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JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.

Envoyé par royrol 
JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
14 septembre 2012, 12:44
JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60 COMME JE L'AI CONNU.

Un ami d'enfance de Rabat me dit lorsque je voulais raconter le Mellah:
Le Mellah, tu t'imagines la honte de nous ramener à ce temps-là.
Oui nous avons eu un moment de honte de notre passé que représentait le Mellah, devenu dans le langage synonyme de misère, de saleté et d'arrièration.
Maintenant que toute la population juive l'a quitté définitivement dans les années 60, il se pare de couleurs de nostalgie et d'affection.
Le temps du Mellah ne sonne plus comme une insulte, mais au contraire comme une invitation à un monde disparu et déja regretté.
Tout petit à partir des années 58 à 66, j'ai parcouru de long en large ce mellah mystérieux que seules les personnes ayant habité se souviennent.

Nous habitions, ma famille et moi à l'impasse Henri Popp qui démare de la porte du Mellah jusque vers la Tour Hassan.

A chaque occasion j'y allais seul ou avec ma mère lorsqu'elle faisait son marché deux fois par semaine.

Elle connaissait tous les coins et recoins et m'indiquait à chaque fois les endroits fréquentables ou pas.

C'est son arrière grand père qui avait créé le lieu de prières, la synagogue Rabi Chalom Zaoui.

Oui il y avait ici au Mellah des endroits louches et il valait mieux ne pas s'y introduire.

La nuit était réservée aux clients de maisons closes tenues par des tenancières juives et trés âgées dont les filles étaient toutes musulmanes et voilées.

A part ça, des miaulements incessant de matouts à la recherche de souris qui déambulent dans tous les coins des ruelles.

Encore faut-il ajouter les clochards et mendiants.

Les clochards et sans abris qui boivent toutes la nuit à déranger les pauvres gens qui ne demandent que du repos.

Les mendiants à tous coins de rue qui vous importunent le jour.



D'ailleurs j'ai retrouvé une photo de l'un d'eux qui avait la maladie de Parkinson c'est Hébotopa. Il y avait aussi des femmes mendiantes comme Soulika Itro qui avait toujours une bouteille de vin a la main, elle était toujours assise devant les immeubles entre le Mellah et la rue de Lyon. Un autre alcoolique qui s'appelait Hez Bounafeh qui se promenait avec une bouteille de lait, mais rempli de vin rouge.

Le jour, c'était le chant des écoliers des instituts religieux qui se dégageaient des fenêtres.

Ensuite les fidèles religieux qui chantaient par coeur de leurs hautes voix ces magnifiques pyoutimes.

S'entremêlait le bruit infernal des vendeurs de fruits et légumes,

Les marchands de chiffons, le vitrier, l'aiguiseur de couteaux, ...

Mais le Mellah ne se limite pas à ces attractions. Une vie trépidante l'anime. Il y a les commerces d'épices, les commerces de meubles, les artisans en tous genres. Les confectionneurs de voilages, coussins et tentures. Les droguistes pour acheter de tout et de rien. Marchands de poissons, condiments, fleurs, légumes, commandez un poulet, tué et plumé devant vous.

Mais l'âme populaire de tout ce quartier vous la trouvez partout en prenant les petites ruelles, un vrai souk. De volumineux cônes d'épices en poudre s'alignent en une succession de couleurs et de senteurs, le cumin, le safran, le ras el hanout, le coriandre,...

Prenez la rue des tisserands, ce vieil homme qui tisse dans sa minuscule boutique sur son métier en bois des couvertures, là aussi des menuisiers, des fabriquants de cages à oiseaux, et même sur le trottoir un petit vendeur de boites de khol.

Et la plus grande majorité des synagogues de Rabat étaient localisées au mellah.

Ribbi Chalom Zaoui
Slat Berduguo
Ribbi Raphael Attias
Ribbi Eliezer Davila (Simon Benzaquen)
Ribbi Issakhar Ruimy
Ribbi Cotiel Berduguo
Slat Fassiins
Ribbi Haim Davila
Slat Ifrah
Slat Moche Shoufir
Slat Eliahou Cohen
Slat Chdida( ribbi Abraham Ohayon )
Slat David Zerad
Slat mosse Berduguo
Slat Ribbi Rahamim Mizrahi

INCROYABLE LE NOMBRE DE SYNAGOGUES dans un périmètre restreint.



Souvent le dimanche matin , ma mère m’envoyait chercher les beignets (sfinjs) au fond du mellah de Rabat.
Je contemplais cet homme accroupi devant sa bassine d’huile bouillante,
je lui commandais une douzaine qu’il attachait avec un ruban vert de feuille
de palmier.
Il m’en offrait toujours un de plus que je savourais sur le chemin du retour.
A la maison quel régal , on trempait ces beignets sur une petite assiette
de sucre en poudre ou avec du beurre jaune en motte et du miel liquide.
Ceci bien entendu avec un bon verre de thé à la menthe .

Le Mellah, au bout de la rue Henri Popp , se regroupaient à une époque ,tous les juifs de Rabat .

J’y allais surtout pour vendre des livres de classe à la fin de l’année scolaire pour me faire de l’argent de poche.


Les rues regroupaient de marchands et artisans: la rue de marchands d’épices.
Il y avait la rue des bijoutiers ,celle des brodeurs ,des bouquinistes…
Le Mellah avait son crieur public ,il sillonnait les rues pour crier un message.
Il annonçait à la population une festivité ou encore un évènement chez telle ou telle famille.
Les juifs marocains ont construit des quartiers entiers dans les Mellahs.
Ils ont baptisés leurs rues à leur façon en donnant leur propre nom de famille.
Le quartier juif du Mellah de Rabat est de création récente, puisque ce n’est qu’en 1808, sous le règne du sultan Moulay Slimane que les juifs furent contraints d’habiter ce quartier qui leur était réservé, au dessus des falaises donnant sur le fleuve Bou Regreg.



une rue dans le Mellah.

roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
14 septembre 2012, 12:49
Je suis de retour en 2009 pour sentir mes souvenirs passés.



JE PASSE PAR CETTE PORTE ET JE REDECOUVRE.....

des émotions et de beauté ici avec des senteurs...

A l'époque de mon enfance, de chaque maison s'échappait l'odeur du pain chaud,

la menthe, la coriandre, le parfum des orangers en fleurs,

le miel, les effuves d'eucalyptus et de cèdres,

le jasmin et partout l'odeur de l'encens qui nous enveloppait.

Aujourd'hui en prolongeant la rue des Consuls par la rue Oukassa, vous vous trouvez dans cet ancien quartier juif du Mellah, à la pointe de la médina, où vivaient autrefois plusieurs milliers de juifs.

Ils ont désormais pratiquement tous quittés ce quartier et la plupart sont partis vers les Etats Unis, le Canada, la France ou Israel, aprés la fondation de l'état hébreu vers les années 50.

Dans le Mellah il y a encore des noms de rues anciennes.









NON, nous ne vivrons plus jamais au Mellah de Rabat.

roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
20 septembre 2012, 12:16
alors la tu ma epate de lire tout ce qui et vrais sur le melah j,ai habiter rue de valance aux desus de papeterie tout les dimanche je faisais mon tour pour acheter de chfige des beigners une inovation de voir faire les beigners je me proposer toujour acheter et retrer aux melah tres souvent nous faisions un racourcie pour arriver a la plage enfin nous avion des voisins parmie eux la fammille ohayon nous etions comme une seule fammille la grand mere ete proprietaire d,un hamam aux melah et une fois par semaine elle nous donner la piece cela nous empecher pas de jeter un regard vers les femmes nue enfin c,est le melah de mon enfance henry
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
22 septembre 2012, 14:59


MON ENFANCE DANS LES RUELLES DU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 57-61.

Le Mellah, au bout de la rue Henri Popp où j'habitais de 1949 à 1962, se regroupaient à une époque ,tous les juifs de Rabat .

J’y allais surtout pour vendre des livres de classe à la fin de l’année scolaire pour me faire de l’argent de poche. C'était vers les années 60.

Aujourd'hui le Mellah est une sorte d'enclave ayant son propre cachet en comparaison avec les autres quartiers en raison de son ambiance animée par des commerçants, des marchands ambulants et autres activités qui sont disséminés dans ses ruelles qui grouillent de chalands.

Cette grande muraille qui date des Almohades avec ses meurtrières, ses créneaux et ses chemins de ronde ceinturant tout le Mellah.

Ce trés long mur comportait des ouvertures et ogives plus ou moins larges qui était les portes du Mellah.

Toutes les ouvertures avaient sa porte en bois, entièrement cloutée avec d'énormes gonds tout rouillés et un géant loquet.

Tout ce monde circulait, les commerçants, les ménagères, les écoliers.

Il y avait beaucoup de handicapés mentaux et physiques, des idiots, des débiles, des vagabonds, des ivrognes, des clochards, des sans abris, qui se balladaient en toute liberté et que l'on ne voyait pas particulièrement.

Tous ces personnages faisaient partie intégrante de la vie dans le Mellah. Attendrissant ces personnages? Ils étaient libres, heureux, acceptés par quelques personnes, ignorés par d'autres.

Etaient-ils différents? On ne se posait pas cette question à cette époque.



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
22 septembre 2012, 15:04
C’ÉTAIT MON QUARTIER MON COIN DE RUE DES ANNÉES 50/60.



Depuis la porte du Mellah voici en face rue Henri Popp, renommée depuis 1970 rue Moulay Ismaïl.

Nous habitions l'impasse du même nom.

Rue de Marseille à gauche, rue Henri Popp tout droit et rue de Bordeaux à droite.Derrière c'est l'entrée du Mellah.

Les 5 parties du monde, le café restaurant, immeuble de gauche sur la photo.
Le samedi soir, en face, on allait diner au chouaye de Mr Meyer, restaurant où on y servait des grillades de boulettes, saucisses de foie et râtes farcies.
On pouvait sentir l’odeur jusqu’au cinéma Vox là haut à 1km.

roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
22 septembre 2012, 15:10
QUE DEVIENDRA LE MELLAH DE RABAT.



Il n’est pas exclu que demain le Mellah de Rabat disparaisse dans un éboulement de la falaise qui le supporte !



La falaise tout le long.

roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
22 septembre 2012, 15:26
MON VOYAGE AU MELLAH EN 2009.




Je n'ai pas habité le Mellah mais la rue Henri Popp en face de la petite porte.

Voici des photos du Mellah ramenées de mon voyage 2009:
au bout Salé et le bou regreg



C'est devenu les antiquités et brocantes,j'ai trouvé des vieilles théières à 2 dhirams.

Vieille façade donnant sur le bou regreg et Salé .


Au fond à gauche une sortie vers les remparts des oudaïas .


l'entrée du mellah



une autre entrée du mellah














roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
23 septembre 2012, 15:29
PHOTO DE MON ARRIERE GRAND MERE LETTITIA ZAOUI AYANT HABITE LE MELLAH DE RABAT.
SON PERE ETAIT RBI CHALOM ZAOUI QUI A FONDE LA SYNAGOGUE DU MEME NOM EN 1915.
ELLE ETAIT MARIE A RAPHAEL RIBOH MON ARRIERE GRAND PERE MATERNEL.



LES VOICI:



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
24 septembre 2012, 14:01
Qui connaissait ce prof d'hébreu qui enseignait à l'école Talmud Torah BENCHETRIT MOÏSE.
3 Rue Henri Popp à Rabat dans les années 60.A deux pas de la porte du Mellah.
C'est lui qui m'a appris l'hébreu.






Contenu du livre d'hébreu:



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
14 octobre 2012, 07:57
Mon ami SAMY BENGIO ma demandé de diffuser ces photos de l'ancienne école israélite AIU située à l'entrée du Mellah de Rabat.

VOICI CE QU'EST DEVENUE HELAS L'ECOLE AIU DE FILLES AUJOURD'HUI EN 2012:

Je n'arrive pas à croire que la porte d'entrée de cette école autrefois prestigieuse, soit réservée aux mendiants, handicapés, sans abri et vendeurs ambulants.

A vous de juger.



Une autre porte d'entrée de l'école.



Tout ce dégrade comme le montre cette photo .

Aujourd'hui c'est une école musulmane.




Elle était située juste en face de la Librairie Elie Lousqui au 101 Rue Oukassa , à l'entrée du Mellah de Rabat.



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
18 octobre 2012, 18:24
C’ÉTAIENT LES BIJOUTIERS JUIFS DU MELLAH DE RABAT.


Un plateau d'argent et d'or pour offrir au Roi Mohamed V à l'occasion de son anniversaire vers les années 50.

Réalisé par les bijoutiers juifs du Mellah de Rabat.Dont les Azuèlos.



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
01 novembre 2012, 15:13
MA BAR MITZVAH AU MELLAH DE RABAT EN 1962.





Voici l'entrée de la synagogue du Mellah nommée Rabi Chalom Zaoui.
Photo prise en 1962 dans le temple avec le Rabin David Gabaï.



Ma communion entourée de la famille à Rabat en 1962.

RABI CHALOM ZAOUI

Sa fille : LEDITIA ZAOUI

Mariée à : RAPHAEL RIBOH mon arrière grand père maternel. Photo de 1918.




J'avais revêtu ma Kipa, mes Téfilines et mon Talit.



Les enfants atteignant la majorité religieuse à 13 ans pour les garçons et à 12 ans pour les filles. Cette majorité est célébrée par la bar-mitzva (fils de la loi) ou bat-mitzva (fille de la loi). Elle est un témoignage public de l'adhésion à la Torah et du désir sincère de suivre les commandements de Dieu.



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
01 novembre 2012, 15:17
Récit de ma bar mizvah à Rabat en 1962:

L’homme le plus beau et le mieux fait est celui qui reconnait et accepte
l’existence de son âme qui transcende ses sens.
Mon rabbin qui me communiait habitait au Mellah où il officiait
à la synagogue Chalom Zaoui et faisait du commerce de légumes
et poulets à bicyclette.
C’était un petit Rabbin, mais à mes yeux un grand personnage.
Pour la préparation de ma bar mizvah ,ma mère a fait venir un jeune professeur d’hébreu afin que j’apprenne à lire et écrire.
L’inconvénient est que ce prof ne parlait pas beaucoup.
Il était très timide.
Il n’était pas bon prof non plus et quand je lui demandais des
explications il ne me répondait jamais.
Au bout de 3 mois ,à chaque fois qu’il frappait à la porte ,
je me sauvais ou me cachais sous mon lit.je ne voulais plus apprendre
et ma mère venait me sortir de là à coup de balai.
Elle n‘avait pas de patience. Pourquoi je paie? Elle disait.
Alors elle décida que ce soit le rabbin David Gabaï qui continue les cours
d’hébreu. Ouf ,j’étais soulagé ,mais il fallait que j’aille au fond du mellah
à sa synagogue.
Eh bien, j’ai quand même fait ma bar mizva et suis devenu un homme.
A ma communion, nous avons fait une grande fête.
La cérémonie religieuse s’était déroulée à la synagogue Chalom Zaoui au fond du Mellah de Rabat.
Nous avons traversé toute la rue Henri Popp avec la famille et les amis de tout le Maroc.
Ce défilé était merveilleux, j’étais au milieu , à droite se tenait ma petite sœur Michèle ,à gauche ,son amie Esther Attias.
Elles tenaient les bougeoirs. Rosine et Charles m'entouraient.
Et tout le monde avançait au pas ralenti aux yeux des passants et
automobilistes qui admiraient.

A l’intérieur du temple, à mes coté le rabbin David Gabaï .Je pouvais
commencer mon discours. Le soir ,la fête pouvait commencer,
on a installé les invités qui venaient au fur et à mesure.
L’appartement était trop petit pour le nombre de personnes.
A l’époque pour les boissons fraîches ,on remplissait la baignoire de blocs
de pain de glace qu’on commandait au marchand le matin.
Puis on déposait toutes les bouteilles pour rafraîchir. Il y avait des
grandes bouteilles de coca cola ,oulmés ,limonades….
à par ça , il y avait aussi des boissons alcoolisées ,surtout du whisky
et de la mahia de Figues.

Il y régnait une belle ambiance et les adultes discutaient et racontaient
car beaucoup ne s’étaient pas vu depuis longtemps.
C’était les retrouvailles pour quelques uns.

La soirée battait son plein avec apéritifs ,hors d’œuvres et assiettes
anglaises, des petits fours ont été fabriqués depuis 3 ou 4 jours avant ,
par des cousines, des plateaux entiers de pâtisseries :cigares au miel ,
montecaos ,macarons de dattes et de noix ,chébakia au miel ,
cornes de gazelles ,nougatines aux grains de sésame, galettes ,massepains ,fazouélos, loukoum….

Au dessert une belle pièce montée nous attendait, ça s’est terminé vers
deux heures. Il fallait trouver de la place pour coucher là la famille
qui venait de très loin.
Ma mère avait tout prévu , plusieurs matelas à terre
empreintés aux voisins.
Le lendemain ,comme de coutume ,je devais emmener et offrir à tous les
copains de mon âge voir un film au cinéma ,j’avais choisi Le Royal ,
pour y aller ,il fallait traverser le jardin du Triangle de Vues .
On y tournait un western ce jour là.
La journée se termina et maintenant j’étais un homme pour tout le restant de ma vie.



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
01 novembre 2012, 15:23
Voici aujourd'hui les remparts de Rabat entourant le Mellah et la Médina.Un tramway passe par ici.

Rabat , le boulevard Joffre et les murailles andalouses qui s'étendent jusqu'au mellah.



Voici les ruelles du Mellah d'autrefois:



LA VIE DERRIÈRE CETTE PETITE PORTE D’ENTRÉE DU MELLAH DE RABAT.


A l'époque le Mellah était riche en potentiel humain.

A l’intérieur du Mellah de Rabat, il y a beaucoup de petites ruelles et beaucoup d'impasses. Dans ces endroits habitaient des milliers de population juive, beaucoup de familles juives.


La rue principale abritait tous les petits fonds de commerce, les boutiques d'artisans, des magasins de légumes, des échoppes d'épices,des pâtisseries juives traditionnelles, des marchands de sfinjs, des magasins de vêtements, des réparateurs de fourneaux, la librairie d'Elie Louski notre vendeur officiel de livres de prières et fournitures scolaires, des magasins de tissus, même des fabricants clandestins de mahia...et toutes les synagogues se situaient aussi dans ces impasses...


Tout cet amalgame de petites bâtisses et durant les fêtes de Souccotes, de ces innombrables cabanes de roseaux des rives du Bou Regreg qui étaient quasiment attachées au mur intérieur des remparts et qui jonchaient les toits des maisons limitrophes du Mellah, tous ces endroits étaient et tout le monde s'en souvient comme si c'était hier , toujours remplis de monde, de populations juives de notre ville, nos amis , nos familles... c’était un petit peuple qui vivait en communauté avec tous les aléas et plaisirs de la vie de cette époque.


Il y avait aussi des médecins israélites bénévoles qui s'occupaient par exemple de soigner les pauvres juifs et musulmanes et qui ne pouvaient se permettre les frais médicaux , parmi eux se trouvaient deux très grandes personnalités de notre communauté juive des années 50 et 60, le docteur Médioni et le docteur Sabbah.

roland benzaken
eva
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
02 novembre 2012, 09:28
Bonjour Roland,

Ton récit résume à lui seul la nostalgie que l'on peut éprouver en visitant le Mellah de Rabat...
Dernierement, on m'a dit que toutes les maisons et tout le quartier du Mellah devaient être rénovés ??? A vérifier...

Dans tous les cas le Mellah à lui seul nous renvoi vers une époque où Rabat, toute entière, se limitait uniquement à ses remparts. Le Mellah représentait, en superficie, une grande partie de cette ville.

As-tu d'autres vieilles photos du Mellah de Rabat ? Où est ce que l'ancienne boutique Azuelos se situait au Mellah ?

Bien à toi.

Eva La Rbatiya.
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
03 novembre 2012, 21:15
Un jour, j'ai reçu ce diplôme d'une personnalité de Rabat.
Bon c'est la médina, mais ça fait partie du Mellah de Rabat.



roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
03 novembre 2012, 21:25
La boutique Azuelos, (mes cousins) se trouve à Rabat sur l'av Mohamed V mais elle existe toujours mais fermée pour cause de retraite.Joseph Azuelos dont le père et son frère avaient ouvert une boutique et un atelier au Mellah de Rabat dans les années 40.

.

A cette époque, il y avait environ 6000 juifs de Rabat, très influents dans le commerce et l’administration du port.
Les exodes des juifs de Rabat furent nombreuses au cours des siècles.
Actuellement, pratiquement plus aucun juif n’habite le Mellah de Rabat.


C'ETAIENT LES BIJOUTIERS JUIFS DU MELLAH DE RABAT.
Un plateau d'argent et d'or pour offrir au Roi Mohamed V à l'occasion de son anniversaire vers les années 50.

Réalisé par les bijoutiers juifs du Mellah de Rabat.

C'est au Mellah le cœur de la ville ancienne qu'Isaac Azuelos ouvrit sa première échoppe, rue Souiqa, la rue du "petit Souk", le quartier juif de l'époque.

Le pays est alors sous protectorat français et les commerçants marocains n'ont pas le droit de s'établir hors des remparts de la médina.

Un interdit que s'empressera de braver Joseph Azuelos, l'un des fils d'Isaac, dès la proclamation de l'indépendance du Maroc, en 1956.





roland benzaken
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
04 novembre 2012, 10:17
Tu as effacé quelque chose qui était écrit dans la légende sur la carte postale juste devant "...La Grande Rue du Mellah";c'est quoi?
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
04 novembre 2012, 10:54
il s´ agit du mellah de Fez. Rolland a dû faire une erreur.

"A"
Re: JE VOUS RACONTE TOUTE LA VIE AU MELLAH DE RABAT DES ANNEES 60.
04 novembre 2012, 10:58
ça ne serait pas le Mellah de Fes, par hasard, sur la photo?
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