduction, un couple de danseurs se détache, puis virevolte avec grâce.

La guedra: est une danse connue originaire de Goulimine et des pays sahariens. Son cadre musical est composé d'un petit groupe d'hommes dont l'un deux exécute un rythme régulier en frappant sur une poterie. La danse est effectuée par une femme située au milieu du groupe de chanteurs( la chekha). Elle est , enveloppée dans une étoffe bleue à genou, et exécute de la tête et des mains le rythme fou de la guedra.

soly
Re: Quelques musiciens marocains
30 juin 2004, 04:48
voici une illustration de l ahouach de glaoua ma tribu dans les hauteurs de tichka
Pièces jointes:
AHOUACH CHEZ LE PACHA GLAOUI.jpg
Re: Quelques musiciens marocains
26 juillet 2004, 02:59
musiciens marocains
Pièces jointes:
musiciens marocains.jpg
Re: Quelques musiciens marocains
08 janvier 2005, 11:31
Groupe El Manar

Le groupe est né en 1996.
Il est composé de 13 musiciens, de 2 chanteurs et d'une chanteuse.
Son fondateur et président est Ouazzani Abdel Hak.

El Manar joue tout type de musique arabe, comme le chaabi, le raï, l'oriental, la musique andalouse.
Ses musiciens peuvent aussi jouer le "Melhoun", une musique très ancienne marocaine.
Ces professionnels de la musique orientale animent soirées, mariages baptêmes, anniversaires, ... et ont également travaillé avec de grandes stars connues de la chanson marocaine à l'oriental, comme Khalid Bennani, Jedouane, Abdel Hadibel Khayat, Tahour, Wael Jassar, Latifa Lakfrat et beaucoup d'autres.
Pièces jointes:
el-manar.jpg
Re: Quelques musiciens marocains
08 janvier 2005, 15:10
Pour Hassan et tous les dafinistes voici l’article paru aujourd’hui dans Emarrakech info

« Fondé à Marrakech par Moulay Tahar Asbahani, le groupe Jil Jilala a marqué les années 70 avec ses mélodies et ses rythmes inspirés du folklore marocain, et ses paroles qui restent d'actualité.
Pour beaucoup de fans, si Nass El-Ghiwane sont nos Stones, les Jilala sont, sans aucun doute, nos Beatles. Des chansons comme "Chemaa", "Achbik deket laqdar", "Allaymine", "Nour El anwar", "Assalamou Alykoum", "Leklam Lemrassaa" ont traversé les décennies et les pays. Les Moulay Tahar Asbahani, Mohamed Derhem, Sakina Safadi, Hassan Miftah et Hamid Zoughi ont commencé l'aventure au début des seventies avant que Moulay Abdelaziz Tahiri (ex membre des Ghiwane), Abdelkrim El Kasbiji puis le Mâalem gnaoui Mustapha Baqbou intègrent le groupe.
"Jil Jilala veut dire "génération Jilala" du nom de la grande confrérie des Jilala du Maroc, explique Moulay Tahar (dans un article de F.Bensignor). C'est-à-dire une génération s'inspirant des objectifs de la confrérie à travers l'art musical. Au Maroc, en temps de décadence, les confréries ont pour fonction de reprendre les choses en main pour réguler la société.
Révolution artistique.
« Or, à nos débuts, nous considérions que le monde artistique était en pleine décadence au Maroc. À l'époque, la jeunesse était abreuvée de chansons égyptiennes, européennes, américaines... Et nous nous demandions pourquoi, avec notre civilisation et notre culture, l'identité marocaine était absente des ondes."
"L'aventure de Jil Jilala a commencé en septembre 1972. Nous avons d'abord enregistré trois chansons à la télévision. Et le 7 octobre, le groupe donnait son premier spectacle au Théâtre Mohamed V de Rabat. Deux milles personnes nous ont acclamé, debout, sans vouloir nous laisser partir. Nous ne nous attendions pas à un tel choc. Le lendemain, ce fut une autre grande surprise : SM Hassan II nous a fait inviter à son Palais de Rabat. Nous avons joué devant lui et il nous a longuement complimenté. On ne pouvait pas imaginer qu'un jour nous parlerions avec le Roi... Et trois mois après notre premier concert, nous jouions à l'Olympia de Paris devant une salle bondée. Nous avons donc connu une consécration immédiate."
"Notre musique repose sur les mélodies et les rythmes du folklore marocain (Malhoun, gnawa...), mais nous abordons des thèmes de la vie quotidienne des citoyens, les problèmes sociaux. Toutes les générations se sont retrouvées dans nos chansons.
Dans les années 80, le groupe entame un nouveau virage musical, lorsqu'il ajoute une section cuivre aux instruments traditionnels. Les musiciens vont ensuite s'intéresser à l'arrivée de deux mouvements qui bousculent le paysage musical africain : le Reggae et le Raï.
Trente ans après ses débuts, Jil Jilala demeure une référence incontournable de la musique populaire marocaine. »


Pour en savoir plus sur ce groupe allez sur [www.mondomix.com]

Pour écouter allez sur [www.medi1.com]

Pour Emeraude : quand me donnes tu un instrument de musique arabe pour mon fils aîné qui est bassiste et leader d’un groupe que j’initie à la musique du Maroc ?
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