Share |

LE MYTHE DE L'OPPRIMÉ - L’IMPOSTURE DE L’ÉQUIVALENCE MORALE

LE MYTHE DE L'OPPRIMÉ - L’IMPOSTURE DE L’ÉQUIVALENCE MORALE

 

 

À chaque fois que j’écris sur le conflit israélo-palestinien, je reçois toujours des courriels dont les auteurs m’enguirlandent furieusement, me reprochant d’oublier que les-Palestiniens-sont-un-peuple-opprimé, victime de la domination malveillante et perverse de l’État Hébreu. Cette ritournelle est bien connue. Elle est au cœur de la Machine de propagande palestinienne et elle est reprise en chœur par une large partie de la classe politique occidentale et du monde médiatique. L’affaire est donc entendue : si les Palestiniens sont pauvres et sous-développés, s’ils sont devenus les nouveaux Damnés de la Terre ( à la place du Prolétaire et du Colonisé ) englués dans l’assistanat international ( ils viennent de recevoir encore des milliards des pays occidentaux culpabilisés ), le responsable, le coupable est tout désigné, c’est le Juif. 

D’ailleurs, le Juif-coupable-de-tous-les-malheurs-du-Monde, ce n’est pas une invention récente. Ça fait 2000 ans que les Juifs subissent pogroms, persécutions, brimades de toutes natures, expulsions collectives, meurtres de masse, finalement Holocauste, parce qu’ils sont désignés comme responsables des calamités et des fléaux qui se sont abattus sur tous les peuples de la Terre. Rendez-vous compte, il y a encore beaucoup de gens ( surtout les Musulmans ) qui sont convaincus que le Protocole des Sages de Sion --un faux fabriqué par la police secrète du Tsar au XIXe siècle, qui devait mettre en branle un vaste complot des Juifs pour dominer le Monde-- est un document authentique. Il y a également beaucoup de gens qui sont persuadés que le 11-septembre est le résultat d’une terrible conspiration judéo-américaine dans le but de justifier la guerre contre l’Islam. Le co-chef de Québec Solidaire, Amir Khadir, le croit et la comédienne oscarisée, Marion Cotillard, aussi, ce qui prouve que la race des idiots utiles et inutiles n’est pas près de l’extinction. 

Il suffit pourtant d’un examen attentif des faits et des événements pour conclure que ce sont les Palestiniens eux-mêmes ( et surtout l’engeance extrémiste qui leur tient lieu d’élite dirigeante ) qui sont les responsables de leur état de misère et de sous-développement. Rien de mieux qu’une anecdote pour illustrer cette assertion. Lorsque Sharon a fait démanteler les « colonies juives de Gaza », il en est resté un vaste complexe de serres produisant des légumes. Les Palestiniens l’ont-ils remis en opération? Pas du tout! Ils l’ont saccagé! Le développement ne les intéresse pas, la sortie progressive de l’assistanat international ( qui dure depuis aussi longtemps que l’État d’Israël ) ne les intéresse pas non plus. Sinon, expliquez-moi pourquoi les Juifs rescapés de l’Holocauste et ceux expulsés des pays arabes ont-ils réussi, à force de travail et d’ingéniosité, à faire surgir du désert une économie moderne et diversifiée…et pas les Palestiniens? C’est qu’ils ont choisi de cultiver la haine du Juif et l’exécration d’Israël, et d’exporter le fanatisme et le terrorisme. Remarquable économie, n’est-ce pas, que celle de la Terreur! Et « l’occupation » des Territoires de même que la clôture de sécurité ne sont pas la cause ni le moteur de cette haine pathologique, elles en sont les effets et les conséquences. «L’occupation » résulte de quatre guerres d’agression contre Israël par les États arabes et la clôture est le seul moyen d’empêcher les attentats-suicides dans les bus et les restaurants. 

La haine est là depuis toujours. Bien avant que les Juifs, de retour dans leur antique Patrie, furent autorisés à créer l’État d’Israël. Dans les années 30 et durant la 2e guerre mondiale, le Grand Mufti de Jérusalem copinait ouvertement avec Hitler et soutenait son programme d’extermination des Juifs. Une bonne idée selon lui! L’antisémitisme, ce cancer qui infecte tous les société arabo-musulmanes du Proche-Orient, n’est pas généralisé parce qu’Israël occupe la Judée et la Samarie, où parce que les Palestiniens sont pauvres et vivent sur « le BS de l’ONU », où encore parce qu’il y a dans plusieurs pays des contingents de réfugiés maintenus dans l’assistanat de façon permanente afin de provoquer et d’entretenir la compassion chez les occidentaux naïfs. Non, ce cancer est généralisé tout simplement parce qu’Israël EXISTE. « Israël, écrit Guy Millière, c’est le bouc émissaire qui permet d’éviter de se regarder dans un miroir. » 

Israël n’a pas le choix, il doit se défendre avec force. Il est parfaitement légitimé de nettoyer Gaza et d’en extirper la racaille terroriste. Et il devrait verrouiller de nouveau la frontière avec l’Égypte. Et demeurer sourd au concert d’indignation des Pleureuses occidentales et des avaleurs de propagande palestinienne. 

L’IMPOSTURE DE L’ÉQUIVALENCE MORALE

Il est coutumier, en Occident, dans les médias, chez les universitaires s’affichant experts et dans la classe politique de pratiquer, à l’égard du conflit israélo-arabe, ce qu’on peut appeler l’imposture de l’équivalence morale. Concrètement, l’équivalence morale, cela signifie une culpabilité également partagée, une mauvaise foi également répartie, une intransigeance également intraitable. Vous voyez le topo : Israéliens et Palestiniens, tous dans le même sac. Ils sont tous fautifs, tous criminels, tous pleins de haine. C’est là, reconnaissez-le, une posture facile et combien rassurante puisque ça vous dispense de prendre parti. C’est cependant une attitude parfaitement odieuse et méprisable. 

Évidemment, tout ce beau monde s’est félicité de la « providentielle élection d’Obama ». Le nouveau Président, on en était convaincu, allait offrir comme en cadeau la Paix au Moyen Orient. Voilà un optimisme qui confine à l’angélisme. Parce qu’aucune paix ne saurait surgir de l’équivalence morale. Or, le Président américain a justement fondé sa politique au Moyen Orient sur l’équivalence morale entre Juifs et Palestiniens. Les négociations sont donc intrinsèquement vouées à l’échec. Convenons toutefois que la pratique de l’équivalence morale n’est pas un phénomène récent. Il est sans cesse présent dans l’histoire. En 1938, à Munich, la France et l’Angleterre se sont déshonorées en mettant sur le même pied d’une part le régime nazi, raciste, totalitaire, militariste, fourbe et d’autre part, les États démocratiques. On sait fort bien ce qu’il advint : la Tchécoslovaquie fut avalée par le Reich et la Paix rata son rendez-vous. 

Obama, lui, n’hésite pas, pour asseoir son équivalence morale, à dénaturer l’histoire en adhérant au mensonge arabe sur Israël. Pour les arabes, Israël est en quelque sorte le fruit de l’Holocauste. L’Occident, se sentant coupable du génocide de 6 millions de Juifs, aurait cherché l’apaisement de sa conscience en créant l’État d’Israël. Les Juifs n’auraient donc aucun droit sur la Terre d’Israël du point de vue légal, historique et moral. Obama, dans son discours du Caire (une inconvenante et fantaisiste louange de l’islam) légitime cette mystification comme, d’ailleurs, tous les antisionistes et antisémites occidentaux. 

Pourtant, comme l’écrivait Caroline Glick, « la communauté internationale a reconnu les droits légaux, historiques et moraux du peuple Juif sur la Terre d’Israël bien avant que quiconque ait jamais entendu parler d’Adolphe Hitler. En 1922, la Société des Nations avait mandaté la « reconstruction » --et non la création -- du foyer national juif sur la Terre d’Israël dans ses frontières historiques sur les deux rives du Jourdain. » 

L’autre volet de l’équivalence morale consiste à se focaliser, de façon quasi exclusive, sur la question des implantations juives en Judée Samarie (moins de 4% de ce qu’on appelle la Cisjordanie ) tout en occultant pudiquement le refus systématique, depuis 60 ans, des Palestiniens de reconnaître à Israël le droit à une existence légitime. Enfin, les adeptes de l’équivalence morale mettent sur le même pied d’une part, les actions et les opérations de défense d’une population agressée et, d’autre part, le terrorisme aveugle et barbare des phalanges islamistes. Pire encore, écrit Caroline Glick, « de façon odieuse et mensongère, Obama a allègrement comparé la manière dont Israël traite les Palestiniens à celle dont les esclavagistes blancs en Amérique traitaient leurs esclaves noirs. De façon plus ignoble encore, en utilisant le terme de « résistance », euphémisme arabe pour désigner le terrorisme palestinien, Obama a conféré à celui-ci la grandeur morale des révoltes des esclaves et du mouvement des droits civiques. » 

Face à ce triste spectacle où l’on voit Hussein Obama accentuer les pressions sur Israël en exigeant des concessions irrecevables sans rien demander aux Palestiniens, quelle est, pensez-vous, la stratégie de Mahmoud Abbas, le chef du Fatah et président de l’Autorité Palestinienne? Ne pas bouger! Se mettre en attente! Ne rien donner. Se faire spectateur euphorique de la manoeuvre du Président américain installant Israël, comme l’écrit Guy Millière « en position de bouc émissaire, puis de victime expiatoire ». Inutile de vous dire qu’une telle politique est vouée dès le départ à l’échec, à moins que l’État hébreu soit devenu subitement suicidaire. 

Ceux qui, tel Obama , adoptent la posture de l’équivalence morale dans le conflit israélo-palestinien sont convaincus de choisir la sagesse, la neutralité, l’équité. En fait, ils prennent parti pour les palestiniens et ils inversent les rôles, l’agressé devenant l’agresseur et vice versa. L’écrivain Pierre Jourde a sans doute raison d’écrire qu’au fond trop d’occidentaux perçoivent comme un scandale insupportable « une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption ». C’est trop contraire à la réconfortante équivalence morale. 

Jacques Brassard  

Contenu Correspondant