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Maroc-Israël : Plusieurs associations amazighes expriment leur satisfaction

Maroc-Israël : Plusieurs associations amazighes expriment leur satisfaction

La proximité entre les Israéliens et les amazighs a souvent été mise en exergue. Yabiladi donne la parole à des activistes amazighs pour expliquer les liens unissant les deux parties.

La reprise des relations entre le Maroc et Israël, annoncée le jeudi 10 décembre, n’a pas fait que des mécontents. La majorité des associations amazighes ne partage pas la colère des islamistes et de certaines formations de gauche. Et pour cause «les liens entre les amazighs et les juifs n’ont jamais été rompus. Avant l’arrivée des musulmans, les deux peuples se connaissaient et cohabitaient dans le même espace», explique Houcine Oublih, l’ancien n°2 du Parti démocratique amazigh marocain (dissout en 2008) et actuel membre du comité de pilotage du Front d’action politique amazigh.

«Cette proximité s’est traduite sur le terrain par la création, en 2005 à Agadir, d’une association d’amitié entre les deux peuples. Elle a été suivie par un échange de visites, avec l’arrivée d’Israéliens au Maroc et des déplacements de Marocains dans l’Etat hébreu.»

Pour sa part, Boubker Outaadit, un activiste amazigh, préfère placer cette entente dans un cadre humaniste plutôt que politique ou historique, assurant que «par principe, les Amazighs n’ont pas d’ennemis. Nous respectons tous les humains quelque soit leur religion, couleur ou langue. Nous respectons aussi les intérêts suprêmes de l’Etat marocain et nous laissons à l’Etat le gouvernail de la politique».

«Quant à la reprise des relations des relations entre le royaume et Israël, je pense que c’est une décision importante qui devrait favoriser la consolidation du multiculturalisme au Maroc dans la perspective d’intégrer l’officialisation de la religion juive au rang de religion d’Etat au même titre que l’islam, avec à la clé la célébration officielle des fêtes juives, telles la Hanouka, Pourime ou Pessa'h.»

Actuellement, la religion juive n’est considérée comme un «affluent» parmi d'autres, dans le préambule de la constitution du 1er juillet 2011.

«Les juifs marocains sont des Amazighs»

Pour Rachid Raha, président de l’Assemblée mondiale amazighe, marocains juifs et amazighs ne font qu'un : «Il ne faut pas oublier que le million de juifs d’origine marocaine installé en Israël sont des amazighs qui n’ont jamais rompu le cordon ombilical avec le Maroc.» 

«Cette reprise des relations est une chance pour le Maroc. En renforçant ses échanges commerciaux, culturels et diplomatiques avec Israël, le royaume pèsera sûrement dans les négociations au Moyen-Orient et pourra mieux défendre les revendications des Palestiniens.»

Pour le président de l'Assemblée mondiale amazighe, «Rabat a réussi à imposer ses choix politiques à l’Union européenne, notamment avec l’intégration du Sahara dans ses accords avec les Vingt-Sept, qu’une fois l’UE a admis que ses échanges avec le Maroc sont incontournables. En revanche, l’Algérie qui a choisi de s’isoler a perdu beaucoup de plumes au niveau de ses relations avec l’Union européenne et sur la scène internationale».

«Il ne faut surtout pas oublier que le lobby juif aux Etats-Unis a fermement défendu l’intégrité territoriale du royaume à des moments critiques, notamment en 2013 lorsque l’administration Obama voulait élargir le mandat de la MINURSO à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara», conclut-il.

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