Share |

Maghreb: Le racisme anti-Noir

Maghreb: Le racisme anti-Noir

 

Ceux parmi les Maghrébins qui sont en déni de leur identité africaine sont une menace pour eux même, et peuvent être instrumentalisés par des idéologues extrémistes de touts bords. La propagande du racisme colonial à malheureusement porté ses fruits dans l’esprit du large public Maghrébin. Dans l’ordre social, il vaut mieux se dire Arabe que Noir Africain. L’un est supérieur, l’autre inférieur. Vivre avec ce déni de soi et ce complexe d’infériorité est un supplice mental dont les retombées peuvent surgir violemment.

 

L’identité vexée est réactive.
L’image de la supériorité conférée au Blanc, que celui-ci soit Arabe ou Européen, fait du Maghrébin un être en quête permanente d’être accepté par l’autre.
Pour lui être Arabe c’est comme avoir un visa qui peut le faire sortir de la prison identitaire de n’être qu’un Africain comme les autres.

Tous ces Maghrébins qui jouent les Blancs dans leur tête font le jeu des idéologues des extrêmes. Que ces idéologues viennent de la Droite ou la Gauche politique, ou même de tendances religieuses, n’a aucune importance.
Ils ont dans le Maghrébin complexé un client de rêve.
Celui touché par le discours de droite voudra transformer sa culture jusqu’à être méconnaissable, et celui convaincu par les idéologues de Gauche dira aussi que sa culture naturelle doit être sauvée par une méthode venue d’ailleurs.

Le Maghrébin complexé et profondément humilié à une colère intérieure qui peut lui faire perdre des repères et faire des amalgames qui romantisent sa position dans le monde.
Vers où s’échappe la pensée de celui qui ne s’aime plus ?

La vente d’esclaves Noirs en Libye, le racisme quasi institutionnel de l’Algérie face aux migrants sub-sahariens, la violence au Sahel, sont tous des événements liés au racisme.
Les mercenaires Africains au service de ces idéologies racistes sont des êtres détruits de l’intérieur par le racisme, qui sont convaincus que l’histoire vient d’ailleurs que chez eux. Ils ont un regard méprisant à l’égard de leurs semblables. Le danger est quand ce mépris cherche un échappatoire par la fierté, et se transforme en agression.

Si il faut passer par la violence, de devoir devenir un autre pour avoir le droit d’exister, la brutalité est déjà inscrite dans le rapport au monde.

L’accumulation de preuves durant des générations de ce rapport de force, ne fait qu’exacerber le malaise. Le racisme est une machine idéologique qui ne dort pas.
Les sources de cette machine ne tarissent pas, elles sont la peur et l’envie de richesses.
Certes, le racisme est un attrape nigaud, il est construit de mensonges, fait de frontières illusoires, façonné pour diviser et mettre en confrontation afin de tirer profit de ceux assez bêtes pour tomber dans le piège. Mais aussi sa vanité est la destruction de l’âme humaine, la perte de conscience qui menace le goût ou la raison de vivre.

Le racisme est aussi une invitation silencieuse au suicide.
Derrière tous les extrémismes que nous voyons en Afrique, le gouffre de la haine de soi est présent. On ne se laisse pas commettre des actes horribles quand on a l’amour de soi.

Le racisme est un fléau psychologique autant que physique. La haine de soi peut être plus dévastatrice que celle d’un autre. En fait c’est le point dans la cible que la flèche empoisonnée du racisme cherche à atteindre. Chez le Maghrébin complexé qui préfère se voir en chevalier musulman Afghan, ou bien à l’autre extrême complètement occidentalisé, pour s’accepter soi même, il y a un étouffement de ses racines africaines, un rejet, un vomi identitaire.
Le Maghreb sera en danger de récupérations et d’instabilité sécuritaire tant qu’il n’aura pas mis cette discussion dans ses priorités.

Et sans le Maghreb, l’Afrique ne peut pas avancer.

Commentaires

Publier un nouveau commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.

Contenu Correspondant