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Une vision du végétarisme et de la paix, par Abraham Isaac Kook

Lectures de Jean-Pierre Allali - Une vision du végétarisme et de la paix, par Abraham Isaac Kook

Une vision du végétarisme et de la paix, par Abraham Isaac Kook (*)

Abraham Isaac haCohen Kook, premier Grand rabbin ashkénaze en Terre d’Israël, est né le 8 septembre 1865 à Grïva, aujourd’hui en Lettonie. Il est mort à Jérusalem le 1er septembre 1935. Ce grand talmudiste et kabbaliste, qui n’a pas eu le bonheur de connaître l’État juif indépendant qu’il appelait de ses vœux, aura été un grand décisionnaire. Ses écrits sont peu connus en France. C’est pourquoi la publication de ce petit ouvrage du maître sur la vision juive du régime alimentaire végétarien, assorti de nombreux commentaires, est une excellente nouvelle.

S’il ne fut pas lui-même absolument végétarien (il mangeait un peu de poulet à chabbat !),le rav Kook considérait dans son analyse qu’à la fin des temps, l’homme qui, à sa création, n’avait pas vocation à manger de la viande, retrouvera le véganisme en même temps que l’ère messianique. Car quand il est dit : « Ils domineront les poissons de la mer et les oiseaux du ciel ainsi que tout être vivant qui se meut sur le sol » (Genèse 1-28), il ne s’agit en rien de l’instauration d’une tyrannie de l’homme sur la nature et sur le monde animal. En effet, la compassion de Dieu s’étend à toutes les créatures dans un monde bâti sur la bonté. Et quand Dieu, après l’épisode du Déluge, concèdera finalement à l’homme de manger des animaux, tout un ensemble de garde-fous seront édictés. Qu’on pense par exemple aux indications concernant l’abattage rituel, la « chéhita », destiné à minimiser la souffrance animale, à la mitsva de recouvrir le sang : « Recouvrir le sang des bêtes et de la volaille est une sorte de protestation divine contre la permission de manger de la viande », à l‘interdiction de consommer certaines espèces, l’interdiction de tuer un animal domestique et ses petits le même jour, le commandement d’attendre le huitième jour avant de séparer le jeune de sa mère, celui d’éloigner du nid la mère oiseau quand on lui prend son petit. Ou encore l’interdiction de la graisse, de la « névéla » (cadavres) et de la « téréfa » (chair d’animaux blessés ou déchiquetés), celle du mélange carné-lacté et même l’interdiction du « chaâtnez », mélange de laine et de lin.

Dans le futur idéal à venir, « La vache paîtra avec l’ourse, leurs petits dormiront ensemble. Et le lion, comme le bœuf mangera du fourrage. Le nourrisson jouera sur le trou de la vipère et l’enfant mettra sa main dans l’antre du serpent ».

Bref, comme le dit le Rav Jonathan Rubenstein, « Le végétarisme du Rav Kook s’intègre à sa vision messianique, plus large, faite d’unité et d’harmonie ».

Un livre d’espoir en un futur meilleur pour le Juifs et pour toute l’humanité. Étonnant. À découvrir !!

Jean-Pierre Allali

(*) Ouvrage édité par David Cohen. Éditions L’Age d’Homme. Juin 2020. Préface à l’édition française par Jonathan Rubenstein. Introduction à l’édition française par David Chauvet. Introduction à l’édition anglaise par Jonathan Rubenstein. Suivi de « Les enseignements végétariens du Rav Kook » par Richard H. Schwartz, et David Sears. 208 pages. 12 €.

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