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JE VIEILLIS...

JE VIEILLIS...

J’aurai 59 ans le 5 novembre, OMG… Je suis dans ma soixantième année. Voilà, j’ai fait mon coming out, oui, oui, ça prend vraiment de l’audace pour dévoiler son âge. On parle d’homophobie, de racisme, mais rarement d’âgisme. Pourtant, cela existe. Et croyez-le ou non, ce sont les femmes elles-mêmes qui sont les premières à juger.

Bon, soyons réaliste, je vieillis parce que j’ai 59 ans, je vieillis parce que ma peau flétrit, je vieillis parce que, lorsque je me regarde et que je vois mon visage qui s’affaisse un peu, j’ai comme au bas du visage de la peau qui tombe et me fait ressembler à un petit écureuil qui fait ses réserves. Je vieillis, parce que certaines personnes me disent que je ne fais pas mon âge, vous dire comment ça me fait… J’ai l’impression d’être une vieille boîte de conserve pas encore périmée. Je vieillis parce qu’à l’épicerie, lorsqu’il y a un rabais pour les 55 ans et plus, on me le donne sans me carter. D’accord, j’ai compris.

Dans la dernière année, la vie m’a mise à l’épreuve. J’ai donc eu l’occasion de faire des constats. Les gens, même vieux, sont toujours aussi agités et habités par la frénésie du travail au point d’en perdre l’essentiel. Je vieillis parce que ce genre de constat me fait voir que j’ai, moi aussi, été habitée par cela. La vie m’a fait des signes mais je ne les écoutais pas. Heureusement, je vieillis et j’y vois plus clair.

Enfin, aucun doute, je vieillis, parce que j’ai trois belles grandes filles devenues femmes, parce que je suis grand-mère trois fois et que j’adore ces petits, parce que j’ai un conjoint qui est présent et aimant.

Oui, je vieillis et je réalise qu’il faut que je prenne soin de moi, mais vous savez quoi ? Si c’est ça vieillir, moi ça me va. Alors voilà, j’ai 59 ans, puis après. Je suis bien, je vais mieux, je n’ai pas envie de compter mes pas chaque jour, de me faire rembourrer le visage. Franchement, je suis une femme de 59 ans, pas jeune, pas vieille, je suis en vie avec ce que j’ai et ce que je n’ai plus.

En regardant à l’extérieur, je me dis que je suis sans doute à l’automne de ma vie, c’est beau l’automne, comme chaque saison. Mais celle-ci est remplie de couleurs et de beauté comme ma vie. Bien sûr les feuilles tomberont, il y a un parallèle à faire avec le vieillissement, mais c’est ainsi.

Alors, je vieillis, c’est quand même un privilège que tous n’ont pas.

Christine FAUTEUX

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