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L’ancienne médina de Casablanca désormais inscrite au patrimoine

L’ancienne médina de Casablanca désormais inscrite au patrimoine 

 

Par Bilal Mousjid

 

 

Inscrits désormais au patrimoine de la ville, quatre sites ne peuvent plus faire l'objet de démolition ou de transformation. En attendant qu'ils soient classés.Il s'agit de l'ancienne médina, le cinéma ABC, le vélodrome et de l'immeuble Alexandre.

"C'est une grande victoire", s'enorgueillit Rachid Andaloussi, président de l'association Casamémoire. La victoire, c’est d'avoir fait inscrire l'ancienne médina au patrimoine de la ville, mais aussi le cinéma ABC, le stade Vélodrome ainsi que le bâtiment Alexandre, bijou architectural situé sur la rue Mustapha El Maani, œuvre du grand architecte français répondant au nom de Alexandre Courtois.

L’inscription a été publiée dans le Bulletin Officiel du 9 décembre. Elle a été prise par arrêtés du ministre de la Culture en date du 7 novembre, qui a été saisi par l’association Casamémoire.

La totalité de l’ancienne médina intra muros est concernée, c’est-à-dire celle qui se trouve à l’intérieur des remparts.

C'est une victoire pour tous les militants en faveur de la sauvegarde du patrimoine architectural et culturel qui n'ont de cesse de s'insurger contre la campagne de démolitions que subit la cité blanche dans l'indifférence générale. L'article 6 de la loi 22-80 régissant le patrimoine culturel est sans équivoque: "l'immeuble ou le meuble inscrit ne peut être dénaturé ou détruit, restauré ou modifié sans qu'avis n'en ait été donné à l'administration par le ou les propriétaires, six mois au moins avant la date prévue pour le commencement des travaux."

"C'est rassurant. Il faut que cesse ce laisser-aller, qui est en train de détruire l'âme de Casablanca", lâche Mohammed Tanji, membre de l'association, qui se rappelle, avec nostalgie, le bon vieux temps où "les habitants recevaient un bulletin périodique qui les informait de tous les arrêtés municipaux et les réunions des élus". "Aujourd'hui, enchaîne-t-il, l'habitant n'a plus voix au chapitre et l'élu n'a pas le sens de la gestion."

Et ce n'est qu'une première étape, car l'objectif est de faire en sorte que les sites en questions soient classés – et non pas inscrits - au patrimoine. "En attendant qu'ils soient classés, on les protège de la démolition. Là, c'est au ministère de la Culture de faire ce qu'il y a à faire", le président de l'association, architecte de son état.

Un autre point important : outre le fait qu'ils soient protégés contre la menace de la transformation, les sites en question, de par leurs statuts, peuvent bénéficier d'aides de la part de l'Etat.

"Cela nous encourage à continuer le combat", souligne Mohammed Tanji, qui dit être optimiste quant à la nouvelle politique de gouvernance de la ville. "Un think thank dirigé par Khalid Safir verra le jour en mars". Son rôle : défendre le patrimoine de la ville. Le combat est mené aussi sur les réseaux sociaux à travers des groupes comme Save Casablanca.

 

 

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