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Tunisie : un peuple arabe dit non aux islamistes par les urnes et sans les armes

Tunisie : un peuple arabe dit non aux islamistes par les urnes et sans les armes

 

 

Par Béchir Lakani
 

Sous le titre « TUNISIE : Difficile de voter pour  le moindre mal », Courrier international écrit : « Le 26 octobre, les Tunisiens iront aux urnes pour choisir leurs députés. Le nombre élevé de candidatures risque de se traduire par un éparpillement des voix et des tractations seront probablement au rendez-vous pour former une majorité parlementaire ».

Le journal français l’Humanité titre: « Tunisie - Législatives: J’ai versé mon sang pour la révolution, mais je n’y ai rien gagné ». « Dimanche 26 octobre, les Tunisiens sont appelés aux urnes pour élire leur parlement. Le chômage et la misère offrent une grande marge de manœuvre aux islamistes, à des affairistes reconvertis en politique et à des figures de l’ancien régime », écrit le journal.

Sous le titre « La Tunisie vote laïque ! », Marianne écrit : selon les premières estimations, le parti laïque Nidaa Tounes l’emporterait sur les islamistes d’Ennahda aux élections législatives. Les Frères musulmans tunisiens paient ainsi leur échec social et leur compromission avec les groupes salafistes violents.

Oui, un peuple arabe peut dire non aux islamistes, par les urnes et sans les armes. C’est l’extraordinaire leçon que la Tunisie vient de donner aux… donneurs de leçons. Le grand parti laïque Nidaa Tounes, héritier des valeurs de Habib Bourguiba, devance largement les Frères musulmans du parti Ennahda aux législatives.

Même si ces chiffres doivent être précisés et affinés dans les heures qui viennent, inutile de tourner autour du pot : la Tunisie a trop souffert avec les islamistes pour les reconduire au pouvoir. Ce pays n’est pas masochiste. Il a tenté l’expérience voici exactement trois ans, lors des élections du 23 octobre 2011 : les islamistes faisaient alors figure de martyrs après la chute de Ben Ali. Or les « martyrs » se sont révélés non seulement incapables de gouverner un pays – la Tunisie est descendue socialement et économiquement en enfer – mais les Frères musulmans se sont transformés à leur tour en agents de la répression religieuse et sectaire.

Non, les islamistes ne peuvent pas faire croire ce qu’ils veulent aux pauvres et aux abandonnés. Au fait, leurs mécènes ne sont-ils pas les riches bourgeois du Golfe, les exploiteurs et les esclavagistes du Qatar, les banquiers secrets du monstrueux Etat islamique ?

La Tunisie a voté en pensant, pas en chantant. Pour ses écoles, ses champs, ses usines, ses universités, ses enfants. Elle sait que le djihad est non seulement à sa frontière libyenne mais aussi au cœur d’elle-même, dans ses maquis que le pouvoir Ennahda renâclait- et pour cause !- à mater, voire à une dizaine de kilomètres de la capitale : la banlieue d’Oued Ellil a été le théâtre de violents affrontements avec un groupe djihadiste de femmes et d’hommes 48 heures avant le vote. Près de 2 400 Tunisiens sont partis pour la Syrie, 9 000 seraient volontaires mais empêchés de partir… Mais aussi : des milliers de jeunes ont fui sur les barques de la mort vers l’Europe illusoire du paradis social. Combien ont été avalés par les flots ?

Tout cela- des hôtels désertés au jasmin ensanglanté et aux rêves assassinés- les Frères musulmans tunisiens viennent de le payer. Bon vent ! Et maintenant, la Tunisie doit revivre. Il faut l’aider. »

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