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Je ne pourrai jamais oublier d’où je viens .

Je ne pourrai jamais oublier d’où je viens .

 

Je suis née à Casablanca en 1959 , dans l’un des pays les plus fraternels et chaleureux au monde ... le Maroc .

On traitait tout le monde comme la famille. On allait jouer dehors dans la rue avec nos petits voisins , on était toujours contents et on mangeait ce que notre maman se donnait la peine de nous cuisiner.
On goûtait avec une tranche de pain, du beurre, du chocolat , un verre de thé à la menthe boisson chaude locale avec les pâtisseries orientales que ma maman aurait confectionné ce jour là ... on buvait du sirop de menthe ou de grenadine , on partageait nos gâteaux et nos bonbons quand nous en avions, ça nous coûtait qq centimes , nous achetions chez l’épicier du coin des piroulis et de la réglisse et puis il finissait toujours par nous faire crédit car il nous connaissait bien et que la confiance reignait...
Quand on avait fini de goûter, on faisait nos devoirs et ensuite on allait jouer dans le jardin car à l’époque nous vivions plus dehors qu’en intérieur ...
On pouvait rester toute une journée à la fête foraine avec 20 francs (3€) et parfois moins...
On jouait à longueur de temps au foot, au velo, a la marelle , aux osselets , aux billes, à l'élastique, à la corde à sauter, à cache-cache, au ballon, au prisonnier, , etc... on ne connaissait pas la haine ni les différences . Nous étions amis avec nos frères et sœurs , avec nos petits voisins marocains ou nos amis d’école français . C’était ça notre enfance !
En automne , On faisait un mont avec les feuilles d’arbres pour sauter dedans, sans penser aux microbes. On pouvait faire un tour du quartier sans inquiétude. On ramassait des p'tits fruits dans les arbres , on aidait à la maison, on se baladait à vélo sur le trottoir sans casque ni protège-genoux mais avec une épingle à linge coincée dans la roue pour faire un bruit de moto. On faisait du patin à roulette.
Pour appeler nos copains et nos copines pour jouer, on allait devant chez eux et on criait leurs prénoms bien fort.

Le soir après notre bain, on mettait notre pyjama et nos pantoufles et au plus tard 20h30 on était au lit et sans discuter. On était contents si on avait réussi à grappiller jusqu'au moment de la météo, parce que c'est tout ce qui comptait pour nous, savoir si on pourrait jouer dehors demain. Pas de réseaux sociaux, pas de portable et on n'aurait pas su quoi en faire puisqu'on avait des copains et un ballon.
On avait peur de rien, et nos aînés n'avaient pas à s'inquiéter pour nous. Tout le monde connaissait les enfants des autres et pouvait lui dire "Attends que je vois tes parents si tu n'es pas sage", personne ne se faisait la gueule pour ça parce qu'on pouvait compter les uns sur les autres.

On nous a appris le "RESPECT" des autres. Étant enfant, tu n'avais pas à interrompre un adulte qui parlait.
Ce n'est pas avec des armes que nous réglions une altercation, une dispute.
À la tombée de la nuit, on savait qu'il était temps de rentrer à la maison.
On aimait aller à l'école parce qu'on nous avait appris à respecter les enseignants et c'était un plaisir de voir chaque jour nos copains et nos copines de classe.
On fermait nos bouches face à nos aînés parce qu'on savait que si on leur manquait de respect, on avait juste ce qu'on méritait… La pire des punitions était : "tu n'iras pas jouer dehors".

On devrait plus souvent repenser à tous ces moments heureux, parce qu'on est en train de se perdre dans une société où il n'y a plus de respect, ni autorité, ni compassion, ni bienveillance pour les autres. Le bon sens se perd également, de même que la notion du bien ou du mal.

Simy Levy

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