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Lettre ouverte à l’inconscient de Jean-Luc Mélenchon.

Lettre ouverte à l’inconscient de Jean-Luc Mélenchon.

Cher inconscient.
Que c’est dur, la vie publique.
Que c’est dur, la vie politique.
Pour un inconscient si cultivé.

Un inconscient nourri à l’humus de la République.
Un inconscient souvent en dialogue avec quelques grands, feu François Mitterand ou feu Philippe Séguin.

Un inconscient forgé comme enfant de chœur chantant en latin devenu jeune homme membre de l’OCI.
Un inconscient abreuvé de valeurs républicaines, de l’hémicycle du Sénat aux couloirs de Solférino.
Un inconscient notable gouvernemental puis rebelle officiel.

Ah le bel inconscient qui lors d’une interview à l'occasion du récent changement de gouvernement, répondant à la question de savoir si les policiers devaient accepter, tel Jésus, de se laisser gifler plutôt que de répliquer vertement, n’a pu s’empêcher d’exprimer le plus ancien, le plus éculé, le plus infâme des poncifs antisémites : les juifs déicides ont délibérément tué l’un des leurs certainement pour des raisons sordides.

Ah le trait noir d’esprit venu de loin, venu des tréfonds de l’âme.
Ah l’humour qui grince, qui crache , qui vomit sa haine.
Ah le mensonge historique car ce sont les romains qui ont crucifié et tué Jésus

Sa double haine :
celle des policiers qui n’ont qu’à prendre des coups, qui n’ont qu’à souffrir, qui n’ont qu’à mourir. Et c'est bien fait pour eux!
celle des juifs qui n’ont qu’à prendre des coups, qui n’ont qu’à souffrir, qui n’ont qu’à mourir. Et c'est bien fait pour eux!

Ah l’inconscient d’un leader politique qui ferait se retourner tous les républicains morts pour la patrie en vouant si clairement aux gémonies les policiers et les juifs.

Cher Inconscient de Jean-Luc Mélenchon, nous vous proposons un chemin de compréhension , un chemin de désintoxication, un chemin de paix pour que la conscience de l’être cher que vous habitez puisse trouver l’apaisement : un double stage. L'un dans un équipage d’une voiture de police allant protéger des pompiers intervenant au milieu d’une cité. Et l'autre dans un groupe d’amis portant kippa et sortant d’une synagogue ou d’une épicerie casher dans un autre quartier d’une autre ville où il ne reste quasiment plus d’enfants juifs dans les écoles de la République.

Alors, peut-être, cher inconscient, pourrez-vous prendre conscience de la portée des propos que vous avez glissés certainement par esprit taquin dans la bouche de notre tribun de l’Essone et de Marseille.

Gad Weil et Jean-François Bensahel
Co-Présidents de Judaïsme En Mouvement

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