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Hommage a Claude Barouch, mon frère, mon ami, par Josiane Sberro

Hommage a Claude Barouch, mon frère, mon ami… Josiane Sberro

Aujourd’hui ce sinistre microbe qui joue les anges de la mort, a étêté le monde juif de sa plus belle plante. Claude, mon frère, ton empreinte est d’une force et d’une richesse telles, que j’aurais aimé avoir le temps de réfléchir, de dire, à la hauteur de ce que tu as été, le vide que tu laisses. Comment intégrer le fait que tu ne seras plus au bout du fil de nos inquiétudes partagées ?

Mais la solitude terrible des funérailles solitaires actuelles nous obligent à hurler notre révolte et notre peine immédiatement, comme des bêtes malades, jusqu’à te faire entendre nos larmes et nos voix. Pour te dire cher Claude, que nous sommes là au bout de la plume, à la pointe du cœur, que tu manques déjà, que tu nous manqueras chaque jour davantage.

Claude Barouch et Josiane Sberro

Les enthousiasmes de l’adolescent caché en toi, les causes permanentes qui te menaient à des colères homériques et justifiées : ton affectueuse obsession pour la République et la démocratie, l’antisémitisme, les déviances des médias, la désinformation, ce que tu appelais avec ton courage des mots « l’hypocrisie des Nations », les relations judéo-chrétiennes, le rôle de l’Éducation en France, et par-dessus tout, la véritable image d’Israël, défendue bec et ongles avec ton brio habituel, sans la moindre peur des mots, des actions.

« Claude mon ami, ton regard bienveillant, ton sourire humain font que tu ne manqueras pas à tous, non : tu manqueras à chacun d’entre nous »

Claude mon frère, mon ami, tu as été pour nous un rassembleur, un chef ! De ces chefs que l’on aime à suivre sans hésiter, car ils sont de ceux qui disent « après moi », et jamais « en avant » !!

Tes inoubliables colloques, dont tu assurais l’idée, le sujet, le choix des lieux, des participants, ont des titres qui te définissent mieux que tous les mots : Situation d’urgence pour la démocratie, medias tous coupables, de Copernic au Bataclan, Jérusalem un sujet capitalE ..et tu tenais au « E » ! Une fois lancées les opérations, tu te faisais tout petit, avec la discrétion des plus grands.

Claude notre exemple, tu n’étais pas homme de clan ni de parti. Homme à te contenter de ton nom sur une carte de visite, si prestigieuse fut elle, tu étais avant tout, devant tous, un homme libre de pensée, d’action, de cœur. Tu pensais par toi-même et agissais de même.

Claude mon ami, ton regard bienveillant, ton sourire humain font que tu ne manqueras pas à tous, non : tu manqueras à chacun d’entre nous, intensément, car ta générosité sans faille a donné à chacun ce qui lui manquait, avec un sourire de soutien et d’amitié qui rehaussait les humbles à la portée de l’homme que tu étais.

Claude notre tête de pont ne jugeait pas les êtres, selon la notoriété, le portefeuille ou la carte de visite. Il était avant tout l’ami de l’humain. A le côtoyer, on se sentait dans l’obligation d’être à la hauteur de son attente, de la confiance qu’il mettait en vous, à la hauteur de l’homme qu’il était.

Claude cher guide et cher ami, te décevoir un jour, à la moindre de tes attentes –toujours pour le collectif-, aurait été pour moi une punition personnelle, indélébile. Oui je pleure, je pleure car je sais ce qui nous échappe avec ton départ précipité ! Serons-nous à la hauteur de ton exemple mobilisateur et fédérateur ?

Je pleure car je pense à Michèle, sa discrète admiration devant ce mari toujours en mouvement, en emportements, devant cette famille si unie et si rayonnante, où Alexandra garde la flamme et le flambeau allumés, avec cette admiration dans le regard pour ce père adoré.

Chère famille Barouch, nous partageons la peine, l’absence abyssale, l’injustice de ce départ avant l’heure du temps et de l’âge. Avec tous les membres de France-Israël, permettez-moi de vous embrasser et de vous dire notre peine, notre douleur de n’être pas à vos côtés au moment du grand départ. Reste un seul mot comme il les aimait :

Claude mon frère, mon ami, ces mots que Bill Clinton a adressé à Itzhak Rabin après sa mort , et qui te reviennent : CHALOM HAVER* !!

Josiane SBERRO
Vice-présidente de France-Israël

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