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Un orchestre israélien joue Wagner à Bayreuth

Un orchestre israélien joue Wagner à Bayreuth

Matthieu Mégevand

Compositeur préféré d'Adolf Hitler, Wagner reste un compositeur tabou en Israël. En ce mardi 26 juillet, l'Orchestre de chambre d'Israël interprète le Siegfried-Idyll du compositeur au Festival de Bayreuth. Une grande première qui risque de faire polémique...

L'orchestre de chambre d'Israël en pleine répétition à Bayreuth, sous la baguette de Roberto Paternostro, le 25 juillet © Frédéric Happe / AFP

A l’occasion de la 100e édition du festival de Bayreuth consacré à l’œuvre de Richard Wagner, le chef israélien Roberto Paternostro, à la tête de l’Orchestre de chambre d’Israël (OCI), interprète ce mardi 26 juillet le poème symphonique Siegfried-Idyll. C’est la première fois qu’un orchestre israélien joue du Wagner en Allemagne.

Depuis la création d’Israël en 1947, la musique du compositeur allemand a toujours été mise à l’écart. Jamais diffusé à la radio et encore moins joué en concert, Wagner subit un interdit officieux en raison de son antisémitisme assumé, et de sa reprise par l’idéologie nazie - il fut le compositeur préféré d'Adolf Hitler. Seul Daniel Barenboïm, connu pour son engagement en faveur de la paix entre Israël et la Palestine, avait joué à Jérusalem en 2001 un extrait de l'opéra Tristan et Isolde avec le Philarmonique de Berlin. Une quarantaine de spectateurs avaient alors quitté la salle en signe de protestation.

Jusqu'à aujourd'hui, le tabou qui entoure la musique de Richard Wagner n’avait plus jamais été brisé. Le concert de Roberto Paternostro - dont la mère a survécu à la Shoah - constitue donc un évènement unique dans l’histoire musicale d’Israël. Dans le journal israélien Yedioth Ahronoth, le chef d’orchestre explique : "C’est le génie musical de Wagner qui m’intéresse, pas la politique. Jouer Siegfried-Idyll est un symbole de tolérance et permettra peut-être à la nouvelle génération de regarder cette musique différemment".

Roberto Paternostro rappelle également que tous les musiciens de l’orchestre ont eu le choix d’accepter ou non de jouer un morceau du compositeur allemand, et aucun a refusé. Le quotidien Haaretz explique que l’OCI s’est abstenu de répéter Siegfried-Idyll en Israël et n’a commencé à le jouer qu’une fois arrivé en Allemagne, dimanche. Le concert doit débuter avec l’hymne national israélien, et inclure des

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