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Souvenirs de bonnes qui travaillaient chez nous

Envoyé par jbarros 
Souvenirs de bonnes qui travaillaient chez nous
15 mai 2005, 13:36
a la memoire de zahra la bonne .
une musulmane qui avait ete une seconde mere pendant 20 ans chez nous .
une femme liee a une histoire fabuleuse si ca vous interesse
ecrivez
si vous voulez raconter la votre c'est ici !
jacob barros



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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
15 mai 2005, 14:21
Excellente initiative
A la memoire de Zineb ma "dada" et seconde mere qui s'est devouee pour notre famille et qui a ete la garante de nos coutumes culinaires juives marocaine.
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
28 mai 2005, 20:11
A la mémoire de Fatima
Que j'essaie de voir dès que je vais à CaSablanca
qui est un membre de notre famille à part entière
que nous avons aidé pour que ses enfants aient une éducation et aillent à l'école le plus longtemps possible
cela a eu ses résultats, elle la berbère analphabète dont le visage était tatouée des tatouages des femmes berbères du sud
peut être fière d'avoir deux filles prof de math, un fils ingénieur, une fille couturière, un fils cuisinier
cela est sa plus grande richesse
et grâce à cette petite famille
elle qui pensait un jour se retrouver au fin fond de sa campagne
elle, la berbère analphabète, est propriétaire d'un appartement en dehors de casablanca
Fatima
Je t'aime




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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
11 juin 2005, 10:10
Cher Jaco,

J'aimais beaucoup la douce Zahra qui nous aimait en retour, qui n'avait que des gentillesses pour les enfants de la famille, surtout toi son bebe...

Cette femme etait d'une noblesse d'ame!

Je suis sure que nos amis aimeraient lire son histoire.

Je t'embrasse,



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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
15 juin 2005, 20:08
A la memoire de khlima la repasseuse a l'amidon elle etait deja vieille en 1983 elle avait un trait de tatouage berbere sur son menton et elle etait tres petite de taille.Qui l'aurait connue?
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
02 juillet 2005, 10:22
moi je me rapel d'un femme de menage

qui a travailler chez nous depuis 1951-1956

juste pour la naissance de ma petite soeur Nicole

elle reponder au nom MILOUDA, travailleuse et devouee,

quand notre depart pour Israel approcher la malheureuse fondit

en larmes et demander a mes parents de l'emmener avec nous.

tout mes hommages a MILOUDA.

mimy



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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
03 juillet 2005, 17:24
a la memoire de notre bonne gzala qui me portait sur sont dos et travailler



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Pièces jointes:
0089an.jpg
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
02 août 2005, 20:28
mes chers amis et chere cousine Emeraude
tout d'abord je m'excuse de ce retard (exams de fin d'annee + debut de vacances....pour un prof ) mais me voici de retour avec de nouvelles forces .
voici la fabuleuse histoire de Zahra la bonne que D... ai paix a son ame .
une ame qui nous verront a marque toute ma famille et a ete une excellente educatrice pour tous mes freres et soeurs et moi .

ce que je vais raconter est veridique rien n'est invente .

Zahra notre bonne venait d'un petit village ou existait une tradition inhumaine et etrange .
a chaque bebe qui naissait le bebe et le pere devait rentrer dans une chambre chauffe d'un grand feu et si le bebe survivait a leur avis il etait assez solide pour vivre .
Zahra etait une jeune mariee qui venait d'avoir son premier bebe .
par un grand malheur le feu avait pris aussi son mari et le bebe .
ils n'ont pas survecu.
apres ce grand malheur toute sa vie allait etre bouleversee .
elle se decide a quitter son village est se retrouve toute seule dans la grande ville de Tetouan ,
comme elle avait encore du lait pour allaiter un bebe elle devint nourrice .
la nourrice ni plus ni moins dans le palais du gouverneur de la ville de Tetouan .
elle prit soin du fils du gouverneur comme si c'etait son propre fils qu'elle avait perdu .
le gouverneur l'avait traitee comme un membre a part entiere de la famille .Pour le future gouverneur de Tetouan ( que j'allais rencontrer quand j'etais age de 10 ans ) elle etait une vrai mere qu'il venerait
si seulement Zahra avait accepte de rester vivre dans sa famille .
mais Zahra en avait decide autrement.quand le petit grandit elle decide de quitter la maison du gouverneur .
elle arrive a Casablanca .
mes parents qui commencaient a avoir une grande famille l'ont pris travailler chez eux

toute sa vie elle refusera l'opulence ou la richesse ou de vivre dans le luxe .l'amertume de ses souvenirs est plus forte .
elle restera travailler chez nous pendant 20 ans .
avec mes parents elle nous a fait grandir comme ses propres enfants .
elle nous achetait des cadeau .et plus d'une fois les gens croyaient que l'on etait ses enfants .
20 ans pendant lesquelles elle refusait de prendre son salaire .( sauf s'il fallait gater un petit.) ma mere Z"L les lui gardait
son affection et sa gentillesse faisait qu'on l'adorait .
et je dois avouer que dans ma maison on etait 8 petits coquins (D... BENISSE )2 filles et 6 garcons qui aimaient aussi lui faire des coquineries .plus d'une fois elle s'en plaignait a ma mere qui nous faisait des remontrances ( devant une autre bonne apres Zahra , mon frere est venu devant elle avec un grand couteau faire semblant qu'il voulait me tuer. ma mere alerte par ses cris est venu en courant . On a ete severement puni .......) .
Zahra respectait comme nous le shabbat et nous respections ses fetes comme le Ramaddan
mais les annes ont passeeset Zahra devenait vielle et malade
Zahra devenait tres agee .
ma mere entrepris d'ecrire a son fils adoptif qui est devenu entretemps le gouverneur .la decision fut que Zahra devait finir sa vie chez sa famille a Tetouan.
on savait dans notre famille l'histoire de Zahra mais ce qui allait se passer allait depasser toute imagination .

apres une separation dechirante ou je me rappelle moi petit enfant avoir beaucoup pleure ma mere a entrepris avec elle le voyage jusqu'a Tetouan .
elle y resta et si mes souvenirs ne me trompent 2 semaines pour permetre a Zarha de s'adapter.
la visite de ma mere Z"L a Tetouan allait devenir digne d'un conte des milles et une nuits.
la famille de Zarha allait les recevoir d'un acceuil inoubliable .Dans un palais merveilleux une famille chaleureuse et acceuillante toute heureuse de voir Zahra tous le monde s'empressait pour l'embrasser . ma mere fut recu avec respect et tout le monde voulait la connaitre .

le gouverneur lui meme prends ma mere et lui montre la chambre qu'il a garde pour Zahra en s'excusant : regardez de vos propre yeux voici sa chambre :" on la suppliait de rester parmi nous : elle ne voulait rien entendre "
on montrait a Zahra les enfants et petits enfants nes depuis son depart 20 ans avant .
que l'on a pas fait pour mettre ma mere a l'aise elle a ete recu comme une reine :
des servantes pour l'habiller et la servir . et chaque jour on amenait du manger casher du quartier juif pour elle. les filles et les soeurs du gouverneur dont le nom etait precede de Lalla qui passaient la journee avec elle .
la chambre ou ma mere dormait etait celle ou le gouverneur hebergeait le roi quand il etait en visite a Tetouan !!!
grand lit orne d'or .les pieds du lit etaient sculptes en forme de pates de lion .

mais la visite de 2 semaines allait prendre fin
ma mere s'est separe de cette merveilleuse famille et et de ce palais de conte de fees et surtout de Zahra et remis au gouverneur tout le salaire de 20 ans de travail de Zahra .
pas plus que 3 mois plus tard je me rappele que nous avons recu le plus long telegramme que j'ais vu de ma vie
3 feuilles qu'il etait clair qu'elles on ete ecrites en francais par un traducteur.
le gouverneur nous annoncait avec regret le deces de zahra et sachant l'affection qu'on lui vouait nous racontait combien elle parlait de nous tout en nous racontant ce qu'il a fait pour adoucir ses derniers jours .
le deuil est tombe sur notre maison .
ainsi finit cette histoire mais elle a une suite dont j'ais ete le temoin

je n'avais que 10 ans .40 ans apres on a parfois tendance a embellir les choses et les souvenirs a s'estomper, mais je vais raconter la une chose que j'ai vu de mes propres yeux .3 mois plus tard
c'etait le mois d'aout et j'etais en vacances et donc a l'approche de l'anniversaire du roi Hassan 2 .
je jouais en bas de ma maison au 68 bd Moulay Youssef .et ma mere etait seule a la maison .
je vois arriver une limousine de l'epoque : une grosse voiture americaine massive et noire avec 3 rangee de fauteuil conduite par un chauffeur .
un homme age a peu pres de 40 ans en sors et demande le nom de ma famille .
je lui reponds que c'est la mienne et je monte en vitesse les escaliers pour l'annoncer a ma mere .

c'etait le gouverneur en personne : faisant sa route pour rabat pour l'anniversaire du roi il venait nous rendre visite et nous presenter ses condoleances . mes souvenirs la dessus sont precis .( je me rappelle avoir pense que heureusement mes parents venait d'acheter des nouveaux fauteuils ) .
mais le gouverneur ne voulait rien entendre
sachant que dans une famille juive on s'assoit par terre pour un deuil il n'accepte de s'assoir que sur une chaise .
je me rappelle de sa presence dans notre maison et du respect qu'il suscitais .
des souvenirs qu'on oublie pas ......

voila ce qu'a ete Zahra pour nous et son incroyable histoire .
j'avoue que etant petit j'etais je crois un peu jaloux de mon grand frere ("l'africain "qui ressemble un peu a Zahra qui etait noire )qu'elle preferait a moi et a qui elle a achete un velo .
un jour ou en rentrant de l'ecole j'avais refuser d'embrasser Zahra cela m'a coute une severe remontrance .

il faut dire qui etant petit je crois que j'ai du un peu confondre
le nom de maman etait Zohra ...........










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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
02 août 2005, 21:24
Merci pour cette merveilleuse histoire



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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
03 août 2005, 00:39
Cher cousin Jaco,

En lisant ton recit, j'ai eu la chair de poule et les larmes aux yeux!
Merci de me rapeller la chere Zahra etait tout ce que tu as decris et meme plus!!
Cette femme etait une sainte.

J'ai entendu ce recit par ta maman, qui l'avais raconte a ma mere
(que D. benisse leurs ames)

Je me souviens de sa douceur malgre tout le mal que nous, les enfants de la famille lui avons donne (que D. nous pardonne)
Sa patience et sa bonte etaient legendaires.

Je me souviens, bien avant que tu naisses, toutes les soeurs de nos meres avec tous leurs enfants se rassemblaient le samedi pour la visite hebdomadaire a notre grand mere Mama Nana Z"L qui habitait chez toi, et la gentille Zahra nous calmait avec son sourire et sa voix douce.
Pour nous, elle etait une autre tante!

Que son ame repose en paix, Amen!






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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
03 août 2005, 09:41
Pour J Barros,

Une histoire très belle et très émouvante, on ne peut plus illustrative des liens très privilégiés que nous avions avec les bonnes qui travaillaient chez nous. Merci pour ce témoignage.


Je me souviens de Fatima qui me disait qu'elle travaillerait chez moi quand je serai mariée alors que je n'avais que 10 ans... J'ai quitté le Maroc bien avant mon mariage et Fatima n'a pas pu rester dans la famille...

Quand je pense que lorsque nous sommes arrivés en France, des imbéciles ignorants et pleins de préjugés (et je suis polie) nous ont demandé si on fouettait nos bonnes, si on leur mettait des chaînes, etc..Quelle horreur !!! Je m'en indigne encore, près de 40 ans après. La guerre d'Algérie était encore récente et l'esprit des gens en France assez brouillé, mais quand même !!

Heureusement qu'il y a des témoignages comme celui-là pour remettre les choses à l'endroit. Il n'est jamais trop tard.

Amitiés.

Claudine

Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
12 août 2005, 11:07
Bravo petit frère avec l'histoire de DADA est unique.Dada n'etait pas considéré comme une bonne mais un membre de la famille.
Chabat CHALOM à vous tous.
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
11 mars 2006, 14:37
Auteur: Samuela
Date: 10 mars 2006, 14:28


La laveuse

Elle arrivait le mardi, bien avant notre départ pour l’école.
Elle venait d’une obscure médina, je n’ai jamais su laquelle ; elle n’avait pas de nom, elle n’avait pas d’identité, alors nous l’appelions « Fatma » ; elle n’avait même pas de travail, car chez nous, elle était une « extra », une laveuse occasionnelle; et encore ne lavait-elle les pulls et les chaussettes, non, elle ne venait que pour les draps et le linge de maison, torchons, serviettes, ce que Maman nommait le « gros linge ».

Nous avions des employées attitrées qui n’avaient sans doute pas plus de contrat de travail que Fatma, mais qui étaient chez nous à demeure, et en sécurité : Madame Sol, la cuisinière, et qui veillait aussi sur nous, les enfants, ou Hlima, la bonne, qui faisait le ménage.
Mais Fatma, elle, ne venait que le mardi, et que pour le « gros linge ».
Elle arrivait dans notre petit appartement de la rue Lassalle, telle un fantôme dans son grand haïk blanc, et commençait aussitôt à se déshabiller, laissant un tas de linge, le sien, sur un coin du carrelage de la salle de bain où elle s’installait jusqu’à midi.
L’odeur de ce tas de linge m’intriguait, il charriait avec lui la vie de Fatma, les épices, le henné, l’odeur du lait de son sein, de sa sueur, et sa misère.

Fatma lavait des kilos de linge de ses grosses mains rugueuses et usées qui n’auront jamais connu un gant de ménage, puis elle rinçait. Elle faisait parfois bouillir le linge qui avait auparavant trempé toute la nuit grâce aux bons soins de Maman dans la lessiveuse à trous, sous laquelle un foyer se consumait ; objet insolite et merveilleux pour les petites filles que nous étions, d’où s’échappait une fumée rigolote par une collerette inattendue, dans une forte odeur de cristaux de soude…
Parfois Fatma frottait la fibre sur la planche à laver, objet de bois venu du fond des temps, qu’elle posait à cheval sur la baignoire, ainsi que le faisait le soir Mme Sol quand elle nous lavait, au retour du « jardin », de ce Parc Lyautey d’où nous revenions couvertes de terre, de bave couleur de piroulis, et, pour moi seulement, ma sœur étant une petite fille modèle, de sang de genoux couronnés après des gadins à vélos, voltiges dont j’étais spécialiste.
Puis venait pour Fatma le temps du rinçage, et la torsion des draps au dessus de la baignoire, travail pour lequel elle était aidée de Maman ou de Mme Sol.
Et alors arrivait l’étendage sur la terrasse, après avoir introduit d’énormes baquets remplis de linge blanc dans l’ascenseur. Mais personne n’allait « sur la terrasse » ; Maman en tête disait on va étendre « à » la terrasse, comme elle parlait de laver le parterre, usant d’un vocabulaire d’Afrique du Nord, mais tout le monde se comprenait.
Les draps sécheraient très vite sous le soleil de Casa et dans le vent de l’océan proche, et qui savait si bien les coucher à l’horizontale, nous permettant de passer en dessous en nous courant après.
Hlima descendrait les draps dans l’après midi, longtemps après le départ de Fatma, qui recevait de la menue monnaie après qu’elle se fût minutieusement et longuement rhabillée.
La buanderie de la terrasse n’a jamais connu notre linge, car Maman voulait qu’on s’en occupe à la maison exclusivement.
Mais j’ai le souvenir de jeux extraordinaires en ce lieu avec mes copines de l’immense immeuble du 10 rue Lassalle. De scènes « à la Tarzan » avec des cordes attachées aux cheminées qui s’effritaient, dans le bruit de la machinerie d’ascenseur et les claquements du vent.
Et je me remémore les petits flirts innocents, et les baisers volés aux frères de mes amies.

Mais toujours, je me souviendrais de la Laveuse, bête de somme, fantôme, tâcheronne tout à la fois; anonyme dont je ne saurai rien, ou seulement ceci : elle était moins qu’un numéro de Sécurité Sociale, moins qu’un matricule ; même pas une personne : elle n’était personne…



.....





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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
11 mars 2006, 14:38
Auteur: Henri 2 (IP enregistrée)
Date: 10 mars 2006, 21:47


Bonsoir,
Félicitations à Samuela pour sa sensibilité, sa compassion, sa mémoire, son écriture (orthographe et style) et sa présentation.
Il me prend à rêver que la moitié des pratiquants des forums puisse un jour écrire cinq fois moins bien. Ce serait un progrès immense.
Que Samuela ne s'arrête pas en chemin. Des anecdotes de ce cru, j'en redemande. Et je ne dois pas être le seul.
Merci et à bientôt, j'espère.
Henri 2
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
11 mars 2006, 14:38
Auteur: Souiri (IP enregistrée)
Date: 11 mars 2006, 01:02


Bravo Samuela pour ce récit plein d'émotion, de tendresse et de vérité.
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
11 mars 2006, 14:39
Auteur: clementine (IP enregistrée)
Date: 11 mars 2006, 11:40


Samuela, vous avez parfaitement décrit, cette journée de "gros linge" (termes également employés par ma mère).

Comme chez nous, ma mère n'a jamais voulu utilisé la buanderie de la terrasse, le linge était lavé à la maison, dans la salle de bains.

Je me souviens des tas de linge par couleur et par catégorie que ma mère préparait avant que la "FATMA" (Yamna de son prénom) n'arrivait. Je la trouvais âgée, Yamna, je me demandais comment elle allait faire pour essorer ces immenses draps de pur coton qu'elle rinçait dans la grande baignoire, dès que j'ai pu, j'ai commencé à l'aider en tendant le linge, j'adorais faire ça, tirer le linge, l'accrocher par les coutures pour qu'il n'y ait pas de marques, les draps d'un côté, le petit linge de l'autre.
J'aimais tendre le linge mais je n'aimais pas cette journée qui désorganisait l'ordre de la maison.. de l'eau partout.. et cette odeur de savon de Marseille qui trempait dans l'eau chaude..

Et puis Yamna, ne frottait plus comme il faut, alors elle nous faisait le "petit ménage", et pour la remplacer nous avons eu une autre Fatma (dont je ne me souviens plus du prénom) bien plus jeune, bien plus moderne... un jour de "gros linge" alors que ma mère etait entrée dans la salle de bains pour voir où en était le "chantier" bien trop calme à son gôut, elle trouva notre nouvelle Fatma assise sur le rebord de la baignoire, une cigarette au coin des lèvres et à la question de ma mère "et le linge alors?", notre fatma moderne répondit "ça trempe!" (dans la baignoire, remplie d'eau).

Pour revenir à Yamna, elle a toujours déjeuné à notre table (après que nous ayons fini notre repas, elle refusait catégoriquement de déjeuner en même temps que nous), et ma mère lui servait tout au long de cette journée du thé et des petits gâteaux qu'elle ne mangeait pas et qu'elle gardait pour les apporter à sa famille le soir. Elle repartait le soir avec un sac de victuailles, de vêtements et même de médicaments (maman était infirmière).
J'aimais sa façon de relever les manches de ses djelabbas (combien en portait-elle l'une sur l'autre?) et de les attacher avec des elastiques avant de se mettre à l'oeuvre..
Elle repartait en mettant sur ses djelabbas de travail, une grande djelabba "de sortie", attachait son petit voile autour des yeux avec une épingle à nourrice, ses mocassins en plastique noir, et s'en allait les bras chargés de sacs préparés par ma mère.

J'ai une ou 2 photos que je posterai plus tard.




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Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
11 mars 2006, 14:39
Auteur: sefrou (IP enregistrée)
Date: 11 mars 2006, 15:40


et ces laveuses étaient trés dignes et malgré ce petit boulot leurs enfants sont devenus ingénieurs ,medecins etc...
Utilisateur anonyme
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
13 mars 2006, 20:27
Merci d'avair aimé ma "Laveuse", c'est grace à des gens comme vous que je me suis souvenue d'elle, sortant de ma mémoire peu à peu les impressions et même les émotions qu'elle m'avait procurée étant enfant, la petite fille de ces français qu'elle était sans doute loin d'imaginer aussi concernée; moi non plus d'ailleurs, mais je "captais" sans m'en rendre compte, et c'est pour cela que tout est ressort un jour, comme intact.

Je pense que ce sont plutôt les petits enfants de personnes comme la laveuse dont je parle, qui sont ingénieurs, médecins, car elle travaillait chez nous au début des années 50... et encore pas tous, mais certains, sans doute, car le monde change et heureusement, mais cette pauvre laveuse s'est bien sacrifiée pour les autres. Paix à son âme, et à celle de ses semblables.
Re: Souvenirs des bonnes qui travaillaient chez nous
14 mars 2006, 19:06
j'ai été tres emu par vos messages entre autre celui de Jbarros et Samuela sur "la laveuse", d'autant plus qu'on voit souvent des gens battre leur bonne et meme les torturer, quant à avoir des sentiments nobles comme ceux que vous aviez exprimés envers elles, c'est une chose rare en ces temps au Maroc. Ces femmes dont vous avez parlées, elles vous ont été loyales car vous aviez mérité leur loyauté,elles ont vu en vous votre humanisme, elles se sont attachées à vous car c'etait reciproque, vous aviez eu un attachement envers elles.
Re: souvenirs des bonnes qui travaillais chez nous
06 août 2006, 09:12
bravo pour ce temoignage que je decouvre tardivement
ou es tu a present?
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