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Yom Hashoa Bis? Par Jose Boublil

Yom Hashoa Bis?

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Israel reçoit en ce moment des hommes d'Etat de premier plan, en souvenir de la libération du camp d'Auschwitz . Sans qu'il y ait la marque d'austérité du Yom Hashoa chez nous , l'accueil de tous ces chefs d'Etat à ce moment précis m'interpelle sérieusement.

-Permettez-moi d'éviter quelque débat que ce soit sur l'attitude d'Emmanuel Macron, que je souhaite éviter de commenter compte tenu du sujet central que je présente ici - . 

 

Depuis la création de notre Etat , nous avons l'usage de recevoir nos prestigieux invités étranger en commençant par le recueillement à Yad Vashem. Ni au Kotel , ni à Massada, ni bien sûr à Hevron.

Cette démarche est clairement un signe très fort que nos prédécesseurs ont voulu donner aux visiteurs: l'importance considérable de cette période, de nos 6 millions de morts, du regard que nous devons tous porter sur la compatibilité terrifiante entre une grande culture et une sauvagerie inhumaine.

Notre message devait être: "nous sommes REVENUS, malgré cela".

Au fil des ans , l'évidence de notre résistance, de notre courage, et de nos droits , s'est effacée 

au profit de l'idée terrifiante moralement que nous existons ici "grâce à la Shoah".Si nos représentants ne pensent pas ainsi, évidemment, comment imaginer qu'un étranger, accueilli directement par un tel choc ne soit pas influence par cette idée. 

 

Afin qu'il n'y ait pas d'ambiguïté sur mon propos , je ne me pose pas une seule seconde la question du caractère central de la Shoah chez tout juif . De toutes origines, croyances, couleurs de peau, etc..

Cette période maudite de notre histoire fut le point d'orgue de tous les crimes contre notre peuple.

Depuis cet instant plus une seule parcelle de notre corps n'est exempte de bleus, de plaies, de fragilités.

Notre âme même ne rêve plus comme les autres , elle pleure sans répit. Et si, jusqu'à présent nous laissons une place brute à un coin de notre espace de vie en souvenir du Temple de Jérusalem les rabbins seraient bien inspirés de compléter le motif de cette déchirure apparente par nos frères détruits dans ces pays sinistres . Et même lorsqu'un époux sous le dais récite "im echkakhekh..." qu'il puisse ajouter s'il le ressent qu'il n'oubliera jamais. Ce malheur diffère de l'autre sur un seul point, mais il est d'importance: le Temple est resté en ruine depuis l'époque du malheur . Le peuple juif s'est redressé, les pierres sont devenus poussière , mais les vivants ont redonné de la vie ici. Ainsi, nos ajouts pourraient se limiter à un simple signe, car nous sommes là. Envers et contre les attaques, les tentatives en parole ou en acte. Nous ne bougerons plus . 

Et , pour l'aspect si dur, un seul jour suffit pour la Azkara d'une personne, alors que 365 son manque est un tourment de tous les jours. Pas besoin de plus d'une cérémonie pour la Shoah: nous sommes pudiques devant la mort  , et chaque jour nous sommes traversé par le tourment.

 

Alors, chers invités du monde, amis ou simples relations politiques, soyez les bienvenus quand vous le souhaitez. Mais sachez que le symbole de notre histoire, que certains aimeraient limiter à des événements de destruction,n'est pas Yad Vashem, ni même le Kotel tant qu'il est incomplet . Notre seul symbole est simple: nos enfants installés pour l'éternité sur ces quelques arpens qui nous donnent notre force et l'espoir d'une vie meilleure dans le monde, à laquelle nous contribuons si bien.

 

José Boublil

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