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Pour l’honneur d’un soldat

Remarque du rédacteur en chef : alors que certains rédacteurs de la Ména soutiennent le point de vue exprimé par Guy Millière dans son article de ce jour, d’autres ne partagent pas son narratif, son analyse et ses conclusions.

 

En conformité avec nos règles éditoriales, je ne permettrai cependant pas aux journalistes dont l’avis diverge de celui de Guy Millière de revenir sur l’affaire traitée, au moins jusqu’à ce qu’elle connaisse des évolutions qui nécessitent un nouvel article.

 

Car si je le faisais, l’expérience a montré que plusieurs autres journalistes de la Ména pourraient réclamer un droit de réponse que je ne pourrais alors pas leur refuser. Et, le cas faisant jurisprudence, les choses pourraient se répéter face à chaque évènement, la discussion se résumant alors à un débat interne entre rédacteurs de l’agence, ce qui ne correspond pas à notre vocation d’informateurs et d’analystes.

 

Notre démarche consiste au contraire à réserver l’opportunité du débat à ceux qui nous lisent. Ceci posé, et pour préserver l’équilibre dans l’expression de la Ména, à la prochaine occasion attenante à la politique domestique israélienne, je demanderai à un journaliste ayant une sensibilité différente de celle de Guy Millière d’analyser la situation. SJ.

                                                                                                                                

Pour l’honneur d’un soldat(info # 010105/16)[Analyse]

Par Guy Millière ©MetulaNewsAgency

 

On le sait, je pense, le sergent Elor Azria, soldat dans les Forces de Défense d’Israël, est accusé d’avoir tué un terroriste djihadiste déjà « neutralisé » et au sol. Moshe Yaalon, ministre de la Défense d’Israël, a aussitôt incriminé le sergent dans des termes très durs, et est allé, depuis, jusqu’à comparer indirectement son comportement à celui d’un membre de l’Etat Islamique. Le chef d’état-major de l’Armée israélienne, le Maréchal Gadi Eizenkot, a tenu des propos allant dans le même sens que ceux de Moshe Yaalon. Elor Azria est accusé d’homicide. Il a été arrêté, mis en examen, et doit répondre de ses actes devant la justice. Son procès doit reprendre demain, le 2 mai.

 

Quelle que soit l’issue du procès, ce qui s’est passé est très grave.

 

Une des règles fondamentales de la justice est la présomption d’innocence. Le sergent Elor Azria a été traité d’emblée par Moshe Yaalon et Gadi Eizenkot non pas sur la base de la présomption d’innocence, mais sur celle de culpabilité : cela me semble préoccupant.

 

La raison en est que cette présomption de culpabilité repose sur une vidéo biaisée, diffusée par une ONG gauchiste anti-israélienne, B’Tselem ["A l’image de", Genèse, 1/27, "Et Dieu a créé l’homme à [son] image ". Ndlr.].

 

Qui, en dehors de gauchistes anti-israéliens, peut accorder du crédit à une vidéo biaisée produite par une organisation gauchiste anti-israélienne ? Les media européens ? Oui, bien sûr. Mais les media européens sont dans tous les cas anti-israéliens et n’apprécient que les Israéliens qui détestent leur propre pays. Le penchant à gauche de divers media israéliens me semble surtout être un sujet de consternation qu’un objet de réjouissance.

 

 

Ce qui est préoccupant est que le ministre de la Défense et le chef d’état-major de Tsahal, en appuyant et en alimentant la présomption de culpabilité, ont semblé craindre les réactions médiatiques plutôt que réaffirmer des principes essentiels, en défendant l’honneur d’un soldat, qu’ils ont accepté de voir traiter de manière dégradante et humiliante.

 

Des milliers d’Israéliens se sont mobilisés pour, eux, défendre l’honneur d’un soldat, et ont manifesté à Tel-Aviv pour faire entendre leur voix. Selon les sondages, une très nette majorité de la population israélienne se place du côté de ceux qui ont manifesté.

 

Jusqu’à plus ample informé, le sergent Elor Azria a effectivement tué un terroriste djihadiste blessé et à terre, mais rien ne permet de dire que ce terroriste djihadiste était effectivement « neutralisé ».

 

Le terroriste en question, qui venait de commettre une agression qui aurait pu être meurtrière, portait une tenue épaisse qui aurait pu dissimuler des explosifs destinés à un attentat suicide. Il a, dit Elor Azria, et ses propos sont corroborés par plusieurs témoins, fait un mouvement qui pouvait indiquer qu’il entendait actionner un détonateur. Qu’une enquête ait lieu est concevable. Que le sergent Elor Azria soit traité comme un criminel en ce contexte ne l’est pas.

 

Non seulement cela donne du crédit à une organisation gauchiste anti-israélienne et cela fait saliver les journalistes anti-israéliens de la Terre entière, mais cela constitue un signe de faiblesse et de vulnérabilité de la part du ministre de la Défense et du chef d’état-major. Cela ne peut qu’inciter les organisations gauchistes anti-israéliennes à persévérer dans leur travail de sape et à faire saliver davantage encore les journalistes anti-israéliens.

 

Cela ne peut que porter atteinte au moral des soldats israéliens, qui font un travail très difficile, dans des conditions assurément dangereuses, et qui n’ont pas à risquer leur vie plus que c’est d’ores et déjà le cas.

 

Bien trop de soldats israéliens sont morts, ces dernières années, en défendant leur pays et en assurant la sécurité de leurs concitoyens. Nombre de ces soldats sont morts parce que l’Armée israélienne respecte des règles éthiques qui devraient la rendre exemplaire, et qui, néanmoins, ne lui évitent ni les insultes ni la diabolisation.

 

Je suis de ceux qui pensent que chaque mort Israélien est un mort de trop. Je suis de ceux qui pensent que chaque soldat israélien tué est un soldat israélien tué de trop.

 

Je suis de ceux qui souhaitent vivement qu’à la tête du ministère israélien de la Défense et de l’Armée israélienne, il y ait des hommes qui discernent qu’ils n’ont rien à attendre des ennemis d’Israël, strictement rien, quoi qu’il leur soit cédé.

 

Je suis de ceux qui souhaitent qu’il soit pleinement compris par ceux qui gouvernent Israël qu’ils n’ont rien à attendre du côté « palestinien », sinon le pire et l’abjection, qu’ils ont en face d’eux des totalitaires qui ne respectent aucune règle et aucun contrat, et qu’il faut, dès lors, vaincre sans s’abaisser à leur niveau de bestialité, mais sans montrer à leur égard le moindre signe de faiblesse.

 

Je ne doute pas que Binyamin Netanyahou sait qu’il n’a rien à attendre des « Palestiniens » ; il a pris initialement la même position sur cette affaire que Moshe Yaalon et Gadi Eizenkot, mais s’est, fort heureusement, rapidement ressaisi.

 

Je suis de ceux qui souhaitent que soit pleinement compris que la seule issue concevable au conflit est celle que Daniel Pipes proposait il y a quelques années : Israël gagne, les « Palestiniens » perdent. Je suis de ceux qui regrettent qu’Israël n’ait pas gagné à ce jour, alors qu’Israël dispose de tous les moyens pour le faire.

 

Je suis pour une solution israélienne au conflit : ce qui implique que l’Autorité Palestinienne soit traitée comme ce qu’elle est, un ennemi en guerre contre Israël. Un ennemi qu’il faut conduire vers une défaite absolue et irrémédiable.

 

Je suis pour un gouvernement et une Armée israélienne sûrs de leurs valeurs et imprégnés de la volonté inébranlable qu’Israël vive, face à un monde marqué par la haine antijuive et anti-israélienne. Et que tous les ennemis d’Israël, dont B’Tselem fait partie, soient traités comme des ennemis.

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