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Les juifs de l'ancien Midelt (Outat)

Les juifs de l'ancien Midelt (Outat)

 

L’étude historique de la population juive d’Outat se heurte aux problèmes de sources. Les juifs autochtones, que nous avons pu questionner, ne savent pas dans quelles conditions leurs ancêtres étaient arrivés dans les ksour d’Athmane Ou Moussa, Bouzmella et Ait Ouafella ; tout ce qu’ils savent c’est que ces kasbahs étaient habitées par des juifs et des musulmans, et que les juifs n’étaient pas isolés dans des mellahs comme dans les grandes villes. 

Les juifs ne se sont installés dans l’Outat qu’après l’arrivée des Ait Izdeg, c’était au cours du XIX siècle. Les indications des stèles du cimetière juif se trouvant à Tizi N’Oudayne près de Guerouane sont en faveur de cette hypothèse. 

Un grand nombre de familles étaient originaires du Tafilalt (Gourrama, Rich, Ksar Souk …) ou de Debdou. 

D’autres revendiquent une origine d’Essaouira via Ait Itzhak) c’est le cas de la famille Pintou, dont le père était Caïd à Athman Ou Moussa. 
Les juifs d’Outat étaient des campagnards qui menaient la même vie rudimentaire que les Ait Izdeg et Ait Ouafella . 

Le marquis de Segonzac, rapporté par Amina Ihray, notait à la fin du XIX siècle : " les juifs ont une situation exceptionnelle chez les Ait Izdeg et les Ait Ouafella ". En effet, les témoignages oraux des anciens Outatiens nous rapportent qu’ils vivaient en bon voisinage. 

Les mêmes sources nous disent que les juifs d’Outat, et surtout ceux des Ait Ouafella étaient fellahs. Ils possédaient des terrains qu’ils exploitaient ou faisaient exploiter par des khemmesses (ouvriers qui bénéficient du cinquième du rendement agricole.) 

D’autres étaient forgerons, fabricants de bas et de tamis, potiers, et surtout marchants ambulants qui sillonnaient le Haut Atlas Oriental à dos d’âne. Ces colporteurs vendaient leurs marchandises à crédit aux Zedguis qui ne pouvaient pas régler comptant. 

Amina Ihray nous rapporte un témoignage concernant ce sujet : « nous avons eu connaissance à travers des papiers familiaux, que l’on nous a confiés du cas d’un Zedgui qui a dû racheter tout son patrimoine que son père avait hypothéqué auprès des juifs colporteurs ». 

Les cultes populaires des juifs d’Outat présentaient d’évidentes analogies avec les cultes maraboutiques des Ait Izdeg et des Ait Ouafella. 

A Taâkite existait, jusqu’à des temps récents, une sépulture d’un Saint juif connu sous le nom de Moul El Kaf. 

Plusieurs rabbins de la région (Outat, Gourrama, Rich) étaient considérés comme maîtres dans l’art d’écrire des talismans. Ils avaient acquis la réputation de produire l’effet attendu et Ils étaient consultés par une grande population surtout féminine, aussi bien juive que musulmane. 

Dr Mouhib Mohamed 

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