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La célèbration de Hanoucca à Essaouira

La célèbration de Hanoucca à Essaouira

Dans une ambiance empreinte de spiritualité et de communion, des Marocains de confession juive originaires en grande majorité d’Essaouira ont ainsi procédé à l’accomplissement de prières et à l’allumage de la 8è Menorah (bougie), célébrant ainsi la fin de cette fête qui dure 8 jours.

Cette fête s’est tenue en présence notamment, du Conseiller du Roi et président-fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, M. André Azoulay, d’Ahmed Ghayet, président de l’Association Marocains Pluriels, ainsi que d’autres personnalités de confessions musulmane et chrétienne, dont des acteurs associatifs, des résidants étrangers et des hôtes de la cité des Alizés.

Dans une allocution de circonstance, M. Azoulay s’est félicité de ce moment très fort et plein d’émotions que des Souiris et amis d’Essaouira ont eu à célébrer ensemble.

"Nous célébrons aujourd’hui, le dernier soir de la fête des lumières "Hanouccha", la dernière bougie qu’on allume. Cette fête au-delà des juifs, est celle de Tous. C’est la fête de toutes les modernités, des espoirs, de la lumière : La lumière de la vie", a-t-il dit.

Et de poursuivre que c’est aussi la fête de la résistance, et la fête de la résilience. Et comme nous sommes ici dans un espace qui est celui de la Mémoire, "Bayt Al Dakira", la résilience prend tout son sens ici, pour les juifs mais, c’est une résilience universelle comme pour la modernité.

Pour M. Azoulay, "cette fête est universelle comme les lumières qui brillent tout simplement lorsqu’elles sont celles de tous". "Je suis, à la fois, fier et ému parce que cette fête juive est organisée à l’initiative de jeunes compatriotes musulmans. Ce geste n’est pas rien", a-t-il insisté.

"Cette fête de Hanouccah est très symbolique, très riche et qui incarne à la fois l’esprit et la culture d’Essaouira, puisque à la fois nous avons, non seulement, été éduqués dans cette école spirituelle mais nous sommes très heureux que la renaissance de cet esprit se fasse dans cette convergence, cette proximité, cette intimité, et cette solidarité entre islam et judaïsme, entre islam, judaïsme et autres", a-t-il conclu.

De son côté, le président de l’Association Moga’Jeunes, Othmane Mazzine, s’est félicité de l’organisation de cette fête religieuse à Essaouira, rappelant qu’une initiative similaire destinée à fêter Noël avec les Chrétiens, à travers un partage de "Buche d’Al Maheba (amour)" a eu lieu le 25 décembre à l’Eglise Notre Dame de l’Assomption de la cité des Alizés.

Et de conclure qu’au Maroc en général, et à Essaouira en particulier, ces valeurs de coexistence, d’ouverture, de respect mutuel et du vivre en commun, on ne les invente pas: celles-ci constituent l’ADN et l’esprit de cette terre bénie qui les incarne et les porte depuis des siècles.

Au terme de cette fête, l’assistance a été conviée à une réception selon le rituel juif, avant que des explications ne lui soit fournie sur Bayt Dakira, en cours de finalisation, ayant une triple vocation : spirituelle, avec la Synagogue Slat Attia, puis un espace "Histoire et Mémoire", et enfin, la Recherche Scientifique à travers le Centre de Recherches Abraham Zagouri sur le droit hébraïque marocain, et le Centre de Recherches Haïm Zefrani sur les relations entre islam et judaïsme.

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