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Notre Dame : l’édito de Stéphane Juffa

Notre Dame : l’édito de Stéphane Juffa (info # 011704/19) [Analyse]

Par Stéphane Juffa © Metula News Agency

 

Il est vrai qu'il existe une contradiction évidente entre le fait de déclarer qu'on ne possède aucune information concernant les circonstances de départ du feu et celui de se hâter de décréter qu'il est accidentel.

 

Les deux affirmations sont non seulement antithétiques, elles indiquent également que les pouvoirs publics pourraient vouloir orienter le déroulement de l'enquête.

 

Ces derniers mois, de nombreux édifices du culte catholique en France ont subi des dégradations intentionnelles, souvent revendiquées par des adeptes d'une autre croyance.

 

J'affine cette observation en exprimant que, dans le doute des circonstances du départ du feu, un acte criminel antichrétien ne constituerait pas une surprise parmi la succession d'actes de ce genre qui sont observés en France ces derniers mois.

 

Ceci posé, ma remarque est destinée à stigmatiser le manque de responsabilité des autorités, prises à émettre une appréciation péremptoire au sujet d'un événement dont elles affirment concomitamment tout ignorer.

 

Elles avaient l’obligation de se taire et de laisser les instances compétentes diligenter l'enquête avec tous les moyens nécessaires et sans présager en aucune façon de ce qu'elles découvriraient.

 

Ayant clairement dénoncé cette imprudence, il n'est absolument pas dans mon intention d'entretenir le doute ou de diriger à mon tour les soupçons contre une communauté religieuse quelle qu'elle soit, et particulièrement les musulmans de France.

 

Lorsque l'on ne sait rien, tout le monde est présumé innocent et l'ensemble de la population constitue le réservoir des coupables en puissance.

 

J’ajoute qu’en droit, contrairement à la pratique policière, le fait qu’un individu ait un passé criminel n’implique en rien qu’il soit coupable ou même susceptible de l’être dans une autre affaire.

 

C'est l'ordre de ces choses qui doit prédominer dans l'Etat de droit pour qu'il reste l’Etat de droit.

 

Le fait que de nombreux musulmans aient manifesté sur les réseaux sociaux leur joie à voir la cathédrale se consumer ne change rien à ces constantes fondamentales. L’exhibition publique d’un comportement haineux fait des exhibitionnistes des imbéciles non des pyromanes.

 

Diriger les soupçons vers une communauté plutôt qu'une autre, éliminer l'hypothèse d'une action isolée ou individuelle serait tout aussi erroné que décréter conclusivement le caractère accidentel de l'incendie alors que Notre Dame brûlait encore. Et même davantage. 

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