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Beni Mellal ........... 1

Envoyé par dafina 
DAF
Re: Beni Mellal
09 octobre 2009, 15:37
B .S .O

ECRAN CINEMA VOX
Pièces jointes:
DSCN1118.JPG
Re: Beni Mellal
09 octobre 2009, 16:02
Ogzilal,
Ton histoire de Tarast liée à Bin el Ouidane m'a fait penser à l'une des principales raisons qui a motivé fin septembre 1922 les troupes coloniales appuyés par les goumiers,les tribus Glaoua,Entifa et Aït Attab à occuper Azilal puis Bou Yahia,BIN EL OUIDANE et enfin OUAOUIZERT..
En fait une HISTOIRE d'EAU...
Attention je n'ai pas dit que dés 1923 il y a eu un bassin de retenue et un barragewinking smiley
Re: Beni Mellal
09 octobre 2009, 16:26
bleon
je sais pas est ce que ca vous intéresse?
Le barrage de Bin El Ouidane
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Bin el Ouidane, c'est encore, sur la carte du Maroc, le nom d'un petit village de l'Atlas mollement étendu sur les berges sablonneuses de l'oued el Abib. Du haut de la route d'Azilal, qui le surplombe de deux cents mètres, il semble appartenir au royaume de Lilliput. Des troupeaux de chameaux joujoux sont à l'échelle des cars et des voitures de tourisme pour enfants avec des bergers et des moutons sortis, semble-t-il, des fabriques de santons provençaux. Bin el Ouidane, aux casbahs accrochées aux parois d'une gorge sauvage, aux pasteurs montagnards rudes et orgueilleux, aux cultivateurs vivotant des maigres céréales de la vallée et paresseux parce que le soleil est chaud, que les rives de l'oued sont fraîches et qu'ainsi le veut Allah, Bin el Ouidane vit ses derniers jours de village. Bientôt, sur l'ordre des roumis, des millions de mètres cubes d'eau recouvriront les vieux douars des ancêtres et les champs depuis toujours arides. Mais de cette dévastation naîtra un autre Bin el Ouidane, celui des Français et celui qu'envieront aussi tous les musulmans d'Afrique, le Bin el Ouidane du barrage.

Dans le gigantesque effort de rééquipement qu'accomplit le Maroc d'après guerre, la création d'un réseau électrique ultra-moderne et à l'échelle des immenses possibilités du pays, ainsi que l'irrigation des vastes plaines à céréales, à agrumes et à primeurs, s'inscrivent au tout premier plan. L'Empire fortuné, dont l'expansion agricole et industrielle tient du prodige, se devait d'avoir le plus grand barrage et la plus puissante installation électrique de toute l'Afrique. Bin el Ouidane les lui donnera.

C'est en 1883 qu'un de nos plus grands Français, arrêté là par la beauté du site, aurait songé qu'un jour le travail de l'homme, corrigeant l'oeuvre primitive du Créateur, pourrait, dans cette étroite crevasse, retenir les eaux abondantes de l'oued el Abib pour les canaliser ensuite vers les riches plaines des Beni Mir. Charles de Foucauld fit-il un soir ce rêve ? Toujours est-il que le ksar de terre rouge, maintenant démantelé, où, voyageur pressé, il passa naguère une nuit dresse ses murs croulants sur le plus haut rocher qui domine la formidable entaille à travers laquelle l'oued s'est frayé sa voie. Et il me plaît d'imaginer que le pionnier de la foi, le missionnaire de France, le laudateur des créations divines, dut, au crépuscule, admirer et chanter de là-haut le génie de son maître et souhaiter que les hommes de son pays pussent en mieux connaître un jour l'éclat.

En 1936 débutent les travaux préliminaires : sondages, études des roches, relevés topographiques, etc. La guerre referme projets et études dans les dossiers « instance ». Dix ans après, en 1946, la fièvre de travail et de reconstruction qui s'empare d'un monde renaissant ramène l'attention sur Bin el Ouidane. Et, sous l'égide de la Compagnie des eaux et électricité du Maroc et de l'Entreprise de construction de Bin el Ouidane, les travaux proprement dits commencent.

Un jeune ingénieur du barrage, M. Meunier, qui fut un aimable et savant cicérone, a bien voulu me donner quelques précisions, que j'ai notées au vol et que je livre un peu au hasard comme le fut une promenade à travers l'immense chantier.

Le barrage de Bin el Ouidane, pièce maîtresse de l'aménagement hydro-électrique de l'oued el Abib, barrera ce cours d'eau à son passage dans une étroite et profonde gorge calcaire. Haut de 130 mètres, il sera large de 30 mètres à la base pour mourir à 5 mètres d'épaisseur en crête ; il est du type voûte mince. Comme pour Sarrans, il faudra couler une gigantesque masse de 400.000 mètres cubes de béton, soit : 100.000 tonnes de ciment et 800.000 tonnes de pierres concassées.

Déjà, des centaines de techniciens français et d'ouvriers marocains en ont posé les assises. Jour et nuit, sans arrêt, des centaines de mètres de tapis roulants charrient de la montagne proche pierres et blocs de rochers qui, broyés, concassés, répartis suivant leur grosseur dans des silos, passent ensuite dans d'énormes bétonnières, sont mélangés au ciment et déversés dans des bennes. Douze tonnes de béton sont ainsi amenées à pied d'œuvre toutes les six minutes. Tout cela est merveilleux de précision. Ici la machine est reine. Quelques hommes invisibles aux commandes, et les broyeuses, concasseuses, cribleuses, blondins semblent se mouvoir seuls.

En mai 1953, le barrage sera achevé. Un an après, le lac artificiel ainsi créé retiendra un milliard et demi de mètres cubes d'eau — plus que Génissiat.

Deux usines d'énergie électrique sont prévues : l'une, au pied d'un barrage, produira 212.000 kilowatts-heure ; l'autre, à Afourer, à 14 kilomètres, comprendra deux groupes de 460.000 kilowatts-heure. La production escomptée en année moyenne sera de 500 millions de kilowatts-heure, plus que ne consomme actuellement tout le Maroc.

Pour alimenter la future usine d'Afourer, il faut creuser dans la montagne une galerie d'amenée souterraine de 10km,570 ; elle est déjà presque terminée. Il faut creuser aussi des kilomètres et des kilomètres de trous dans lesquels on injecte un coulis de ciment qui obture toutes les fissures par où, dans cette roche calcaire, pourrait fuir la retenue.

Et je ne fais que citer les 30 kilomètres de route de montagne créées en un temps record, le percement de deux galeries de 550 mètres de long pour détourner provisoirement le lit de l'oued, la préparation des fondations du barrage pour lesquelles le lit asséché de l'oued a été creusé à 30 mètres de profondeur et 200.000 mètres cubes de déblais ont été extraits. Autre chiffre qui laissera rêveur pas mal de chefs d'entreprise : le coût de l'ouvrage est actuellement de 10 millions de francs par jour.

Mais le touriste profane s'émerveillera surtout, je crois, de la coquette cité de 700 âmes créée pour les cadres et employés du barrage et leurs familles. Rien de provisoire, rien du type baraquement. Ici tout est joli, durable, définitif. Au flanc de la montagne, sur des terrasses aménagées, au milieu des lauriers roses et des bougainvilliers, des dizaines de villes modernes, nettes, pimpantes, confortables ; des fleurs partout. Et puis un restaurant qu'envieraient bien de nos grandes villes de France, un club, une cantine pour les célibataires, une école accueillante, une infirmerie pas rébarbative du tout, un joyau de piscine à l'eau si claire sous les frondaisons sombres des oliviers, un délicieux parc d'enfants, un court de tennis et même l'indispensable cinéma. Qu'il doit faire bon vivre dans ce gentil éden de montagne.

Voici l'oeuvre, en partie réalisée, en partie s'édifiant, plus grandiose chaque jour. Dans ce pays rude, il y a vingt ans encore profondément hostile, toujours un peu rebelle, la France tient à s'imposer par une réalisation de son génie si humain. Bientôt les orgueilleux montagnards berbères, que rien n'étonne et qui ne redoutent que le courroux d'Allah, s'émerveilleront et s'effaroucheront peut-être de la puissance mystérieuse qu'apportera dans leurs douars l'électricité, et les indolents paysans des plaines se réjouiront d'avoir plus d'orge dans leurs champs irrigués. Sans doute n'en livreront-ils pas tout le bénéfice à la France. Mais la France de Charles de Foucauld est assez grande dame pour faire le bien sans en attendre des remerciements, pour faire le bien quand même partout où elle passe et s'impose, malgré les dénigrements et malgré les haines.
René GUINOT,

Abonné.
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Modifié 1 fois. Dernière modification le 09/10/2009 16:29 par mars.
Re: Beni Mellal
10 octobre 2009, 00:52
Barrage bin el ouidane en consruction
Pièces jointes:
ph997294.jpg
Re: Beni Mellal
10 octobre 2009, 01:47
Au vu du document transmis par mars,qu'il convient de remercier pour sa participation à la discussion ,il apparait que lorsqu'en 1947 Monsieur Charles RADIGUER,Directeur de l'Energie Electrique au Maroc,rédige et signe un article de 2 pages sur les réalisations hydroélectriques en cours dont certains comme le "bassin de retenue" de Bin el Ouidane déja "existant"...les chantiers avaient ,en réalité,déja étaient mis en oeuvre en 1946...
Finalement je ne regrette pas d'être intervenu dans la discussiondrinking smiley

Bien cordialement à tous...
Re: Beni Mellal
10 octobre 2009, 04:18
Mars

Super ta photo de nuit. Si on pouvait rassembler toutes celles de Tine, Suchet et des autres , en les classant , on verrait le barage monter petit à petit.


Nous avons noté le style un tantinet emphatique, dans le style de l'époque, de René Guinot à la gloire des réalisations de la France généreuse qui fait plus fort encore au Maroc que Génissiat sur son propre sol.

Moi aussi, des fois, j'étais un peu jaloux, je l'ai dit plus haut, de la qualité des routes de montage, bien profilées, qui n'avaient pas tendance à vous éjecter, comme celles de mes Pyrénées, dans les fossés ou la rivière dans les virages bien relevés.


Panthère

Qui se souvient d'un chypriote habitant Béni Mellal ?
Je viens d'avoir des bribes d'informations sur la panthère qu'il aurait abbatue à bout portant en 65-66. Etaient de la partie de chasse Mme Crabarie, M.de Poligné, M. Guichard et d'autres...
Une polémique s'en est suivie et ce monsieur a plaidé l'autodéfense.

Ma narratrice ne se souvient plus comment s'est terminée l'affaire, s'il y a eu amande payée et par qui, ni non plus à qui est allée la peau de la panthère.
Re: Beni Mellal
10 octobre 2009, 05:48
panthère
en 65, je me souviens (vaguement ) d'une histoire de panthère et d'amende qui a du se passer antérieurement à mon arrivée .
C ette histoire ressemble à celle relatée sur DAFINA ASROU ? mais ce n'est pas forcément la même !
Jacquot, en poste à ksiba , !avant BENI raconte plusieurs histoires de panthères, en particulier une qui fait intervenir le "fameux" caid de ksiba et aussi le gouverneur de BENI dont l'épouse était française et qui étaiENt bien intéressés par la peau.

MARS
J 'aime bien les documents que tu envois, l'article du CHASSEUR FRANCAIS EST très intéressant, à la limite (dépacée) de l'éloge !
le passage sur l'auberge du lac! , en 65 , elle avait encore fière allure mais j'y ai séjourné plus tard et les chambres étaient délabrées, j'ai aussi campé sur le terrain devant en contre bas , rustique comme camping mais belle vue sur le lac d'AIT OUARDA
et la falaise, l'accueil du gérant pas vraiment sympa; il y avait aussi une petite gène d'être derrière la digue, on a beau savoir que c'est solide !! surtout que rétrospectivement j'ai appris que la région serait assez active sismiquement !
Re: Beni Mellal
10 octobre 2009, 07:52
à vous tous


merçi à vous d avoir me pousser à chercher dans le net.

Bien cordialement à tous...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10/10/2009 07:56 par mars.
Re: Beni Mellal
10 octobre 2009, 14:17
Pour Suchet

Je suis déjà en contact avec Marie Collado. Nous avons été dans la même classe et partageons de bons souvenirs, comme moi elle recherche Jeanine Clisson.

Pour tous
J'aimerai beaucoup avoir des nouvelles de la famille Afriat, mes voisins quand j'habitais "Dar Hamra". Le papa a été le premier Directeur de la banque (son nom ?) située en face de la poste et donc à côté de "La Villa, Dar Hamra".Ils venaient de Mogador. Il y avait 5 enfants, les deux derniers sont nés à BM. Les trois aînés, Gisèle, Jacques et Hilda du même âge que moi étaient mes grand amis. Cette famille était ma deuxième famille et j'y étais reçue comme un enfant de plus.
Dar Hamra : d'où vient ce nom ? Je l'ai habitée avec mes parents de 1950 (date approximative?)à 1962, pendant cette période elle n'était pas appelée ainsi pour autant que je sache.
J'ai lu qu'un dafinaute disait qu'elle avait été surrélevée et même que plusieurs familles y habitaient ????? Cette maison était et est restée imposante de l'extérieur mais elle ne comprenait pas beaucoup de pièces. Au rez-de-jardin, le garage, une buanderie et une cuisine, un WC et deux pièces. Une des ces deux pièces a été pendant longtemps le bureau de la Directrice de l'école. A l'étage, deux chambres, une salle de bains et un WC. C'était une maison très confortable surtout pour l'époque avec des pièces très spacieuses. Le jardin était très grand, il faisait toute la longueur de l'école. Pensez-vous que la maison a été agrandie ?



Modifié 1 fois. Dernière modification le 14/10/2009 14:03 par Dafouineuse.
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 01:05
pour tine

le nom dar hamra,c est à dire maison rouge ,le nom vient de la couleur rouge de façade de la maison .

revenez à la page 61



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11/10/2009 01:07 par mars.
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 01:51
pour bleon



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11/10/2009 01:52 par mars.
Pièces jointes:
PA110038.JPG
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 01:57
bleon

entrée du jardin en face de la voiture
Pièces jointes:
PA110051.JPG
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 03:46
j'ai regardé un peu la "littérature " techno politique à propos de l'aménagement hydroélectrique du MAROC.Je suis pas assez compétent pour une synthèse mais je ferais quelques remarques simplistes et un peu interrogatives centrées sur le TADLA
-cette gestion de l'eau pour l'irrigation et plus tard pour l'énergie a rapidement été capitale pour la " mise en valeur" du TADLA. Elle existait avant le Protectorat dans toutes les vallées un peu irrigables et au pied de l'ATLAS à partir de sources comme à BENI OU PRES de L'OUM er bia, peut être même dans la cuvette de OUAIOUIZERT , futur bassin de rétention de BIN
- O n est passé ensuite à une politique d'ambition croissante, des la PACIFICATION ( Cigalou montre que c'était un de ses enjeux ! ) ON a fait des études de terrain, des colons sont déjà arrivés , des réalisations ont vu de jour.
- on est passé ensuite au " projet de Californie du MAROC?" considérable avec des enjeux colossaux: politiques intérieures et étrangères, financiers, technologiques,sociaux ...
- d'énormes lobbys se sont crées comme celui des ingénieurs et entreprises de travaux de construction d'infrastructures comme les barrages ( il y avait un marché international à conquérir que je comparerais un peu à celui de la prospection pétrolière), BIN a servi de vitrine, il fallait le promouvoir !
-il a fallu faire avec la montée du NAtionalisme puis avec les événements qui ont précédé l' INDEPENDANCE
-la réalisation a eu d'énormes répercutions sur la vie des gens, c'est ce qui nous intéresse, sur Dafina N ous avons déjà eu beaucoup de témoignages directs et il reste encore beaucoup d" tranches de vie ' à rapporter avec en écho notre enfance ou nos 20 ans .
Tout celà est simplistE ,pas étayé et un brin prétentieux mais BIN est intéréssant et il y a la sujet à BEAUCOUP DE CONVERSATIONS
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 04:05
Mars

Merci pour tes photos. Le coin a bien changé.

On dirait qu'on ne voit plus du tout Tameg'nount. Elle a été complètement enterrée ?
Le Central téléphonique n'a pas changé.
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 05:18
Bleon,
On va la suivre un peu cette tameg'nount, il faisait 35°.
Le béton n'a certes pas les qualités de celui de Bin el ouidane, mais il est là à la pelle. Et Dieu sait que la région regorge de pierres qui ne demandent qu'à être taillées. Mais que voulez vous, ici aussi on fait au plus vite et au moins cher.
Pièces jointes:
tamegnount0.JPG
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 05:19
On continue la ballade
Pièces jointes:
tamegnount1.JPG
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 05:23
Là je ne pouvais plus la suivre, à moins de se mettre an maillot de bains, mais on m'aurait vite embarqué au poste.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 11/10/2009 05:24 par ogzilal.
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tamegnount2.JPG
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 05:25
Encore une
Pièces jointes:
tamegnount3.JPG
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 05:27
L'avant dernière, eh oui je n'allais remplir toute ma puce avec Tameg'nount. Autrefois, on disait je n'allais vider toute ma pellicule. Les temps changent.
Admirez la pijou 404



Modifié 1 fois. Dernière modification le 11/10/2009 05:28 par ogzilal.
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tamegnount4.JPG
Re: Beni Mellal
11 octobre 2009, 05:31
Et voici la dernière pour Tameg'nount.
Pièces jointes:
tamegnount5.JPG
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