Share |

Hommage a Charles Malka

Hommage a Charles Malka

Je ne vais pas pleurer!
Je ne vais pas pleurer!
Je ne vais pas pleurer!
Parce que Charlie Malka a eu une belle vie
une vie honorable
une vie exemplaire
Une vie emplie de petits et grands bonheurs qui l’ont satisfait et qui l’ont comblé ! Une vie pleine!

Fils unique
Parti de rien
Il a bâti avec sa femme une famille magnifique et prolifique dont il était fier à juste titre
Une entreprise de haut niveau
Des amis sur les cinq continents

Il a été pour nous tous de la famille qui étions plus jeunes que lui, lui qui était le premier né des cousins, sans le savoir, un éclaireur, un mentor, une inspiration, un modèle à suivre.
Il disait qu’avec du travail et de la volonté tout était possible!
Il regardait ce qu’il avait accompli et me disait
-Tu te rends compte Bob regarde-moi nous vivions au Mellah et regarde-moi maintenant !!!
-Du Mellah le plus profond de Casablanca jusqu’au cœur de Beverly Hills aimait-il à répéter.
Il ne pouvait pas croire à sa chance et à sa réussite qu’il ne devait pourtant qu’a lui et à son talent
C’est parce qu’Il était humble et ne prenait rien pour acquis. Ni sa famille ni ses amis ni ses affaires
Il gardait intact ce sens de l’émerveillement qui sont l’apanage de la jeunesse et il multipliait les preuves d’amitié bien après qu’elles aient été fermement établies pourtant.

Un homme juste, intègre, intelligent, dévoué qui nourrissait son entourage d’une énergie positive que seul un être qui a vécu la vie d’autrefois et le modernisme d’aujourd’hui peut posséder.
Je dirais même qu’il aimait et vivait ce paradoxe avec joie et exultation!
Il ne jugeait pas, ne critiquait pas, il acceptait les gens comme ils étaient!
Je le connais depuis toujours, je ne l’ai jamais entendu une seule fois dire du mal de qui que ce soit!!!

C’est parce qu’il était jeune dans son cœur et dans son âme et n’a jamais cesser de l’être jusqu’à son dernier souffle, qu’il a pu composer comme il l’a fait!
Son sourire perpétuel aux lèvres, son rire joyeux et communicatif dénotaient
son bonheur et son envie ou plutôt son besoin, de partager!

Il aimait la fête que sa femme, sa famille ou ses amis savaient organiser autour de lui
Il était partant pour toutes les aventures pourvu que le rire et la douceur de vivre soient présents au bout du chemin
Il était de tous les voyages !
C’était un épicurien dans tous les sens du terme
Partout à travers le monde il n’avait que des amis
Des amis de longue date
Des amis de toujours depuis Casablanca en passant par Paris, Montréal, Marbella et finalement Los Angeles
Son chemin est jalonné d’amitiés de toute la vie:
André et Michèle Shoukroun, Benche, Michel Bittan, Sergio Benatti, Maxime et Chounette, Yasmina et Alan Joelson, Claudia d’Italie, Linda Pinto, Martha Lawee, Raphy et Maurice Berriro, Pierre et Madeleine Serror tout son personnel sans exception a Los Angeles, Montréal et tant d’autres qui ont croisé son chemin pour y rester et ne plus le quitter!

Des amis qui l’ont tant aimé sincèrement et longtemps sans réserve et avec enthousiasme.
Florence Bibas dit gentiment que  la perte de Charlie nous laisse tous un peu orphelin. Cette extrême bonté, cette honnêteté, ce goût de justice, cette générosité, cette pureté en fait, lui donnait une grande force de vie et c’est par toutes ces qualités qu’il dominait et qu’il gagnait tous les défis.
Je le voyais peu, dit-elle, mais il me manque et ce qu’il représente me laisse un grand vide moral et cérébral 

Sa loyauté en affaires comme en amitié comme pour sa famille était légendaire.
Dans son métier qu’il maîtrisait parfaitement, il était considéré et respecté.
Il a fait de Charles David une marque reconnue internationalement.

En silence et dans la plus grande discrétion il aidait celui-ci ou celui-là dans le besoin sans attendre le moindre remerciement de quiconque en retour
(J’ai des exemples de générosité que ceux qui le connaissent bien devinent ou savent parfaitement)

Rapide en affaires il liquidait un problème en deux minutes, ne perdant pas son temps en fioritures inutiles.
Il voulait que tout le monde soit gagnant et le faisait rapidement et efficacement
En 60 ans il n’a pas pris un kilo tellement Il mangeait sainement et simplement.
Il avait l’élégance de sa simplicité et la simplicité de son élégance!
Je ne sais pas s’il se doutait lui-même à quel point il était spécial ! Sa modestie innée l’en empêchait sans doute!

Son seul péché était son cigare et son verre de JB entouré de ses amis
Son slogan était simple:
Smalto, Spago et Monte Cristo!

En ce qui a trait à sa femme Tetele, il savait ce qu’il voulait parce qu’il a trouvé en elle la femme idéale qu’il a choisi consciemment et lucidement, une compagne qui a su lui inculquer une qualité de vie et une dignité qui lui convenaient, qui l’élevait et qui là encore le rendait fier! Leur ambition personnelle était peut-être différente au départ mais au final, elles se rejoignaient!
Il ne l’a jamais regretté !!!

Quelquefois Il riait sous cape comme s’il avait fait un mauvais coup tellement sa vie lui apparaissait comme un conte de fée
Toujours impeccable, soigné et élégant même très jeune, il gardait ses chaussures chez un marchand à l’extérieur du Mellah et les récupérait plus tard pour ne pas les salir.
Il était comme ça!
Il parlait de son institutrice Melle Sidi de l’école YD Semach avec émotion et reconnaissance
Elle l’appelait déjà Charlie l’homme d’affaires 
Un jour elle lui donne des bouteilles vides à vendre
Il n’allait pas perdre son temps en broutilles de ce genre en un commerce largement en dessous de ses compétences
Il donne les bouteilles vides au premier venu rapporte l’argent à Mlle Sidi au complet en lui disant j’ai tout vendu.
Charlie l’homme d’affaires!
A 12 ans il a un commerce de gâteaux,
de mille feuilles légèrement avariées
Je dis bien légèrement
Pour lui qui n’était pas un grand amateur de livres c’était un comble mais rien ne semblait l’arrêter
il vendait donc ces mille feuilles de deuxième et troisième catégorie et pire mais encore en excellente condition (d’après lui, aucune garantie)pendant les récréations mais encore une fois ce n’est pas lui qui faisait le travail
Il avait des dizaines de petits arabes, des petites mains comme on dit commissionnées au nombre de gâteaux vendus
Lui évidemment était le CEO et ramassait les bénéfices

A 15 ans il commence son aventure chez Chaussures Bata et très vite devient l’acheteur le plus jeune du Maroc.
Il acquiert sa première voiture une Karman Ghia et commence ainsi son histoire d’amour avec les voitures.
En attendant il crée avec Tétèle sa femme sa Famille: Joëlle d’abord puis Alain et Nathalie qui feront son bonheur chacun à sa façon avec chacun, ses enfants !

Puis c’est l’aventure Canadienne avec son oncle Dave Malka: Charles David!
Une belle histoire en rétrospection !
En tous cas des moments de grande amitié, de voyages et comme toujours avec lui, son sens de l’humour, son affection infectieuse et débordante, sa disponibilité, sa belle générosité aussi.
Il voulait ce qu’il y avait de mieux mais adorait partager.
La paracha de la semaine dernière parle d’Abraham et de lech lecha
Laisse aller, lâche! C’est ce qu’il a fait en laissant une situation enviable à Montréal pour tout recommencer à Los Angeles

Alors la Californie et là encore il a su s’adapter et créer un label prestigieux reconnu internationalement, se faire des amis, réinventer son histoire
Son éthique de travail, son intelligence , sa souplesse faisaient merveille
Il s’adaptait à tout rapidement
Dans sa tête il faisait son calcul à la vitesse de la lumière et revenait avec une solution presqu’un instantanément
Il ne se plaignait jamais
Il ne voyait que le bon côté des choses
C’était un optimiste heureux , un pacifique qui aimait l’harmonie
Je ne l’ai jamais vu de mauvaise humeur
Jamais!
Je ne l’ai jamais vu regretter quoi que ce soit! Bonne ou mauvaise affaire!

En ce qui me concerne il a été dans toute l’acception du terme mon grand frère,
mon compagnon de route et de mille voyages
Nous avions entre nous une complicité qui se passait de mots
J’adorais sa compagnie, il aimait la mienne et pour lui qui était fils unique trouver un frère qu’il avait choisi était en soi une réussite.
Moi j’étais fier de son amitié inconditionnelle
Il aimait rire je le répète bien manger
Avoir le soleil sur le visage dans la contemplation du bonheur tranquille
Celui fait de petites choses sans importance qui finissent par devenir l’essentiel!
Et si c’était cela le bonheur?
Je lui suis reconnaissant en tous cas de cette amitié de toute une vie
Celle qui m’a accompagné et me protégeait à Paris quand j’avais 16 ans et qu’il me faisait dormir dans sa chambre d’hôtel pour que je n’attrape pas froid
Celle qui m’encourageait et me poussait à prendre des risques à Montréal
Et celle de cette époque pas si lointaine où dès mon arrivée en Californie avec sa femme et ses enfants il a été présent et indispensable à chacun des moments les plus importants de ma vie.
Quand je me retourne je ne vois que des images heureuses de nous, des photos de fêtes, de voyages, d’anniversaires, de mariages, de naissances, de tables glorieuses de Shabbat, compliments de sa femme ou de ses enfants!

Pour lui et pour moi et pour tous ceux et celles qui l’ont accompagné dans ce beau voyage qu’on appelle la vie je dis Merci
Au nom de toute ma Famille les Abitbol, Amar, Bitton, Kakon, Wizman et évidemment tous les Malka je lui dis Merci.
Au nom de notre humanité je lui dis merci
Merci d’avoir honoré notre famille de sa présence, de sa personnalité hors norme, de sa générosité et de sa nature particulière de bon vivant
Au nom de tous je lui dis merci et adieu.
Il part comme on dit en laissant sa place propre et le monde meilleur qu’il ne l’a trouvé !

On peut dire en tous cas sans risque de se tromper beaucoup que si Charles Malka, Charlie pour les intimes, a vécu en grand seigneur Il part comme un Roi!

Il va nous manquer, il va me manquer!

Bob Oré Abitbol

Boboreint@gmail.com

Commentaires

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.

Contenu Correspondant