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Le poisson dans la tradition juive

Le poisson dans la tradition juive (Rabbin Avraham Stone)...LE POISSON DU CHABBAT

Quel est le sens de ce hors-d'œuvre de poisson du Chabbat ? Il y a à cela plusieurs réponses, parfois très profondes. Le livre Taamé-Haminhaguim en donne plusieurs :
(référence 305) Lors de la Création du monde, D.ieu donna Sa bénédiction pour trois choses, trois jours de suite :
une fois pour la création du poisson, le cinquième jour, une fois pour Adam et Eve, croissez et multipliez, le sixième jour, et une fois pour le Chabbat le septième jour.
Le lien entre ces trois choses ("une natte tressée de trois fils n'est pas facilement coupée " dit Kohelet 4. 12) est que celui qui mange du poisson le Chabbat, en l'honneur du Chabbat, sera béni d'une triple bénédiction (voir le livre Bné lssakhar).
(référence 306) Une autre raison : la forme même du poisson est pour nous un enseignement qui nourrit notre foi en D.ieu. Le poisson n'a pas de paupières et ses yeux sont donc toujours ouverts Ceci nous rappelle que "l'œil de D.ieu est ouvert pour ceux qui le craignent" (Tehilim 33 : 18):D.ieu toujours nous regarde et nous protège dans Sa grande bonté. Car "le Gardien d'Israël ne dort pas et ne s'assoupit pas" (lbid. 121 . 4).
Certaines autorités rabbiniques trouvent l'origine de cette coutume de manger du poisson à Chabbat dans le livre de Néhémie (13 :16): "Les gens de Tyr apportèrent du poisson...et le vendirent dans les villes de Yehouda à Jérusalem".
Encore quelques points de réflexion sur cette coutume, dans le Séfer Matanim :

1) le poisson ne survit que dans l'eau. De même les Juifs ne peuvent vivre que par la Torah qui est appelée " eau " (Baba Kama 17 a). Et Chabbat un Juif a encore plus de temps et d'énergie à consacrer à l'étude de la Torah.
2) le mot poisson en hébreu, " Dag ", a une valeur numérique de 7, ce qui correspond aux sept jours de la semaine dont l'apothéose est le Chabbat, le septième jour.
3) le poisson nous rappelle le festin du poisson Léviathan que D.ieu prépare pour les Justes dans le monde futur (Baba Batra 75 a). Et le Chabbat nous fait désirer le jour qui sera entièrement Chabbat, c'est-à-dire les jours futurs (mais très proches) de l'ère messianique ( Roch Hachana 31a).
4) le mot " Dag " est formé de deux lettres qui représentent nos racines ancestrales. Le Dalet (qui vaut 4) rappelle les quatre Matriarches, Sarah, Rivkah, Rachel et Léah. Et le Guimel (qui vaut 3) rappelle les trois Patriarches (Avraham, Its'hak et Yaacov) (Brakhot 16b).
5) le mot " Dag " se lit à l'envers " Gad ", ce qui est une allusion à la manne qui nourrit nos ancêtres dans le désert pendant 40 ans et qui était aussi appelée "Gad" (Chémot 16'31). Ceci nous rappelle donc le miracle de cette nourriture qui descendait chaque jour du ciel, sauf le Chabbat. Car le vendredi, chaque Juif trouvait une double portion de manne, une pour vendredi, une pour Chabbat.
6) le mot poisson au pluriel est " Daguime ". dont la valeur numérique est de 57, ce qui correspond aux bénédictions quotidiennes de la Amidah, que nous ne disons pas le Chabbat. Les jours de la semaine, la Amidah contient 19 bénédictions, que l'on récite trois fois chaque jour d'où le chiffre 57 La Amidah de Chabbat est toute différente et bien plus courte que dans la semaine. En mangeant du poisson Chabbat, nous rappelons l'omission de ces 57 bénédictions.
7) 57, c'est aussi la valeur du mot " Zane " qui signifie " qui donne à manger ". Car la nourriture de toute la semaine se décide le Chabbat. C'est aussi la raison pour laquelle nous récitons Chabbat le Psaume 23 : " D.ieu est mon berger je ne manque de rien ", qui contient 57 mots.

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