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Une issue convenable est possible pour Gaza

Une issue convenable est possible pour Gaza

par Daniel Pipes - Wall Street Journal

Tout le monde semble être d'accord sur le fait qu'aucun résultat positif n'est possible à Gaza. Ceux qui pensent ça ont tort car il est possible qu'une administration convenable dirigée par Gaza voie le jour et ouvre la voie à l'autonomie voire, à la création d'un État.

Cette issue peut sembler peu probable compte tenu de l'antisionisme profond et ancien présent à Gaza. En 1967, les manuels scolaires de Gaza enseignaient l'arithmétique au moyen de problèmes du style : « Vous avez cinq Israéliens. Vous en tuez trois. Combien d'Israéliens reste-t-il à tuer ? »

Cependant au cours des 15 dernières années, les habitants de Gaza ont enduré une chose monstrueuse et peut-être unique dans l'histoire humaine à savoir leur exploitation comme chair à canon par leurs dirigeants dans le cadre de relations publiques.

Les tyrans qui traitent leurs sujets comme des objets remplaçables pour remporter la victoire sur le champ de bataille, sont monnaie courante – pensez aux recrues de la prison du groupe Wagner qui sont morts à Bakhmut, en Ukraine. Le Hamas, cependant, utilise des civils pour marquer des points sur le terrain de la propagande. Il attaque Israël pour provoquer des représailles, espérant à juste titre que les bombes, les destructions et les morts lui attireront l'approbation iranienne, le soutien islamiste, la solidarité musulmane et la sympathie de la gauche. Après chaque attaque, le discours sur la culpabilité passe invariablement du Hamas à Israël.

De nombreux indices laissent penser que la plupart des habitants de Gaza ne veulent pas servir de pions dans un jihad obsessionnel et illusoire contre Israël. Pourquoi souffrir pour une cause perdue ? Un Gazaoui observe que « ces gens professent l'islam et prétendent être religieux, mais ils ont massacré des gens ».

Des sondages montrent un soutien massif parmi les habitants de Gaza en faveur de l'idée selon laquelle « les Palestiniens devraient s'efforcer davantage à remplacer leurs propres dirigeants politiques par des dirigeants plus efficaces et moins corrompus ». Un sondage réalisé en juillet par le Washington Institute for Near East Policy a révélé que 62 % des habitants de Gaza souhaitent maintenir un cessez-le-feu avec Israël et la moitié souhaite que le Hamas cesse d'appeler à la destruction d'Israël.

Pendant des années, les habitants de Gaza ont voté avec leurs pieds. « Le Hamas investit des milliards de dollars dans de nombreux pays, tandis que les gens [à Gaza] meurent de faim et émigrent à la recherche de travail », note le militant anti-Hamas Amer Balosha. Interrogés en septembre alors qu'ils attendaient dans une longue file pour quitter la zone, les habitants de Gaza ont exprimé leur désespoir. « Tous ceux qui cherchent à émigrer veulent une vie digne... ils sont prêts à mourir. » « Je sais que je risque ma vie, mais je veux partir, mort ou vif. »

Les habitants de Gaza menaient une vie normale sous la domination israélienne et, sans surprise, ils veulent que ça reprenne. L'historien Efraim Karsh raconte que, dans les années 1970, Gaza et la Cisjordanie « constituaient la quatrième économie à la croissance la plus rapide au monde, devant des « miracles » tels que Singapour, Hong Kong et la Corée, et même nettement devant Israël. » La médecine, l'électricité, les écoles, l'alphabétisation : tout prospérait. Les habitants de Gaza bénéficiaient de réfrigérateurs et d'eau courante.

Dès lors, un fois qu'il aura pris le contrôle de Gaza, Israël peut raisonnablement s'attendre à trouver de nombreux habitants prêts à travailler avec la nouvelle autorité afin de créer une administration qui pourrait leur faire retrouver une vie normale.

Lors de sa précédente occupation, Israël n'a pas réussi à trouver des partenaires convenables. À l'époque, il n'a fait aucun effort pour entretenir des relations amicales avec les Gazaouis et a cédé le territoire au génocidaire Yasser Arafat. Désormais, c'est le Hamas qui a fait le travail d'Israël. Toutefois, on se demande encore où est le Konrad Adenauer de Gaza.

    M. Pipes (DanielPipes.org, @DanielPipes) est président du Middle East Forum

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