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Fodow : on peut le dire !

 

Fodow : on peut le dire ! (info # 022801/13) [Analyse]

 

 

Par Jean Tsadik, Stéphane Juffa et Youri Hanne © Metula News Agency

 

Il y a bien eu une explosion dans le site souterrain iranien de Fodow. Celle-ci a eu lieu la semaine dernière.

Depuis plusieurs jours, nous étions sollicités par des dizaines de messages électroniques, nous invitant à commenter les informations qui couraient dans la presse internationale quant à la déflagration à Fodow. Mais jusqu’en fin d’après-midi, nous ne possédions pas de confirmation fiable sur la véracité de l’événement.

Tout ce que l’on savait jusqu’alors provenait d’une seule source, qu’il est nécessaire de qualifier de "moyennement crédible". Dans l’élan et vu l’intérêt que cette rumeur suscitait, certains media mainstream l’ont reprise, mais cela n’ajoutait pas à sa vraisemblance.

Un certain Reza Kahlili affirmait qu’une explosion majeure avait ravagé le site de Fodow, une montagne sous laquelle les Iraniens ont installé environ 2 700 centrifugeuses. Il s’agit de machines capables, dans un premier temps, d’obtenir une concentration d’uranium à 20%, et ensuite, le cas échéant et relativement aisément, de le porter à 90%, ce qui est nécessaire pour confectionner une arme atomique.

A en croire Reza, la déflagration aurait secoué le sol dans un périmètre de cinq kilomètres. Plus de deux cents techniciens et ingénieurs auraient en outre été bloqués sous les gravats, et l’autoroute Téhéran-Qom aurait été fermée pendant plusieurs heures.

Certes, mais Reza Kahlili est un ancien agent de la CIA infiltré dans les rangs des Gardiens de la révolution (Pasdaran) dans les années 1980 et 1990. A ce titre, il ne disposait que d’un maigre avantage relatif dans l’obtention de renseignements actuels comme ceux liés à l’événement de la semaine dernière.

Depuis, le correspondant du Times de Londres en Israël, le respectable Sheera Frenkel, a déclaré avoir obtenu confirmation de la part de sources officielles israéliennes.

Et ce soir, donc, nous avons également recueilli des témoignages qui accréditent l’explosion. Reste que, selon les mêmes sources, on ne connaît pas encore l’étendue exacte des dommages suscités dans l’installation iranienne.

Les agences de renseignement occidentales s’affairent actuellement à effectuer une évaluation précise en ce sens ; un travail qui ne recèle pas une difficulté surhumaine, puisque l’ampleur des secours acheminés vers le site touché par les autorités de la "République" Islamique, pour déblayer les débris et porter secours aux blessés, procurera des données lisibles.

Les Iraniens, selon nos amis sur place, ont établi un pourtour de sécurité autour de Fodow. Ils sont très nerveux, nous précisent nos sources, et les Pasdaran contrôlent l’identité des personnes voyageant dans la région. Ils procèdent à l’arrestation de tous ceux qui ne sont pas spécifiquement des habitants de la région.

De cette manière, ils empêchent les Occidentaux de recueillir des informations par voie terrestre, et ce, de façon assez efficace.

L’une des agences de presse semi-officielles des ayatollahs, IRNA, a catégoriquement et rapidement démenti l’info, précisant qu’elle émanait "de la machine de propagande des media occidentaux".

En plus de chercher à cerner l’étendue des dégâts, on se demande évidemment ce qui les a causés. Accident ? Sabotage ? Ou attaque aérienne ?

Selon des témoignages locaux dignes d’intérêt et multiples, des appareils auraient été vus, peu avant l’impact, survolant la zone. Certains habitants croient même avoir identifié des bombardiers israéliens.

Quant à la thèse de l’accident, elle ne peut être privilégiée, car les activités auxquelles se livrent les Perses dans leur usine souterraine ne présentent que peu de dangers d’explosion.

La thèse du sabotage est plus intéressante, puisque de nombreuses opérations de ce type contre d’autres installations participant au projet nucléaire des ayatollahs ont déjà été menées, aussi bien que contre d’importantes bases de missiles et d’armements sophistiqués.

Il est certain que l’Ouest possède des commandos sur place, qui sont, plus que probablement, aidés par l’opposition démocratique iranienne ainsi que par certains des nombreux groupes organisés tentant de tenir tête au régime.

On sait aussi qu’il y a quelques mois de cela, les Pasdaran avaient découvert à Fodow un faux rocher truffé d’équipements électroniques.

De là à affirmer que des commandos auraient réussi l’exploit de pénétrer dans le site le mieux gardé de la "République" Islamique, il y a un pas que nous hésitons à franchir.

Imaginer, de surplus, que ces agents auraient pu introduire les dizaines de kilos d’explosif nécessaires à générer des dégâts efficaces est encore plus difficile à concevoir, même si ce n’est pas exclu.

Sans posséder la moindre preuve de ce que nous avançons, mais par recoupement d’informations, l’hypothèse d’une attaque aérienne nous paraît la plus plausible. Elle serait intervenue après la décision de l’administration US de procéder en Iran par des "frappes chirurgicales" afin d’empêcher les ayatollahs de confectionner leur bombe.

L’annonce de ces frappes chirurgicales a été faite par des officiels de premier rang de l’administration américaine et elle ne peut ainsi être mise en doute. Il semblerait même que les Israéliens auraient accueilli favorablement ce plan étatsunien, au point de retarder leur propre échéancier d’intervention militaire prévue, dixit Netanyahu à l’ONU, ce printemps.

En simplifiant les choses pour les rendre compréhensibles, on peut résumer ainsi ce que les Américains ont sans doute dit aux Hébreux : "Nous avons mis sur pied un bon mode opératoire pour empêcher les Iraniens d’obtenir leur bombe, nous n’avons pas besoin de vous pour en réaliser la phase opérationnelle, et si la situation devait changer, nous vous l’indiquerons".

Jérusalem a sans doute été mise au parfum des détails des intentions de Washington et attendait d’en constater la réalisation sur le terrain.

L’intérêt de frappes chirurgicales de la sorte de celles évoquées par les Yankees est multiple : imaginons, par exemple, qu’ils aient frappé Fodow grâce à une seule bombe anti-bunker (en anglais, MOP pour Massive Ordance Penetrator), du type GBU-57 qu’ils possèdent. Une frappe de ce genre, qui n’équivaut en rien à une guerre généralisée contre la "République" Islamique, justifierait-elle, pour Khamenei et son entourage, de se lancer dans une contre-attaque très aventureuse ?

Et si contre-attaque, contre qui ? Puisque les Israéliens ne possèdent ni de GBU-57, et encore moins d’avions nécessaires à les transporter.

Attaquer Tel-Aviv à l’aide de missiles balistiques, alors qu’un site spécifique et unique a été touché par une seule bombe américaine, voilà qui aurait certainement donné matière à réflexion à la dictature chiite au pouvoir à Téhéran.

Voilà aussi qui explique l’avantage de la tactique des frappes microchirurgicales mise au point par les experts du Pentagone.

Quant à une contre-attaque visant les porte-avions US dans le Golfe, mieux vaut, pour les ayatollahs, envisager de sauter d’un minaret. Le résultat serait identique mais, suicide pour suicide, en sautant dans le vide, ils épargneraient des milliers de vies innocentes.

Les appareils qui transportent les GBU-57 sont les fameux bombardiers furtifs B-2. Ils sont totalement invisibles sur les écrans radars de la DCA (défense contre avions) perse.

L’énorme bombe, qui a subi des modifications importantes et des essais, aux USA, entre juin et octobre, spécifiquement en vue de pouvoir perforer le béton iranien, possède des caractéristiques impressionnantes.

Guidée par GPS, elle mesure 6,25 mètres et pèse près de 14 tonnes. Elle est capable, avant d’exploser, de traverser 70 mètres de béton armé ou 50 mètres de roche dure.

Encore ne sont-ce là que des données approximatives car les spécificités réelles, comme vous l’imaginez, sont entourées du plus grand secret.

Il se murmure que les performances opérationnelles du dernier modèle de la bombe anti-bunker seraient encore supérieures à ce que nous venons d’énoncer. Il ne faut rien de moins si l’on entend perforer le béton iranien ; car les ingénieurs de la "République" Islamique sont également mis à contribution dans cette course-poursuite technologique, et ils sont parvenus, dans ce domaine à tout le moins, à des résultats qui méritent la considération. Le béton à performances ultra-élevées (UHPC) développé par les Perses, et renforcé de quartz, compte en effet parmi les bétons militaires les plus résistants que l’on connaisse.

En Israël, des observateurs ont noté, ces derniers jours, une activité inhabituelle parmi les unités chargées d’opérer les missiles anti-missiles. Pour des raisons compréhensibles, nous avons décidé de ne pas commenter ces informations.

Nous sommes cependant tenus d’en déduire, si elles étaient avérées, que l’opération de Fodow aurait été savamment coordonnée entre les armées américaine et israélienne. Tout autre scénario serait difficilement explicable.

A les regarder de près, les éléments constituant la réalité s’emboîtent presque parfaitement dans l’hypothèse d’un raid aérien chirurgical effectué par un bombardier furtif.

Il va falloir maintenant observer attentivement l’étendue des dégâts, en espérant qu’ils soient irréparables. Dans cette dernière éventualité, la menace nucléaire posée par la théocratie chiite aurait à nouveau été repoussée de quelques bons mois.

Mais il y a plus que cela, dans la stratégie occidentale : reconstruire Fodow – dans l’hypothèse où il a été détruit – coûterait à nouveau des milliards de dollars. Or, l’économie de la dictature perse est exsangue. L’inflation fait des ravages, les produits de première nécessité manquent, et la majorité de la population éprouve d’immenses difficultés à joindre les deux bouts.

L’espoir que l’on nourrit, à Washington, à Jérusalem et dans les chancelleries européennes, réside en cela que l’on sait que les ressources de Khamenei ne sont pas inépuisables. De surplus, les chefs khomeynistes doivent commencer à saisir, qu’avec les moyens dont disposent leurs ennemis, rien n’empêchera ceux-ci de détruire à nouveau les installations qu’ils auront reconstruites, et ainsi de suite.

On entre dans la logique du mythe de Sisyphe, qui pourrait mener les coupeurs de bras de Téhéran dans une dynamique qui les épuisera jusqu’à la mort.

Mais mieux vaut que nous ne nous soyons pas trompés dans nos recoupements, d’une part, et de l’autre, que les dégâts infligés à l’usine-montagne de Fodow soient suffisamment conséquents pour entraîner la logique que nous venons de mentionner.

Car un ex-ambassadeur de la "République" Islamique, passé à l’Ouest, vient de répéter, la semaine dernière, aux oreilles des sceptiques et des partisans de la politique de l’appeasement, que les barbus enturbannés, au pouvoir dans la capitale persane, ont bel et bien l’intention d’utiliser leurs bombes atomiques contre Israël ainsi que contre d’autres Etats de la région et même au-delà des mers.

Il faut, dans ces circonstances, espérer que la tactique des frappes chirurgicales imaginée à Washington fonctionne, et que les GBU-57 soient capables d’atteindre le cœur de l’infrastructure génocidaire des islamistes iraniens. Sinon, il ne restera que la solution de recourir à une guerre classique et de compter les cadavres par milliers, ce que personne, dans les pays civilisés, et aussi parmi la majorité de la population iranienne, n’a envie d’envisager. 

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