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Cannes: un film de James Gray inspiré par son enfance juive à New York

Cannes: un film de James Gray inspiré par son enfance juive à New York

Dans Armageddon Time, qui réunit Anthony Hopkins et Anne Hathaway, une famille juive issue de la diaspora ukrainienne fait face à l'injustice dans le New York des années 1980

Le cinéma américain a fait son entrée jeudi soir en compétition à Cannes avec « Armageddon Time », peinture d’une enfance à New York dans les années 1980 qui fait écho au parcours du réalisateur, James Gray, que le Festival a connu plus ambitieux.

Le film réunit un casting alléchant, avec Anne Hathaway (« Le Diable s’habille en Prada »), Jeremy Strong, primé aux Emmy pour son rôle dans la série « Succession » et le multi-oscarisé Anthony Hopkins en pater familias. Le rôle principal est tenu par un acteur adolescent, Banks Repeta.

Trois ans après être monté dans les étoiles pour son son huis clos spatial « Ad Astra », l’auteur de « Little Odessa », son premier film, redescend dans son New York natal. Gray, dont c’est la cinquième fois en compétition à Cannes, ne retrouve ni la noirceur de « La nuit nous appartient » (2007), ni l’ambition de « The Immigrant » (2013), avec Marion Cotillard.

A 53 ans, Gray livre son film le plus autobiographique: il raconte la vocation naissante d’un jeune garçon, Paul, rêvant de devenir artiste, dans une famille d’origine juive du quartier de Flushing, où lui-même a grandi.

Le tout dans une ambiance 100 % « années 1980 », avec bande-son de l’époque, des Clash (« Armageddon Time », d’où dérive le titre du film) au hip-hop du Sugarhill Gang.

Inscrit dans une école publique avec des élèves de toute origine, contrairement à son aîné Ted, scolarisé dans un prestigieux établissement, Paul fait les 400 coups et se lie d’amitié avec le pitre de la classe, Johnny (Jaylin Webb), un gamin noir sans famille.

James Gray dissèque les lignes de fractures dans cette famille juive new-yorkaise issue de la diaspora ukrainienne : la jalousie entre frères, le complexe d’infériorité du père, modeste chauffagiste, la communication impossible entre une mère et son fils. Et surtout la relation unique entre le grand-père, interprété par Anthony Hopkins, et son petit-fils, et dont l’ultime legs sera de l’aider à accomplir sa vocation: le dessin.

Autant d’échos au parcours du réalisateur, qui lui aussi a fréquenté une école publique du Queens avant d’aller dans le privé, a grandi dans une famille modeste d’immigrés juifs. Le film a été en partie tourné dans son quartier natal.

Le contexte historique, l’élection du conservateur Ronald Reagan, vue avec horreur dans cette famille progressiste, la menace nucléaire ou encore la montée en puissance de la famille Trump sont évoqués… sans que le film sache totalement quoi en faire.

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