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Yom Haatsmaout pour Guilad, un enfant juif

Yom Haatsmaout pour Guilad, un enfant juif
 

Etre juif revêt une dimension différente après l'horreur de la Shoah et la création de l'Etat d'Israël.  Il n'est, en effet, plus possible depuis 1948, pour un Juif, de se revendiquer en tant que tel, sans assumer le lien indéfectible avec le sionisme. Une intimité, souvent une fusion, qui se traduisent par un soutien verbal ou financier, une revendication militante, des visites, une acquisition immobilière, bref, nombreuses sont les possibilités pour exprimer son affection et ses affinités pour Israël lorsqu'on a pas encore franchi le pas, celui de l'Alyah, pour des motifs respectables et légitimes.

 

D'aucuns seront heurtés, mais il n'en reste pas moins qu'on ne peut plus, après la Shoah et la création de l'Etat d'Israël, se prétendre juif et ne pas exprimer des sentiments et des idées favorables au sionisme. Ceux qui ne sentent pas liés, d'une manière ou d'une autre à Israël, ne sont pas ou ne sont plus vraiment juifs. Il n'y a plus de judaïsme possible, de vie juive véritable sans l'attachement à Israël. Nous sommes face à une réalité incontournable qu'il est préférable d'accepter dans la sérénité avant que le radicalisme et la violence ne l'imposent demain à ceux qui seront encore sceptiques.

 

Voilà pourquoi, en tant que patriote juif vivant en Israël, donc en tant que sioniste, je vis intensément ces huit jours qui débutent avec le Yom HaShoah pour se terminer par le Yom Haatzmaout (jour de l'Indépendance), précédé par le Yom Hazikaron (journée du Souvenir). Comment ne pas y voir le symbole de cette fusion entre judaïsme et sionisme ? Nous pleurons nos six millions de frères et sœurs assassinés parce que juifs, nous rendons hommage à nos héros qui sont tombés sur les champs de bataille ou sous les coups pervers du terrorisme afin que nous puissions vivre libres en tant que juifs dans notre patrie et, finalement, nous fêtons la renaissance de ce merveilleux Etat juif et démocratique d'Israël.

 

Pourtant, cette année, je l'avoue, je suis plutôt mal à l'aise. Nous fêterons le 63ème anniversaire de notre Etat, mais ce sera aussi, et déjà, le 5ème Yom Haatsmaout que notre frère, notre enfant, Guilad Shalit passera en captivité.

Binyamin Netanyahou, et tous les responsables de ce pays, pourront-ils décemment, manifester pleinement leur joie mardi prochain alors qu'un jeune israélien croupit depuis bientôt cinq ans dans une geôle du Hamas terroriste uniquement parce qu'il portait l'uniforme de Tsahal ? Nos dirigeants ont-ils vraiment tout fait pour ramener Guilad à la maison ?

 

Ce serait trop facile et même indigne de jouer au procureur. Je suis bien conscient que s'il avait été possible d'organiser une opération commando pour récupérer Guilad, nos services l'auraient fait depuis longtemps. Il a bien fallu 10 ans aux Américains pour retrouver et éliminer Oussama Ben Laden…Or, dans notre cas, il ne s'agit pas d'éliminer, mais de délivrer et de ramener vivant notre soldat, la tâche est donc forcément beaucoup plus compliquée.

 

Mais, en attendant, il nous reste encore d'autres atouts. Notre Premier ministre, à l'occasion de notre fête nationale, devrait faire solennellement le serment de ramener Guilad par tous les moyens.

Premièrement en suspendant tout contact avec l'Autorité palestinienne qui vient de se réconcilier avec les terroristes du Hamas qui détiennent Guilad. Car, Mahmoud Abbas doit assumer ses alliances. En signant un accord avec le Hamas, il endosse, par conséquent, la responsabilité et même la culpabilité criminelle et terroriste de la détention de Guilad. Il devient aussi, de facto, le propriétaire des milliers de Qassam et autres missiles Grad qui menacent nos populations du sud du pays.

 

Deuxièmement, en reprenant la politique des éliminations ciblées contre les dirigeants du Hamas. Le monde entier, à part la majorité des Palestiniens, se félicite de l'élimination par les Américains du terroriste Ben Laden responsable d'une dizaine d'attentats. Le Hamas et ses dirigeants, considérés comme terroristes par les pays occidentaux, comme l'était Ben Laden, sont responsables de 30.000 attentats contre des Israéliens depuis l'an 2000. Leur élimination serait-elle moins légitime ?

Troisièmement, en limitant la liberté de circulation dont bénéficient les cadres du Fatah et de l'Autorité palestinienne qui sont devenus les alliés objectifs des terroristes avec lesquels ils vont former un gouvernement.

 

Quatrièmement, en restreignant au strict minimum de la Convention de Genève, les droits des terroristes incarcérés en Israël. Cinquièmement, en boycottant les partis arabes israéliens qui soutiennent l'accord interpalestinien et dont les représentants ont assisté à la cérémonie de signature, mercredi au Caire, ce qui peut être apparenté à un acte de trahison pour lequel, par ailleurs, le conseiller juridique du gouvernement a demandé l'ouverture d'une enquête.

Ce boycott aurait pour conséquence le refus systématique de voter tout budget en faveur du secteur arabe. Celui-ci doit comprendre qu'il lui faut assumer son vote pour des représentants qui ont choisi d'être présents à une cérémonie où ils côtoient des terroristes.
On ne demande pas à ces députés israéliens d'être sionistes, mais, au minimum, d'être loyaux à leur Etat. Les Arabes doivent, une fois pour toutes se décider : voter pour des représentants arabes ISRAELIENS à la Knesset qui défendront légitimement leurs intérêts sectoriels en étant fidèle à l'Etat d'Israël ou bien voter pour des représentants PALESTINIENS et, par conséquent, faire le choix de la nationalité palestinienne en quittant ce même Etat d'Israël.

 

Les bonnes âmes et les "droitsdel'hommistes" crieront au scandale, condamneront ce boycott, mais ce sont les mêmes qui prônent celui d'Israël.

Les mesures que je préconise ne sont pas la conséquence d'une réaction émotionnelle, mais d'un raisonnement froid qui aura au moins le mérite de montrer à la famille Shalit que le gouvernement agit, et à nos ennemis qu'ils doivent payer le prix du terrorisme et que la pression peut également s'exercer à leur encontre.

 

En décidant de telles mesures, j'aurai alors la conviction que notre gouvernement aura vraiment fait tout ce qui est possible pour ramener Guilad à la maison.

Lundi soir, pour la cérémonie d'ouverture des festivités de Yom Haatsmaout, Binyamin Netanyahou saluera le drapeau d'Israël, celui pour lequel Guilad paye un si lourd tribut.

 

"Bibi, fais en sorte que nous puissions toujours regarder avec fierté notre drapeau, et l'uniforme que nous avons porté si glorieusement, afin que nos enfants, comme Guilad, ne nous reprochent jamais de les avoir abandonnés".

N'oublions pas non plus Jonathan Pollard et Ron Arad

Etre juif, c'est partager un destin commun. Etre sioniste, c'est ne jamais laisser un frère sur le terrain, telle est notre doctrine, une philosophie issue du judaïsme que nous a enseignée Tsahal.

 

Par Marc Femsohn pour Guysen International News

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