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Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:02
Belles et robustes branches du cèdre
Pièces jointes:
Photo 1523.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:06
Très beau
Pièces jointes:
Photo 1498.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:14
Des cèdres sains et robustes
Pièces jointes:
Photo 1524.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:19
Un beau tableau...
Pièces jointes:
Photo 1537.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:22
Un autre...tableau
Pièces jointes:
Photo 1530.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:26
Un vieux cèdre géant...
Pièces jointes:
Photo 1450.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:28
Et un autre...
Pièces jointes:
Photo 1541.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:46
Les singes, Macaques de l'Atlas ou Magots
Pièces jointes:
Photo 1989.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:56
Une dernière, c'est moi qui peaufinait il y a quelques mois ce tableau d'un cavalier Amazigh qui surplomb un lac ...Un tableau et cinq autres avec lesquels j'ai participé à l'exposition collective du festival international de la très jolie ville d'Ifrane
Pièces jointes:
Photo 1845.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 08:58
une vidéo dénonçant la Mafia du cêdre

sans commentaires !!!




Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 09:18
Une cata! Les vrais délinquants sont surtout ceux qui ont la responsabilité de garder et de protéger la foret et qui ne font pas leur travail pour X raisons. Remarquez les cèdres abattus sont jeunes, rectilignes et très beaux... De la première qualité, charcutés (excusez le terme) sauvagement d'une façon abominable .
Normalement cette vidéo devrait mener aux auteurs, les délinquants au vrai sens du terme et ceux qui ont la charge de la protection de cette parcelle de foret.
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 09:25
le pourquoi des choses ??

de sombres magouilles accompagnées de corruption !!!!
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 10:38
Bonjour a vous tous - Le lac Aguelmane
Pièces jointes:
gvlakeAguelmaneSidiAli.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 11:01
Bonjour à tous,

Bonjour Ayard,

Merci de faire partagerthumbs up ces belles photographies personnelles des années 1930...

Puisqu'une discussion a eu lieu concernant les lacs Dayet Aoua et Aguelmane n Sidi Ali je mets un plan de ma collection montrant la région d'Azrou/Ifrane en 1950...

Pour la qualité de l'image je le visualise en deux parties;d'abord la partie nord avec le Dayet Aoua...on peut apercevoir également 4 auberges,deux à Aïn Leuh,une à Ito et une autre à Assaka...
Pièces jointes:
Numériser0001.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 11:11
Deuxième partie du plan de la région d'Azrou/Ifrane en 1950...

On peut voir en bas à droite l'Aguelmane n Sidi Ali...à gauche l'Aguelmane Aziza...on peut également visualiser les auberges de M'rirt et de Timahdit...
Pièces jointes:
Numériser0005.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 11:17
Puisque les photographies d'Ayard datent des années 1930...je mets en ligne une photographie prise en 1930 à Aguelmane Sidi Ali;

On peut y voir la petite fille du Caïd Ali...ainsi que le Résident Général Lucien Saint...qui visitait la région...
Pièces jointes:
Numériser0003.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
11 octobre 2011, 11:20
Voici une photographie du lac Aguelmane Aziza en 1950...à l'époque il était trés poissonneux...
Pièces jointes:
Numériser0002.jpg
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
12 octobre 2011, 12:58
Bonjour Cigalou

Merci pour ces cartes très intéressantes avec notamment les auberges de la Région Ifrane Azrou.
Une des deux auberges d'Ain Leuh en pleine campagne avant d'arriver au village où nous étions en Mai 2009 lors d'un spectacle musical chleuh sous tentes se nomme : " LE MAGOT.."
Amitiés
René
Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
12 octobre 2011, 15:39
Bonjour a vous - Je crois avoir mis cet article a un moment donne dans ce site mais le revoila si ca vous interesse.

28 de Septembre de 2005

La cédraie du Moyen Atlas en détresse


MOHAMED DRIHEM

Le Matin du sahara (Maroc) [Chronique]

Michel Tarrier, écologue, consultant à l'Institut scientifique de Rabat dresse le bilan de l'écosystème marocain

La mort d'un géant, le Cèdre Gouraud tant "carte-postalisé", nous annonce censément le début de la fin et c'est un peu le glas qui vient de sonner dans la séculaire futaie de cèdres.

LE SURPÄTURAE EN PRIME

Après la Maâmora, la plus grande subéraie du monde désormais fossilisée, après l'arganeraie exclusive au Maroc, désertifiée et réduite à la moitié de sa superficie en un demi-siècle, après la thuriféraie "nature morte" d'une "forêt sans arbres", aux ultimes vétérans pour la plupart sous protection maraboutique, c'est au tour de la cédraie, dernier écran vert entre le Sahara et le Nord, d'avoir périclité de 40% au fil des deux dernières décennies.

Paysages défigurés, écosystèmes dénaturés, forêts dégarnies, biodiversité banalisée, sol écorché, lessivages catastrophiques, destructions irrémédiables, le parcours sylvopastoral est atteint par le surpâturage chronique. Les ravages de ce pastoralisme intempestif induisent une véritable pandémie écologique, un écocide lent, un risque d'extinction massive des plantes et de la faunule débouchant sur une mort du sol, déjà nu et squelettique en bien des régions, qu'elles soient montagnardes ou mésétiennes, forestières, steppiques ou subsahariennes, à tous les étages de végétation et dans tous les bioclimats.

800.000 moutons paissent au sein des modestes cédraies du Parc naturel d'Ifrane, soit un troupeau quatre fois supérieur à ce qu'il devrait être. Depuis peu,la fragile Vallée de l'Oued Tizguite n'est pas épargnée par la pression excessive du pacage. C'est notamment le cas en amont vers la sortie en direction de Boulmane, là où la vieille peupleraie a été décimée par une tempête et où tout le secteur a été surpâturé et ravagé par les troupeaux, alors que le paysage était indemne jusqu'à la fin des années 90. En aval et vers la Zaouïa de Sidi Abdeslam d'Ifrane, dès les alentours du "Refuge", bien des troupeaux séjournent alors qu'ils y étaient interdits il y a peu. Enfin, lorsque qu'approche la date de l'Aïd, tout un chacun vient engraisser son mouton n'importe où et jusqu'aux abords de la Source Vittel ! Voir même, au cœur des belles pelouses du centre-ville d'Ifrane.

Le plus affligeant n'est pas de constater l'érosion de cet inestimable capital naturel, mais d'en diagnostiquer le caractère imparable du processus écocidaire dont les préjudices sont déjà palpables. La langue de bois et l'omerta ne sont plus de mises si l'on veut agir et nommer les choses par leur nom et permettre d'aller droit au but. Nous n'avons même plus le luxe de ménager les susceptibilités. La sauvegarde de l'essentiel des écosystèmes marocains et de leurs sites passe obligatoirement par une politique volontariste d'allègement et de régulation de la charge du cheptel, en complète inadéquation avec les ressources disponibles.

Faute d'un tel contrôle de la pression pastorale devenue intolérable et de propositions de solutions alternatives, tout programme conservatoire serait vain. S'il ne visait qu'à "gérer les préjudices", sombre est l'avenir. Quant aux moyens alternatifs, voire subventions d'encouragement qui doivent être dégagées en compensation d'une réduction des troupeaux à l'endroit des plus petits propriétaires, certaines expertises peuvent parfaitement l'envisager.

L'HÉCOTOMBE DU MOYEN ATLAS

La dégradation de bien des secteurs de la cédraie, sa déconstruction sous forme de déboisement, l'éradication de certains de ses composants par la destruction du sous-bois ont provoqué une fragilisation, voire une perte définitive de nombreuses espèces végétales et animales. L'impact est irréversible. Sans remonter au temps du lion de l'Atlas (ultime signalement pour le Moyen Atlas : 1930) dont le dernier représentant ifranais est taillé dans le granit, ou dresser une liste posthume exhaustive, nous citerons quelques espèces dont nous sommes "sans nouvelle" depuis les dernières décennies, ainsi que d'autres dont le risque d'extinction est très préoccupant.

La panthère fauve tachetée : les tueurs en série que nous sommes, sommes parvenus à nos fins, non sans efforts (safaris, trophées, fourrure, braconnage, égocentrisme pastoral, phobies, bêtise et vieux démons...). Bien que très méfiante, la panthère était pourtant le plus ubiquiste des félins et habitait au Maroc un grand spectre de biotopes. On la surprenait encore jusque dans les années 50, par exemple dans les cédraies de l'escarpement d'Azrou ou dans la doline boisée du Mischliffen. Mais déjà de 1986 à 1996, les quelques signalements (traces, excréments, magots dévorés, témoignages locaux) ne provenaient plus que du Haut Atlas oriental et ne portaient que sur quelques sujets errants et sans viabilité génétique. Le déclin final fut l'œuvre discrète de quelques bergers, l'animal pouvant évidemment causer des dégâts non remboursés parmi le bétail. Une réintroduction aléatoire doublée d'une veille soucieuse devrait être engagée. Hors la cédraie, il est deux autres espèces marocaines climatiques qui vivent actuellement un purgatoire damoclésien en vue d'un même destin muséologique : le guépard et l'hyène. Le lynx caracal : le bel animal n'a plus été observé des cédraies rifaines et du Moyen Atlas depuis les années 80 du siècle passé.

Le singe magot de Barbarie : animal protégé par conventions internationales, est sur le déclin et les vœux douteux de certains gestionnaires seront bientôt hélas exhaussés. Si le magot commet des dégâts localisés, c'est qu'il souffre de concentrations inéluctables en raison de la destruction globale de son habitat naturel. Le magot et le cèdre ont toujours été deux éléments d'une même communauté écosystémique. Dans un passé très récent où le singe montrait un effectif nettement plus fourni, aucun dégât dommageable n'était relevé. D'ailleurs, les dégradations actuelles ne sont signalées que dans des secteurs précis, justement ceux déjà victimes de dysfonctionnement forestier entraînant des dérèglements au niveau des populations, structures et architectures des composantes végétales et animales. Quand le faciès sylvicole est diversifié, ce type de dégâts n'existe pas. Le magot souffre dans la cédraie du "syndrome du Titanic" qui fait que les survivants se concentrent sur les derniers secteurs vitaux avant que l'ensemble ne sombre définitivement.

La truite de Pallary : ce poisson endémique des eaux continentales, propre à l'Aguemalne de Sidi-Ali situé au cœur de la cédraie "morte" du Col du Zad (Moyen Atlas central), est porté éteint. L'écrevisse à pieds rouges, caractéristique des cours d'eau de la cédraie, va suivre la même voie en raison de ses prélèvements excessifs et de la pollution galopante des eaux vives (notamment par l'usage direct de détergents non biodégradables par les populations riveraines d'Oued Tizguite d'Ifrane surtout). Quand aux lépidoptères d'Ifrane, d'Azrou, du plateau d'Ito, les plus précieux se voient progressivement biffés du paysage sous les effets néfastes de la pression des parcours, par la disparition des plantes fines et de leurs habitats.

Et que l'on n'aille pas croire que la gazelle ou le papillon " ne servent à rien " ! Pauvreté et dégradation de l'environnement sont des phénomènes à rétroaction positive, à savoir que les conséquences de l'une rendent l'autre inévitable. Quand on parle de sauvegarder le bio patrimoine, le souci humanitaire est toujours en contrepoint. Le recul ou le déclin d'une espèce indique le mauvais état de santé de l'écosystème qui engendrera à court terme le tarissement des ressources et donc une crise dans la survie et l'approvisionnement des populations. Sans être plus alarmiste et annoncer des risques majeurs, il faut tout de même savoir que çà et là dans ce monde, la plupart des actuelles inondations meurtrières présentées comme des catastrophes "naturelles" (inondations à répétition à Madagascar, récemment en Haïti) ont pour origine un usage abusif des ressources (surpâturage, déforestation) ayant entraîné une incommensurable érosion du sol désormais incapable d'absorber les précipitations diluviennes. En 1995, la crue désastreuse qui avait endeuillé le bassin versant de l'Ourika et ses 200 morts déclarés étaient un signe précurseur qu'il faut prendre en compte, non seulement par la mise en place d'un système de prévention du désastre (comme il vient d'être fait), mais surtout par un soulagement des causes de la désertification dont l'agent essentiel est la charge pastorale.

Michel Tarrier est l'auteur d'un livre-témoignage actuellement sous presse : Le Maroc, un Royaume de biodiversité. Ecosystèmes et problématiques. Il s'agit d'un état des lieux du Maroc naturel, un réquisitoire sans concession sur les causes de perdition du riche biopatrimoine marocain et l'histoire documentée de son massacre. Un livre qui suscitera le débat sur les enjeux écologiques du Maroc, …





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Re: IFRANE - MOYEN ATLAS NORD DU MAROC
12 octobre 2011, 16:30
Re-moi - Alain - Je viens de voir le video - Catastrophique - Honteux et ceux qui ont fait cela devraient etre punis tres severement.

Certains de vous ont connu Mr. El Aouene, un natif d'Ifrane - J'avais eu le grand plaisir de le visiter ainsi que son adorable epouse a Kenitra il y a 4 ans. Il est malheureusement decede trop jeune il y a un an et demi. Ne a Ifrane en 1951. Ecole primaire a Ifrane et ensuite le Lycee Tarik Ibn Zyriad d' Azrou, le college Abou Lkassim Az-Zayani de Khenifra et le Lycee Moulay Ismail de Meknes. Il fut admis a l'Ecole des Sciences de l'Information (ESI) pour en sortir parmi les laureats de la premiere promotion des informatistes en Juin 1977. Affecte au depart a la Bibliotheque Generale et Archives de Rabat, il fut mute aux Archives des Monuments Historiques de la Capitale. Il y passera quelques annees avant de reussir son concours d'entree au Cycle Superieur de l'Ecole des Sciences de l'Information en 1981. Il occupa plusieurs postes de responsabilites au Ministere des Affaires Culturelles (Ifrane, Beni-Mellal/Azilal/Benslimane), et plutard en Juin 2000 la Direction Generale des Impots. Il est aussi l'auteur d'articles axes surtout sur l'archivistique et sur le patrimoine bati.


Azrou-Ifrane :
L’agonie du cèdre dit Gouraud
Par
Mohammed EL AOUENE

Publié dans Al Bayane du 28 novembre 2002

La force du lien familial est tellement ancrée dans la culture marocaine que le retour au village natal, au moins une fois par an, est plus qu’impératif. La visite aux parents, proches ou lointains, est une nécessité. N’est-ce pas François BONJEAN qui, il y a plus de quarante ans, écrivait que « le peuple marocain est l’un des peuples les plus polis du monde » et à travers ce noble sentiment qu’est la politesse surgit celui du maintien et du respect de lien familial et auquel nous sommes fiers de ne pas y échapper.Le retour au pays est en général caractérisé par des points d’encrage hérités surtout de l’enfance. Alors que Les anciens d’Ifrane se vanteront de la sculpture du lion de l’Atlas, de la cascade des vierges, de la source Vittel, etc.… ceux d’Azrou vous feront l’éloge du grand lycée Tarik ibn Ziyad et de son histoire, de la pisciculture, du centre artisanal, etc. …. Personnifiés, ces lieux sont considérés, par les Azrouis et les Ifraniens, comme des êtres qui leurs sont chers. Mais le facteur commun à ces deux petites communautés demeure, sans équivoque, la futaie de cèdres qui les surplombe.

Supplice

Aujourd’hui, cette forêt est, malheureusement, exposée à une menace, quasi totale, des « mafias de bois » avides d’argent et un surpâturage abusif d’un élevage extensif sans pour autant oublier l’immonde chenille processionnaire qui n’épargne rien au passage. Le magot pour sa part apporte sa portion de gangrène et participe activement au dépérissement de cette forêt en décortiquant toutes les pousses terminales des jeunes cèdres. Les sangliers en sur nombre, laboureurs acharnés, à la recherche de tendres racines et de vers mous, contribuent à la dégradation de cette forêt.

Repères historiques

Espace longtemps tenu comme vierge, la cédraie du Moyen Atlas fut subitement violé au début du siècle dernier par le passage des troupes de Lyautey probablement des légionnaires dirigés par le général Gouraud, colonel à l’époque. Ce passage sera immortalisé par un nom de baptême en l’occurrence celui de Gouraud qui le hasard a voulu que celui-ci soit estropié d’un bras. Pas surprenant donc de constater que le choix de ses parrains avait été porté sur ce cèdre. En effet ce dernier a un long bras accolé au tronc ce qui lui donne cette impression de manchot. Il y a aussi lieu de signaler, parallèlement que non loin, à l’orée de cette même forêt, le plateau de Timahdite (Province d’Ifrane) fut le théâtre d’une forte résistance à l’occupant ce qui a amené l’armée coloniale à ériger une stèle commémorant ses soldats morts au champ des batailles. C’est ainsi qu'il est inscrit sur la face nord de cette stèle: « Français qui passez ayez une pensée pieuse à l’adresse des héros tombés sous notre drapeau pour la grandeur du pays ». De même que l’on peut lire sur la face sud : « En souvenir des durs combats livrés par les troupes françaises de mai 1917 à septembre 1921 »

Localisation

En marge du temps, ce cèdre se voulait perpétuel au milieu des siens qu’ils se terminent tantôt en pyramide, signe de jeunesse tantôt par de longues branches aplaties au sommet, signe de vieillesse. Situé, non loin et entre les villes d’Azrou et d’Ifrane, les deux « sœurs ennemies » dans l’émulation, le cèdre Gouraud a, des siècles durant, résisté à la violence qui l’a et l’entoure toujours d’ailleurs. Il a lutté contre les déprédations de l’homme, les dégâts perpétrés par les singes ; Il a aussi bravé la colère du vent, supporté la fureur des pluies torrentielles, endurer le poids de la neige, esquivé « les tirs » de la foudre et enfin échappé aux ravages causés par les incendies. Supplicié, il l’a été, mais cela ne l’a pas empêché à régner en maître sur sa contrée. C’est, peut être sa stature, presque dix mètres de circonférence, qui l’a aidé à tenir tête au temps et aux intempéries.

Point de vue

Ma dernière visite à ce « monument végétal » remonte au mois d’août de cette année. Je m’étais brusquement trouvé devant ce colosse déjà marqué par l’âge. Combien de touristes ont-ils eu la poitrine contractée, combien de simples visiteurs ont-ils eu la gorge serrée en découvrant l’état d’étiolement avancé de l’imposante carrure du vieux conifère ? Que dire de l’angoisse de l’enfant du pays ? Le doyen des cèdres du Moyen Atlas est aujourd’hui en train de succomber à la vieillesse. Ses feuilles, pourtant persistantes, desséchées et prématurément flétries commencent à tomber, une à une. Ses branches qui, naguère, longues et fournies, recevaient les visiteurs comme des bras ouverts se dénudent progressivement. Certaines sont déjà complètement dépouillées de leurs feuilles.

Largement «carte-postalisé » certes, mais pas suffisamment protégé, le cèdre Gouraud subit encore le sacrilège des photographes, de cette plaque métallique que quelque inconscient lui a clouée au tronc, de cette échelle de location pour atteindre le bras du géant, de ces kiosques ne respectant même pas « l’ordonnancement architectural » du milieu, etc.…

Protection

Afin de permettre à ce vieux cèdre moribond une retraite, un repos bien mérité, une sorte de zone non aedificandi est devenue pour ce patrimoine national une nécessité voire une obligation. Un simple coup d’œil sur les alentours suffirait à l’éventuel curieux pour être fixé sur le sort qui attend ses cadets. Beaucoup ont déjà été la cible des « chercheurs de miel » qui, semble t-il, tout en fumigeant les abeilles à l’aide de la bouse de vache mettent ainsi en flammes la base du tronc du cèdre. Une mort inéluctable attend donc tout arbre sujet à cette méthode apicole peu enviable. Et bien sûr les petits braconniers attendent à la lisière pour en profiter au maximum avant l’arrivée des mafiosi de bois.

Puissions-nous, par cette modeste contribution, avoir rendu un vibrant hommage à ce témoin de plusieurs siècles d’histoire du Moyen Atlas ! Le cèdre dit Gouraud restera jusqu’à la fin de ses jours chargé de mystères que seules des recherches approfondies peuvent dissiper.

Publié dans Al Bayane du 28 novembre 2002
Par
Mohammed EL AOUENE
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