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Souvenirs

J’habite au Maroc après un demi-siècle d’absence à Los Angeles. Pourquoi ? Le soleil, la menthe, la Loubia ? Oui.

J’ouvre l’œil ce 24 Mai 1944 à Casablanca et j’estime être né sous de bons auspices, en tout cas sous des auspices très particuliers. L’Allemagne nazie recule sur tous les fronts. Un vent de renouveau flotte dans l’air et particulièrement pour les juifs. 

Chaque famille avait son tour, jour où la terrasse lui appartenait en propre. Personne d’autre ne pouvait  laver, étendre, sécher son linge, à part celui qui en avait  le droit exclusif ce jour là et ce jour-là seulement!

Ah ! Mes’ouda ! la Bienheureuse ! de mémoire bénie, celle-là même qui tenait l’Atlantic Hôtel ! Dans l’impasse de l’ancienne église franciscaine, en vieille casbah, du côté de la scala, dans les années 50 et 60, à une époque où un riad passait pour un palace et où l’on en comptait une petite poignée. 

Ma mère, de son prénom, Habiba, est née à l‘avant dernier siècle, dans une forteresse, un ksar altier au sein d’une nature en majesté dans la région de Marrakech. Elle n’a pas connu l’école, encore moins l’écriture et la lecture. Pas plus que ses trois premières filles nées dans le village en pisé de Oulad Moumen.
 

Près de Mogador, devant la ville, près des remparts et du port, se trouve une île: l’île-aux-faucons. Ce n’est pas vraiment une île, c’est un rocher que la mer fracasse, érode ou caresse suivant le temps et son humeur.

Ma grand-mère vivait au Mellah comme presque tous les Juifs. Promise à sept ans, mariée à treize à un homme de grande sagesse, Abraham, qui allait devenir sa raison d’être, elle s’organisait.

Une romancière israélienne livre l’histoire de sa mère, juive marocaine qui a émigré en Israël, où elle a épousé un Ashkénaze. Un récit autobiographique, publié dans Ha’Aretz, qui met en avant le clivage tenace entre Juifs orientaux et occidentaux dans ce pays et les injustices subies par les Mizrahim et autres Juifs considérés comme “d’Orient”.

Ouverte en 1913 d’abord comme un théâtre, Ciné Alcazar est devenue l’une des premières salles de projections de films au Maroc, au début du XXe siècle. En 1993, elle baisse le rideau pendant près de 20 ans, rendue obsolète par la nouvelle génération des salles de cinéma. Mais à partir de 2020, elle renaît de ses cendres grâce à un grand projet de réhabilitation.

Ne plus rien gérer, ne plus rien prévoir, ne plus rien contrôler et juste regarder la vie défiler à travers l'éventail de nos doigts de pieds. En somme : “kiffer.”

Mon grand frère m'avait accompagné jusqu'en bas de l'immeuble quelque part dans le centre de Casablanca et  me donnait mes dernières instructions avant de me quitter

Un vieux mendiant aveugle était assis tous les jours à la même place, pas loin du chemin qui  menait au palais du roi.  Ainsi il espérait être vu par les riches qui se rendaient souvent au palais. 

David Elmoznino est né à Mogador-Essuira en 1944, il fit son Alya en Israêl à l'âge de dix ans. Dans ces récits, il évoque son enfance au Maroc et son Alya par petites tranches délicates.

Depuis Mogador, je n’ai cessé de croiser la Qendisha. En général, elle devinait mes talents exorcistes et gardait ses distances. Quand j’ai connu Ronit Elkabetz, elle se doutait vaguement qu’elle l’était. Elle n’est pas née à Mogador à proprement parler, elle est née d’elle. De ses décors qui séduisent tant les cinéastes, de ses pénombres et de ses éclaircies, de ses ébouriffements et de ses accalmies.

Que d’écueils devais-tu esquiver pour immortaliser un patrimoine juif dont peu s’intéressaient encore ? Que de rêves et de luttes pour voir la résurrection d’un passé bigarré, touffu et mélodieux, prendre forme, se réincarner. Que de déceptions, que de stratagèmes, que de concessions…

C’était du temps où l’on trouvait encore des objets intéressants au souk des Vieilleries. Toutes sortes de vestiges des présences juive et chrétienne dans la ville. Un mobilier d’exil déglingué qui conservait dans ses tiroirs des boules de naphtaline ; un mobilier des colonies grandiloquent qui conservait son air de villégiature.

Je n’avais que dix ans et des poussières, le plus jeune éclaireur du Maroc et, à ce titre,  la mascotte officielle de la troupe Edmond Fleg des Eclaireurs Israelites de France.

Eternel Arrik. fierté de notre monde juif et sépharade, le sel de nos vies, la joie, la générosité et l’intelligence.
Arrik voué à sa famille, sa chère épouse Michèle, son fils et sa belle-fille, son petit-fils adorés.

J'ai eu la chance d'avoir deux frères dissonants. L'ainé m'a initiée à une vie épicurienne, jalonnée d'un art de vivre incontestable et d'une poursuite de l'excellence. Le cadet dans la personne d'Arrik fut mon premier pygmalion.

Aouïcha, le porteur de dafinas, était célèbre dans tout Casablanca. Il arrivait à porter des marmites  pleines à ras bord de ce plat traditionnel de chez nous, sans  en verser  une goutte, sans  qu’aucune d’entre elles ne se renverse, sans qu’aucun incident n’arrive jamais!

En ce mois de janvier 2020, je suis attablé dans un petit restaurant sans prétention à bavarder avec le propriétaire, un amoureux du surf, et voici qu’un jeune homme m’aborde avec délicatesse car il m’a entendu parler de surf et voudrait m’interviewer. Tout ce qui touche ce sport de roi m’enchante, j’accepte donc avec plaisir.

Lors d’une belle soirée qui a eu lieu en juillet à Tel-Aviv dans un grand hôtel sur le front de mer, la famille Assayah a organisé une fête pour célébrer l’anniversaire d’un des 5 frères. Durant la soirée des discours ont été prononcés. 

Mon père fumait dans la voiture.(ma mère aussi d ailleurs) ...Je suis la génération X. Quiconque est né entre 1955 et 1990 en fait partie. Nous sommes la dernière génération à avoir joué dehors jusqu'à la tombée de la nuit.

Quelques jours avant les fêtes de Pâques juives, un couple, Mr et Mme Cohen emménagèrent en face de notre appartement, dans le petit immeuble où nous vivions alors, rue Lusitania, à Casablanca, au Maroc. Je venais d’avoir 13 ans.

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