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Stop Boycott - Des intellectuels arabes plaident pour que cesse le boycott d’Israël

Plusieurs penseurs arabes se sont rassemblés à Paris, mardi 11 février, pour appeler à cesser le boycott d’Israël et à s’engager avec l’État hébreu, proposant une dynamique à rebours de celle du Fatah, de la Ligue arabe ou de l’Organisation de la coopération islamique.

Scientifique tunisien, avocate égyptienne, activiste émirienne, professeur palestinien… Tous prennent la parole, à tour de rôle, pour défendre leur engagement au sein du Conseil arabe pour l’intégration régionale. Peu sont habitués aux conférences de presse. Yeux rivés sur leurs notes, un traducteur derrière eux, ils essaient de convaincre les politiques français présents dans la salle de l’Assemblée nationale de soutenir leur initiative et de cesser le boycott d’Israël, pour le bien des pays arabes et de la Palestine.

Quel est le but du Conseil arabe pour l’intégration régionale ?

Les membres de ce Conseil – dont on ignore le nombre exact – appellent à la normalisation des relations avec l’État hébreu. Politiciens, artistes ou religieux, Marocains, Libyens ou Irakiens, ils assurent qu’ostraciser Israël a coûté des milliards aux pays arabes et ruiné les efforts palestiniens pour construire leurs institutions.

Eglal Gheita est membre du Conseil, lancé il y a trois mois avec la signature d’un manifeste à Londres. Pour cette avocate britannique d’origine égyptienne, les guerres actuelles dans les pays arabes sont en partie dues au boycott d’Israël : « C’est devenu un modèle répandu dans le monde arabe, qui a affaibli et fracturé notre région, accélérant la désintégration de la Syrie, de l’Irak, de la Libye et du Yémen ».

Comme elle, une vingtaine de membres présentaient officiellement leur formation à Paris, mardi 11 février. Après avoir reçu le soutien de Tony Blair, l’ancien premier ministre britannique, devenu émissaire du quartet pour le Moyen-Orient, le Conseil s’adresse à toute l’Europe, espérant rallier des personnalités politiques. « On pourrait imaginer des collaborations entre universités pour étudier la possibilité d’une issue pacifique au conflit israélo-palestinien. Il ne faut plus penser uniquement en termes de haine entre les peuples », milite le professeur palestinien Mohammed Dajani al-Daoudi.

Quelles sont les solutions avancées ?

Mohammed Dajani al-Daoudi est convaincu qu’une solution convenant autant à Israël qu’à l’État palestinien peut être trouvée si les deux pays s’assoient autour d’une table et discutent sans pression occidentale. Sur ce point, il rejoint la pensée de Mohamed Anouar Al Sadate, neveu de l’ancien président égyptien Anouar el-Sadate, à l’origine des accords de Camp David.

« Je suis fortement opposé au plan proposé par Donald Trump, bien sûr, car il n’est pas équitable, affirme Mohamed Anouar Al Sadate. Mais je n’approuve pas non plus la réaction de Mahmoud Abbas. Nous aurions dû prendre ce qu’ils nous proposaient déjà, et négocier pour obtenir jusqu’à deux fois plus ! Et si nous n’avions pas trouvé un meilleur accord, nous aurions pu le rejeter ensuite. »

Les membres du Conseil arabe pour l’intégration régionale croient en un cercle vertueux qui, en sensibilisant la population à la cause de l’autre, entraînerait un plan de paix équitable pour la région. Ils dénoncent l’hypocrisie des gouvernements arabes qui n’officialisent pas leurs relations avec l’État hébreu et condamnent leurs citoyens si eux-mêmes en entretiennent.

Oussema Selmi, scientifique tunisien, est personnellement concerné : « mes recherches ne peuvent aboutir que si je les mets en corrélation avec celles de spécialistes israéliens. Mais le gouvernement tunisien veut rétablir une loi qui qualifie de traître toute personne rencontrant un Israélien. Une loi assortie d’une peine de prison. »

Comment le monde arabe perçoit-il cette initiative ?

Les membres du Conseil craignent pour leur sécurité pour avoir exprimé leur point de vue, qui rejoint pourtant un récent alignement géopolitique entre certains pays sunnites de la région et Israël, contre l’Iran et ses alliés chiites.

Il est difficile en revanche d’estimer l’opinion des citoyens des pays arabes. Alors que des drapeaux palestiniens sont brandis par les manifestants libanais en soutien à la cause palestinienne, les penseurs libéraux du Conseil semblent porter une voix minoritaire.

Source : La Croix

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