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À la recherche des dix tribus perdues d’Israël – 1. Les Pachtounes d’Afghanistan, par David Bensoussan

À la recherche des dix tribus perdues d’Israël – 1. Les Pachtounes d’Afghanistan

David Bensoussan

 

 

À la mort du roi Salomon, le royaume hébreu fut divisé en deux : le royaume d’Israël formé par dix des douze tribus d’Israël dont la capitale était Samarie et le royaume de Juda formé des deux seules tribus de Juda et de Benjamin, dont la capitale fut Jérusalem.

Il y a de cela 2 733 ans, les Assyriens conquirent le royaume d’Israël et en exilèrent ses dix tribus. Ils détruisirent également  un grand nombre de villes du royaume de Juda mais ne purent prendre Jérusalem. En fait, le peuple juif descend essentiellement des deux tribus qui formaient le royaume de Juda et les légendes sur les dix tribus perdues sont légion.

Quand on pense que 3 000 Canadiens français se sont multipliés en trois siècles pour donner plus de 6 000 000 de personnes, on peut légitimement se poser la question, à savoir : qu’est-il advenu du reste des ressortissants du royaume d’Israël ?

Selon la Bible, lors de l’Exode d’Égypte, la population tournait autour de 2 à 3 millions de personnes (600 000 hommes de plus de vingt ans). Nous savons qu’à l’époque de Flavius Josèphe (premier siècle de l’ère courante), la population juive (descendants essentiellement des deux tribus de Juda et de Benjamin) était de 4 à 5 millions de personnes…

Le devenir des dix tribus du royaume d’Israël est un mystère. Toutefois, des traces des tribus perdues ont été retracées en Afrique du Nord, en Birmanie, en Chine et ailleurs, mais nulle part les signes ne sont aussi révélateurs qu’en Afghanistan.

Tout d’abord par les noms.  En effet et selon la Bible, les dix tribus auraient été exilées à Havor et à Gozan.  La région du Peshawar prononcée Pesh-Havor et la rivière Gazni pourraient correspondre à de tels emplacements.

Par ailleurs, parmi les 15 millions de Pachtounes, il existe des tribus portant le nom de : Efridi, Rabani, Shinwari, Gadun, Lawani et Samani qui sont à l’évidence les noms bibliques d’Éphraïm, Réuben, Asher, Gad, Lévi et Simon. Les Pachtounes vivent dans la région séparant Kaboul, capitale d’Afghanistan, de la rivière de l’Indus au Pakistan.

Dans cette région montagneuse vivent 60 tribus et clans qui sont identifiés comme appartenant aux 10 tribus, bien qu’elles vivent aujourd’hui en tant que musulmans sunnites.

Des écrits locaux et des récits de voyageurs européens du XIXe siècle témoignent de ce que les Pachtounes appartiennent aux Bni Israil (les Enfants d’Israël) ou aux Yusuf Zyes (Enfants de Joseph – La tribu la plus puissante du royaume d’Israël était celle d’Éphraïm fils de Joseph) sans pour cela se considérer comme des Yahoudis (Juifs).

La tradition veut que les Pachtounes se soient convertis à l’islam au XIIe siècle et il existe encore des personnes de l’ancienne génération pour qui les Pachtounes sont des B’ni Israël, ce qui littéralement signifie des Enfants d’Israël.

En second lieu, ces populations ont des coutumes juives telles que : la circoncision à 8 jours tout comme le prescrit la tradition juive, voire même l’allumage des bougies le vendredi soir et le port de franges à leurs vêtements du nom de Joy Dmaz (lieu de prière) qui n’est pas sans rappeler le châle de prière juif ou Talit.

Les hommes laissent pousser leurs papillotes. En outre, ces tribus pratiquent le bain rituel, et certaines ne travaillent pas et ne cuisinent pas le jour du Shabbat.

En troisième lieu, ces tribus ont conservé des traditions bibliques : ainsi, tous les dix ans, elles répartissent leurs terres et cela n’est pas sans rappeler le jubilé biblique. De même, elles ont conservé la tradition biblique des « villes-refuges » pour les meurtriers involontaires.

Enfin, les Pachtounes ont un code de conduite qui leur est propre : Le Puchtunwali. Ce code a de nombreuses similitudes avec les lois de la Bible et son importance va jusqu’à dépasser celle de la Chariah islamique.

Sur le plan de l’archéologie, les archives des Musées de Boukhara en Ouzbékistan comprennent un grand nombre d’objets ouvrés qui mettent en évidence une présence israélite. Il y a également un grand nombre d’inscriptions hébraïques et araméennes.

Une statue de taureau découverte à la frontière Est de l’Afghanistan n’est pas sans évoquer le veau d’or de la Bible ni même sans rappeler des statuettes similaires découvertes en Israël.

Quelle signification donner à cette ancienne appartenance au peuple hébreu ? Peut-on expliquer le radicalisme des Pachtounes par le fait que les populations converties versent souvent dans l’excès ? La jeune génération des Pachtounes refuse sûrement d’admettre son identité et bien encore moins son ascendance judaïque.

Il est intéressant de citer le verset suivant tiré d’Isaïe 27-13  ayant rapport au rassemblement des exilés : « Alors arriveront ceux qui étaient égarés dans le pays d’Assyrie et ceux qui s’étaient éloignés dans la terre d’Égypte. »

Historiquement, et aux yeux du Peuple Juif, les dix tribus sont égarées mais ne sont point perdues, et le texte établit une distinction entre les termes ovedim signifiant égarés de avoudim signifiant perdues. On parle donc de tribus égarées et non pas de tribus perdues qui, dans les temps futurs, reviendront dans la ville sainte de Jérusalem (Ézéchiel 37-16 à 37-22).

Que sont devenues les dix tribus perdues d’Israël considérées comme perdues ? L’énigme commence à trouver quelques éléments de réponse.

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