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Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
08 mars 2007, 04:23


LA RESISTANCE DES ZAYANES.

Après l'occupation d'un ensemble de régions du Maroc par les troupes françaises, le général Lyautey a déclaré le 12 mai 1914 que le pays des Zayanes constituait un grand danger pour les positions françaises et qu'il est de son devoir d'éliminer les Zayanes installés sur la rive droite de l'oued Oum Rebia. Après cette déclaration, un plan d'action pour occuper le pays des Zayanes a été préparé sous la responsabilité du général Henrys. C'est ainsi que le 12 juin 1914, trois colonnes partirent simultanément de trois points différents, la première de Kasba-Tadla au sud-ouest de Khénifra, commandée par le colonel Garnier du Plessis, la seconde de l'ouest, commandée par le colonel Cros et la troisième d'Ifrane au nord. Elles firent irruption dans la cuvette de Khénifra et s'emparèrent de cette dernière après un combat acharné. Suite à l'occupation de Khénifra par les troupes françaises, Moha ou Hammou Zayani installa son campement à une quinzaine de kilomètres de Khénifra, aux abords du petit village d'El Hri. Le poste de Khénifra est commandé par le lieutenant-colonel Laverdure.

Le 12 novembre 1914,à 21 heures, Laverdure réunit ses commandants et décida d'enlever le campement de Moha ou Hammou Zayani en dépit de l'avis de ses services de renseignements. A 2 heures 30 du matin du vendredi 13 novembre 1914, le lieutenant-colonel Laverdure quitta Khénifra en grand secret. Il divisa ses troupes,43 officiers et 1230 soldats en quatre groupes. Il lança l'attaque à 6 heures du matin.

Le campement fut, certes surpris et quelques tentes dévastées. Entre 6 et 8 heures du matin de la même journée, Moha ou Hammou entrprit d'alerter et de rassembler 2000 hommes des Ichkirns et des Ait Ishaq et 2500 cavaliers des Zayanes. Moha ou Hammou regroupa ses hommes en "fer à cheval" autour des troupes françaises venues de Khénifra. A 10 heures, les premiers accrochages ont eu lieu entre les troupes françaises et celles de Moha ou Hammou et plusieurs officiers, sous-officiers et hommes de troupes furent tués. A 13 heures, toutes les troupes françaises furent harcelées et tuées par les hommes de Moha ou Hammou.

La victoire de Moha ou Hammou contre Laverdure et ses troupes fut sans appel, et 33 officiers et 580 soldats en firent les frais. Parmi les morts relevés du côté français,on trouvait le lieutenant-colonel Laverdure, trois commandants, neuf capitaines, treize lieutenants, trois médecins et des officiers de l'administration. Les français purent ramener 179 blessés et quelques centaines d'hommes. Moha ou Hammou s'empara de 8 canons, 10 mitrailleuses et de nombreux fusils.

Après la défaite des troupes françaises, Moha ou Hammou s'est replié pour rassembler ses hommes et préparer d'autres attaques contre l'occupant français et c'est au cours du combat d'Azlag-N'Tazmourt, contre le général Pouyemereau que Moha ou Hammou Zayani a trouvé la mort le 27 mars 1921. Il fut inhumé à Tamalakt près de Taoujgalt.
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
08 mars 2007, 06:09
de la part de cigalou
Extrait du livre " CASABLANCA - en images-"



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Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
08 mars 2007, 08:52


RAPPORT du CAPITAINE RACT BRANCAZ du Service de Renseignements sur le combat d'EL HRI.


Le 13 novembre à 2h 45, un détachement aux ordres du colonel Laverdure se portait sur El Hri pour y surprendre le campement de Moha ou Hammou Zayani.

Le capitaine Ract-Brancaz, qui avait reçu le 12 à 21h 30 l'ordre de se joindre à ce détachement, marchait avec le colonel Laverdure dans un groupe aux ordres du commandant Fages.

Vers 4h30, le groupe Colonna de Leca(canons de 75, la compagnie Sido infanterie coloniale) était installé en position d'attente à cheval sur la route de Khénifra à El Hri.

A 6h30, les autres groupes de la colonne arrivaient, sans que leur marche ait été signalée, à environ 800 mètres des douars à surprendre, en deux colonnes: à droite groupe Hornecker, à gauche, gros cavalerie, groupe Durmelat, groupe Fages.

Mokhazenis et goumiers, bientôt suivis par la cavalerie, se précipitent dans les douars complètement surpris, qu'après une courte résistance évacuaient complètement leurs occupants.

Le colonel commandant le détachement donnait le signal du repli, mais on lui signalait que plusieurs spahis, au cours de la lutte signalée ci-dessus, étaient blessés et restaient sur place. Deux compagnies étaient envoyées sur les crêtes sud et est des douars pour permettre de rechercher et de rapporter les blessés. Elles devaient pousser jusqu'à la crête suivante(2 km sud d'El Hri) pour éviter d'être prises sous le feu déjà violent des ennemis revenus pour couvrir la fuite de leurs femmes, de leurs enfants et de quelques troupeaux qu'ils avaient réussi à emmener. Vers 7h30, une sonnerie de clairon donnait l'ordre du repli pour toutes les troupes qui avaient part à la surprise. Le mouvement s'exécutait de la façon suivante: à droite, groupe Hornecker à groupe durmelat; arrière-garde, groupe Fages. Le repli de ce groupe était déjà rendu difficile par l'accrochage à courte distance des unités d'arrière-garde. sous la protection des groupes Hornecker et Durmelat, le bataillon Fages réussissait à quitter le village d'El Hri et à franchir le Chebouka, ayant déjà un officier tué et de nombreux blessés par le feu. Le capitaine Ract-Brancaz, qui avait été chargé de surveiller cette partie de repli, rendait compte à 8h30 au colonel commandant le détachement, qu'il ne restait aucun homme sur la rive gauche du Chebouka. Il recevait en même temps une balle qui lui traversait l'épaule et le bras droit. Il se rendait à l'ambulance Chamotin, à 3 km en arrière, accompagné par le commandant de la colonne qui avait décidé de se porter de sa personne à l'emplacement occupé par les 75 et la compagnie coloniale de soutien. Il avait laissé sur la gauche, sur les hauteurs situées à mi-chemin entre le Chebouka et la position précitée, le groupe Hornecker, chargé de faciliter les mouvements de repli des groupes Fages et Durmelat, déjà fortement accrochés en arrière et à gauche.

A 10h, 10h 15 et 10h 30, le commandant Fages signalait par trois fois la situation critique dans laquelle il se trouvait, accroché à très courte distance, manquant presque complètement de munitions et de moyens de transport pour emporter les nombreux morts et blessés; il demandait des munitions et des hommes pour se dégager. Il était alors blessé et emporté à l'ambulance.

Vers 10h 30, heure à laquelle le capitaine Ract-Brancaz rentrait dans le convoi des blessés arrivé à sa hauteur, la situation était la suivante: le convoi de blessés dans une cuvette, dont la face nord était occupée par trois canons de la batterie de 75 et les bords sud et ouest respectivement par les deux sections de 65; le tout sous la protection de l'infanterie du groupe du capitaine Hornecker, blessé lui-même et ayant passé le commandement de son groupe. Sur les hauteurs sud, en extrême flanc-garde, le lieutenant Hanus et et sa cinquantaine de goumiers.

Le convoi de blessés était formé sur les pentes descendant sur l'oued Bou-Skour, comprenant presque tous les mulets de l'ambulance et les chevaux disponibles de l'escadron de spahis chargés de morts et de blessés. A 11h 45, les lieutenants Pichon et Belgacem prévenaient le capitaine Ract-Brancaz que quatre cents marocains environ se portaient sur les derniers éléments de ce convoi, qui marchait couvert par quelques spahis et mokhaznis et un certain nombre d'hommes qui, au moment du départ, conduisaient des blessés à l'ambulance. Le capitaine Ract-Brancaz, personnellement, puis en envoyant le sous-lieutenant Belgacem et le maréchal des logis de 65 recruter les hommes valides du convoi, tentait d'organiser un petit groupe de soutien, il ne trouvait que des hommes n'ayant plus de munitions. Le lieutenant Pichon, avec une dizaine d'hommes, organisait plusieurs replis successifs qui ralentissaient la venue des cavaliers ennemis. Le sous-lieutenant Belgacem se multipliait. Payant de sa personne avec un courage extraordinaire, exposant sa vie à tout instant, ralentissait la poursuite des cavaliers ennemis dont une partie faisant volte-face partait sur les troupes du détachement.

Poussé à une allure très vive par les docteurs Sauvet et Ayraud, le convoi parvenait ainsi à 1500 mètres de Khénifra. Quatre cents cavaliers environ, venant du djebel Bou-Guergour, se précipitaient sur la gauche du convoi. Pris sous le feu d'une section de mitrailleuses de Khénifra, ils étaient en partie arrêtés dans leur mouvement offensif. Mais parvenaient néanmoins à tomber sur le dernier quart du convoi.

Le reste gagnait Khénifra ou les premiers éléments entraient vers midi, heure à laquelle la compagnie Croll sortait pour se porter à la crête, à quinze cents mètres sud de Khénifra.

Le capitaine Ract-Brancaz, croit devoir attirer toute l'attention du commandement sur la bravoure extraordinaire dont ont fait preuve les lieutenants de cavalerie Pichon et Belgacem, du 3è escadron du 4è régiment de spahis, qui se sont multipliés, risquant à chaque instant leur vie pour arrêter dans leur marche offensive les nombreux ennemis qui tentaient d'enlever le convoi de blessés; sur le maréchal des logis Glasberg, de la batterie de 65 qui, dans les mêmes circonstances difficiles, a fait preuve des mêmes qualités de courage et de dévouement.
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
08 mars 2007, 10:57

EXTRAITS du RAPPORT du GENERAL HENRYS au GENERAL LYAUTEY.

Khénifra, le 26 novembre 1914.

Par les rapports qui m'ont été faits et que je vous adresse ci-joints, par l'enquête à laquelle j'ai procédé auprès de tous les survivants, j'ai pu, après avoir étudié les lieux du combat, reconstituer à peu près la marche des événements jusqu'à l'instant qui marque la fin des deux batteries. La deuxième phase du drame est celle comprise entre la mise en marche du convoi de blessés et l'arrivée d'une partie de ce convoi à Khénifra. Il est certain qu'un grand nombre d'hommes, n'ayant plus de cartouches et privés de leurs chefs, ont couru se jeter dans cette colonne de blessés. Celle-ci a été elle-même prise en queue et de flanc par les nuées d'adversaires venant pour la plupart de l'Akellal. Les blessés furent achevés en grand nombre, tandis que ceux qui pouvaient courir encore s'enfuirent vers l'ouest, cherchant un refuge instinctif dans les lauriers roses qui garnissent le petit ravin de l'oued Bou-Skour. Beaucoup tentèrent de gagner Khénifra par un crochet vers l'ouest du chemin que suivait la tête du convoi.

Une grande quantité de cadavres ont été retrouvés là, dont beaucoup sont tombés si près du but que l'on put le soir même, sans s'écarter, ramener plus de 40 corps. Ces malheureux, touchant au port, furent repris de flanc par un flot d'Ait Bou-Haddou, débouchant de l'oued en aval.

La tête du convoi continuait, courant vers Khénifra, poussée et guidée jusqu'à leur dernier souffle par les médecins, qui ont péri à leur poste dans cette dernière partie du trajet; tandis que sur les flancs luttaient encore quelques hommes ralliés par des officiers survivants ou blessés.

Arrivé à hauteur de la crête dite du Tadla, qu'occupait depuis 12h 10 la compagnie Croll, le convoi fut allégé de ses assaillants venus de l'est, mais il entraînait dans une bousculade atroce: blessés, fuyards et berbères.

A ce moment, le feu de la mitrailleuse de Khénifra arrêta les Ait Bou-Haddou qui, ayant achevé le massacre de nombreux soldats s'échappant vers l'ouest, allaient se jeter sur la tête du convoi et pénétrer avec lui dans la ville. Cette intervention et celle de la compagnie Croll sauvèrent Khénifra, dont les quelques défenseurs n'auraient pu empêcher les berbères de s'y précipiter, mêlés au convoi de blessés en déroute.

Si celà s'était produit, la faible garnison n'aurait pu résister au flot toujours croissant des Berbères. La ville était perdue, ses défenseurs massacrés, l'ennemi s'emparaît de tous nos approvisionnements, de ressources considérables en munitions, et toute notre organisation défensive du front berbère croulait.

Le détachement du capitaine Croll put rentrer à Khénifra sans être trop inquiété. Il le doit à ce que les masses ennemies s'attardèrent à dépouiller les morts. Nous devons à cette circonstance, que deux heures plus tard, la place, réorganisée par le capitaine Herchet, puis, dès sa rentrée, par le capitaine Croll, plus ancien, était prête à se défendre.

Les corps de tous les absents aux appels ont été retrouvés sur le terrain, sauf sept. Ceux-ci avaient été transportés morts le 14 chez Moha ou Hammou Zayani et ont été renvoyés par ce dernier. De plus, un tirailleur algérien enlevé vivant s'est échappé et a pu rentrer à son corps. Il n'y a pas eu de prisonniers.

Nos pertes en hommes, toutes vérifications faîtes, sont les suivantes: 33 officiers, 200 hommes, 65 Français, 213 Algériens-Tunisiens, 37 Marocains de l'effectif.

Total engagé, 43 officiers et 1187 hommes de troupe, donne 49,80% de tués. De plus, à la date du 18 novembre, il y avait en traitement 163 blessés provenant du combat du 13, à savoir 6 officiers, 32 soldats français, 71 algéro-tunisiens, 154 Sénégalais. Le poucentage par catégorie donne: 90% pour les officiers; 71% pour les soldats français; 54% pour les algéro-tunisiens; 78% pour les marocains; 55% pour les noirs.
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
08 mars 2007, 14:49
Beau travail HAIFA ,

Je me permets d'ajouter à ces trois excellents paragraphes deux reflexions annexes:

Dans le haut et le moyen atlas malgré la rudesse des combats souvent au corps à corps je pense , à l'instar de DERKA, que les régles de la guerre ont été globalement respectées ; pour le sud et le RIF je serais plus nuancé …Les combats du cercle de KHENIFRA en 1914 montrent bien evidemment que, malheureument, il y a toujours des exceptions…
A mon sens la faute premiére revient au colonel d'infanterie coloniale LAVERDURE ; apparemment il sait qu'il va etre remplacé par le colonel GARNIER- DUPLESSIS et certains supposent qu'il a voulu faire un coup d'éclat avant de quitter le cercle de KHENIFRA…Hélas en attaquant le camp du grand chef MOHA OUHAMMOU IZAYANI à l'heure ou les femmes , les enfants et la plupart des guerriers dorment ce colonel a commis une erreur qu'il va payer chérement . Car ce qui n'apparaît pas dans les rapports officiels ce sont les victimes du camp berbére …Une indication tres importante est donnée par les fameux poétes IMAZIGHEN : " Pleurons le calvaire de MAHJOUBA et de TIHIHIT ; Pleurons le sang de MIMOUNA N HMAD versé dans le lit " . Il s'agit de trois épouses de MOHA , les deux premiéres auraient été enlevées et MIMOUNA tuée dans son lit…On peut imaginer tout ce qui a pu se passer d'autre…Et on comprend mieux pourquoi MOHA s'est acharné sur la troupe de LAVERDURE causant plus de morts que de blessés.

Le deuxieme point concerne la chute de MOHA . Entre 1914 et 1921 année de la mort de MOHA les stratéges français ont continué leur politique de division des tribus se servant entr'autres des rivalités souvent anciennes , jouant aussi la carte des caids et enfin soumettant par la contrainte. Il est incontestable que cette politique a fonctionné et à partir de 1920 des berberes soumis sont engagés dans les forces supplétives ROUMS ( 200 hommes par roum dont ¾ de marocains) ; les ROUMS passent de 6 en 1910 à 25 en 1920 et 48 en 1933 .Dans le MOYEN ATLAS cette" politique de division " et la" politique de la terre brulée "( les tribus sont coupées la plaine –AZAGHA- et souffrent de disette ; de plus il y a eu quelques hivers tres rigoureux ) …entrainent de nombreuses" soumissions " dans le propre camp de MOHA
OUHAMMOU y compris dans sa propre famille puisqu'au moins deux de ces fils le trahissent; un poéme IMAZIGHEN l'atteste " que vaut HASSAN et que vaut BAADDI ; que vaut l'homme qui a tué son pére? " . Une autre source parle de la soumission de trois fils
( BOU HAZZA, HASSAN et HAMAROQ ) ainsi qu'un neveu OU EL HAIDI .Cette soumission , hélas pour le grand chef berbére MOHA , est active puisque ce dernier est combattu et chassé de ces terres par ses propres fils . Quant à la défaite et la mort de MOHA le 27 MARS 1921 il semblerait , meme si cela est difficile à dire , que les "partisans " des tribus soumises aient joué un role non négligeable.

Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
08 mars 2007, 16:17


EXTRAITS du RAPPORT du CAPITAINE CROLL, commandant les éléments restés à KHENIFRA pendant la sortie du COLONEL LAVERDURE en direction d'EL HRI.


Le 12 novembre 1914, à 21 heures environ, je fus appelé au territoire pour assister à une conférence présidée par le colonel Laverdure, commandant le territoire, au sujet d'une reconnaissance ordonnée pour la nuit et la journée du lendemain, vers El Hri, dans le but de cerner le douar de Moha ou Hammou. A cette conférence assistaient tous les commandants des groupes et les chefs de services intéressés. Je fus désigné pour assurer la défense de Khénifra pendant l'absence du colonel avec les troupes énumérées au dernier paragraphe de l'ordre d'opérations en date du 12 novembre 1914.

La conférence se termina vers 21h30. En prenant congé du colonel, je lui demandai à quelle heure il pensait revenir. Lui et ses adjoints me répondirent: "Que l'opération réussisse ou non, nous serons de retour vers huit heures"

Le 13 novembre, à 3 heures, la reconnaissance quitta Khénifra. A 6 heures, les premiers coups de canon furent entendus de la ville, puis rien jusque vers 8 heures. A 8 heures, de la tour, on entendit une fusillade dans la direction d'El Hri. A la jumelle, on voyait, à environ 8 à 10 kilomètres des groupes de Marocains, venant du nord et du sud, tirant sur les éléments de la colonne. Le feu ne paraîssait pas intense et était interrompu par de longs silences. On n'avait pas l'impression d'un très gros combat.

Vers 11 heures, on entendit plus que de rares coups de feu toujours éloignés. Le retard à la rentrée de la colonne fût attribué à ce fait qu'elle faisait une grande halte. Je me décidai donc à aller prendre mon repas.

A 11 heures 55, le maréchal des logis Tournier, du 3è escadron du 4è spahis vint m'apporter à la popote ou j'étais avec le lieutenant Stéphanopoli, l'ordre verbal de faire partir la compagnie pour protéger la retraite de la reconnaissance.

Comme nous nous rendions tous les deux dans la cour du souk, au point de rassemblement, nous reçumes à midi le mot suivant qui précisait le premier ordre: "Mon capitaine, courez occuper les crêtes du Tadla avec une compagnie d'abord si elle est prête. Notre salut dépend de vous. 11h 20 Par ordre: Signé: Aimon"

Je fis prévenir la section de mitrailleuses Laffont du bataillon colonial de se préparer au départ. A midi 10, je passai le pont avec ma compagnie forte de 3 sections, soit 60 fusils, renforcés par un groupe de conducteurs sénégalais sous les ordres du lieutenant Peyresaubes. Aux portes de la ville, nous croisâmes un premier groupe de mokhaznis ou partisans, à cheval et chargés de butin, puis la tête d'un convoi de blessés. Un peu au delà de la kasba de Moha ou Hammou, j'aperçus le capitaine Hornecker, blessé. Je courus à lui pour avoir des renseignements. Cet officier ne put que me répéter: "Croll, quel désastre!". Suivaient des chevaux, des mulets, chargés de blessés, au milieu de soldats de toutes armes.

Je gagnais rapidement la crête du réduit à 600 mètres de la ville, disposait le groupe de sénégalais en position de repli, à savoir: le lieutenant et 20 hommes au blockhaus No 1, un maréchal des logis et 20 hommes au réduit. Puis, déployant très largement mes 60 fusils, je gagnais la crête du Tadla, me gardant à droite et à gauche par 2 patrouilles de 4 hommes pour ne pas être tourné. Pendant cette marche, nous croisâmes le convoi, faisant fuir des cavaliers marocains, que nous avions tout d'abord pris pour des partisans tant le mélange était intime, et sur lesquels il nous fut impossible de tirer sous peine de tuer les nôtres. J'envoyais mon ordonnance sur mon cheval porter l'ordre au capitaine Soudaz, le plus ancien officier après moi à Khénifra, de faire ramasser, pendant qu'ils étaient sous ma protection, les tués et les blessés s'échelonnant sur la route jusqu'à moins de 200 mètres de la kasba. Il fut ramené 35 tués et trouvé une vingtaine de blessés.

A midi quarante environ, la compagnie prit position sur la crête du Tadla sur un front de 200 mètres. De notre poste d'observation, nous découvrimes à l'est le plateau très accidenté que traverse l'oued Bou-Skour. Devant nous, à 400 mètres, à droite et à gauche, nous avions des Marocains qui tiraient sur nous. Nous ripostâmes avec modération. La mitrailleuse n'eût pas l'occasion de tirer efficacement.

A partir de 2000 mètres environ jusqu'aux limites du plateau et sur une profondeur de 4 kilomètres, il y avait des masses compactes de Marocains donnant l'impression d'un souk colossal et silencieux. Nous ne pouvions nous faire à cette idée qu'il ne restait plus rien de la colonne, hormis ceux que nous avions croisés et estimé à première vue au dixième des troupes parties. Vainement, nous fouillâmes les plis et replis du terrain pour y trouver un semblant de formation ou des apparences d'uniformes...
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
09 mars 2007, 10:02


LA BATAILLE d'EL HRI relatée dans un ouvrage écrit par GEORGES BERNIE. Cet ouvrage a été publié en 1945 (Editions Gauthey).


En raison de nos difficultés d'Europe, nous n'entreprenions aucune opération. Moha, qui avait escompté notre départ, constatait que nous paraissions vouloir nous installer pour longtemps. D'autre part, la neige, précoce en cet automne, blanchissait la muraille du djebel Ayachi. Les troupeaux ne trouvant plus leur pâture sur ces pentes redescendaient vers les vallées. Il ne fallait plus compter les envoyer au-delà de Khénifra puisque nos soldats barraient la route.

Les tribus sentaient venir la misère et commençaient à désirer la paix. Plusieurs fractions entraient secrétement en relations avec les Français. Dans l'entourage du Caîd lui-même, des Zayanes gardaient des intelligences avec Khénifra. Bien que Moha punisse d'amendes sévères ces tentatives, déjà certains essayaient -discrétement- de venir labourer non loin des murs de la ville. de plus en plus nombreux, des Berbères se présentaient à l'infirmerie. Encore un peu de patience et nombre d'irréductibles seraient eux aussi obligés de négocier avec le poste pour rentrer de dissidence. Moha ne pourrait alors continuer seul son attitude intransigeante.

C'est à ce moment que, déjouant tous les espoirs, éclata le drame obscur et douloureux d'El Hri qui remit tout en question.

Le commandant de la garnison française apprit que Moha pressé par les siens et mettant à profit notre passivité, était venu installer son campement non loin de Khénifra, au village d'El Hri.

La tentation était forte d'enlever le vieux chef, par un coup de surprise, d'autant plus que de semblables opérations avaient réussi ailleurs. Les troupes s'impatientaient entre les murs de la ville, le ravitaillement se révélait trop souvent déféctueux et l'état sanitaire s'en ressentait. Une certaine nervosité gagnait tous les nôtres et l'action parut préférable à cette longue immobilité. Le coup de main fut aussitôt décidé et préparé.

De nuit, la colonne française quitta la ville. Les spahis aux manteaux rouges, les goumiers à la djellaba rayée -tous anciens djicheurs- et les partisans des tribus soumises, éclairaient la marche et couvraient les flancs pour éviter la surprise d'un mouvement tournant de l'ennemi. Ainsi protégé, le gros avançait silencieusement parmi les rochers et les buissons. Bientôt, il se divisa en deux parties qui, dans une marche convergente comme les branches d'une pince redoutable, devaient se rejoindre au campement de Moha. Les troupes étaient formées surtout par des éléments solides et aguerris, tirailleurs marocains ou algériens infatigables, soudanais de l'infanterie coloniale, tous joyeux à la pensée du prochain combat. L'artillerie suivait avec ses pièces de 65 et 75 mm. Les divers services fermaient la marche, cuisines de campagne,infirmerie, intendance, radios... Tous,hommes de troupe et officiers, avaient déjà donné des preuves de leur valeur, au Maroc, ou contre les grands tyrans du Dahomey et du Soudan.

La colonne s'avançait parmi le moutonnement des collines et la brume de l'aube déposait ses perles sur les longs piquants acérés de l'acacia. aucun bruit ne s'élevait, les soldats empêchaient leurs baïllonnettes de ferrailler dans les fourreaux, aucune hâte innoportune ne se manifestait pendant cette marche de fantômes vers l'inconnu, dans le brouillard dense et froid de l'aube. Avec le jour, le voile gris qui noyait toutes choses se dissipa et, soudain, à cinq cents mètres environ, apparut le campement de Moha. Les tentes noires s'échelonnaient dans la vallée, groupées, à intervalles, autour de celles de chefs. Moha avait fait dresser la sienne, plus grande, sur un tertre herbu d'ou elle dominait l'ensemble. Rapidement, l'ordre fut donné d'enlever le vieux caïd.

Notre cavalerie s'élança au galop avec, en tête, les frères Omar et Ba Hacine qui savouraient la vengeance proche. Dans le douar, les chiens réveillés soudain donnèrent l'alarme, aboyant à pleine gorge.

Aussitôt, les Zayanes bondirent sur leurs armes, mais, luttant sans cohésion, ils furent en état d'infériorité manifeste et durent fuir. Nos spahis, ralentis et gênés, aussi bien par les coups de feu que par les cordes et les piquets des tentes, par les bêtes affolées courant dans toutes les directions, perdirent le contact entre eux et se dispersèrent par petits groupes isolés. Certains chargèrent, sabre haut,vers le groupe formé par le vieux caïd entouré de ses fils qui le protégèrent et l'entrainèrent, afin de le mettre en sûreté. Malgré la promptitude de notre attaque, Moha réussit à s'enfuir tandis que, vaillamment, Bouazza et son frère Amahrok, à l'arrière-garde protégeaient sa retraite. Pendant ce temps, la tente du caïd était envahie et razziée. Les enfants et les femmes qui n'avaient pu échapper, poussaient des cris d'épouvante, visages contre terre, tremblants à la pensée des vengeances terribles dont ils seraient les victimes. Déjà, Omar et Ba Hacine emportaient deux coffres pleins.Ils repartirent aussitôt vers Khénifra, poussant devant eux les moutons et les chevaux dont ils s'étaient emparés. Moha, voyant les nôtres dispersés, se replit aussitôt et ramena les siens au combat. l'exaltation des Berbères poussée à son paroxysme, il voulut les lancer en force contre les Français. Profitant du fait que l'infanterie était encore trop loin, ils isolaient nos cavaliers qui, malgré leur courage, furent vaincus et tués. Pendant ce temps, Moha alerta ses alliés de toute la grande confédération berbère. A ce moment, la bataille acharnée faisait rage un peu partout et,luttant en trop petit nombre, les nôtres devaient se replier.

Sans perdre un instant, Moha attaque le gros de la colonne. A la tête de sa harka soutenue par le toujours intrépide Bouazza, il essaye d'envelopper nos bataillons aussitôt formés en carrés. Des nuées de cavaliers dévalent au galop les pentes pour participer à l'attaque contre les Français, ils sont peut-être dix mille, en tout, à venir se ranger sous les ordres de Moha. Calmes, comme à l'exercice, nos officiers et sous-officiers commandent le feu, repoussant les assauts de l'ennemi et le tenant à distance.
Ils ordonnent le repli des éléments avancés, harcelés sans répit par les Berbères; mais bientôt hélas, les munitions se raréfient et les Zayanes en profitent pour devenir plus menaçants. On se bat à l'arme blanche pour repousser les charges les plus pressantes et la lutte atteint un degré inoui d'acharnement. Longtemps, la vague des fougueux cavaliers vient se briser sur le mur d'acier de nos carrés. Mais l'ennemi, s'étant rendu compte de notre manque de munitions, se garde d'approcher au corps à corps et se contente de mitrailler à bout portant nos soldats. L'artillerie reste inutilisable car elle risque d'atteindre les nôtres dans le flot des combattants mêlés. Ce qui reste de nos spahis contre-attaque par des charges impétueuses pour couvrir notre repli. ils s'élancent sabre au clair dans l'envoi des grands manteaux rouges et blancs.

Moha, lui, est partout, encouraeant les siens de la voix et de l'exemple aux points les plus exposés.

(à suivre)


Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
09 mars 2007, 12:56
(suite)

Moha, lui, est partout, encourageant les siens de la voix et de l'exemple aux points les plus exposés.

Nos hommes réclament à grand cris des cartouches. En vain. On apprend bientôt la mort de la plupart des officiers dont le colonel qui commandait l'opération. Les pertes sont très sérieuses et les survivants de nos troupes refluent vers les murs de Khénifra pour y chercher un abri. Tout ce qui reste de la garnison sort pour protéger la retraite. La foule lamentable des blessés et rescapés se précipite dans la ville sous la menace immédiate des guerriers de Moha ou Hammou. Les Zayanes, poussant des clameurs de victoire comptent déjà le butin abandonné.

Dans Khénifra, ou les nôtres se sont réfugiés, des mesures urgentes sont prises. Un assaut général contre la ville peut avoir lieu d'un moment à l'autre, aussi tous les hommes en état de porter des armes prennent place sur les remparts, décidés à vendre chèrement leur vie. tandis qu'à l'hôpital, plein de gémissement des blessés, s'activent docteurs et infirmiers, les radios du poste lancent sans répit l'appel au secours: S.O.S., S.O.S... Au coucher du soleil comme de coutume, et pour affirmer notre volonté de rester malgré tout, nos couleurs descendent lentement, avec le cérémonial ordinaire. nombreux sont, hélas,ceux qui manquent et,beaucoup parmi les présents, rédis dans leur orgueil de soldats, portent sur leur visage ou sur le corps de sommaires pansements ensanglantés.

Ainsi se termina cette journée tragique.

Dans la nuit, l'activité fut grande autour de la ville: des coups de feu éclataient parmi les cris et les chants de triomphe; la "taraka", c'est le nom que les indigènes donnent à la mitrailleuse pour imiter le bruit des rafales- la taraka ripostait rageusement. De nombreux coups de feu furent tirés contre le projecteur qui scrutait chaque repli du terrain. L'assaut cependant ne se produisit pas.

A l'aube, nos officiers remarquèrent une animation insolite dans le camps des assiégeants. Ils purent même, à la jumelle, constater des préparatifs de départ. Bientôt, en effet, le mouvement se précisa. Ce n'est que plus tard qu'on finit par en savoir la raison lorsque, sur les crêtes dominant la ville vers l'Ouest, apparurent les silhouettes des premiers éclaireurs de la colonne de secours. bientôt, retentit l'eclatement sec des projectiles lancés par les mortiers, le grondement sourd et puissant de canons. Les explosions soulevaient des nuages de poussière, cependant que les cris d'effroi et les imprécations montaient au milieu du fracas.

L'affolement gagna presque tous les guerriers Zayanes lorsqu'un avion vint tournoyer au-dessus d'eux. Ils s'écriaient: "Tirigraphe! Tirigraphe!". en effet, les montagnards ne connaissaient aucun autre bruit semblable, comparaient le bourdonnement du moteur à celui des fils télégraphiques, vibrant quand souffle le vent. Les plus intrépides des guerriers épaulèrent leurs longs fusils vers l'oiseau monstrueux, comme si leurs balles pouvaient l'atteindre.

Toute la journée, Moha, ses fils et les guerriers les plus fidèles combattirent à l'arrière-garde. Ils permirent ainsi, par leur résistance, la fuite de la tribu encombrée de ses blessés, de son bétail et du butin conquis. Les enfants, brûlants de vaillance guerrière venaient prendre la place de ceux de leurs aînés qui tombaient.

Quand à la tombée de la nuit, les nôtres renoncèrent à la poursuite, le vieux chef, rempli de tristesse, remonta les sentiers couverts d'une ombre épaisse. Conservant toujours son indomptable orgueil, malgré ses blessures, entouré de la garde vigilante de ses fils, il retourna vers sa tribu, décidé à continuer quand même sa lutte implacable.

A la lueur fuligineuse des feus de campement, il put compter les cadavres ramenés du champs de bataille, et son coeur s'emplit d'une immense amertume. Les Zayanes respectaient son silence.

Devant les flammes dansantes, un homme recitait la Fatiha suprême des morts, reprise à voix basse par tous les assistants. Chaque tente comptait un ou plusieurs disparus, et, tard dans la nuit, du haut de la grande casbah de Khénifra, les Français purent entendre la clameur désespérée des femmes. Ils virent la lueur vacillante des torches éclairant de funèbres convois: c'étaient les corps des guerriers, liés sur le dos des mulets que, dans l'obscurité tragique, on ramenait du champs de bataille.

De notre part aussi, les pertes avaient été lourdes. On enterra les tués sous les murs de la citadelle et l'appel des morts se fit au cours d'une cérémonie sobre et émouvante. Un monument très simple rappelle aujourd'hui leur héroïque sacrifice. Quelques corps qui manquaient nous furent loyalement rendus par Moha.


EXTRAITS de l'OUVRAGE de G. BERNIE intitulé: "MOHA OU HAMMOU, GUERRIER BERBERE" paru en 1945.
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
09 mars 2007, 15:16


MOHA OU HAMMOU ZAYANI, symbole de la résistance berbère.

Moha ou Hammou El Harkati Zayani est le fils de Moha ou Akka, commandant en chef des Aït Harkat.
Ce dernier, après sa mort, laissa deux fils et un gendre: Saïd, Moha ou Hammou et El haj Ali.

Saïd, l'aîné, fut désigné par les Aït Harkat pour succéder à son père Moha ou Akka. Il domina tous les Zayanes après des luttes ininterrompues. Après sa mort en 1877, Moha ou Hammou lui succéda. Il avait à peine vingt ans. Il était vigoureux, intrépide, cavalier sans rival, tireur infaillible et joignait à ces qualités guerrières un physique agréable dont la tradition a retenu la souplesse et l'harmonieuse proportion de la taille, le regard brillant et la pureté du teint, à peine ombragé alors d'une courte barbe naissante.

Ses premières interventions consistèrent en l'envoi de renforts aux combattants de la Chaouia pour prendre part au combat contre les troupes françaises commandées par le Général Drude lors de la bataille de Médiouna en 1907 et 1908.

En 1911, Moha ou Hammou mène des attaques contre les troupes françaises lors de leur marche sur Fès.

En 1912, il mène également ses troupes contre les français installés sur les lignes d'étapes Rabat-Meknès et en 1913, Moha ou Hammou mène ses attaques contre le commandant Aubert au Nord du Tadla et contre les troupes du colonel Mangin installées à Oued-Zem.

Moha ou Hammou qui a toujours été d'une dignité et d'une correction parfaites, s'est défendu avec acharnement, repoussant toutes les offres flatteuses des français. Il mourut avec courage et fierté, le 27 mars 1921 à Taoujgalt lors d'un combat contre les troupes du général Pouymereau.
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 06:38
CARTE POSTALE 1
Pièces jointes:
ifranecombats_1.jpg
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 06:40
carte 2
Pièces jointes:
pertesfrancaises.jpg
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 06:41
carte 3
Pièces jointes:
maroctransportaraba.jpg
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 06:42
carte 4
Pièces jointes:
el_hajeb.jpg
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 08:41
FORCES MAROCAINES SUPPLETIVES :

La guerre du MAROC , comme cela a déjà été dit , fut une guerre fratricide puisque la France a engagé pour lutter contre les résistants berbéres des troupes régulieres comptant des Tirailleurs Marocains ; mais l'aspect fratricide de cette guerre s'est rapidement accentué dés 1908 avec la levée de forces suppletives marocaines chargées d'aider les militaires français dans leurs taches de sécurisation et de maintien de l'ordre liées bien entendu à la politique colonisatrice puis " pacificatrice " de la France . Il va de soi que l'engagement de ces forces supplétives a permis de limiter les pertes humaines françaises …Il n'est pas certain que les pertes de ces suppletifs aient été toutes comptabilisées par l'armée française à l'issue des combats…si tel est le cas l'approche d'un bilan relatif aux morts et blessés de cette guerre du MAROC paraît d'autant plus quasiment impossible…

UNITES PERMANENTES :

GOUMS : créés en 1908 par le général AMADE ils seront dissous en 1956 . Chaque GOUM compte environ 200 hommes dont les 3/4 Marocains ; à partir de 1920 des berbéres soumis seront progressivement intégrés dans les goums . Plus tard les goums seront regroupés en TABOR ( 3 goums ) ; et l'armée créera avec 3 TABORS les fameux Groupements de Tabors Marocains ( G.T.M ).
L'armée française utilise également et ce depuis longtemps des unités dites " MAKHZEN" ;
Les cavaliers makhzens servaient dans les zones sahariennes à la fin du 19 émé siécle.

UNITES TEMPORAIRES :
Dans le cadre de leur politique de division les stratéges militaires français ont également habilement profité des clivages existants entre le " bled SIBA " et le "bled MAKHZEN" , ainsi qu'entre certaines tribus berbéres…Puis les soumissions par la force ont permis, de façon ponctuelle , aux troupes réguliéres et supplétives permanentes de béneficier de renfort de GUICHS , MEHALLAS et des villageois soumis souvent appelés "partisans " ( à la fin de la guerre plusieurs milliers d'entr'eux ont été mis en premiére ligne dans le DJEBEL BADDOU et à BOU GAFER .
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 08:43
insigne
Pièces jointes:
4gtm.jpg
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 08:44
INSIGNE GROUPEMENT TABORS MAROCAINS
Pièces jointes:
GOUMIER 1940.jpg
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
10 mars 2007, 08:50
CAVALIER MAKHZEN
Pièces jointes:
MAKHZEN.jpg
Re: 1907/1934 RESISTANCES BERBERES
11 mars 2007, 09:37
Les " SPAHIS MAROCAINS " :

Apres l'accord de Protectorat en 1912 l'armée française crée 10 escadrons de SPAHIS MAROCAINS ; ces cavaliers recrutés essentiellement parmi les forces suppletives permanentes déjà existantes formeront les fameux régiments SPAHIS , dont le 2 éme dit " Le LYAUTEY " engagé dans la guerre de pacification.
Le lieutenant de HAUTECLOQUE , le futur général LECLERC a servi dans ce régiment tout comme le renommé capitaine BOURNAZEL dit " l'homme rouge " , tué le 28 /02/ 1933 lors des combats dans le djebel SAGHRO .
Rappelons que les unités combattantes SPAHIS ( SBAHIS ) existent depuis fort longtemps (en particulier en ALGERIE ) ; elles sont un dérivé des unités ottomanes " SIBAHIS " .

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