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Vendredi 9 septembre à 23 heures, les rues de Rabat sont vides et une folie souffle sur les trottoirs de l'Agdal. Et pour cause, c'est la rentrée pour les «Lokos». Née il y a un peu plus d'un an, la soirée se voulait privée et rassemblait des amoureux de la fête et de la musique électronique, mais le succès en a décidé autrement.
En effet, aujourd'hui la Moroko Loko est une communauté à part entière, un collectif de mélomanes électroniques désirant s'amuser sans bling-bling. «La Moroko Loko est une soirée qui a pour but de réunir du beau monde autour d'une noble cause : la fête», explique Amine Akesbi, plus connu sous le nom d'Amine K et qui est à l'origine du mouvement. «Pas de chichi ni de faux-semblants, juste une ambiance détendue et des cerveaux en mode “off”», confie le DJ fou. En effet, les cerveaux sont laissés à la porte d'entrée et les tenues doivent être détendues, en réponse à ce conformisme qui veut que les jeunes soient tirés à quatre épingles pour rentrer dans un endroit et s'amuser. « La première fois que je suis venu à la soirée, j'étais en chemise et pantalon, j'avais fait un effort pour être classe. On m'a demandé d'enlever ma chemise et de rester en T-shirt ! », explique Mehdi, devenu habitué de ce rassemblement de Lokos. « Contrairement aux autres soirées, ici l'ambiance est détendue, on se lâche vraiment et personne ne juge ».

Détente et folie, le concept donne libre cours à l'expression de soi sans le regard qui juge. Devenue une référence en matière de fête, la Moroko Loko garantit une ambiance déjantée, mais pas uniquement. À la Moroko Loko, les meilleurs DJs délirent puisque le fil conducteur du concept est de profiter du meilleur «son» possible.
Des DJs d'ici et d'ailleurs, confirmés ou amateurs, connus ou émergents comme Bill Patrick ou Shaune Reeves qui font parler d'eux dans le monde, ou encore les nouveaux talents purement marocains tels que Daox, Fahd, Younès ou encore Mar1.
Un investissement coûteux, certes, mais quand on aime on ne compte pas et ce n'est pas Amine K qui dira le contraire : «Nous sommes une équipe de passionnés, à la base cela a commencé avec un financement à 100% de notre poche et l'entrée était gratuite, puis nous avons commencé à faire payer l'entrée, uniquement pour pouvoir inviter des guests internationaux. Le but n'est pas de gagner de l'argent, mais d'offrir quelque chose d'unique». Une expérience unique où la rencontre avec la scène électronique du moment devient une évidence.

Cette première édition de la saison a connu la participation du DJ de renom Henry Saiz, venu tout droit de Madrid pour enchanter la piste de danse. Original, il s'inspire de sa passion pour la musique de films afin de produire un son d'une élégance et d'une finesse assez rares. «Henry est le créateur de la nouvelle vague progressive, successeur d'Hernan Cattaneo, John Digweed ou encore Sasha. Ses productions sont jouées par les plus grands et il tourne sur les 5 continents du monde en club, mais aussi dans des festivals comme Creamfields, Sonar, Tomorrowland et j'en passe», témoigne Amine K.

Aux côtés de la «guest» internationale, les «lokos» ont le plaisir d'admirer le talent à la marocaine à travers la scène émergente avec de DJs comme Driss Skali, résident du célèbre Circus Afterhour à Montréal, mais aussi d'une multitude d'autres soirées, ou encore Yacine (Secret 47) qui a partagé les platines de noms comme Oxia, Anja Schneider, Johnny D, Dave Mothersole et qui a joué à l'Exit Festival 2011. Les fidèles de la Moroko Loko ont pu profiter également d'un duo fou d'Amine K & Unes ainsi que des sets passionnés et déchaînés des jeunes prodiges Fahd et Daox.

Un style passionné et emprunt de fraîcheur et de non-conformisme caractérise la Maroko Loko. Le non-conformisme, c'est quelque chose que la communauté «lokoienne» a bien intégré puisqu'elle répond à un manque existant et à la mauvaise direction qu'a pris le développement de la scène marocaine : «Malheureusement, celle-ci a pris une très mauvaise direction. Partout où nous allons, il n'y a que de la musique commerciale et les gens ne sortent que pour juger et se faire juger. Ce n'est pas ça la fête ou l'essence de la musique électronique. De plus, les DJs jouent presque tous la même chose et se tirent dans les pattes. C'est vraiment triste et j'espère qu'un jour cela changera. En tout cas, on fait tout pour cela !» Aujourd'hui, la jeunesse marocaine veut s'amuser dans les règles de l'art dans le but de réinventer le Maroc de demain.

Moroko Loko Pool Party (Closing of the season) ** from Amine Hachimoto on Vimeo.

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