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J’ai filmé l’agression du jeune homme de Fès: « Tuez le juif, tuez le juif »

 

J’ai filmé l’agression du jeune homme de Fès

 

 

 

 

Le journaliste du site d’informations Goud, Omar Mouzaine, qui a filmé l’agression du jeune homme supposé homosexuel de Fès nous livre son témoignage sur une scène qui a pris une ampleur considérable.

Dans la nuit du 29 juin, alors que j’étais en train de diner avec un ami dans un restaurant aux environs du boulevard Hassan II, j’entends des bruits de bagarre. Lorsque je m’approche de la scène, je constate qu’une dizaine de personnes se sont rassemblées autour d’un jeune homme. Celui-ci est frappé sauvagement par des personnes qui ont, pour la plupart, la vingtaine.

 

A l’origine, un taxi

À l’origine de cette rixe, un chauffeur de taxi. La victime voulait, avant que les coups ne pleuvent sur lui, prendre un taxi qui l’emmènerait vers son domicile. Une demande à laquelle le chauffeur du véhicule refuse d’accéder sous prétexte que son taxi sera vide au retour. Il décide d’imposer une double tarification au jeune homme qui la refuse. Un échange verbal s’ensuit à l’issue duquel le taxi parvient à dérober deux smartphones ainsi que le portefeuille de sa désormais victime qu’il chasse de son véhicule en criant «  Travelo ! Travelo !»

Il n’en faut pas plus pour que plusieurs individus se regroupent autour du jeune homme et commencent à le molester.  N’ayant plus la possibilité de récupérer ce qui lui a été dérobé par son premier agresseur du soir, il embarque dans un deuxième taxi.  Impossible de s’enfuir toutefois puisque la foule empêche le véhicule de démarrer.

« Tuez le juif, tuez le juif »

Le jeune homme tente néanmoins d’accéder à un troisième taxi, mais on l’empêche de pénétrer dans la voiture. C’est le moment où la vidéo commence. Les coups pleuvent. Personne n’essaye de le sauver. Un homme barbu passe et commence à crier : «  Tuez le juif ! Tuez le juif ». Si la police n’était pas intervenue ce soir-là, le jeune homme serait certainement mort.

Même après l’intervention des forces de l’ordre, les agresseurs et les personnes autour d’eux sont restés et ont commencé à jeter des pierres sur la victime alors que la police l’escortait. Seule une arme de fonction brandie par un officier parvient à calmer une foule en délire. On avait déjà vu des agressions contre des homosexuels dans la ville de Fès. Mais rarement avec une telle violence.

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