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Haïfa, multiconfessionnelle et tolérante

Haïfa, multiconfessionnelle et tolérante

 

 

A une heure de Tel Aviv, en faisant route vers Saint-Jean d'Acre, on tombe sur Haïfa. Une grande ville, qui s'étend du battant des lames au sommet du mont Carmel, royaume des pinèdes et du bon air. Dans les hauteurs ventées de la ville, on trouve tous les hôtels «classieux», dont le Dan Carmel, depuis lequel la vue est somptueuse, tout particulièrement de la terrasse de son restaurant panoramique. Les zones résidentielles s'étalent sous les pins, et le soir, les rues sont joyeusement animées. Resto BCBG, glaciers aux devantures alléchantes, pubs à la mode… D'aucuns en font la San Francisco israélienne, avec en guise de tramway, un métro-funiculaire bien sympa. La cité proprement dite compte près de 300.000 habitants, environ un million quand on l'intègre dans sa région ; Haïfa est un grand port militaire et marchand, un centre industriel et pétrochimique.

Pour ne rien gâcher, Haïfa dispose d'un littoral propice aux activités balnéaires : 17 km de plages ! La vie y est douce. Haïfa en sus de ses qualités urbaines, est un lieu un peu particulier en Israël, et au Moyen Orient, en ce sens que c'est une cité tout à la fois cosmopolite et mixte… Une mixité qui ne doit rien à la parité hommes-femmes, mais au mélange décomplexé des communautés. Contrairement à ce qui se pratique un peu partout dans cet Orient compliqué, à Haïfa, on ne se prend pas la tête avec les religions et les communautés.

 

Une paisible intégration au monde moderne
Les Juifs côtoient les Arabes israéliens, les laïques voisinent avec ceux qui croient à leur façon, et d'autres encore qui croient à tout, voire à rien, la tolérance est de rigueur, une ambiance dominée par les surprenants jardins en terrasses bahá'í, qui servent d'écrin au mausolée du Báb, fondateur du bahaïsme, le plus récent des monothéismes. Une foi des plus syncrétiques. Les jardins bahá'í présentent une perfection « surnaturelle », entretenus au brin d'herbe près, par des adeptes qui en ont fait vœu. Une autre influence positive plane sur la ville depuis 1892, celle du monastère des Carmélites.

Initialement françaises, les sœurs qui sont aujourd'hui une vingtaine à occuper le monastère du Mont Carmel, viennent des quatre coins du monde. Elles ont pour mission « Union des cœurs, unité de l'Église, prière pour le peuple juif ». Nombre de pèlerins débutent dans la chapelle du monastère leur chemin de foi en Terre Sainte. Haïfa est donc une ville multiconfessionnelle.

On y trouve Juifs, Musulmans, Chrétiens, Druzes - -le Liban est tout proche - et Bahá'í, qui se côtoient tranquillement… sans ériger de barrières ou de quartiers réservés. C'est bien. Mais atypique. Car au Moyen-Orient, depuis des millénaires, on préfère vivre chacun dans son coin, dans sa communauté, son quartier. Une façon comme une autre de se protéger, de se sécuriser, en dépit des vicissitudes de l'histoire, des invasions, des religions dominantes… Les résidents de Haïfa, eux, ont opté pour une paisible intégration au monde moderne.

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