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Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique

Envoyé par cohenelie 
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
10 octobre 2006, 16:02
Auteur: cohenelie (IP enregistrée)
Date: 28 juin 2005, 17:33

Bonjour jbarros.

Tres impressionne par ton sujet, tu n'as pas oublie.

Des exemples, il y en a beaucoup.

Je vais bien sur essayer de me rappeler tous ces gestes de Tsedaka que nos peres ont pratique a Rabat, ma ville natale et dans les autres endroits du Maroc ou j'ai sejourne durant mes vacances.Une periode de 16 ans et demi en tout.
Tout d'abord a mon esprit me vient le celebre Docteur Medioni de Rabat qui avait son cabinet a la rue de Marseille.
Il etait notre docteur de famille.
Ce grand monsieur se devouait a sa profession et ne s'arretait pas de soigner tous ses malades qui frappaient a sa porte. Bien sur tous les malades juifs, souvent musulmans, pauvres et demunis, etaient soignes benevolement par lui a son cabinet ainsi qu'a leurs domiciles au mellah, souvent apres ses heures normales de travail.
Le docteur Medioni faisait aussi passer la visite medicale a tous les juifs de Rabat qui emigraient clandestinement en Erets Israel.
Apres le protectorat il du quitter le Maroc rapidement a cause de ses activites sionistes clandestines et alla s'etablir a Paris.

Je continuerai plus tard avec d'autres recits.

A bientot et amities,

elie cohen



Modifié 1 fois. Dernière modification le 31/03/2007 12:30 par clementine.
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Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
11 octobre 2006, 03:27
EN TANT QU ETUDIANT A L INSTITUT DES HAUTES ETUDES HEBRAIQUES PENDANT LES ANNEES CINQUANTE DR.MEDIONI ETAIT NOTRE MEDECIN CERTES SANS CHARGES.JE ME RAPPELLE BIEN SON DEVOUEMENT ET SES SOINS PATERNELS ET PLEIN DE PATIENCE POUR NOUS LES JEUNES ETUDIANTS LESQUELS ARRIVES DE TOUS LES COINS DU MAROC ET DONC DEPAYSES.CELUI QUI L A SUCCEDE ETAIT AUSSI UNE HUMBLE PERSONNALITE .DOMMAGE JE NE ME RAPPELLE SON NOM.IL ETAIT DEVOUE A SON METIER POUR LE BIEN DE SES MALADES QU IL EST RESTE CELIBATAIRE..
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
11 octobre 2006, 12:24

Mercédès bonjour , ce sera avec grand plaisir , on se téléphonera pour s'organiser !


Mathias bonjour,

, celui qui a remplacé le Dr Médioni était le Dr BENYAYER et celui qui est resté célibataire et très dévoué c'est le Dr SABBAH ! Amitiés ! Sylvia
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
11 octobre 2006, 13:17
Hag soucot sameah ve moadim le simha a tous!!

Bravo Sylvia, encore une fois tu montres comme t'as bien tenu les souvenirs de la communaute de Rabat, c'est vrai rien a dire tu m'as bien devance dans cette reponse, j'ai entendu dire que le Dr Sabah est decede est vrai ???
Je lis Mercedes et j'apprends qu'elle prepare une rencontre entre elle toi Elie et Mimi , formidable!!! je vous envie!! je vous conseille pour cette occasion d'ajouter a cette rencontre d'autres amis de Rabat si vous en connaissez .
Encore une fois Hag Sameah
Raphy
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
14 octobre 2006, 18:17
SALUT ELI
ME REVOILA ENCORE UNE FOIS AVEC DES PHOTOS DU MELLAH RABAT AVEC SES RUELLES ET LEUR NOMS QUI ONT PAS CHANGEE DEPUIS LE TEMPS ....
EMMERAUDE
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MELLAH1.JPG
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
14 octobre 2006, 18:19
LE MELLAH
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mellah9.JPG
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
14 octobre 2006, 18:21
UNE AUTRE ...
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mellah10.JPG
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
14 octobre 2006, 18:22
LA SINA DU MELLAH
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sina mellah.JPG
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
14 octobre 2006, 18:24
ET UNE AUTRE ..
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mellah6.JPG
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
15 octobre 2006, 15:26
Merci Emmeraude,

nous apprecions beaucoup car cela nous rappelle des tas de choses, beaucoup de nostalgie et pour ma part de la tristesse aussi. Revoir ces endroits aujourd'hui sans les gens qui les ont habites pendant des centaines d’annees, me donne une sensation de vide spirituel originant de la disparition totale de ces racines .Ces ruelles, ces impasses ont ete notre berceau, notre credo Israelite plein de nos chansons folkloriques,imbibe de notre dialecte judeo-arabo-espagnol que l'on ne peut plus retrouver de nos jours , concentre dans toute une ville,comme c’etait le cas alors.
Notre quartier juif etait un petit lieu d' odeurs et de parfums juifs tres distinctifs, natifs et specifiques au Mellah de Rabat lorsque ses enfants y demeuraient.
Il etait assez primitif ce petit mellah mais avec le recul, combien beau en richesse et en relations humaines pures et reelles.
Aujourd’hui, les descendants des enfants de ce Mellah de Rabat ont tous evolue dans differents horizons, certains d'entre eux ont meme atteint des carrieres fulgurantes dans plusieurs disciplines laiques ou religieuses.
Mais l'esprit de sacrifice et de cohesion de cette petite societe qu'ont constituee nos parents au Mellah de Rabat a disparu a tout jamais en dehors de ses murs , de ses murailles et de ses portes...

amities,

elie

photo :
1953, rabat a la terrasse de mon immeuble
Mon pere Aaron Cohen ne au Mellah de Rabat en 1908
Ma mere Rachel Azencot Cohen nee au Mellah d'Alcazarqivir au Maroc Espagnol en 1916
Moi Elie Cohen ne dans la ville nouvelle de Rabat en 1947

Et pour la descendance:mes enfants( pas sur cette photo evidemment) nes en dehors de Rabat, du Maroc, tres loin, au Canada..en 1978 et 1981



Pièces jointes:
Mon pere, ma mere, moi, rabat1953.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
16 octobre 2006, 10:14
Salut Raphy,

Oui en effet, Mimi Eljam, Mima Slaouia sera a MOntreal le 19 octobre et nous sommes heureux et excités de la retrouver aprés 42 ans. On verra quelles seront les réactions....de chacun de nous.

Raphy, je ne sais pas si on se connais, mais j'aimerais savoir un peu plus sur toi et ta famille, puisque tu m'as dit que tu étais un peu apparenté avec les Bénizri.

Tu peux me donner tes coordonnées en Israel; je compte partir bientot.

Au plaisir de te lire....

Amicalement
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 15:05
Bonjour a tous,

nous trouvant dans un sujet consacre a notre Mellah qui n'est plus la de nos jours, a part evidemment l'esprit des ames de nos anciens qui ont vecu autour de ses murs, je vais de ce pas continuer la ou je m'etais arrete sur cette periode pre-1956 et le docteur Benyayer qui remplaca notre cher Mr.Medioni.Ce cher medecin qui dut se faire rapatrier dare-dare sur Paris et une nouvelle vie qui d'apres les dires de ma voisine Madame Tordjman ,qui l'avait rencontre lors d'un appel pour consultation chez sa fille parisienne, ne lui plaisait pas beaucoup. La metropole francaise ne lui etait pas aussi enrichissante spirituellement et gratifiante comme l'avait ete sa vie professionnelle a Rabat.
Pièces jointes:
Nouvel hopital vincennes de Rabat.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 15:34
Oui comme ces hommes, ces deux medecins juifs etaient grands!

Grands dans leur bonte , devouement a leur communaute et exercant leur profession avec beaucoup de zele mais aussi avec assuiduite et grand professionalisme.
Je me souviendrais toujours de notre premiere rencontre avec le docteur BenYayer. C’etait il y a tres longtemps, oh je devais avoir peut etre 8 a 9 ans, donc autour de 1956-57, ca doit etre cela puisque c’etait a cette epoque que le Dr. Medioni devait quitter Rabat en catastrophe a cause de ses implications dans l’exode massif des Juifs de Rabat vers Israel.
Leur cabinet medical etait situe a la rue de Marseille, juste en face la pharmacie du Soleil tenue par Mr.Abitbol ( je pense que c’etait bien son nom). Celui-ci etait l’ architype du Pharmacien, assez grand de taille, portant lunettes a monture tres fine, le vrai intellectuel , tres serieux et toujours pensif, donnant toujours son avis personnel sur tel ou tel medicament, surtout les nouveautes qui affluaient sur le marche et mon pere ,qui etait grand fan de ces pillules et poudre Bismuth, Cal Mag Na, et autres, ne cessait de l’interroger sur telle ou telle etiquette medicale.
Je ne peux parler de ces deux medecins sans evoquer l’impact que Mr.Abitbol qui travaillait en tandem avec eux avait sur nous autres, ses fideles clients et patients.
Le jour fatidique du deces tres soudain de Mr.Abitbol terrasse par une crise cardiaque , tres soudaine et sans symptome prealable ,a ete une veritable calamite pour mon pere et ses amis juifs du quartier. Mr.Abitbol etai l’eminence grise des medicaments de cette epoque et son absence a la pharmacie du Soleil a provoque l’effroi que l’avenir uncertain provoque chez les persoonnes dependantes du systeme medical etabli.
Mon papa en a fait une maladie.


Pièces jointes:
pharmacie de chez nous.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 15:43
Avant de continuer, j'aimerais reproduire un recit que j'avais ecrit il y a plus d'un an sur la Tsedaka.

Nous ne pouvons parler du Mellah de Rabat sans mentionner cet aspect de justice sociale que la plupart de nos compatriotes pratiquaient aussi solennellement que leurs prieres quotidiennes.

Pièces jointes:
Synagogue a Rabat,Dairac 1962.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 15:46
Auteur: cohenelie
Date: 3 juillet 2005

Bonjour,

C'est samedi soir a Rabat, l'annee est 1954, j'ai cinq ans.Je suis avec mon pere et ma mere.Mon pere me dit a mon oreille, voici quatre rouleaux de pieces de cinq francs( anciens c-a-d centimes d'aujourd'hui).Nous sommes a la synagogue Dar R'Bi, R'bi Chalom Zaoui, il est 18 heures passees et la salle de prieres est bien sur archi-pleine d'hommes chantant les tehilim pre-havdala.
Comme a l'accoutumee, nous sommes debouts dans la cour avec toutes les femmes et tous les hommes qui arriverent un peu tard.Le Hazane, le meilleur de toute la ville entame le piyout d'avant le kiddoush de sa belle voix qui me faisait penser plus tard a Jo Amar.On distribue les feuilles de citronelle ou d'oranger pour la benediction sur les plantes ( minei bessamime).Les femmes et les hommes repondent tous ensemble en chantant uniformement les reponses au Kiddoush. Celui-ci se termine par les yous yous enflammes de nos meres qui nous exaltent et nous transportent et nous dirigent vers l'allumoir pour allumer nos bougies du samedi soir.Les hommes de la synagogue sortent du sanctuaire et ceux de la cour y entrent afin d'aller embrasser l'Arone hakodesh , son rideau et pour les plus braves qui se sont aventures a ouvrir la belle armoire renfermant les Sepharim, toucher la belle couverture de ces rouleaux et l'embrasser.
C'est a ce moment precis que mon pere Aaron Cohen m'initia a ce qui devait par la suite devenir mon circuit, ma route , ma routine de tous les samedis soirs passes a Rabat jusqu'a l'age de quatorze ans,cette periode durant laquelle tous les gens pauvres du mellah avaient ete envoyes en Israel ,ce pays ou la mendicite n'existait pas, du moins a cette epoque.
Apres la priere, mon pere me fit sortir de la synagogue, et a l'exterieur par terre , accoudes contre le mur de Dar R'Bi , des dizaines de mendiants juifs etaient assis et attendaient l'aumone.
Mon pere me dit, " ton frere Charles a quinze ans et c'est maintenant ton tour de prendre sa place. Voici tous les mendiants du Mellah de Rabat assis ici et qui attendent l'aumone de personnes comme nous, comme toi. C'est ton moment de prendre la releve de cette Tsedaka que ton grand frere a accomplie avec beaucoup de devouement et j'attends la meme chose de toi. Je vais t'indiquer les plus demunis de parmi ces mendiants. A certains tu donneras cinq francs, a d'autres dix francs etc.. et tu devras te rappeler leurs visages."
Timidement le premier samedi soir je suivis mon pere et appris a donner la Tsedaka, et puis en continuant notre pelerinage du samedi soir jusqu'a la synagogue de R'bi Issraye ( Israel Revah a la petite porte du mellah), il y avait des fois quelques individus sur le parcours que mon pere m'indiqua et a qui je devais donner un certain montant d'argent, ainsi que deux vieilles tantes a mon pere qui habitaient chacune deux chambres, solitairement, et mon pere me donna deux cents francs pour elles.
C'etait mon devoir, je l'ai accompli avec amour. Ces pauvres gens m'attendaient, me benissaient et j'avais le coeur gonfle de les voir dans cet etat. Mais c'etait une necessite, cette Tsedaka, que mon pere se devait d'accomplir, et se devait d'en faire mon apprentissage , et me demanda de faire la meme chose pour mes futurs enfants, ce que j'ai fait.
Faire la Tsedaka , y prendre conscience a un age si jeune a ete probablement la raison mere de ma sensibilite pour les demunis de notre monde.Ressentir la peine, l'anxiete , le besoin des pauvres gens ont fait de moi , grace a mon pere l'homme que j'ai ete et que je suis toujours.
C'etait la un recit tres personnel, bien sur et je vais essayer de me rappeler de faits de Tsedaka faits par d'autres gens dans ma ville et ailleurs au Maroc.

A bientot,

elie cohen

gravuregrinning smileyairac, mendiants juifs de Rabat, le mellah, detail.


Pièces jointes:
Des mendiants Israelites a Rabat, Dairac oct.1980.ab.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 15:50
Randonnee au mellah.

Tout mome, j’accompagnais mon pere apres ses heures de bureau pour notre ronde quotidienne d’entre 18h-20h au Mellah . C’etait la tournee habituelle et les principales haltes pour papotages, prieres du soir, achats des fruits, legumes, viandes, poissons , epices, des fois sfenges, bouquins religieux chez Louski, chemises et complets de confection pres de la petite porte, achat de cigarettes Flore du Bresil chez un cousin tabagiste au milieu du mellah, etc.Mais il me semble, avec le recul, que l’une des raisons de ces visites des rues du Mellah, presque tous les jours,etait pour prendre le pouls de la communaute juive.Et je suppose que mon pere etant ne dans ce quartier juif avec ses meilleurs amis d’enfance tel Mr.Charles Benarroch, se devait de s’emplir des parfums diverses que le Mellah lui apportait . Tant que le Mellah se portait bien, que les affaires , le bruit des marchandages, les cris des vendeurs, Mr.Bellehsen , les bruits des artisans, les jabanes et les beurres et miel continuaient de decorer la rue principale et le marche du fond du mellah, alors tout etait en ordre et ce besoin de stabilite etait toujours en demande pour nos parents et nous-meme en ces temps incertains…

Pièces jointes:
petit marchand accoupi au mellat dr rabat, Dairac oct.1980.A.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 16:29
Marche avec mon pere au mellah de Rabat.

Il y avaient deux stops en dehors de ce parcours dans la Rue Principale, c’etait ceux pour l’achat des viandes et des poissons au « nouveau marche »situe au fond du Mellah.
Les poissons etaient vendus a l’entree de ce marche. Les poissoniers qui me semblaient etre les pecheurs qui avaient ramene dans leurs filets tous ces beaux et gros chabels, ces belles sardines, ces magnifiques merlans et soles , les bourris et daurades faisant partie de notre cuisine, criaient et utilisaient un vocabulaire que tous nos acheteurs et amis juifs reconnaissaient et qui les aidait a s’arreter devant ces divers etalages de blocs de glace ou etaient ensevelis dans le froid, les belles pieces avec ecailles que nos meres attendaient impatiemment.
A l’entree de ce marche se trouvaient a droite les bouchers et a gauche tous les autres vendeurs de beaux fruits et legumes dont les magasins se suivaient les uns les autres, et dont chaque Juif R’bati avait sa preference.Le boucher de mon pere etait le second ou troisieme a partir de l’entree et son vendeur d’oranges se situait au milieu.
Partout l’odeur de l’ocean et du poisson inondait ces divers parfums du kesbor, menthe fraiche, chiba fraichement coupe et navels vertes du mois de Novembre, mes oranges preferees de l’annee.
Une fois le dernier marchandage accompli et le gros sac tendu par le porteur au vendeur, mon pere reglait Its’hak ,notre porteur habituel, avant que celui-ci ne fasse son alya clandestine et donc ne se retrouvait plus parmi l’alignement des porteurs de couffins assis pres de Bellehsen .Dans ces cas-ci c’etait alors Ahmed , le nouveau remplacant,qui retournait a la maison, chez ma mere qui attendait ses gros paniers et sacs de jute remplis a ras bord de produits frais , provenant de notre marche.

Pièces jointes:
poster2.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 16:43
Marche avec mon pere au mellah de Rabat, suite

La deuxieme halte un peu inhabituelle etait l’achat des volailles,coqs, poules, dindons, et a Pessah pour la « zimetta »( c’est bien ca le mot ?), des pigeons. Le processus etait assez long.
Tout d’abord choisir les beaux poulets, et je me souviens que les fermiers marocains avaient une rue ou place habituelle ou ils exposaient tout cet eventail de volailles multicolores et nourries aux grains comme au bon vieux temps.
Ensuite , il fallait que j’aide mon pere a transporter tous ces animaux dont les becs ne cessaient de vouloir picoter mes petits bras ,chez Rabbi Israel Revah a sa synagogue de la petite porte.
Et c’etait la que mes chers oiseaux rencontraient dans la petite cour adjacente au sanctuaire, leur Shohet. Ensuite , sur le cote de ce carre, les nettoyeuses de poulets arrachaient rapidement a la main comme cela se pratiquait alors, toutes ces plumes brunatres, noires, et le duvet blanc de mes gros oiseaux . Des fois je demandais ou je ramassais quelques plumages pour la confection de ma nouvelle parure de Chef indien, Comanche.Les fois ou la Chehita etait penible a supporter pour mes yeux sensibles de petit garcon etait lors de l’abattage des gros dindons, car ceux-ci avaient vraiment la peau coriace, mais ils finissaient tous dans les couffins d’Ahmed.
Il faut souligner qu’un soir , un de ces porteurs marocain musulman, un habitue de la famille avait aborde le sujet du depart massif des Juifs qui frequentaient le Mellah et avait avoue a mon pere son desarroi et sa crainte pour son propre avenir si ses clients, les proprietaires de toutes ces boutiques et magasins du Mellah quittaient definitivement Rabat et « que deviendrais-je ? » implora-t-il mon pere. Je me souviens qu’il avait meme demande s’il etait possible que les Juifs qui partaient pouvaient l’emmener avec lui pour qu’il puisse continuer a gagner sa vie…



Lesly Cetout, les porteurs

Pièces jointes:
les porteurs, Lesly Cetout.jpg
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 22:31
Bonjour Elie!!
Quoique ca fait bien un moment que je n'ecris pas sur daf , mais comme notre cher Loulou, je lis tous les jours.
Vu que tu parles des pigeons que nos parents achetaient la veille de la seconde fete de Pessah, c'etait pour faire le repas des enfants avant la mimouna et ce n'etait pas " ZEMETA" comme tu dis qui etait une poudre de farine sucree ou de pois chiches moulus, ce repas s'appelait " EL MINDARA" avec les petites tagines et couverts miniature pour nous les enfants qui invitaient pour ce repas les amis de la rueou du quartiers.
A la prochaine, amicalement.
Raphy
Re: Rabat-Sale, la vie juive,les mellahs..l'historique
09 novembre 2006, 23:35
RAPHY ,ELIE bonjour

ELIE ,RAPHY a raison c'est "EL MINDARA " ces petits pigeons que de bons souvenirs ,mon ELIE c'est toujours un plaisir de te lire ,apres toi c'est meme difficile de commenter ,tu le fais avec tellement de coeur,tu n'oublie aucun détail ,tu nous replonges vraiment au plus profonds de notre enfance . MERCI et continue

LOULOU
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