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Les chutes de Jérusalem - Sept siècles de guerres et de paix

Les chutes de Jérusalem - Sept siècles de guerres et de paix

par John D. Hosler
New Haven, Yale University Press, 2022. 334 p.

Critique par Daniel Pipes

Spécialiste en histoire militaire, chose de plus en plus rare, Hosler enseigne au Command and General Staff Collège de l'armée américaine à Leavenworth, au Kansas. Dans son livre, il considère la ville abondamment étudiée de Jérusalem sous un angle original en accordant autant d'importance aux temps de paix qu'aux temps de guerres. Il découvre un message d'espoir venu d'autrefois. « On a atteint au Moyen Âge un véritable accord entre ennemis acharnés sur le plan religieux et ce, non pas une seule fois mais à plusieurs reprises au fil des siècles, dans des contextes divers et au milieu d'une guerre quasi permanente. »

Jerusalem Falls (« Les chutes de Jérusalem ») couvre une période tumultueuse de 630 ans, depuis la conquête iranienne en 614 de notre ère jusqu'à la dernière prise médiévale de la ville par les musulmans en 1244. (Après cette date, la ville est restée sous contrôle musulman pendant 673 années relativement tranquilles jusqu'à ce que les Britanniques s'en emparent en 1917 et inaugurent une nouvelle période tumultueuse.) À l'examen des nombreuses attaques (Hosler en dénombre 19 mais dans une interview postérieure au livre, il mentionne en avoir découvert une de plus, ce qui fait 20 en tout), « on peut trouver dans l'histoire des sièges de Jérusalem au Moyen Âge, la présence d'une concorde religieuse et d'une certaine tolérance. » En effet, cette découverte est à l'origine de l'écriture du livre : « les éléments positifs nés de cette tolérance brute ont été largement sous-estimés dans les productions historiques contemporaines sur cette époque ainsi que dans le discours politique contemporain en général. Au contraire, les analyses précédentes ont eu tendance à imaginer le passé comme l'histoire d'un choc interminable et inexorable de civilisations. »

Parmi les nombreuses conquêtes, le critique que je suis ici a trouvé que celle de 1229 était la plus intéressante notamment en raison de l'obscurité qui l'entoure généralement et aussi du fait de son importance à long terme. Hosler soutient que les actes posés par le conquérant de la ville en 1229, le souverain du Saint Empire romain germanique Frédéric II, « ont eu un retentissement tout au long de ces huit derniers siècles ». En effet, Frédéric « a confirmé une tradition politico-religieuse établie au VIIe siècle et maintenue par la suite sous diverses formes : prière musulmane sur le mont du Temple, prière chrétienne dans l'église du Saint-Sépulcre et présence juive tolérée et disséminée dans la ville en général. »

Ainsi, conclut Hosler, « les conquêtes médiévales, qui semblent si éloignées des vicissitudes du Moyen-Orient contemporain, ont laissé une empreinte indélébile sur le statut actuel de Jérusalem ».

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