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Exposition à Paris du 2 mars au 5 juin 2011 au MAHJ : Chagall et la Bible

Colette Weinstein

 

Marc Chagall est un peintre né le 7 juillet 1887 à Vitebsk, en Biélorussie, et décédé le 28 mars 1985 à Saint-Paul-de-Vence. C’est un des plus célèbres artistes installés en France au XXe siècle avec Pablo Picasso.

L'exposition présentée du 2 mars au 5 juin 2011, au musée d’Art et d’histoire du judaïsme(MAHJ) à Paris, dans le 3ème arrondissement, met en évidence le rôle de la Bible hébraïque dans l'imaginaire de Chagall. Il est le seul peintre de cette envergure à se pencher sur la Bible, alors que tous les artistes juifs du XXe siècle tournent le dos aux motifs du monde juif traditionnel dont ils sont issus.

Les œuvres présentées jettent notamment un éclairage sur l'absolue liberté avec laquelle le peintre aborde, tisse et croise lectures juives et chrétiennes: Chagall fait naître la figure d'un Jésus juif et impose, dans des commandes destinées à des églises, le message de la Bible hébraïque.

Chagall et la Bible

Le travail de Marc Chagall se nourrit à la fois de l'enseignement biblique reçu dans son enfance, des souvenirs de sa jeunesse à Vitebsk, de la vie du shtetl (bourgade juive d’Europe de l’est) et de la lecture de la traduction de la Bible en yiddish par Yehoash (1870-1927), un poète de sa génération.

En 1930, à la demande du marchand d'art et éditeur Ambroise Vollard, Chagall s'attèle à l’illustration de la Bible hébraïque. Ce travail est interrompu par la mort de Vollard en 1939, puis par l'exil de l'artiste aux États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale.

En 1931, Chagall effectue un premier voyage en Palestine qui le bouleversera et aura des répercussions sur son œuvre, et au premier chef, sur sa vision du monde de la Bible.

Parcours de l’exposition : illustrer la Bible

L’année 1930 marque un tournant dans la carrière de Marc Chagall. Après avoir entamé l’illustration des Âmes mortes de Gogol (1923) et des Fables de La Fontaine (1927) pour Ambroise Vollard, il se voit confier par le même commanditaire la réalisation d’une centaine d’eaux-fortes illustrant la Bible.

De 1930 à 1931, il exécute 40 gouaches mettant en image la Genèse et l’Exode qui servent de point de départ aux gravures. La suite présentée dans l’exposition est celle que Chagall a dédiée à sa femme, Valentina Brodsky. Contrairement au souhait initial de Vollard d’illustrer l’Ancien et le Nouveau Testament, ces gravures témoignent d’une vision spécifiquement juive de la Bible.

Parcours de l’exposition : sur les traces des ancêtres

En 1931, Chagall est invité en Palestine par le maire de Tel Aviv, qui lui propose de présider un comité artistique en vue de la construction d’un nouveau musée d’art juif. D’emblée, il est fasciné par les lieux bibliques, emblèmes de la tradition juive. Il peint notamment le Mur des lamentations, des vues de Safed et le tombeau de Rachel.

La production des artistes de l’école d’art et d’artisanat Bezalel (Jérusalem) lui inspire un nouveau type de figures bibliques, loin de toute idéalisation : les silhouettes sont massives et dépouillées, les gestes maladroits. Cette recherche d’authenticité et de simplicité dans le traitement des personnages est perceptible dans les œuvres des années 1930, notamment dans les gouaches.

Parcours de l’exposition : interpréter la Bible

Cette section met en lumière les formes visuelles que prend le récit biblique dans les peintures de Chagall. Dès les années 1910, le motif de la Torah – central dans l’univers du peintre –, investit ses toiles. Le Pentateuque est érigé en trésor que le peuple juif tente de sauver lors des pogroms et des persécutions (Villageois tenant la Torah, 1928 ; Rabbin à la Torah, vers 1930 ; La Chute de l’ange, 1923-34-47).

À partir des années 1940, Chagall réalise des compositions bibliques qui prolongent le travail effectué dans les gravures et annoncent les tableaux du Message biblique (Abraham et les trois Anges, 1940-1950). Chagall n’hésite pas à s’emparer de motifs chrétiens comme la crucifixion ou la Vierge à l’enfant pour restituer la souffrance du peuple juif.

Dans La Crucifixion en jaune (1943), le Christ est doté de phylactères et son bras droit est en partie dissimulé par un rouleau de Torah. Chagall identifie le martyr de Jésus à celui des Juifs, pour en appeler à la conscience des nations.

Parcours de l’exposition : Bible en lumière

Au début des années 1950, Chagall participe au renouveau de l’art sacré sous l’impulsion du Père Couturier. Ce dernier demande à l’artiste de décorer l’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce d’Assy(Haute-Savoie). L’artiste accepte le projet de réaliser les dix-sept grands tableaux destinés aux chapelles de Vence, qui formeront le Message biblique.

Dès lors, Chagall crée pour des lieux de culte catholique, protestant et juif. Les thèmes sont le plus souvent la Création et les figures de l’Ancien Testament. Dans les vitraux qui ornent l’église réformée Fraumünster de Zurich (1969-1970), et l’église catholique Saint-Etienne de Mayence (1977-1984), il souligne la judaïté de Jésus en le représentant avec un châle de prière et des phylactères.

Les croquis et maquettes de ces vitraux sont montrés dans l’exposition aux côtés des esquisses des vitraux de la synagogue de l’hôpital Hadassah à Jérusalem (1960-1962) : thème des douze tribus d’Israël.

Informations pratiques

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme - Hôtel de Saint-Aignan - 71, rue du Temple 75003 Paris.

Jours et horaires d’ouverture de l’exposition : ouvert du dimanche au vendredi de 10 h à 18 h, nocturne le mercredi jusqu’à 21 h.

Renseignements : 01 53 01 86 60 ou www.mahj.org

Cette exposition est accompagnée de deux tables rondes, d’ateliers pour enfants et de visites guidées.

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